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Le son du grisli
20 avril 2010

Super Deluxe Gas Jockey : Some Sappy Title Dan Would've Hated (Bug Incision, 2009)

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Sous un nom de groupe qui fleure bon l’adolescence (Super Deluxe Gas Jockey) se cachent trois personnalités pourtant bien adultes : Janet Turner (qui chante), Lyle Pision (qui joue du saxophone) et Mark Dicey (qui bat la mesure). Sous un titre étrange qui fleure bon l’inspiration qui ne vient pas (Some Sappy Title Dan Would've Hated), les trois mêmes adultes concoctent des airs de danses.

Excentriques et même parfois folles, ces danses-là parviennent à subjuguer un auditeur qui n’avait pas dans l’idée de danser mais qui danse quand même. Les acteurs / chanteurs / musiciens sont libres de leurs mouvements. Le cabaret vire au free rock mystérieux. Le folklore est emporté par la transe. L’adolescence n’est plus ce qu’elle était, elle n'est plus seulement ce bout d'adulte en formation, elle est beaucoup plus que cela...

Super Deluxe Gas Jockey : Some Sappy Title Dan Would've Hated (Bug Incision, 2009)
Edition : 2009.
Pierre Cécile © Le son du grisli

14 avril 2010

Wade Matthews, Stéphane Rives : Arethusa (Another Timbre, 2009)

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Il arrive que d’une belle idée naisse une belle œuvre. C’est le cas ici : l’idée a été de mettre face à face Stéphane Rives (au saxophone soprano) et Wade Matthews (aux fields recordings et electronics). Quant à l’œuvre en question, c’est Arethusa.

Sur Arethusa, le dialogue se passe de mots mais surtout pas de sons inhabituels. A tel point qu’il est difficile de les définir d’une autre manière qu’en utilisant des comparaisons : avec l’atmosphère tranquille d’un coin de Central Java ou la lumière transcrite en notes filtrant jusqu’au plus profond des souterrains. C’est dire que la collaboration de Rives et de Matthews est d’essence naturelle même si l'extrait que l'on trouve ci-dessous me fait mentir. Elle joue avec les matériaux (le bois, notamment), trois des quatre éléments (eau, terre, air) et avec de nombreux silences. Decrescendo : le duo a disparu.


Wade Matthews, Stéphane Rives, Arethusa (extrait). Courtesy of Another Timbre.

Wade Matthews, Stéphane Rives : Arethusa (Another Timbre)
Edition : 2009.
CD : 01/ 8:50 02/ 8:17 03/ 17:23 04/ 11:58
Pierre Cécile © Le son du grisli

30 mars 2010

Joëlle Léandre : Live in Israel (Kadima Collective, 2008)

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Le Live in Israel de Joëlle Léandre, c’est tout d’abord cette photo mettant en scène la musicienne seule, devant la Mer Morte, caressée par le vent et sur fond de ciel bleu. Une Léandre « au naturel ». La Mer Morte, berceau de l’Humanité, est le lieu des origines, de l’intime, du retour à soi, en même temps que le point de départ des aventures humaines, des rencontres, des brassages.

Le Live in Israel, alors ouvert, ce sont deux disques, témoignages d’une tournée de Joëlle Léandre donnée en Israël en novembre 2007. Le premier comprend sept improvisations de la contrebassiste en solo, le plus souvent jouées arco. On l’y entend frotter les cordes avec son archet comme si elle fouillait en elle-même, avec l’intensité et les fulgurances qu’on lui connaît, et cette capacité à nous faire basculer dans un ailleurs, une terra incognita aussi belle qu’universelle (impros 4 et 5).

Le deuxième disque présente la contrebassiste jouant en sextet, puis en trio et enfin en duo. Les quatre plages en sextet la lient à cinq musiciens israéliens au sein d’une formation qui n’a de classique que l’apparence : piano, contrebasse, batterie et trois soufflants, dont le désormais new-yorkais Assif Tsahar à la clarinette basse.  Les trois plages suivantes sont jouées en trio, et on retrouve Joëlle Léandre aux côtés du saxophoniste Steve Horenstein et d’un autre contrebassiste, JC Jones, patron du label Kadima Collective mais surtout passionnant musicien. La musique déployée ici est surprenante de bout en bout et l’alchimie entre les trois musiciens est telle que la musique coule avec une aventureuse évidence (impro 1). Enfin, le disque se clôt avec deux titres joués en duo avec le joueur de oud et chanteur Samir Makhoul et leurs cordes et voix mêlées nous offrent finalement le plus beau moment du disque.

Dans la foisonnante discographie de Joëlle Léandre (plus de 150 enregistrements, tout de même !), ce disque occupe une place particulière, en ceci qu’il nous offre un éclairage singulier sur l’art de la contrebassiste tout en nous présentant une Joëlle Léandre « dans tous ses états ».

Joëlle Léandre : Live in Israel (Kadima Collective / Instant Jazz)
Edition : 2008.
CD1 : 01-07/ Bass Solo 1-7 CD2 : Sextet
Pierre Lemarchand © Le son du grisli

22 mars 2010

Lapslap : Zuppa inglese (Leo, 2009)

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Rapides ou pressés, les trois membres de Lapslap délivraient Zuppa inglese après avoir donné Itch et Scratch. Reprenant leur discours là où ils l'avaient laissé, et en compagnie de l'invité Mark Summers à la viole de gambe

Pour le développer encore et établir leurs improvisations dans un autre champ d'électroacoustique : espace où les instruments (viole, donc, et puis piano, ocarina, saxophones) luttent pour ne pas disparaître et paradent en conséquence au son de plaintes (grincements de cordes, frottements sur métal ou bois) et de protestations – lorsque le soprano opte plutôt pour la séduction, l'intensité retombe en conventionnel triste.

Heureusement, la dérive est inspirante et Lapslap dessine ensuite une grande atmosphère : s'y disputent un drone et une suite de souffles avant qu'un larsen sonne l'heure de l'apaisement : un piano préparé chante son angoisse mêlé à d'autres cordes effleurées. Réconciliées avec l'électronique s'insinuant partout, les instruments ont gagné le droit d'exister encore, au moins jusqu'à la prochaine séance.

Lapslap : Zuppa inglese (Leo records / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2008. Edition : 2009.
CD : 01/ Oca 02/ Flatuway 03/ Droh 04/ Old Liptauer 05/ Shield 06/ Gletscher 07/ Intimation 08/ Béla 09/ Arg 10/ Soup Delirium
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

17 mars 2010

Stellari String Quartet : Gocce Stellari (Emanem, 2009)

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Ne pas s’attendre avec Philipp Wachsmann (violon), Charlotte Hug (alto), Marcio Mattos (violoncelle) et John Edwards (contrebasse) à ce que l’improvisation soit de velours ou de rugosité. Ne pas s’attendre, également, à ce que la périphérie soit leur seule planche de salut. S’attendre – et entendre – plutôt quatre sphères-constellations reliées entre elles par le désir d’étreindre le surgissement. Le surgissement comme moyen de transport(s) infini(s).

