Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Parution : Jazz en 150 figures de Guillaume BelhommeParution : le son du grisli #2Sortir : Festival Baignade Interdite
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John Carter : Echoes from Rudolph’s (NoBusiness, 2015)

john carter echoes from rudolph's

Dans le même temps qu’il publie un récent enregistrement de Bobby Bradford (The Delaware River), le label NoBusiness réédite un ancien disque de John Carter : Echoes from Rudolph’s, jadis autoproduit par le souffleur sous étiquette Ibedon – enregistré à Los Angeles entre 1976 et 1977, et ici augmenté d’un concert donné à la radio.

En 1973, Carter monte un trio avec son fils, Stanley Carter (contrebasse et basse électrique), et son ami William Jeffrey (batterie), que l’on entendra sur Nightfire ou Dauwhe. Jusqu’en 1976, la formation occupera ses dimanches après-midi à animer la minuscule salle du Rudolph’s Fine Arts Center – les spectateurs ne seront jamais plus d’une trentaine : peu de témoins, donc, de l’engouement pour la clarinette qui gagne Carter.

C’est néanmoins en studios (septembre 1976 et, pour une prise, juillet 1977) que le groupe se souvient ici de ces concerts réguliers : sur le morceau-titre, la clarinette suit les pas de Dolphy mais répond aussi à l’appel de ces folk pieces en gestation : impressions d’Afrique ou chants ultramodernes – c’est, sur To a Fallen Poppy, la douce voix de Melba Joyce, « accessoirement » épouse de Bobby Bradford – côtoient alors des interventions libres (à la clarinette, surtout) de toutes conventions.

The Last Sunday, dernier titre du premier des deux disques de ces nouveaux Echoes, donne aussi à entendre un archet frénétique : celui du fils. A la radio (en mars 1977), on atteste – malgré une prise de son moins favorable au trio – l’avancée de ses recherches avant de comprendre que ce qui les inspire est une admirable confiance. Ainsi John échange-t-il un motif mélodique avec Stanley avant de le laisser chercher de quelle manière lui échapper enfin : c’est un jeu en mouvement que les trois hommes partagent, qui se cherche encore dans le même temps qu’il affirme avec force. Plus tôt avec Bradford, ce fut Secrets ; quelques années plus tard, leur temps était déjà loin. C’est entre autres choses pourquoi cette réédition s’avère indispensable.

écoute le son du grisliJohn Carter
To A Fallen Poppy

John Carter : Echoes from Rudolph’s (NoBusiness)
Enregistrement : 1976-1977. Edition : 1977. Réédition : 2015.
2 CD : CD1 : 01/ Echoes from Rudolph’s 02/ To a Fallen Poppy 03/ Angles 04/ Amin 05/ The Last Sunday – CD2 : 01/ Echoes from Rudolph’s / To a Fallen Poppy 02/ Unidentified Title 1 / Unidentified Title 2 / Unidentified Title 3 / Unidentified Title 4 / “Amin”
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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John Carter : A Suite Of Early American Folk Pieces For Solo-Clarinet (Moers, 1979)

john carter a suite of early american folk pieces for solo-clarinet

Ce texte est extrait du premier des quatre fanzines Free Fight, This Is Our (New) Thing. Retrouvez l'intégrale Free Fight dans le livre de 524 pagesFree Fight. This Is Our (New) Thing publié en 2012 par les éditions Camion Blanc.

Au début des années 1970 – 1972 ou 1973, selon son partenaire Bobby Bradford –, John Carter délaissa saxophones et flûtes pour se consacrer à la clarinette. Enfant, l’instrument l’attira pour posséder de nombreux « boutons » qui lui promettaient, raconta-t-il ensuite, un éventail de notes plus large que ne le faisait la trompette (trois boutons de pistons seulement). En 1972 ou 1973, bien sûr, Carter n’était plus dupe. Averti de son choix, Bradford regretta d’abord que son ami abandonne l’alto mais, face à l’évidence : « ce qu’il faisait à la clarinette m’a bouleversé ; et cela ne m’a pas pris plus de dix secondes pour tout oublier du saxophone alto. »

