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Le son du grisli
25 décembre 2013

Irène Schweizer, Pierre Favre : Live in Zürich (Intakt, 2013)

ireène schweizer pierre favre live in zürich

Il aurait été assez étonnant qu’après tant d’années de pratique et de complicité, Irène Schweizer et Pierre Favre ne soient que routine et confort. Ce serait mal connaître la pianiste et le percussionniste pour qui chaque concert n’est qu’une nouvelle étape  vers un éden déjà frôlé à de nombreuses reprises.

C’est souvent Irène Schweizer qui ouvre les débats. C’est elle qui plonge, triture la forme, module l’harmonie. Toujours, Pierre Favre entre en correspondance ou en contrepoint – jamais en contresens – avec les fulgurances de sa partenaire. Et parfois, il n’en est que le précieux écho. Le frisé nerveux, il sait aussi faire résonner ses métaux, ouvrant ainsi la porte à des espaces troublants, intimes.

Ne s’économisant pas, s’amusant à tordre le trait, n’utilisant jamais les faciles tentations du copier-coller, Schweizer et Favre animent un concert allant crescendo, l’apogée de leurs émois se centralisant sur deux pièces (Night Flights, Open Stars Clusters) aux évidentes beautés.

écoute le son du grisliIrène Scweizer, Pierre Favre
Live In Zürich (extraits)

Irène Schweizer, Pierre Favre : Live in Zürich (Intakt / Orkhêstra International)
Enregistrement : 22-24 mars 2013. Edition : 2013.
CD : 01/ Black Mirror 02/ Gemini Constellation 03/ Bird of Paradise 04/ Ice Green Blue 05/ Broken Notes 06/ Hüben wie drüben 07/ Painted Face 08/ Night Flights 09/ Open Star Clusters 10/ All Alone 11/ Up & Down 12/ Blues for Crelier
Luc Bouquet © Le son du grisli

11 avril 2013

Ural Umbo : Fog Tapes (Hinterzimmer, 2010)

ural umbo fog tapes

Les cloches qui résonnent au début de ce LP nous apprennent que nous nous sommes éloignés de la civilisation. Sans savoir encore si le village est habité, l’ambiance est lourde, l’atmosphère oppressante & pour couronner le tout un vibrato nous tord la vue. Lugubre, gangrenée de métal, la nouvelle humanité que Steven Hess et Reto Mäder forgent sous le drapeau de leur Ural Umbo n’est pas faite pour nous rassurer.  

Pourtant si on approche du couple à l’action (si l’on ne craint ni les grands tremblements ni les drones qui quadrillent le secteur), on se laissera dicter notre conduite. C’est que leur musique nous a conquis... les battements sourds ankylosés... les coups de boutoir abasourdis. Plus noir que tout ce qu’Ural Umbo a fait avant, Fog Tapes est le vinyl qui nous fait nous soumettre pour toujours à leur doom (dum-dum ?).  

Ural Umbo : Fog Tapes (Hinterzimmer)
Edition : 2010.
LP : A1/ Ghost Cell A2/ Speed Of Light In Vacuum A3/ Background Value 04/ Indefinite Outline – B1/ Self Appointed B2/ Non Physical Contact B3/ The Mediums Feed 04/ Glory Humus  
Pierre Cécile © Le son du grisli

11 décembre 2013

Fritz Hauser, Ensemble XII, Steven Schick : Pieces for Percussion (hat[now]ART, 2013)

fritz hauser pieces for percussion

Il arrive que la grosse caisse tonne, que des baguettes commandent des trombes d’eau, qu’une percussion de bois goutte : la nature que Fritz Hauser réinvente sur Pieces for Percussion (recueil de compositions écrites entre 1986 et 2009) est artificielle, et demande aux artificiers application. Précision, même, s’ils veulent correspondre aux attentes du compositeur : faire honneur au matériau et, dans le même temps, sans y paraître, saisir le chant enfoui en lui.

Sous la direction de Steven Schick, l’Ensemble XII – le chiffre dit combien sont les percussionnistes qui le composent – relève avec brio le pari qu’Hauser lui proposa à distance(s). Tombe alors le premier coup, qui libère éléments de batterie et percussions de bois ou de métal. Chacun va, claquant, ronflant, sifflant, chantant, bruissant…, avec ou sans constance, toujours avec aplomb. A la question « comment battre et faire musique ? », les percussionnistes répondent sous la dictée d’Hauser : avec une présence commandée par des notes qui en imposent.

Quand ils ne sont pas tenus – sur miniature prokofievienne ou batucada bâloise –, la mesure peut fuir la régularité et le silence tout sacrifier aux tensions : alors, rumeurs intérieures et chants de surface complètent avec poésie cette étonnante suite d’intentions diverses qui tire sa cohérence de toutes ses réciproques.