On dira donc ici, comment ils se concentrent et comment, ensemble, ils s’emportent, s’emballent et déploient une improvisation vive, tranchée. C’est une musique de grâce et d’équilibre qu’ils s’offrent et nous offrent ici ; l’acte de saisir l’instant, d’effeuiller le champ des possibles, et toujours, d’être vivants. Intensément vivants.

Stellari String Quartet : Gocce Stellari (Emanem / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2006-2007 / Edition : 2009.
CD : 01/ Pleione  02/ Merope  03/ Alcyone  04/ Sterope  05/ Mintaka  06/ Alnitak  07/ Alnilam
Luc Bouquet © Le son du grisli

9 mars 2010

Interview de Peter Evans

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Les deux albums en solo du trompettiste américain Peter Evans (More is More, 2006 et Nature/Culture, 2009 tous deux parus sur Psi) ont mis tout le monde d’accord. Ils exposent un monde de possibilités que peu d’instrumentistes savent présenter avec autant de force et d’évidence. Par ailleurs, le musicien est impliqué dans un nombre sans cesse grandissant de formations, aux approches stylistiques variées. Avec ses collègues de Mostly Other People Do the Killing, il offre une vision décomplexée, libre et fun de l’histoire du jazz, tandis qu’avec Nate Wooley, Axel Dörner ou encore Okkyung Lee, il se lance sans filets dans l’improvisation libre, toujours explorateur et fascinant.

Quelle est votre formation musicale et comment avez-vous commencé à vous intéresser à la musique improvisée ? Mon apprentissage de la musique a plutôt été conventionnel. Dès l’âge de 7 ans, j’ai suivi des leçons de trompette d’un chef de band à la retraite qui vivait près de chez moi. Quand il est devenu clair que je m’amusais beaucoup avec l’instrument et que (peut-être) sa pratique me préservait d’une foule de problèmes, mes parents m’ont très vivement encouragé à participer à un band d’été, plutôt orienté vers la musique classique. Et peu de temps après, j’ai commencé à m’intéresser au jazz. Mes parents avaient quelques CDs de jazz éparpillés dans la maison et, en plus, j’avais entendu quelques-uns des autres jeunes étudiants en musique s’amuser avec Take the A Train, des blues, ce genre de choses. Je me suis impliqué vraiment sérieusement dans la musique vers l’âge de 14-15 ans. Je suivais des cours le week-end au New England Conservatory (NEC) à Boston. Là, il y avait quelques professeurs fantastiques (un en particulier s’appelait David Zoffer) qui m’ont fait découvrir beaucoup de musiques : du jazz (Miles Davis, Ornette Coleman, Charlie Parker…) mais aussi la Seconde Ecole de Vienne, du Frank Zappa, de l’improvisation libre et même l’écriture pop. Au NEC, j’ai joué dans un orchestre de jeunes sous la direction de Benjamin Zander et nous avons notamment interprété quelques pièces difficiles comme le Concerto pour orchestre de Bartók ou la 5e symphonie de Chostakovitch, mais rien qui sortent des sentiers battus, j’en ai bien peur. J’ai fait l’Université à l’Oberlin Conservatory. J’y ai joué beaucoup de musique contemporaine (Hans Werner Henze, Luciano Berio, James Dillon, Ligeti, Jonathan Harvey et beaucoup, beaucoup d’œuvres de mes camarades de classe compositeurs) et pas mal de jazz bien entendu. C’est à Oberlin, grâce au climat ouvert et créatif et au dialogue que j’ai pu instauré avec mes amis et compagnons de cours, que j’en suis arrivé à m’intéresser pleinement à la musique improvisée. J’ai joué et expérimenté dans de nombreuses formules différentes, aussi souvent que possible, avec pourtant un nombre limité d’amis intéressés par ce type d’approche. J’ai notamment essayé la confrontation avec des systèmes électroniques, la combinaison de l’improvisation libre avec de la musique écrite (en dehors de la tradition du jazz), un peu de free jazz…. J’y ai rencontré des gens très intéressants qui sont restés mes amis et avec qui je joue toujours, par exemple Moppa Elliott (le leader de Mostly Other People do the Killing) durant l’automne 1999.

Certains considèrent parfois que la trompette est un instrument aux moyens limités. En même temps, ces temps-ci, il y a tous ces merveilleux musiciens (Mazen Kerbaj, Birgit Ulher, Axel Dörner…) dont l’esthétique est souvent définie comme ‘réductionniste’. Etes-vous intéressé par ce type de jeu ? Comment pouvez-vous comparer votre travail en solo à cette approche ? Tous les instruments ont des limites. Bien sûr, la scène actuelle de trompettistes qui utilisent des textures très réduites acceptent ces limites et jouent avec. Je pense que c’est également le résultat d’un changement de style et de goût dans le monde de la musique improvisée, l’influence des musiques électroniques, de la noise et de certains compositeurs comme Lachenmann se fait plus sentir. En plus, toutes ces personnes que vous citez sont des musiciens qui ont une individualité très affirmée et je pense réellement que leur jeu est le résultat de leur personnalité. Ce serait intéressant de spéculer ce que leur musique serait s’ils improvisaient au piano ou au saxophone (des instruments qui sont souvent considérés comme moins limités que la trompette). De plus, je ne sais pas si je dirais qu’ils travaillent exactement avec le même « langage ». Dans certaines situations (mon duo avec Nate Wooley par exemple) apparaît une certaine inclination vers des textures plus profondes, plus proches des sons électroniques et vers l’utilisation de notes isolées, presque sans construction de phrases. J’ai joué en duo avec Axel Dörner l’année passée et c’était très intéressant. Dans un certain sens, j’ai senti que même si les aspects techniques de notre jeu étaient semblables à certains égards, nos personnalités musicales étaient très différentes ! Ceci rend ce type de collaboration très excitant pour moi, d’autant plus que nous jouons le même instrument. Ainsi, encore une fois, tout cela dépend de la personne qui est derrière l’instrument !