A ceux qui n’auront pas eu l’honneur d’être convaincu de visu par l’art supérieur avec lequel John Carter s’exprimait à la clarinette, reste notamment A Suite of Early American Folk Pieces for Solo Clarinet. Le 16 août 1979  –  soit  :  après  son  apparition en duos avec Theo Jörgensmann au festival de Moers (édition qui accueillit aussi le trio Sunny Murray / David Murray / Malachi Favors) et avant ce Live du « premier » Clarinet Summit au New Jazz Meeting de Baden Baden –, Carter enregistrait seul à Düsseldorf. For Solo Clarinet, donc, cette Suite of Early American Folk Pieces : six pièces d’un « folk » de sa composition, soit d’un « folk » inédit ; l’emploi du terme serait pour Carter moins une manière de se débarrasser de ce « jazz-tiroir » dans lequel il ne peut être rangé que d’envisager le développement d’un art musical personnel mis au service d’un grand projet, qui deviendra plus tard Roots and Folklore: Episodes in the Development of American Folk Music.

John Carter 1

Ce  jazz que d’autres ont fait « notre musique classique », Carter l’envisage donc en morceaux d’un folk instrumental et ouvragé : les techniques étendues, qui ne datent pas d’hier, ne sont-elles pas capables de tout changer ? Alors, le musicien s’applique à mettre au jour un langage personnel qui saura raconter les grandes lignes d’une longue histoire. Et leurs nuances, en plus. En équilibriste sinon en voltigeur, il passe de thèmes arrêtés (pour les noms, voici : « Fast Fannies Cekewalk », « Johnettas Night Song », « Star Bright », « Buddy Red », « Doin The Funky Butt », « Earnestines Dillema », « A Country Blues ») en digressions déconstructivistes. Foin des classifications, la clarinette retourne jazz, classique et musique populaire. Pourtant lorsque la trajectoire vertigineuse n’empêche pas toute comparaison, vous parviennent quelques échos : Ornette Coleman, George Gershwin, et même Prokofiev qui, en « Earnestines Dillema », pourrait retrouver son petit. C’est que l’Amérique de John Carter est faite de tous les bruits du monde, qui sont ses origines. Pour ce qui est de son actualité, qu’on donne la parole à chacun des éléments qui la composent pour peu qu’il ait à dire.  En cette Suite, John Carter a fait bien davantage que son simple devoir de citoyen.

John Carter 2

John Carter : A Suite Of Early American Folk Pieces For Solo-Clarinet (Moers Music)
Edition : 1979.
LP : A1/ Fast Fannies Cekewalk A2/ Johnettas Night Song A3/ Star Bright – B1/ Buddy Red, Doin the Funky Butt B2/ Earnestines Dillema B3/ A Country Blues
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Bobby Bradford, John Carter : NO U-TURN (Dark Tree, 2015)

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D’une formation documentée ici pour la première fois, on espère d’autres traces tant ces soixante-dix minutes paraissent courtes. Bobby Bradford et John Carter ont, dans leur coin, poussé le bouchon du free assez loin. Que presque personne ne se soit passionné pour leur musique rend triste, limite amer. Mais les musiciens discrets savent le rester et les oreilles avisées savent les entendre. Inaugurant une série Roots Series, le label Dark Tree a déniché LA pépite.

Bobby Bradford vise les hautes cimes, celles déjà atteintes une quinzaine d’années plus tôt aux côtés du grand Ornette C. Alléger les tempos, décoincer les harmonies, Bradford le fait magnifiquement. John Carter gagne les hauts plateaux sans effort. On retrouve ses suspensions giuffriennes à la clarinette – passions texanes jamais prises en défaut – et on le découvre proche des transes coltraniennes au soprano.

Roberto Miranda et Stanley Carter sont contrebassistes : ils n’ont appris qu’à se rejoindre, qu’à entretenir leurs emportements. Quant à William Jeffrey, sa batterie est foisonnante, jamais envahissante, jamais narcissique. Et d’une présence rare. Cela se passait le 17 novembre 1975 à Pasadena. C’était hier, c’est aujourd’hui.