Fritz Hauser, Ensemble XII, Steven Schick : Pieces for Percussion (hat[now]ART / Harmonia Mundi)
Edition : 2013.
CD : 01/ 60 02/ Nothing Will Ever Change 03/ Bricco Lu 04/ Die Welle 05/ Le souvenir 06/ Zeichnung 07/ Die Klippe 08/ As We Are Speaking 09/ Zytraffer 10/ 60 – In Space
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

5 décembre 2013

Bruno Duplant : Là où nos rêves se forment / Là où nos rêves s’effacent (Diafani, 2013)

bruno duplant là où nos rêves se forment là où nos rêves s'effacent

J’attends la neige avec deux disques de Bruno Duplant, Là où nos rêves se forment (to Maria-Eva Houben) et Là où nos rêves s’effacent (to Jakob Ullmann). Mais elle ne vient pas. Les rêves de Duplant sont ma musique d’attente. J’y entends d’ailleurs, comme un pressentiment, la respiration et les craquements de cette neige que j’attends.  

Pour occuper mon temps, je me plonge dans les rêves d’un autre. Des études Wandelweiser (comme hier chez B-boim de Malfatti, aujourd’hui chez Diafani d'Houben), des visions transcrites pour orgue. De la vallée il semble que l’appel d’un cor m’arrive, je regarde par la fenêtre (j’ai recouvert les vitres de calque) et ne vois rien venir. J’avais tout prévu, j’étais à l’abri, et j’attendais l’intempérie. Pour qu’elle me prouve justement que j’avais bien tout prévu, que j’étais bien à l’abri.

J’attendrais l’éternité s’il le faut. Les fins tapis de sons et les images qu’ils provoquent – Est-ce, là-bas, la scierie qui a repris son activité ? Est-ce le moteur du véhicule qui m’apporte les journaux des deux dernières semaines ? Est-ce la friture d’une station de radio dont le contenu s’évapore en altitude ? – me suffisent. Les disques m’ont fait attendre, m’ont captivé, m’ont éloigné. Et le neige tombe maintenant. A l’intérieur.

écoute le son du grisliBruno Duplant
Là où les rêves... (extraits)

Bruno Duplant : Là où nos rêves se forment (to Maria-Eva Houben) / Là où nos rêves s’effacent (to Jakob Ullmann) (Diafani)
Edition : 2013.
2 CD : CD1/ 01 / Là où nos rêves se forment (to Eva-Maria Houben) – CD2/ 01/ Là où nos rêves s’effacent (to Jakob Ullmann)
Héctor Cabrero © Le son du grisli

16 avril 2013

Jean-Luc Cappozzo, Géraldine Keller : Air Prints (Ayler, 2013)

jean-luc cappozzo géraldine keller air prints

Des sirènes et des pistons. Des râles et des dérives. Des appels et des rappels. Des plaintes et des liesses. Des imaginaires et des imaginaires. Des phares et des paquebots. Des volutes et des spirales. Des salives et des  écumes. Des froissements d’ailes et des grincements de chair. Cela autant pour le chant de Géraldine Keller que pour la trompette de Jean-Luc Cappozzo.

Ce qui passe en eux depuis une dizaine d’année ne s’invente pas mais se délecte. Il y a ces chants entremêlés, ces unissons sans balises, ces plaintes caverneuses, ces litanies importées du fond des âges. Il y a toute l’histoire des chants et des souffles, toute la sensibilité du circulaire. Il y a ce qui peut se dérégler sans jamais se séparer. Il y a la fidélité au présent et au sens. Et tout cela se termine en un chant. Sensuel, profond et débordant le chant.

Jean-Luc Cappozzo, Géraldine Keller : Air Prints (Ayler Records / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2011 / Edition : 2012
CD : 01/ Ouvrir les intermédiaires 02/Autour, tout autour 03/ Sur la balançoire 04/ Les souffres du temps 05/ Volutes et spirales 06/ Le chinois à bicyclette 07/ Air Prints
Luc Bouquet © Le son du grisli

20 juin 2013

Sam Pettigrew : Domestic Smear (Avant Whatever, 2012)

sam pettigrew domestic smear

Domestic Smear est un enregistrement solo pas comme les autres où la contrebasse de l’Australien Sam Pettigrew doit beaucoup lutter contre d’autres instruments, ou même seulement des ustensiles, appelés en renfort (vibreurs, plastics, metals, hearing devices, ipod).

Truly, Madly, Deeply, la contrebasse prend des coups mais tient le cap. Son encéphalogramme est non pas plat mais plane, et encore… puisqu’il faut compter sur l’archet qui le façonne de mille manières (drones, ronronnements, raclements, harmoniques, larsens…). Avec cet air qu’il a de perdre la face, l’instrument de Pettigrew trouve un supplément d'âme dans le chaos et les soubresauts. Domestic Smear est un très bel et très inventif exercice. Un enregistrement solo pas comme les autres, disait-on, qui aurait certainement mérité d’être édité à plus de cent copies.