Quand je vous ai vu en solo, j’ai été émerveillé par la façon dont vous jouez avec l’espace. J’ai trouvé dans cette manière certaines ressemblances avec le travail de John Butcher (avec lequel vous jouez parfois). Comme pouvez-vous décrire cette approche ? Et bien, comme je l’ai dit, il faut travailler avec les limites qui nous sont imposées ! Je me réfère ici non seulement à la limitation liée au fait d’être seul (bien sûr il est bien mieux de considérer ces limites comme des opportunités), mais aussi à celle qui peut être imposée par l’acoustique de la salle elle-même. Mes collaborations avec des musiciens traitant informatiquement le son en live (Joel Ryan, Sam Pluta et d’autres) m’ont donné une meilleure compréhension des espaces avec beaucoup d’écho, comme les églises. Il est possible dans ces situations de créer des couches de matériel simultanées, ou même d’élaborer une espèce de canon en lâchant un son et en attendant qu’il revienne et d’ainsi jouer en duo avec soi-même ! Même si c’est durant une brève seconde, cela peut arriver. Pour vraiment produire le son d’un contrepoint continu, l’astuce est de créer des moments successifs comme ça, et à la fin cela demande toujours beaucoup d’énergie. Les pièces où le son est plus étouffé constituent un autre défi que j’aime relever (comme des classes de cours avec du tapis ou des salles de conférence), mais malheureusement, peu de gens me demandent de jouer dans des immeubles de bureaux !

Comment avez-vous rencontré Evan Parker et comment en êtes-vous arrivé à sortir vos deux albums solo sur son label Psi ? J’ai rencontré Evan en étant juste un fan. En 2003, je l’ai approché à un concert à New York et lui ai donné un peu de ma musique. Plus tard cette semaine-là, nous nous sommes rencontrés à nouveau, avons discuté et sommes finalement restés en contact. Quand j’ai enregistré More is More, je lui ai envoyé en pensant qu’il l’apprécierait. C’est ainsi qu’il m’a proposé de le sortir sur son label. Depuis, nous avons développé une relation intéressante. Il est autant mon maître, mon ami que mon collègue.

Y a-t-il une signification spéciale au titre de votre dernier album solo Nature/Culture ? Oui, l’album reflète mon intérêt pour la musique comme un espace très personnel et non scientifique. Dans cet espace, la relation du corps humain à lui-même (réflexes moteurs, automatismes comme respirer, cligner des paupières ou éternuer) et au monde extérieur (réponse savante langage, style musical, la culture en général) est unifié dans un réseau unique et enchevêtré de son et de sens.

Il y a cet extrait du livret d’un de vos albums avec Mostly Other People do the Killing qui décrit particulièrement bien ce projet : “We try to make music that is fun, and for us, “fun” means risk and parody and chaos and pop and beauty and be-bop and dissonance and smooth jazz and sometimes breaking things.” Pouvez-vous préciser la part de composition et celle d’improvisation dans les morceaux du groupe ? Pouvez-vous également dire un mot à propos de l’aspect parodique (si on peut utiliser ce terme) de cette musique ? Il s’agit d’une citation de Moppa Elliott et je pense aussi qu’elle décrit très bien ce que nous faisons. Ici, je dois préciser une chose : la musique du groupe a déjà connu beaucoup de changements qui ne sont pas perceptibles à d’autres gens que ceux qui nous ont vu jouer et évoluer à New York durant les six dernières années (le groupe existe depuis 2003). Cela pose question que soudain, nous jouons pour une audience plus large à différents endroits du monde, parce que ces spectateurs entendent seulement une étape dans un long développement. Je crois que cela peut parfois être déroutant, mais j’aime beaucoup ce que nous produisons ensemble pour le moment. Chacun de nous quatre a digéré les morceaux composés par Moppa à un point tel qu’il n’y a pas de plan prédéterminé à la façon dont nous allons les interpréter. Moppa peut choisir le morceau avec lequel nous commençons, mais après ça, chaque membre du groupe peut se lancer dans n’importe quel autre morceau du répertoire (ou même un standard ou un morceau complètement différent). Si qui que soit ne souhaite pas suivre, il n’y a aucun problème à ce qu’il ne soit pas suivi. Il y a suffisamment de confiance pour cela. Le plus souvent, nous intégrons la référence et puis enchaînons sur le morceau suivant. C’est une manière très amusante de jouer, et bien qu’il soit évident que le groupe essaie d’une manière ou d’une autre de filtrer une certaine tradition et histoire musicale, le jeu me semble plus libre que dans beaucoup de formation pratiquant l’improvisation libre. Cela me fait penser que n’importe quel type d’improvisation implique un certain nombre d’éléments fixes : quand des musiciens comme Sonny Rollins ou Keith Jarrett jouent All of You, ils ne pensent pas en termes de changements d’accords ou de forme (je ne pense pas) – ils jouent librement ! C’est mon opinion en tout cas. Ainsi, dans MOPDTK, nous avons travaillé afin d’intégrer ces éléments fixes (dans ce cas, les morceaux de Moppa à propos de villes de Pennsylvanie). Nous pouvons réellement faire ce que nous voulons à n’importe quel moment et malgré tout, nous jouons toujours la musique de MOPDTK.

Quels sont vos prochains projets ? Un disque d’un quartet acoustique, enregistré lors du Jazz em Agosto Festival en 2009, sera disponible sur Clean Feed à l’été 2010. J’espère aussi sortir un autre disque d’un quartet dont Sam Pluta devrait traiter numériquement certaines pistes en studio. Nate Wooley et moi avons enregistré un album l’année passée et j’espère vraiment qu’il verra le jour cette année ! Il y a peu, le nouveau CD de MOPDTK Forty-Fort, a paru. J’imagine que ce groupe enregistrera encore cette année, Moppa n’arrête pas ! Enfin, il y a Carlos Homs, un pianiste new-yorkais avec lequel j’ai joué. Peut-être enregistrerons-nous quelque chose ce printemps.

Pouvez-vous citer certains de vos disques préférés ? Voici quelques albums qui ont été des révélations pour moi il y a quelque temps et d’autres qui sont de plus récentes découvertes que j’écoute sans cesse…

The Flying Luttenbachers : Systems Emerge from Complete  Disorder (Troubleman Unlimited, 2003)
Evan Parker Six of One (Incus, 1980)
John Coltrane Transition (Impulse, 1965)
Anthony Braxton Quartet Dortmund (1976) (Hat Hut, 1991)
Glenn Gould Goldberg Variations (1981)
Roy Eldridge Dale's Wail (Verve, 1952)
The Zs Buck (Gilgongo, 2006)
Sublime Frequencies Choubi Choubi - Folk and Pop music of Iraq (2005)
Umayalpuram K. Sivaraman Garland of Rhythm (1988)
Miles Davis The Complete Live at the Plugged Nickel (1965)
Miles Davis Bootlegs of the 1969 Quintet
Keith Jarrett Trio Standards in Norway (ECM, 1995)
Michael Finnissy Verdi Transcriptions (1972-2005)

Peter Evans, propos recueillis en février 2010.
Jean Dezert © Le son du grisli

12 février 2010

Leif Bo Petersen, Theo Rehak : The Music and Life of Theodore “Fats” Navarro (Scarecrow Press, 2009)

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Le 59e volume de la série « Studies in Jazz » des éditions Scarecrow Press s’intéresse dans le détail au parcours de Fats Navarro : chronologique et sans faille.