Bobby Bradford & John Carter Quintet : NO U-TURN. Live in Pasadena, 1975 (Dark Tree / Orkhêstra International)
Enregistrement : 1975. Edition : 2015.
CD : 01/ Love’s Dream 02/ She 03/ Comin’ On 04/ Come Softly 05/ Circle
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Jazz Expéditives (Rééditions) : Eric Dolphy, Byron Allen, Ornette Coleman, Albert Ayler, Olive Lake, John Carter, Bobby Bratford

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miles davis digMiles Davis : Dig (Prestige, LP, 2014)
Maintes fois réédité (parfois sous le nom de Diggin’ With the Miles Davis Sextet), voici Dig une autre fois pressé en vinyle. Le 5 octobre 1951 en studio – dans lequel baguenaudaient Charlie Parker et Charles Mingus –, Miles Davis enregistrait en quintette dont Sonny Rollins et Jackie McLean étaient les souffleurs. Sur Denial, Bluing ou Out of the Blue, voici le bop rehaussé par le cool encore en formation du trompettiste. L’effet sera immédiat, à en croire Grachan Moncour III : « Dig a été l’un des disques les plus populaires auprès des musiciens de jazz. »

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Eric Dolphy, Booker Little : Live at the Five Spot, Vol. 1 (Prestige, LP, 2014)
A la mi-juillet 1961, Eric Dolphy et Booker Little emmenèrent au Five Spot un quintette d’exception – présences de Mal Waldron, Richard Davis et Ed Blackwell. Des deux volumes du Live at the Five Spot consigné ensuite, seul le premier est aujourd’hui réédité sur vinyle. Incomplet, donc, mais tout de même : Fire Waltz, Bee Vamp et The Prophet. Dissonances, tensions et grands débordements réécrivent les codes du swing, et avec eux ceux du jazz.

byron allen trioByron Allen : The Byron Allen Trio (ESP-Disk, CD, 2013)
Sur le conseil d’Ornette Coleman, ESP-Disk enregistra le saxophoniste alto Byron Allen. Sous l’influence du même Coleman (hauteur, brisures, goût certain pour l’archet), Allen emmena donc en 1964 un trio dans lequel prenaient place Maceo GilChrist (contrebasse) et Ted Robinson (batterie). Le free jazz est ici brut et – étonnamment – flottant, après lequel Allen gardera le silence jusqu’en 1979 – pour donner dans un genre moins abrasif, et même : plus pompier (Interface).

ornette coleman golden circleOrnette Coleman : Live at the Golden Circle, Volume 1 (Blue Note, LP, 2014)
Pour son soixante-quinzième anniversaire, Blue Note rééditera tout au long de l’année quelques-unes de ses références sur vinyle – reconnaissons que le travail est soigné*. Parmi celles-ci, trouver le premier des deux volumes de Live at the Golden Circle : Coleman, David Izenzon et Charles Moffett enregistrés à Stockholm en 1965. La valse contrariée d’European Echoes et le blues défait de Dawn redisent la place à part que l’altiste sut se faire au creux d’un catalogue « varié ».

albert ayler lörrach paris 1966Albert Ayler : Lörrach, Paris 1966 (HatOLOGY, CD, 2013)
Ainsi HatOLOGY réédite-t-il d’Albert Ayler ces deux concerts donnés en Allemagne et en France en 1966 qu’il coupla jadis. Le 7 novembre à Lörrach, le 13 à Paris (Salle Pleyel), le saxophoniste emmenait une formation rare que composaient, avec lui et son frère Donald, le violoniste Michel Sampson, le contrebassiste William Folwell et le batteur Beaver Harris. Bells, Prophet, Spirits Rejoice, Ghosts… tous hymnes depuis devenus standards d’un genre particulier, de ceux qui invectivent et qui marquent.

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Oliver Lake : The Complete Remastered Recordings on Black Saint and Soul Note (CAM Jazz, CD, 2013)
Désormais en boîte : sept disques enregistrés pour Black Saint par Oliver Lake entre 1976 et 1997. Passés les exercices d’étrange fusion (Holding Together, avec Michael Gregory Jackson) ou de post-bop stérile (Expandable Language, avec Geri Allen ; Edge-Ing avec Reggie Workman et Andrew Cyrille), restent deux hommages à Dolphy (Dedicated to Dolphy et, surtout, Prophet) et un concert donné à la Knitting Factory en duo avec Borah Bergman (A New Organization). Alors, la sonorité de Lake trouve le fond qui va à sa forme singulière.