Sam Pettigrew : Domestic Smear (Avant Whatever)
Edition : 2012.
CD : 01/ Truly 02/ Madly 03/ Deeply
Héctor Cabrero @ Le son du grisli

9 septembre 2013

Woodger Speece / Thierry Burnhout : 14 Rhythms for Jamilla / This Beehive State (Tanuki, 2013)

woodger speece 14 rhythms for jamilla thierry burnhout this beehive state

Enfourner une cassette dans le vieux lecteur quand on ne connaît aucun des intervenants de ladite cassette n'est pas chose aisée. Mais cela peut réserver des surprises.

Face A Woodger Speece, Face B Thierry Burnhout. L’un et l’autre s'en donnent à cœur joie pour vous changer les habitudes expérimentales. D'abord dans une noise à crachements et larsens des moins originales, certes. Mais ensuite dans une cadence qui s'installe, broyant toutes les régularités : ça crache encore, ça vous fait sursauter, mais aussi fredonner sur bandes, ou siffler sur des cracks à la Richard Chartier revenu d'Amityville. Bref, Woodger Speece quelques fois et Burnhout surtout ont de quoi remuer de fond en comble toutes les idées que vous vous faisiez de la noise, et toutes celles que vous vous faisiez de l'ambient. Pas mal, pour des inconnus.

Woodger Speece / Thierry Burnhout : 14 Rhythms for Jamilla / This Beehive State (Tanuki)
Edition : 2013.
Cassette : A/ Woodger Speece : 14 / Rhythms / For / Jamilla B/ Thierry Burnhout : This Beehive State
Pierre Cécile © Le son du grisli

25 octobre 2013

John Zorn, Thurston Moore : "@" (Tzadik, 2013)

john zorn thurston moore @

Si le septième et dernier morceau enregistré par John Zorn et Thurston Moore ce 17 février 2013 est dédié à Derek & Evan, on regrette que le souvenir des deux aînés n’ait pas davantage inspiré notre duo. Ainsi donc : on a beau prendre rendez-vous, attendre que son heure arrive, rien, même pas le caprice, n’oblige jamais la rencontre à faire date.

Six improvisations sur sept en donnent ici la preuve : de faux-départs multipliés en dérapages forcés et de structures osseuses en divagations hâves, Zorn (qui confond facilité d’invention et mièvrerie mélodique) et Moore (qu’on imagine partout en désœuvré assouvi) se reposent sur une audace d’hier, depuis reproduite à l’envi. Pour sortir un peu de l’empâtement, attendre la sixième plage : sous l’effet d’une guitare plus intrusive, Strange Neighbor finit par intéresser, à en devenir surprenante. Une improvisation sur sept, et encore… parce ce qu’elle fait seulement « mieux » que les six autres. Retombés sous l’unité, nous ne pouvons que déplorer le maigre rendez-vous.

John Zorn, Thurston Moore : “@” (Tzadik / Orkhêstra International)
Enregistrement : 17 février 2013. Edition : 2013.
CD : 01/ 6th Floor Walk Up, Waiting 02/ Jazz Laundromat 03/ Dawn Escape 04/ Her Sheets 05/ Soiled, Luscious 06/ Strange Neighbor 07/ For Derek And Evan
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

22 octobre 2013

Chris Abrahams, Sabine Vogel : Kopfüberwelle (Absinth, 2012) / Chris Abrahams, Magda Mayas : Gardener (Relative Pitch, 2013)

chris abrahams sabine vogel kopfuberwelle

Enregistré pour l'essentiel en 2010, Kopfüberwelle donne à entendre Chris Abrahams à l'orgue auprès de la flûtiste Sabine Vogel – nouveau profil au tableau de chasse d'Abrahams, friand de réductionnistes de toutes espèces et même de toutes qualités.

Ce sont là six pièces – présentées dans le livret comme autant d'« Incantations-sounding improvisations » – dont on ne cessera d'interroger l'intérêt à la lumière des rapprochements opérés par les instruments ou au contraire des distances qu'ils s'obligent à garder. De drones hésitants en sifflements perturbateurs, orgue et flûte composent d'abord avant d'entamer un dialogue dont les découpes soulignent l'inconstance de deux inspirations. Chants en surimpression, jeux de questions-réponses, passables et rien de transcendant. La dernière pièce relève quand même le niveau : son nom est Companions for the River Journey, qui fut enregistrée en 2009. Surprise des régressions.