C’est que Theo Rehak, l’un des auteurs du livre, a commencé ses recherches dès le milieu des années 1960, allant glaner à Key West ses premières informations : origines familiales, parcours d’enfance, avant que commence la chose musicale : intégration du big band d’Andy Kirk (dans lequel Navarro côtoiera un autre trompettiste d’importance : Howard McGhee). Les chapitres se suivent : succession à Dizzy Gillespie dans l’ensemble de Billy Eckstine puis installation à New York (associations avec Illinois Jacquet, Tadd Dameron, Coleman Hawkins, Dexter Gordon), passage par l’orchestre de Lionel Hampton et enregistrements menés en compagnie de McGhee et Dameron. En filigrane, l’héroïne rattrapant tous les efforts.

Leif Bo Petersen, autre auteur du livre et lui-même trompettiste, extirpe du corpus enregistré – discographie forcément réduite (1923-1950) – des solos remarquables, rangés selon les mêmes chapitres. Passionnants, l’hommage et l’enquête ensemble, qui célèbrent une dernière fois la figure du trompettiste sur la scène du Birdland en 1950, auprès d’autres boppers historiques : Charlie Parker, Dizzy Gillespie et Bud Powell.

Leif Bo Petersen, Theo Rehak : The Music and Life of Theodore “Fats” Navarro (Scarecrow Press / Amazon)
Edition : 2009.
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

29 janvier 2010

Golden Serenades : Hammond Pops (+3dB, 2009)

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Sur Hammond Pops, John Hegre (Jazzkammer) et Jørgen Træen – déjà partenaires au sein de Der Brief – célèbrent en compagnie de Sigbjørn Apeland à l’orgue hammond le dixième anniversaire de Golden Serenades.

Par politesse sans doute, l’orgue tire le premier : longues nappes déjà hostiles sur lesquelles un lot d’objets hétéroclites viendra se briser – tous bris d’electronics causés par un orgue martial qui ne prétendra jamais tenir à ménager l’auditeur. Se bousculent ensuite des déflagrations en tous genres. Venant de la gauche ou de la droite, des cris de possédés grossissent les rangs d’une manifestation d’esprits en proie à un tumulte irraisonnable. S’il suit le cortège d’un bout à l’autre, le même auditeur s’en trouvera exalté ou éreinté, selon sa nature et l'idée qu'il se fait du bruit en musique.


Golden Serenades, Hammond Pops (introduction). Courtesy of 3dB.

John Hegre's Golden Serenades : Hammond Pops (+3dB)
Edition : 2009.
CD : 01/ Hammond Pops
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

11 janvier 2010

Machinefabriek, Andrea Belfi : Pulses and Places (Korm Plastics, 2009)

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Initié au tournant de ce siècle, le projet Brombron voit à chaque numéro deux musiciens (ou plus) en résidence au centre culturel Extrapool de Nimègue aux Pays-Bas (le pays se fait une spécialité du genre collaboratif, comme le prouve cette autre excellente série qu’est In The Fishtank sur Konkurrent). Dirigée par le très actif Frans de Waard, patron de l’officine Korm Plastics et maître d’œuvre de l’excellent site musical Vital Weekly, la série est désormais hébergée sur son propre label après l’avoir longtemps chez Staalplaat. Des numéros précédents, on notera notamment la conjugaison des talents de Stephan Mathieu & Ekkehard Ehlers (‘Brombron 2’), Frank Bretschneider & Peter Duimelinks (‘Brombron 10’) ou Felix Kubin & Coolhaven (‘Brombron 11’). Beaucoup de monde, on le voit. Dans la liste, les noms de Francisco López & Richard Francis, récemment chroniqués en ces lieux, et de Machinefabriek & Andrea Belfi  sont totalement à leur place, singulière et indépendante.

Le volume 15 est tout bonnement sensationnel. Musicien électro-acoustique, Belfi s’est déjà fait remarquer sur la maison Häpna, alors qu’au cours des dernières années, Rutger Zuydervelt a présenté un nombre considérable de travaux, certains d’une immense qualité (Marijn, Cello Recycling/Cello Drowning, Weleer). Première union entre les deux artistes, l’Italien principalement aux percussions et le Néerlandais surtout aux guitares et à l’orgue, le disque est remarquable de grondements divers et de drones amadoués à coups de gongs et objets divers. Au cours de quatre morceaux d’anthologie (dont le dernier, à écouter absolument !), la recherche sonore sans failles du duo italo-néerlandais émerveille et subjugue, tant à chaque seconde on a envie de se plonger dans l’instant qui va suivre. Evidemment, pour la farandole d’anniversaire du petit Théo, va falloir penser à autre chose.

Machinefabriek, Andrea Belfi : Brombron 15: Pulses And Places (Korm Plastics / Metamkine)
Edition : 2009.
CD : 01/ Untitled 02/ Untitled 03/ Untitled 04/ Untitled
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

26 décembre 2009

John Cage : Credo in Us... More Works for Percussion (Wergo, 2002)

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Suivant les traces phonographiques – significativement électives – du sidérant improvisateur (et intercesseur, dans ce cas) qu’est Lê Quan Ninh, on ne manque de croiser la piste cagienne et le travail qu’il mène depuis 1986, avec trois autres percussionnistes : Isabelle Berteletti, Jean-Christophe Feldhandler et Florent Haladjian, au sein du Quatuor Hêlios, sur le répertoire de Cage donc, mais aussi de Globokar, Aperghis, Therminarias ou Takemitsu

Si le premier volume des Works for Percussion publié par Wergo il y a une vingtaine d’années abordait des pièces élaborées entre 1939 et 1943, le dernier enregistrement en date permet d’écouter des travaux s’étendant de ladite période jusqu’à 1986 – soit une belle variété de terrains hachurés et d’espaces ouverts, aux bornes erratiques. Et c’est un véritable enchantement : tant pour cette conception unique du geste musical (et l’évolution de ses liens complexes avec les idées d’improvisation, d’intentionnalité) que pour l’appréhension du matériau sonore (de la conque à l’oscillateur) ; tant pour l’élégance balinaise de certains « paysages » que pour l’impeccable désordre et la joyeuse sobriété d’architectures habitables, vivantes, habitées.
Un accès privilégié à l’univers de Cage, tout bonnement !

John Cage, Quatuor Hêlios : Credo in Us... More Works for Percussion (Wergo / Amazon)
CD : 01/ Credo in US (1942) 02/ Imaginary Landscape n°1 (1939) 03/ Inlets (1977) 04/ Imaginary Landscape n°3 (1942) 05/ But what about the noise of crumpling paper which he used to do in order to paint the series of “Papiers froissés” or tearing up paper to make “Papiers déchirés”? Arp was stimulated by water (sea, lake, and flowing waters like rivers), forests (1986)
Guillaume Tarche © Le son du grisli

17 décembre 2009

Paul Rutherford : Tetralogy (Emanem, 2009)

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D’anciennes cassettes et d’autres enregistrements de concerts : prises multiples (acoustiques et électroacoustiques) de Paul Rutherford assemblées sur Tetralogy.