john carter bobby bradford tandemBobby Bradford, John Carter : Tandem (Remastered) (Emanem, CD, 2014)
Emanem a préféré na pas choisir entre Tandem 1 et Tandem 2. En conséquence, voici, « remasterisés », les extraits de concerts donnés par le duo John Carter / Bobby Bradford en 1979 à Los Angeles et 1982 à Worcester désormais réunis sous une même enveloppe. Dans un même élan (au pas, au trot, au galop), clarinette et cornet élaborent en funambules leurs propres blues, folklore et musique contemporaine, quand les solos imaginent d’autres échappées encore. Tandem est en conséquence indispensable. 

blue note 75* Dans la masse de rééditions promises pas Blue Note, quelques incontournables : Genius of Modern Music de Thelonious Monk, Black Fire d'Andrew Hill, Unit Structures de Cecil Taylor, Complete Communion de Don Cherry, Out to Lunch d'Eric Dolphy, Blue Train de John Coltrane, Spring de Tony Williams ou encore Let Freedom Ring de Jackie McLean.

couverture

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Ab Baars Trio : 20 Years 1991-2011 (Wig, 2011)

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Pour fêter dignement une vingtaine d’années passée en trio en compagnie de Wilbert de Joode (contrebasse) et Martin van Duynhoven (batterie), Ab Baars met en boîte quatre de ses anciens enregistrements accompagné d’un autre, inédit. Brève description de l'ensemble : 

3900 Carol Court : premier album de l’Ab Baars Trio qui emprunte son titre à l’adresse de John Carter à Los Angeles – Baars passa-là deux mois de 1989 à prendre des leçons du clarinettiste. Morceau d’archéologie personnelle : Premier disque enregistré par l’Ab Baars Trio, 3900 Carol Court célèbre l’entente immédiate de musiciens aux parcours différents : formation classique pour Baars, improvisation abordée en autodidacte pour Wilbert de Joode, expérience auprès de musiciens de jazz (Dexter Gordon, Frank Wright, Willem Breuker) pour Martin van Duynhoven. Sur ses propres compositions – si ce n’est « Trav'lin in Plastic Dreams », signée John Lewis –, Baars passe de clarinette (qu’il privilégie sur ballades) en saxophone ténor et conduit des échanges souvent revêches, qu’il s’agisse de rendre la marche dérangée de « Kimmel » ou de peindre les fiévreux climats de « Krang » ou « Asor ». [Way Ahead, Le mot et le reste, 2011]

A Free Step, The Music of John Carter : cinq ans plus tard, la veuve de John Carter (disparu au printemps 1991) remet à Baars les partitions de son mari en lui permettant de les arranger comme il l’entend. A la clarinette et au ténor, Baars, aidé de ses partenaires, démontre alors d’un swing capable de libertés audacieuses pour régler son pas original sur celui du maître (ainsi A Free Step met-il au jour un folklore restauré par une science musicale ouverte).

Party at the Bimhuis : le 17 janvier 2003, pour ses 10 ans, l’Ab Baars Trio donnait au Bimhuis un concert en compagnie d’invités choisis : Ig Henneman, Misha Mengelberg, Guus Jansen et Mariette Rouppe Van der Voort. Selon les combinaisons, le disque va d’échanges tortueux (durant lesquels Baars, Joode et Duynhoven peuvent jouer les simples spectateurs) en accords fantasques – au son du free sixties de Von ou de Portrait of Roswell Rudd, tromboniste avec lequel le trio enregistra Four en 1998.

Songs : enregistré le 4 février 2000, Songs voit les trois hommes interpréter (Indiaan de Guus Janssen, Cherokee de Ray Noble, The Indians de Charles Ives) ou inventer quelques chants d’Amérique qui célèbrent ses premiers habitants : les danses indiennes sont-là de Baars qui, à l'instar de Carter encore, s’appuie sur un folklore imaginaire pour défendre ses singulières conceptions musicales (le solo de Joode sur Wolf Song ne le prouve-t-il pas à lui seul ?).

Gawky Stride : ici, le cinquième disque et l’inédit. Enregistré le 9 février dernier, il fait défiler des compositions de Baars dont le trio ne s’est pas entretenu des arrangements avant l’interprétation. En conséquence, le ténor (lorsqu'il n'est pas troqué pour un apaisant shakuhachi) doit trouver son équilibre sur la batterie plus fluide de Duynhoven (Spray of Rocks) ou parer les assauts amicaux de l’archet de Joode (Wake Up Call). La saveur est nouvelle et démontre que la formation, en plus d'évoluer, invente encore.