écoute le son du grisliChris Abrahams, Sabine Vogel
Companions for the River Journey

Chris Abrahams, Sabine Vogel : Kopfüberwelle (Absinth)
Enregistrement : 2009-2010. Edition : 2012.
CD : 01/ Roadless 02/ Handwritting 03/ Luftleere Räume 04/ Floating Head Over 05/ Auftauchend 06/ Companions for the River Journey
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

chris abrahams magda mayas gardener

Loin des pièces sombres et mouvantes qu’ils ont, ensemble ou séparément, pris l’habitude de peindre, Chris Abrahams et Magda Mayas signent sur Gardener six improvisations heurtées. Sur et en pianos, harmoniums et clavecins, le duo multiplie les manières de faire pousser des sonorités qui peinent à l’harmonie, si ce n’est sur Surroundings et Remnant, justement parce qu’ils y retrouvent leurs habitudes : sombres, mouvantes.

Magda Mayas, Chris Abrahams : Gardener (Relative Pitch)
Enregistrement : 2009. Edition : 2013.
CD : 01/ Song of the Pylons 02/ The Changes Wrought by the Recurring Use of Tools 03/ Lichens 04/ Surroundings 05/ Ash Canopy 06/ Remnant
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

7 octobre 2013

Olivier Dumont, Rodolphe Loubatière : Mouture (Observatory, 2013)

olivier dumont rodolphe loubatière mouture

Et revoici Olivier Dumont et Rodolphe Loubatière. Revoici leurs ressacs, revoici leurs petites fissures, revoici leurs feedbacks, revoici leurs sustains. L’un est toujours guitariste, l’autre toujours batteur. Mais ceci ne veut rien dire puisque chez eux rien ne se joue comme prévu. Et pourtant rien ne se déjoue.

Il y a chez eux une option vitale. Elle passe par le circulaire. Chez eux, presque tous les trajets le sont. Une marche entre chien et loup, une lenteur ou un étouffement, une résonance,  un glissement, un carnyx, une scie, des grouillements : le mouvement est rotatif, intensément rotatif. Ici, toute nouvelle inflexion enfante un nouveau territoire, chaque grincement s’invite symphonie. Ici, les sons se libèrent, s’intensifient, suivent leur naturel trajet. Circulaire, le trajet, mais je crois l’avoir déjà écrit.

EN ECOUTE >>> Mouture (extrait)

Olivier Dumont, Rodolphe Loubatière : Mouture (Observatory / Metamkine)
Enregistrement : 2012. Edition : 2013.
CDR : 01/ Side A 02/ Side B
Luc Bouquet © Le son du grisli

22 août 2013

White Hills : So You Are… So You’ll Be (Thrill Jockey, 2013)

white hills so you are so you'll be

C’est à un grand mélange des genres que nous convient les New-Yorkais de White Hills : noisy pop, krautrock, rock psyché ou carton, tout cela baignant dans une marmite indie-expé dont les références majeures pourraient être Can aussi bien que Mudhoney, Jesus & Mary Chain comme Jesus Jones, Einstürzende Neubaten et pourquoi pas Merzbow

Distorsions & fuzzs à tous les étages, bienvenue dans l’univers (quand on y regarde de plus près, cela ressemblerait davantage au bordel monstre d’une chambre d’adolescent) d’un groupe qui depuis une dizaine d’années défend son « fuzzed out motorik spacerock ». Souvent efficace. Pas toujours de bon goût (le cocktail peut sonner Skunk Anensie comme sur MIST (Winter)). Conseillé ? Mmmouais... répond l'adolescent.

White Hills : So You Are… So You’ll Be (Thrill Jockey)
Edition : 2013.
CD / LP : 01/ InWords 02/ In Your Room 03/ The Internal Monologue 04/ So You Are… So You’ll Be 05/ OutWords 06/ Forever In Space (Enlightened) 07/ Rare Upon The Earth 08/ Circulating 09/ MIST (Winter)
Pierre Cécile © Le son du grisli

30 août 2013

Mats Gustafsson, John Russell, Raymond Strid : Birds (dEN, 2012)

mats gustafsson john russell raymond strid birds

Pour John Russell, Mats Gustafsson et Raymond Strid – intimes, ces deux-derniers, au point de constituer une paire affûtée –, l'exercice de l'improvisation n'est pas une nouveauté. Birds, fait de deux pièces enregistrées en concert à l'Hagenfesten, dit qu'elle est gage quand même de bon temps et même capable de moments précieux.

Ainsi les trois hommes rivalisent-ils de discrétions en ouverture d'une plage longue de trois-quarts d'heure : effleurements, retenues, congestions, jusqu'à ce que les baguettes provoquent chez Gustafsson (là au soprano, plus tard au baryton) une furieuse allergie à l'accortise. Vrillant, le saxophone entraîne la guitare : accords incomplets mais se bousculant, précipitations de notes isolées qui, par paquets, peuvent convaincre Strid de redoubler de dextérité à mains nues. Soit deux pièces données le temps d'une nouvelle épreuve, imparable.

Mats Gustafsson, John Russell, Raymond Strid : Birds (dEN)
Enregistrement : 6 août 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ The Earth As The Sun And The Ravens Are Watching 02/ The Birds. They Fly As They Want, Don't They?
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

meteoJohn Russell, Mats Gustafsson et Raymond Strid, désormais devenus Birds, se produiront au Festival Météo de Mulhouse, Chapelle Saint-Jean, ce 30 août 2013.