En solo à Londres en 1981, d’abord, Rutherford confronte une musique électronique minuscule aux clameurs d’un euphonium et à celles d’une voix passée en machines. Là, il confectionne un art expressionniste autant que ludique, dans lequel l’importance du son rivalise avec celle du geste. L’état d’esprit, ré-invoqué deux jours plus tard auprès de George Lewis (trombone), Martin Mayes (cor) et Melvyn Poore (tuba) : cette fois, les cuivres se mêlent avec une ferveur telle qu’il devient impossible de démêler leurs voix, graves réfléchissants qui vont d’impromptus en accords sur phrases longues jusqu’à mettre la main sur des trouvailles essentielles.

La première moitié du second disque présente d’autres solos : Rutherford au trombone ou à l’euphonium en 1978, précipite son discours, se laisse plaisamment gagner par la fatigue, et puis repart, revigoré. A l’intérieur de l’instrument, fait entrer des morceaux de voix prises de tremblement et de phrases instrumentales en chutes libres, écho interne au tumulte entendu dehors. Enfin, en compagnie de Paul Rogers (contrebasse) et de Nigel Morris (percussions), Paul Rutherford improvise en studio en 1982 : sortent de la rencontre saillies et répétitions amalgamées sur une pièce que l’on croit d'abord écrite (One First 1) ou un archet radical offrant au trombone la possibilité d’autres stratagèmes. En conséquence, Tetralogy s’avère être une anthologie à la fois inattendue et nécessaire.

Paul Rutherford : Tetralogy (Emanem / Orkhêstra International)
Enregistrement : 1978-1982. Edition : 2009
CD1 : 01/ Elesol A 02/ Elesol B 03/ Elesol C 04/ Braqua 1A 05/ Braqua 1B 06/ Braqua 2 – CD2 : 01/ The Great Leaning 1A 02/ The Great Leaning 1B 03/ The Great Leaning 2 04/ One First 1 05/ One First 2 06/ One First 3
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

30 novembre 2009

Dennis Gonzalez : Songs of Early Autumn (NoBusiness, 2009)

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Lorsque, sur l’invitation de son ami Joe Morris, Dennis Gonzalez se rend dans le Connecticut, l’automne imprime aux paysages de la Nouvelle Angleterre ses couleurs et sa lumière particulières. Arrivé à Guilford, au domicile de Joe, la neige se met à tomber et la température a sérieusement baissé. Dennis Gonzalez et Joe Morris avaient déjà joué ensemble quelques mois plus tôt, au cœur de l’été, pour la session No Photograph Avaible, éditée par Clean Feed, et c’est naturellement qu’ils se retrouvent alors pour prolonger leur collaboration musicale. Aux côtés de Joe Morris, guitariste mais jouant ici de la contrebasse : Timo Shanko, contrebassiste mais soufflant ici dans un saxophone et Luther Gray, batteur… jouant de la batterie !

Le nez froid, les doigts gourds, les hommes attaquent alors la session et tout se suite la musique déployée se pare de chaudes couleurs, d’une joie partagée de défier les intempéries. Si l’on devait lui offrir une filiation, on évoquerait le Old and New Dreams. Parce que  le groove y est véloce et heureux (Loft). Mais aussi pour les mélodies enfantines déployées par Dennis Gonzalez qui se faufilent entre les fantômes d’une rythmique troublante (Acceleration). Enfin, pour la contrebasse élastique, sautillante, comme dansant sur une batterie qui fait la part belle aux toms et se connecte ainsi au pouls des percussions africaines (Bush Medicine). On pense aussi beaucoup à Albert Ayler, pour la pratique d’un free jazz tantôt emporté (In Tallation), tantôt méditatif (Lamentation).

On pense, finalement, au cycle des saisons, à cet éternel retour mais aux couleurs changeantes, à ce continuum qu’est la musique inventée par les africains américains au 20ème siècle, qu’on appelle jazz, et dont nous est livré ici un exemple incroyablement vivant.


Dennis Gonzalez, Lamentation (extrait). Courtesy of NoBusiness Records.

Dennis Gonzalez Connecticut Quartet : Songs of Early Autumn (NoBusiness Records / Instant Jazz)
Edition: 2009.
CD : 01/ Loft  02/ Acceleration  03/ Bush Medicine  04/ Idolo 05/ In Tallation  06/ Lamentation  07/ Those Who Came Before  08/ Loyalty
Pierre Lemarchand © Le son du grisli

18 novembre 2009

Olivier Messiaen : For Onde Martenot and Piano (Rer Recommended, 2009)

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Tout comme Varèse, Olivier Messiaen succomba aux charmes des Ondes Martenot. En conséquence, quelques-uns de ses élèves aussi : N’Guyen Thien Dao, Jacques Charpentier et Tristan Murail, qui signent autant que le maître les compositions pour ondes musicales et piano entendues ici (interprétations de Nadia Ratsimandresy (Art Zoyd) et Matteo Ramon Arevalos).

Où l’on célèbre avant tout l’éternité de Jésus à grands coups d’instrument sortant de l’ordinaire, capable de remplacer le violoncelle sur le quatrième et extatique mouvement du Quatuor pour la fin du temps de Messiaen. Dûs au même, trouver plus loin quelques feuillets inédits (les oscillations mélodieuses sur une progression lente d’accords de piano, et puis démonstratives)  et une Vocalise-Etude impressionniste s’amusant de la paraphrase.

Pour ce qui est des travaux d'élèves, N’Guyen Thien Dao oppose à l’instrument du jour un piano préparé et commande un intéressant duel de sifflements et de notes expédiées ; Jacques Charpentier trahit son intérêt pour l’Inde mais aussi pour les graves enveloppants sur une Suite Karmatique en trois mouvements ; enfin, Tristan Murail – qui a beaucoup écrit pour l’instrument – noie l’onde sous des accords de piano tempétueux. Messiaen et ondes de Messiaen.