Une fois conseillée l’écoute de cet indispensable coffret (ou la réécoute des premières éditions des disques qui le composent), il restera à parcourir l’épais livret à trouver dans la même boîte (ou encore ici, dans sa version pdf) pour que ne vous échappe plus la moindre des nombreuses subtilités de l’iconoclaste Ab Baars Trio.

Ab Baars Trio : 20 Years. 1991-2011 (Wig)
Enregistrement : 1992-2011. Edition : 2011.
5 CD : 3900 Carol Court : 01/ Kimmel 02/ Visser van Lucebert 03/ Trav’lin in Plastic Dreams 04/ Krang 05/ 3900 Carol Court 06/ Glorpjes 07/ Asor 08/ Farfalla di Dinard 09/ The Dutch Windmill – A Free Step, The Music of John Carter : 01/ Juba Stomp 02/ Morning Bell 03/ Enter from the East 04/ Sticks and Sontes 05/ Karen on Monday 06/ Shukin’ Corn 07/ A Free Step 08/ Night Dance 09/ Woodman’s Hall Blues – Party at the Bimhuis : 01/ 3900 Carol Court 02/ GF 03/ Indiaan 04/ Party Talk 1 05/ A Portrait of Roswell Rudd 06/ Party Talk 2 07/ Von 08/ Party Talk 3 09/ Whisper Soft Horsemeat 10/ Reflections 11/ Enter from the East – Songs : 01/ Wai-Kun 02/ Indiaan 03/ Klawulacha 04/ Hevebe Tawi 05/ Cherokee 06/ Wolf Song 07/ Maliseet Love 08/ Song 09/ Jeux 10/ Clayaquot War 11/ Song 12/ Aotzi No-otz 13/ Meshivotzi No-otz 14/ Dsichl Biyin 15/ The Indians – Gawky Stride : 01/ Spray of Rooks 02/ Ochre Verges 03/ White Scream 04/ Indigo Weight 05/ Russet Nouns 06/ Lace-Rocked Foam 07/ Toru's Garden 08/ Gawky Stride 09/ Banned Breakers 10/ Wake Up Call
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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John Carter / Bobby Bradford Quartet: Seeking (HatOLOGY, 2006)

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Si le multi instrumentiste John Carter a joué aux côtés d’Ornette Coleman, c’est au sein du New Art Jazz Ensemble, qu’il fonda en 1964 avec le trompettiste Bobby Bradford, qu’il aura démontré toute l’étendue de ses possibilités  combinaison d'avant-garde et d'assurance West Coast. En 1969, le quartette enregistre son premier disque, Seeking, réédité aujourd’hui par hatOLOGY.

En connaisseurs, Carter et Bradford y servent un jazz tenant de l’éclat – swing délicat de The Village Dancers et performance bondissante de Sticks and Stones , mais aussi du clinquant – phrases langoureuses du saxophone sur Karen On Monday, et, surtout, impression liquoreuse qu’est Seeking, sur laquelle une flûte sous réverbération ne permet aucune échappatoire.

Deux reproches qui ne peuvent pourtant pas grand-chose face à des morceaux comme In the Vineyard et Song for the Unsung (seule composition de Bradford), tirant largement profit l’un et l’autre du savoir-faire de la section rythmique : maintien assuré du batteur Bruz Freeman et (surtout) maîtrise et imagination du contrebassiste Tom Williamson, capable de modeler étrangement n’importe quel gimmick sans jamais rien lui faire perdre de son efficacité.

Au final, donc, le meilleur l’aura emporté, qui plaide pour le bien-fondé de la réédition de Seeking, premier des quatre enregistrements que John Carter et Bobby Bradford auront eu le temps de mener ensemble.

John Carter / Bobby Bradford Quartet : Seeking (hatOLOGY / Harmonia Mundi)
Enregistrement : 16 janvier 1969. Réédition : 2006. 

CD: 01/ In the Vineyard 02/ Karen On Monday 03/ Sticks and Stones 04/ The Village Dancers 05/ Seeking 06/ Song for the Unsung
Guillaume Belhomme © Le son du grisli 2006

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