20 août 2013

Jean Martin, Frank Lozano, Jim Lewis, Rainer Wiens, Christine Duncan : At Canterbury (Barnyard, 2013)

jean martin frank lozano jim lewis rainer wiens christine duncan at canterbury

Lancés dans de sages contrepoints le saxophone de Frank Lozano et la trompette de Jim Lewis vont embarquer dans leur sillage le batteur Jean Martin, le guitariste et joueur de mbira Rainer Wiens et la vocaliste Christine Duncan. Va ainsi se froisser une improvisation aux résonances insolites, jamais totalement balisée. De cette improvisation en roue libre se mesurent et se juxtaposent quelques antinomies bien senties : caisse claire quasi militaire vs mbira obsédant, soufflants lyriques vs chant fuyant.  

Reste donc ici une forte impression d’indécision et de routine mêlés. Et le chroniqueur de rester sceptique face à ce mystère dont il ne sait s’il est force ou cul-de-sac.

EN ECOUTE >>> Corollary >>> Sojourn

Jean Martin, Frank Lozano, Jim Lewis, Rainer Wiens, Christine Duncan : At Canterbury (Barnyard Records)
Enregistrement : 2012. Edition : 2013.
CD : 01/ Throwing Light 02/ Face the Same Direction 03/ Corollary 04/ Patience Game 05/ Sojourn  06/ Invocation 07/ Social Insects
Luc Bouquet © Le son du grisli

4 juillet 2013

DEER : One (Deszpot, 2013)

deer one

Christian Müller, Hans Koch et Silber Ingols – Biennois aux clarinettes basses augmentées par l’usage de machines – prennent, pour leur première collaboration sous le nom de DEER, le prétexte d’une note unique, que l’on dira de concordance et soupçonnera hommage au brame.

Non pas de synthèse même si ondulante, non pas de didgeridoo même si endurante : la note tremble et dessine des vagues que le ressac nourrira d’éclats ornementaux et vivifiants, le drone et son lent retournement provoquant une série de glissements et de roulements qui se jouent autant des surfaces que d’un espace qu’ils renversent dans son entier. Nombreuses et pas toutes perceptibles, les couches qui composent One en font un ouvrage fascinant, accaparant même.

DEER : One (Deszpot)
Edition : 2013.
CD : 01/ One
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

9 juillet 2013

Jakob Ullmann : Fremde Zeiten Addendum 4 (Edition RZ, 2013)

jakob ullmann fremde zeit addendum 4

Sur quel point de cette carte sonore énigmatique (cette carte que j’entends à chaque fois que je la regarde) faut-il placer Jakob Ullmann ? Que sont devenues ses études de musique sacrée ? Et son expérience avec Friedrich Goldmann ? J’ai écouté le plus attentivement du monde Fremde Zeiten Addendum 4 et je n’ai obtenu aucune réponse. Le code de sa couverture m’avait prévenu, le disque alimenterait encore l'énigme Ullmann

Voilà de quoi elle retourne. Pendant une heure et six minutes, un orgue démontre une sensibilité qu’on ne lui aurait peut-être pas soupçonnée, jamais, si Ullmann ne s’était chargé de lui. Si l’Allemand n’avait eu envie de l’assigner au bourdon avant de lui faire prendre plusieurs chemins, celui des combinaisons minimalistes (bien sûr, l’instrument le rapproche de Terry Riley, de Moondog…), d’arpèges volatiles, de dissonances… Souvent on entend passer le souffle dans la tuyauterie et le souffle est une menace constante. Il aspire les notes les unes après les autres. Jusqu’à la dernière. Jusqu’à l’extinction de ce merveilleux solo et de l’alimentation du mystère.

Jakob Ullmann : Fremde Zeiten Addendum 4 (Edition RZ)
Edition : 2013.
CD : 01/ Fremde Zeiten Addendum 4
Héctor Cabrero © Le son du grisli

1 juillet 2013

Lama, Chris Speed : Lamaçal (Clean Feed, 2013)

lama chris speed lamaçal

Les formes ne sont pas audacieuses. En un sens, pas du tout révolutionnaires. Mais qui vise la Révolution aujourd’hui ? Ce sont des formes utilisées, rabâchées depuis des lustres. Des formes qui font s’enchevêtrer les souffles (ici trompette et clarinette). Des formes qui ne rejettent pas le chorus spacieux du contrebassiste (Moby Dick). Des formes qui rappellent l’harmolodie d’un certain Ornette C (Pair of Dice). Des formes qui jouent avec les fantômes et les electronics (Overture for a Wandering Fish, Manta). Des formes d’hier et dont les lendemains ne sont pourtant jamais cloisonnés.