Olivier Messiaen et autour de Messiaen : For Onde Martenot and Piano (RER / Orkhêstra International)
Edition : 2009.
CD : 01/ Louange Á l'Éternité De Jésus 02/ Bai Tap 03/ Feuillets Inédits : Presque Lent Et Berceur 04/ Feuillets Inédits : Lent - Modéré 05/ Feuillets Inédits : Bien Modéré - Un Peu Plus Vif - Moderé - Trés Lent 06/ Feuillets Inédits: Lent - Un Peu Plus Vif - Lent 07/ Suite Karnatique 08/ Vocalise-Étude 09/ Tigres De Verre 10/ Louange Á L'immortalité De Jésus
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

17 novembre 2009

Evan Parker : House Full of Floors (Tzadik, 2009)

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Regroupés en juin dernier autour des micros d’Adam Skeaping (qui enregistra le souffleur dès 1980 dans le solo de Six of One ou le duo From Saxophone & Trombone), Evan Parker (saxophones soprano & ténor), John Russell (guitare) et John Edwards (contrebasse) avaient décidé d’élaborer quelques pièces improvisées en duo et en trio…

Leur association n’est pas sans évoquer à l’amateur le quartet que Mark Sanders complétait il y a une douzaine d’années pour London Air Lift, ou les aventures du saxophoniste avec le grand aréopage d’archets et plectres des Strings with Evan Parker : d’évidence, rares ou proliférantes, les cordes semblent apporter à Parker une force de « soulèvement » (Edwards s’y entend !) et une délicate énergie hirsute (tirée de la guitare épépinée de Russell) que le saxophone vient combiner et froisser en somptueuses gerbes, sans les ébarber. Ces jeux de dynamiques et de vitesses superposées (Full of Floors) convergent dans un étonnant swing antigravitationnel.

Assistant aux séances pour graver un peu de cette musique sur cylindres de cire, Aleks Kolkowski (un des archets – violon alto Stroh – des Kryonics & scie) fut invité à rejoindre le trio sur quelques morceaux : le pavillon du Stroh attirant le soprano vers de nouvelles raucités et la scie déformant l’espace, les esquives et séries de crochets forment une belle capoeira !

Evan Parker : House Full of Floors (Tzadik / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2009. Edition : 2009.
CD : 01/ Three of a Kind 02/ Donne’s Banjo 03/ Ca-la-ba-son 04/ Figure Dancing 05/ Aka AK 06/ Kabala-sum-sum-sum 07/ Shown jot 08/ House Full of Floors 09/ Wind Up
Guillaume Tarche © Le son du grisli

13 novembre 2009

Jakob Ullmann : A Catalogue of Sounds (Edition RZ, 2005)

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Jakob Ullmann's A Catalogue of Sounds is a strong contender for my all-time favorite album. This richly detailed 73 minutes piece (performed by violin, viola, cello and ensemble)showcases the impact of absolute subtlety, resetting the ear of the listener to be attuned to the most minuscule gradations and shifts.

While remaining infinitesimally quiet throughout, there is no feeling of limitation ; the variation in texture is so great that nothing ever seems missing or reduced. I've heard several people say that they had forgotten by the end just how quiet overall the piece really is – their perception had recentered itself over the course of listening. The playing is dry and delicate and the recording is exceptional. No detail is lost. Every sound is placed with utmost precision to achieve the total effect which, for me, can only be described as monumentality in tininess.


Jakob Ullmann, A Catalogue of Sounds (extrait). Courtesy of Edition RZ.

CD : Jakob Ullmann : A Catalogue of Sounds 1995-1997 (Edition RZ)
Edition : 2005.
CD : 01/ A Catalogue of Sounds
Vanessa Rossetto © Le son du grisli

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Vanessa Rossetto est peintre et musicienne. Dogs in English Porcelain est son dernier disque produit à ce jour.

30 octobre 2009

Denniz Gonzalez : Live in Washington, D.C. (Daagnim, 2009)

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Vingt ans après son enregistrement, ce concert donné à Washington par le Band of Sorcerers met au jour l’accord de membres faits pour s’entendre : Dennis Gonzalez (trompette), Carter Mitchell (contrebasse), Reggie Nicholson (batterie) et, en invité de choix, Frank Lowe (saxophone ténor).

S’il n’est pas d’une netteté remarquable, le son de cet enregistrement ne peut altérer beaucoup la qualité de l’échange : qui va et vient entre free pugnace, soul et swing. Mitchell et Nicholson se chargeant d’affranchir les solistes de toutes obligations, Gonzalez et Lowe ne tardent pas à tirer de leurs verves respectives de grands dialogues inspirés par les figures d’Alvin Fielder, John Carter et Julius Hemphill.

En hommage à ce-dernier, le quartette fomente d’ailleurs une conclusion précieuse : développement lent tiré de sa torpeur par les références au blues de Lowe et les airs de Mexicana inventés sur l’instant par Gonzalez, derniers moments finissant au creux d’un tumulte réjoui.

Dennis Gonzalez Band of Sorcerers : Live in Wahington, D.C. (Daagnim)
Enregistrement : 1989. Edition : 2009.
CD-R : 01/ Hymn for John Carter 02/ Living on the Edge 03/ Hymn for Julius Hemphill
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

26 octobre 2009

Phill Niblock : Touch Strings (Touch, 2009)

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Après les instruments à vent (sur le monumental Touch Three, Touch Music, 2006), Phill Niblock investit les cordes afin de bâtir trois nouvelles cathédrales sonores, au matériau de base et au procédé de composition différents. Stosspeng est élaboré à partir de l’accumulation d’échantillons de pulsations des guitare et guitare basse de Susan Stenger et Robert Poss. Poure résulte de l’assemblage de plusieurs couches de violoncelle joué par Arne Deforce et One Large Rose du mixage de quatre pistes correspondant à autant d’enregistrements du Nelly Boyd Ensemble de Hambourg.

Comme d’habitude, les monolithes sonores construits par Niblock ne révèlent toutes leurs subtilités qu’à un très fort volume. C’est ainsi que cette musique communiquant un sens de l’espace sans nul autre pareil exerce le mieux sa force de fascination. Les strates, aux progressions graduelles, enveloppent peu à peu l’auditeur, confronté à un monde de textures aux richesses quasi infinies. La durée des pièces (une heure pour Stosspeng) est essentielle pour imposer à l’auditeur la concentration nécessaire lui permettant de s’immerger dans un univers dont le seul principe serait le son, éternel et absolu.

Phill Niblock : Touch Strings (Touch Music / Metamkine)
Enregistrement : 2006-2007 (Stosspeng), 2008 (Poure, One Large Rose). Edition : 2009.
CD1 : 01-06/ Stosspeng (Susan Stenger et Robert Poss) - CD2 : 01/ Poure (Arne Deforce) 02-06/ One Large Rose (The Nelly Boyd Ensemble, Hambourg)
Jean Dezert © Le son du grisli

23 octobre 2009

Richard Chartier : Untitled (Angle.1) (NonVisual Objects, 2009)

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C’est pour une installation (non intitulée) de l’artiste Linn Meyers que Richard Chartier composa cette pièce d’un peu plus de 36 minutes (non intitulée non plus). Afin d'expliquer la précision entre paranthèses ((angle.1)), voici à quoi ressembe l’œuvre.

Sous cet angle, Richard Chartier trouve le prétexte à poursuivre son questionnement de la stéréo et calque ses lignes électroniques sur celles d’encre que l’on pouvait voir sur les murs. En conséquence, deux œuvres s’associent et entremêlent leurs lacets (ceux de Chartier imbriquant déjà un larsen, une couche sonore horizontale, et des chants de faux criquets). Le disque en ressort diaphane mais impressionnant par la façon qu’il a d’apposer côte à côte des moments de silence (le blanc des murs de Meyers) et des mouvements sonores tout en discrétion. La vérité n’est pas ailleurs que dans cette découverte : le visuel peut s’entendre.


Richard Chartier, Untitled (Angle.1) (extrait). Courtesy of NonVisualObjects.

Richard Chartier : Untitled (Angle.1) (NonVisual Objects)
Edition : 2009
CD : 01/ Untitled (Angle.1)
Pierre Cécile © Le son du grisli

18 septembre 2009

Paul Abbott, Léo Dumont, Ute Kanngiesser : Loiter Volcano (Another Timbre, 2009)

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Tout, à la surface : un air de réductionnisme progresse au son de l’entente ou de la désunion d’un violoncelle (celui d’Ute Kanngiesser), de percussions (celles de Léo Drumont) et d’électronique (usages de Paul Abbott).

En fond, le paysage oscille : au premier plan, les mouvements d’archet et les gestes percussifs composent avec leurs répétitions, quelques silences et autres égarements instrumentaux. Les premières, plus imposantes, finiront par installer le trio au creux d’une berceuse entêtante. Et Loiter Volcano s’impose en pièce de musique électroacoustique qu’on n’attendait pas, et à qui l’on cède bientôt toute la place.


Paul Abbott, Léo Dumont, Ute Kanngiesser, Loiter Volcano (extrait). Courtesy of Another Timbre.

Paul Abbott, Léo Dumont, Ute Kanngiesser : Loiter Volcano (Another Timbre)
Enregistrement : 2009. Edition : 2009.
CD : 01/ Loiter Volcano
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

24 février 2006

Charles Tolliver : Mosaic Select (Mosaic, 2005)

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Les trois disques de Charles Tolliver repris par la série Mosaic Select donnent à réentendre le trompettiste à la tête de deux quartettes différents, en concerts à New York (1970) et Tokyo (1973). Rééditions des disques Live at Slugs’ (premier volume de cette anthologie) et Live in Toyko (deuxième volume) que Tolliver sortit jadis sur son label Strata-East, augmentées d’inédits de l’un et l’autre concerts (troisième volume), la sélection redit surtout l’entente rare de Tolliver et du pianiste Stanley Cowell.

Au Slugs’ Saloon de New York – endroit que le trompettiste inaugura plus tôt auprès de Jackie McLean –, d’abord, en compagnie du contrebassite Cecil McBee et du batteur Jimmy Hopps, le longs de sets où sont conjugués avec une inspiration rare hard bop et jazz modal, la paire défend ses manières d’avant-garde avec une majesté éloquente : sur Orientale, en premier lieu, composition de Cowell brillant par la capacité qu’elle a d’évoluer au gré de décalages subtils autant que surprenants ; sur Spanning, ensuite, œuvre de Tolliver assez étrange pour prendre des airs de berceuse prônant un éveil constant et inventif.

A Tokyo, trois ans et demi plus tard, c’est auprès du bassiste Clint Houston et du batteur Clifford Barbaro que les deux hommes prennent place sur la scène du Yubinchokin Hall. Si Houston et Barbaro se montrent moins créatifs que leurs prédécesseurs, ils n’empêchent pas le trompettiste et le pianiste d’imposer l’évidence mélodique d’Effi ou de diluer en effets impressionnistes l’air de ‘Round Midnight. Plus précieux dans ses gestes, le duo se montre là autrement convaincant, même si la préférence de l’auditeur ira aux enregistrements de 1970 – une version d’On The Nile jusque là inédite, permettant de renforcer encore ce penchant. Alors donc : retour commandé à Charles Tolliver.

Charles Tolliver : Mosaic Select (Mosaic / Amazon)
Enregistrement : 1970 / 1973. Edition : 2005.
CD1 : 01/ Drought 02/ Felicite 03/ Orientale 04/ Spanning 05/ Wilpan's 06/ Our Second Father (Dedicated to the memory of John Coltrane) CD2 : 01/ Drought 02/ Stretch 03/ Truth 04/ Effi 05/ 'Round Midnight CD3 : 01/ On The Nile 02/ Ruthie’s Heart (Dedicated to my mother) 03/ Repetition 04/ Impact 05/ Our Second Father (Dedicated to the memory of John Coltrane) 06/ Earl's World (Dedicated to my brother)
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

11 septembre 2009

Weightless : A Brush with Dignity (Clean Feed, 2009)

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Sur A Brush with Dignity, John Butcher (saxophones ténor et soprano) et John Edwards (contrebasse) improvisent en compagnie d’Alberto Braida (piano) et de Fabrizio Spera (batterie) : à l’occasion de deux concerts donnés en Allemagne l’année dernière.

En guise de souvenirs, quatre extraits : sur lesquels approuver une autre fois les manières et l’entente de Butcher et Edwards, mais regretter aussi l’intérêt que Braida trouve parfois en postures entendues et partout à intervenir sur un instrument à la sonorité clinquante. Sur des morceaux d’un jazz libre et déferlant (Apre et Termo) ou quelques mouvements lents qui accueillent hésitations feintes et répétitions travaillées (Centri et Vista), la sonorité du clavier gangrène le discours musical pourtant intéressant dans son ensemble. Pour oublier, s’en remettre à l’introduction de Vista, où Braida s’en prend à ses cordes sans passer par le clavier, ou aux parenthèses enchantées entre lesquelles il se contente d’écouter ses partenaires. 

Weightless : A Brush with Dignity (Clean Feed / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2008. Edition : 2009.
CD : 01/ Apre 02/ Centri 03/ Vista 04/ Termo
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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4 août 2009

Flaming Tunes : Flaming Tunes (Life and Living, 2009)

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This Heat est l'un de mes groupes préférés de tous les temps. Seulement une poignée d'albums, tous géniaux, et le frisson assuré à chaque écoute de l'album bleu. Tout était là : un sens rythmique incomparable (on peut souvent danser sur leur musique), un sens mélodique inoui (et des voix à tomber par terre) et un travail sur le son en avance de 20 ans sur son époque.