Ici, Lama ne jette pas ses bases aux orties mais, au contraire, en parcourt la substance sans se départir d’une fougue jubilatoire. Il y a de la fraîcheur chez nos amis lusitaniens, un souci d’explorer plus que de convaincre. Et si on peut préférer leur premier enregistrement, Oneiros, Susana Santos Silva (une vraie présence), Gonçalo Almeida, Greg Smith et Chris Speed, l’invité, réussissent à nous faire oublier ces « modernes » combos dont le copier-coller commence à nous saturer les oreilles.

Lama, Chris Speed : Lamaçal (Clean Feed / Orkhêstra International)
Edition : 2013.
CD : 01/ Ouverture for a Wandering Fish 02/ Lamaçal 03/ Moby Dick 04/ Cachalote 05/ Pair of Dice 06/ Anémona 07/ Manta
Luc Bouquet © Le son du grisli

27 juin 2013

Jonathan Finlayson & Sicilian Defense : Moment & the Message (PI, 2013)

jonathan finlayson moment and the message

La Sicilan Defense n’étant autre qu’une tactique de jeu d’échecs, le contrat est on ne peut plus clair pour Jonathan Finlayson et ses amis (Miles Okazaki, David Virelles, Keith Witty, Damion Reid) : stratégie(s) toute(s) !

La complexité si bien cultivée par Steve Coleman se retrouve ici, à quelques détails près, cloitrée dans la musique anguleuse du trompettiste. Problème : pour le chroniqueur qui ne voit – et n’entend – qu’impasse et cul-de-sac dans le M’Base Collective, le jugement risque d’être hâtif et sans appel. Et s’il veut bien reconnaître à Sicilian Defense quelques belles vertus (contrepoints soutenus, dialogue sur le vif ou à distance entre trompette et guitare), le chroniqueur rechigne à évoquer le cousinage d’un JS Bach ou d’un Henry Threadgill (deux stratèges aux idées qui sonnent) qu’ont semblé percevoir quelques-uns de ses confrères.

Jonathan Finlayson & Sicilian Defense : Moment & the Message (PI Recording / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2012. Edition : 2013.
CD : 01/ Circus 02/ Lo Haze 03/ Ruy Lopez 04/ Carthage 05/ Tensegrity 06/ Le bas-fond 07/ Tyre 08/ Fives and Pennies 09/ Scaean Gates
Luc Bouquet © Le son du grisli

22 mai 2013

Les arbres ont bougé pendant la nuit (Musique en friche, 2013)

les arbres ont bougé pendant la nuit

Pendant une semaine, Nicolas Souchal (trompette), Julien Martin (voix), Sylvain Marty (percussions) et Sébastien Cirotteau (prise de son) ont rôdé à travers champs et sous-bois. Ils ont enregistré les vents, les oiseaux, les insectes. Ils ont joué en proximité ou en éloignement. Ils ont raclé les bidons. Ils ont concassé, écartelé. Trouvé quelques roulis précieux. Ils ont chanté – jamais vociféré –, étreint le circulaire. Ils ont écouté le rossignol et griffé le silence. La trompette s’est élevée et a claironné quelque vert éden. Voix et vent se sont croisés.

Puis, ils se sont retrouvés en studio. Ont composé d’autres zones. Ont brouillé les pistes. Ont fait du mystère un territoire d’appel(s). Et surtout : ont dépassé les sphères du convenu et de l’attendu.

Les arbres ont bougé pendant la nuit : Les arbres ont bougé pendant la nuit (Musique en Friche)
Enregistrement : 2011. Edition : 2013
CD : 01/ Sous bois 02/ Colza nuit 03/ Humus 04/ Sioule 05/ Viaduc 06/ Colettes
Luc Bouquet © Le son du grisli

les_arbres_ont_bouge9 juin 2013 : Les arbres ont bougé pendant la nuit sera de la quatrième édition du Jardin Singulier qu'organise, à Couëron, Nantes Jazz Action (Pannonica).

17 mai 2013

Pixel : Mantle (Raster-Noton, 2013)

pixel mantle

Pour fêter les dix ans de Display, son tout premier disque sur Raster-Noton, Pixel (derrière lequel se cache Jon Egelskov) en sort un nouveau (et quatrième sur le même label) : Mantle.

A notre écoute on dirait qu’il guette les réactions de petits schémas rythmiques à la loupe. Il les chatouille, les fait grésiller, les provoque… et le fruit de ses expériences varie entre minimalisme, proto-techno expérimentale (qui jongle avec les pulsations, les prises jacks et les buzzs) et pop électronique (où des basses ronflantes font face à des effets sonores für Atari). S’il s’était montré plus sélectif, Egelskov aurait pu faire de Mantle un excellent EP. Or le CD compte huit pistes...