J'avais écouté les autres disques sortis de ce vivier après la dissolution du groupe au début des années 1980 : Camberwell Now (le projet du batteur Charles Hayward) et Lifetones (le projet dub de Charles Bullen) mais je n'ai découvert que tout récemment l'existence d'une cassette post This Heat de Gareth Williams, maintenant rééditée en CD. Autant le dire tout de suite : cette réédition est un repiquage de la cassette : le son est plus low tech que low fi. Mais peu importe. Il n'y a pas eu de nettoyage dénaturant le propos... On y entend des boites à rythmes empruntées à Scritti Politi, des harmonies vocales qui évoquent This Heat, bien sûr, mais aussi souvent le groupe Tuxedomoon. Le disque a semble-t-il été composé suite au départ de Gareth Wiliams en Inde, après avoir quitté le groupe. Cet album a mis 25 ans à être réellement édité et distribué. Depuis que j'ai reçu le CD par la poste (le lendemain de mon paiement par paypal via le site myspace du groupe), je n'écoute pratiquement que ça. Magnifique !

Flaming Tunes : Flaming Tunes (Life and Living / Orkhêstra International)
Enregistrement : 1985. Edition : 2009.
CD : 01/ Another Flaming Tune 02/ Beguiling the Hours 03/ The Best Weapon 04/ A to B 05/ Breast Stroke 06/ Raindrops from Heaven 07/ Restless Mind 08/ B to A 09/ Golden Age 10/ It's Madness 11/ Generous Moon
David Fenech © Le son du grisli

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David Fenech est musicien. Polochon Battle est à ce jour son dernier enregistrement paru.

24 juillet 2009

Phantom Limb & Earth’s Hypnagogia : In Celebration of Knowing All The Blues of The Evening (Unframed Recordings, 2009)

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A coups de farfisa et d’oscillateurs, Jaime Fennelly et Shawn Hansen édifient ici sous le nom de Phantom Limb & Earth’s Hypnagogia une grande composition instantanée d’expérimentale inquiétante, puis agressive.

Pour apparaître crescendo sous la forme d’une simple nappe sonore oscillante, drone sur lequel s’agglomèrent bientôt toutes sortes d’intervenants : larsen, souffles épais, effets crachant ou parasites. Les trois grands mouvements de Civil Twilight passés – qui imposèrent la trame de l’œuvre au noir –, voici huit notes de clavier, répétées sans souci véritable d’allure à conserver. Se chevauchant, voici qu’elles cèdent sous l’influence bruyante d’effets velléitaires et changent radicalement la face de l’expérience : Darkness finit de convaincre de l’écrasante présence de Fennelly et Hansen.

Phantom Limb & Earth’s Hypnagogia : In Celebration of Knowing All The Blues of The Evening (Unframed Recordings / Metamkine)
Enregistrement : 2006. Edition : 2009.
CD : 01/ Civil Twilight 1 02/ Civil Twilight 2 03/ Civil Twilight 3 04/ Darkness (Nautical Twilight) 1 05/ Darkness (Nautical Twilight) 2 06/ Darkness (Nautical Twilight) 3
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

17 juillet 2009

Marteau rouge, Evan Parker : Live (In Situ, 2009)

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Marteau Rouge (Jean-François Pauvros / Jean-Marc Foussat / Makoto Sato), c’est quelque chose qui grouille, qui gronde, qui menace, qui déborde, qui frappe fort et dur à la face des vaines hiérarchies. Evan Parker, c’est tout ce que l’on sait (la circularité, la convulsion) et ce que l’on redécouvre aujourd’hui (un phrasé hérité du jazz, un lyrisme confondant). C’est aussi et surtout l’étonnante facilité qu’a le barde barbu de ne faire qu’un avec ses partenaires d’un soir.

Ici, il ne s’agit pas d’une confrontation. Ici, il s’agit de faire bloc et union. Accepter les moments de doute(s) et d’observation, de suspension et de retenue(s) avant que parle la poudre. Et la poudre parlera forcément. Rouge, indélébile, brisante. Alors, ils attireront des tissus sombres et épais puis reviendront croiser le fer. Ils en remettront une couche puis traverseront d’autres territoires, plus apaisés, plus tempérés. Ils diront comment ensemble, ça peut se passer de chef. Et nous, spectateurs-auditeurs convaincus depuis longtemps, nous nous agripperons avec fureur et délectation à cette musique de vie et de forces vives. Et si c’était à nous de jouer maintenant ?

Marteau Rouge, Evan Parker : Live (In Situ / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2008. Edition : 2009.
CD : 01/ Un 02/ Deux  03/ Trois, tourne mon Coeur 04/ Quatre 5/ Cinq 06/ Six, Au temps des cerises  07/ Dix 08/ Onze, Douze, Quand tout sera rouge
Luc Bouquet © Le son du grisli

Archives Jean-François Pauvros
Archives Evan Parker

10 août 2009

Günter Müller : Buenos Aires Tapes (Monotype, 2009)

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C’est à l’occasion d’un séjour argentin, début 2006, que ces deux disques ont été gravés ; ils reproduisent deux concerts donnés par Günter Müller (iPod, electronics), le 9 février avec Courtis & Reche, le 10 avec Merce & Paiuk – soit deux trios qui ne sont pas sans renvoyer les amateurs aux autres « électrios » dans lesquels officie GM : avec Kahn & Dieb 13 par exemple, Sachiko M & Yoshihide, eRikm & Nakamura, Ambarchi & Samartzis, dans MKM (qui a d’ailleurs tourné en Amérique du sud au printemps 2007 comme en témoigne le disque MSA, For4Ears), ou encore avec Voice Crack

Première facette (en une longue pièce) : lourdes pales en rotation, horizon chuintant, pouls secret ; au fil d’un lent zoom, Günter Müller, Anla Courtis (guitare sans cordes, bandes) et Pablo Reche (sampler, electronics) élèvent une maquette portuaire nocturne puis, par des jeux de cache-cache et d’étagement des matières, dégagent de nouveaux reliefs. Dans ces déploiements d’anamorphoses et de profondes basses onduleuses, l’oreille semble se perdre : parfois – à fort volume – au profit de perceptions osthéophoniques, parfois pour mieux découvrir, par une écoute flottante, la subtile présence d’un élément « discret », au bord de la disparition, occupant pourtant une place d’influence dans le champ auditif. Une réussite.

Seconde galette (organisée en trois développements) : en compagnie de Sergio Merce (quatre pistes sans bande, WX7) et Gabriel Paiuk (piano, bandes), si l’ambiance est moins contemplative et les sollicitations plus explicites, le scénario reste intéressant ; un tissage passant du raréfié à l’hétéroclite et du lamé à l’urticant sert de substrat à la fouille sporadique du piano. Une dérive mixte (comme l’on peut parler de « techniques mixtes » en peinture).

Günter Müller : Buenos Aires Tapes (Monotype / Metamkine)
Enregistrement : 2006. Edition : 2009.
CD1 : 01/ CD2 : 01/ 02/ 03/
Guillaume Tarche © Le son du grisli

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