Pixel : Mantle (Raster-Noton)
Edition : 2013.
CD : 01/ Line Level 02/ Steel Tape 03/ Plumb Bob 04/ Brown Shirt 05/ Nesting Screen 06/ North Arrow 07/ Ericson Sandstone 08/ Mantle
Pierre Cécile © le son du grisli

16 mai 2013

Rodrigo Amado Motion Trio, Jeb Bishop : The Flame Alphabet (Not Two, 2013)

rodrigo amado motion trio the flame alphabet

Deux jours après un enregistrement live des plus réjouissant (Burning Live / JACC), Rodrigo Amado, Jeb Bishop, Miguel Mira et Gabriel Ferrandini se retrouvent en studio et en profitent pour réitérer quelques-unes de leurs plus belles ascensions.

Souvent entamées par un duo batterie-saxophone ou batterie-trombone (The Flame Alphabet, First Light), les improvisations du quartet ne tardent pas à s’entrouvrir au collectif, à escalader des crescendos rayonnants. La ballade est là qui se déroule sans heurts, stagne (The Healing) ou se gargarise de sèches hachures (Into the Valley). Reflets, effets de miroir, les improvisateurs ne peuvent que se compléter ou s’interpénétrer.

On écrira à nouveau combien sont soyeux et profonds les graves du ténor d’Amado, endurants les solos du tromboniste, précieux et constructifs l’accompagnement du violoncelle-contrebasse de Mira,  débordante et impétueuse la frappe de Ferrandini. Et bien sûr, on écrira que le free jazz n’est pas tout à fait trépassé puisqu’ici débordant de vitalité et d’intensité.

Rodrigo Amado Motion Trio + Jeb Bishop : The Flame Alphabet (Not Two Records / Products from Poland)
Enregistrement : 30 mai 2011. Edition : 2013.
CD : 01/ Burning Mountain 02/ The Flame Alphabet 03/ First Light 04/ Into the Valley 05/ The Healing
Luc Bouquet © Le son du grisli

30 avril 2013

Lee Patterson, Vanessa Rossetto : Temperament as Waveform (Another Timbre, 2013)

lee patterson vanessa rossetto temperament as waveform

Au nombre des duos – ici, les souvenirs de Bright Duplex et Hwaet – qui, dans l’ombre, fabriquent la discographie de Vanessa Rossetto, il faut aujourd’hui parler de celui qu’elle forme (à distance) avec Lee Patterson : Temperament as Waveform nous y engage.

Les dessins de Patterson disent à leur manière de quoi retourne la collaboration : des grisailles se lèvent entre deux silences, qui ne menacent pas, mais rapidement troublent et embellissent presque tout l’espace – le ciel qui sépare Austin et Manchester ? Pour ce faire, suffiront un souffle grave étouffant jusqu’aux parasites qui l’habitent, des percussions effleurées ou effervescentes, une sévère note de piano, un archet fébrile mais insistant, un crachin radiophonique, des mouvements minuscules, enfin, qui révèlent toujours d’autres manières de correspondre.

Et si du geste musical les compositions de Patterson et Rossetto n’ont gardé que les traces, l’empreinte de Temperament as Waveform n’en est que plus remarquable.

Lee Patterson, Vanessa Rossetto : Temperament as Waveform (Another Timbre / Metamkine)
Enregistrement : 2010-2012. Edition : 2013.
CD : 01/ Everything we know about anything indicates that nothing is ever easy 02/ There is a very small chance that you are not makin a mistake 03/ The highs and lows of cross-Atlantic collaboration 04/ An indication of presence
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

23 avril 2013

Queixas : Eye of Newt (Insubordinations, 2012)

queixas eye of newt

Le projet helvético-portugais Queixas regroupe Cyril Bondi, D’incise et Abdul Moimême sur son premier essai Eye Of Newt. Là où le second nommé laissait voguer les crissements singuliers, les trois comparses invitent à un déjeuner sur l’herbe expérimentale où, certes, les bruits épars d’une civilisation post-ouvrière se font encore entendre dans le lointain.

Tel un négatif, au sens photographique du mot, de La Forêt Des Mécanismes Sauvages, leur Œil de Newt jette un regard périphérique empreint de paradoxes, entre calme apparent et nerfs au bord de l’implosion. On vous laisse juges, pour ma part, j’aime – vraiment – beaucoup.

Queixas : Eye Of Newt (Insubordinations)
Edition : 2012.
CD / DL (libre) : 01/ An All Wynde that Blowth No Man to Good 02/ Stow the Croze 03/ Everybody Out
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

20 avril 2013

Mikrokolektyw : Absent Minded (Delmark, 2013)

Mikrokolektyw absent minded

Duo polonais installé à Chicago, Mikrokolektyw : (Artur Majewski : trompette et electronics, Kuba Suchar : batterie et electronics) crée la surprise. La sauvagerie féroce et acide ouvrant le disque cède vite la place à des vents tourbillonnants : souffles circulaires et rhombes ancestraux désossant un air vicié, trompes d’appel appelant au rassemblement ; les repères temporels se brouillent.

D’un souffle s’assombrissant ou se perdant, d’une percussion bondissante (un air d’Han Bennink chez Suchar) ou d’un lithophone envoûtant émergent de lapidaires phrasés. Le jazz n’est pas loin mais ne se dévoile jamais. Pas plus que ne se désorganise un duo aux fraternels impacts. Et de ces modernes electronics s’agitant ça et là, une évidence s’impose : la plus haute technologie n’est jamais très loin de la musique des origines.

Mikrokolektyw : Absent Minded (Delmark)
Enregistrement : 2012. Edition : 2013.
CD : 01/ Vacuum 02/ Dream about Mind Master 03/ Sonar Toy 04/ Thistle Soup 05/ Fossil Stairway 06/ Dream about City Backyards 07/ Trilobite 08/ Trouble Spot 09/ Superconductor 10/ Crazy Idea of Jakub S. 11/ Little Warrior 12/ No Magic 13/ Dream about the One
Luc Bouquet © Le son du grisli

16 avril 2013

Pª : 9 (Drone Sweet Drone, 2013)

Pa 9

A main gauche, Soizic Lebrat, violoncelliste qui improvise seule ou accompagnée (par Heddy Boubaker, Jean-Marc Foussat, Sophie Agnel…). A main droite, Amaury Bourget qui – dixit le site du label Drone Sweet Drone –  a développé « le dispositif électro-acoustique SeMoNO!LinA, qu'il utilise dans divers contextes (reprise du son d'un musicien ou de sons concrets pré-enregistrés) ».

On comprend donc comment s’est fabriqué 9, le premier album de : Lebrat joue et Bourget la reprend. Non pour la corriger mais pour construire une « musique contemporaine polymorphe » (cette fois, c’est le site internet du duo que je cite). « Polymorphe » est le terme approprié, puisque les musiciens peuvent créer une superbe plage que l’on aimerait voir dansée par Josef Nadj (Neuf, où Lebrat suspend ses gestes pour que Bourget donne des ailes à leurs empreintes sonores) ou ennuyer en regagnant le monde de l’impro contemporaine entendue et réentendue (Persépolis). Et si Bourget peut aider Lebrat à sortir un impressionnant chant de gorge (Sables), le duo peut aussi expérimenter sans se soucier de la présence de l’auditeur (Coda). Voilà pourquoi l’avis est mitigé, ce qui n’empêche pas de le donner quand même !

Pª : 9 (Drone Sweet Drone)
Enregistrement : juillet 2009. Edition : 2013.
CD / Téléchargement libre : 01/ Neuf 02/ Sur les fils 03/ Persépolis 04/ Sables 05/ La conférence 06/ Coda 07/ .*.*
Pierre Cécile © Le son du grisli

27 avril 2013

Colin Stetson : New History Warfare Vol. 3: To See More Light (Constellation, 2013)

colin stetson to see more light

Certes il n’a pas été absent très longtemps mais… Colin Stetson est de retour ! Et pour couronner le tout il n’est pas seul : Justin Vernon (de Bon Iver) chante sur quatre titres de To See More Light (troisième volume de la série « New History Warfare »).

Ce qui n’est pas toujours un succès, il faut l’avouer, puisqu’une chorale soul (oui, encore... remember Shara Worden) peut, sans que vous ne vous y attendiez, vous sauter à l’oreille (And in Truth), ou un qu’un refrain chanté peut écarter de ses faiblesses tout faux-semblant expérimental (Who the Waves Are Roaring for (Hunted II)). Pour ce qui est des instrumentaux, rien de neuf chez Stetson : sa voix perce le saxophone qu’il utilise sur trois ou quatre notes en boucle (Hunted, High Above a Grey Green Sea). Bon…

Un peu mieux quand même : sur l’introduction d’In Mirrors, quand le saxophoniste ose jouer abstrait !, et sur Brute, dont le beat se rapproche de la musique électronique et où la voix se fait plus brutale, en effet, et donc un peu plus provocante. Lui qui aime creuser des sillons, pourrait-on conseiller à Colin Stetson de creuser de ce côté-là pour son prochain retour ?

EN ECOUTE >>> High Above a Grey Green Sea

Colin Stetson : New History Warfare Vol. 3: To See More Light (Constellation / Gibert Joseph)
Edition : 2013.
CD / 2 LP / DL : 01/ And In Truth 02/ Hunted 03/ High Above A Grey Green Sea 04/ In Mirrors 05/ Brute 06/ Among The Sef (Righteous II) 07/ Who The Waves Are Roaring For (Hunted II) 08/ To See More Light 09/ What Are They Doing In Heaven Today? 10/ This Bed Of Shattered Bone 11/ Part Of Me Apart From You
Pierre Cécile © Le son du grisli

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