Le son du grisli

Jazz, musiques expérimentales et autres










Derek Bailey : Concert in Milwaukee (Incus, 2011)

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Pour changer, voici une cassette repiquée sur CD. Un concert donné seul à Milwaukee par Derek Bailey le 31 mars 1983. Une cassette éditée la même année, non pas alors sortie sur Incus mais plus « librement » vendue les soirs de concerts. Ce sont enfin quatre improvisations : deux à la guitare électrique, deux autres à la guitare classique.

Concert in Milwaukee est en un mot un notable exercice d’improvisation en solitaire. Bailey y erre pendant près d’une heure dans un paysage de techniques en ruines pour fomenter un monde parallèle qui s’inspire du passé mais ne veut pas qu’on l’y attache. Pour construire encore, il insiste : les harmoniques sont nombreuses, les notes sont étouffées ou enfilées, les accords se succèdent à vive allure. Ils ne prennent garde à ce qui s’est dit avant eux pas plus que ne le feront les accords à suivre : chaque son est un élément de recherche, tous les sons attachés forment un casse-tête qu’il importe peu à Bailey de résoudre.

L’affaire du guitariste est plutôt de lui trouver mille angles d’attaque et autant de tentatives inspirées qui n’auraient pas été plus belles si elles avaient été efficaces. Par définition presque, le jeu libre ne peut se satisfaire de forme arrêtée, d’idéal à atteindre, moins encore de solution radicale. La beauté de ce concert américain est à trouver dans la réflexion et dans l’affolement, dans les moyens insensés que Derek Bailey met à changer son rapport à l’instant et son mépris des codes en d’intempestives et fortifiantes rhapsodies.

Derek Bailey : Concert in Milwaukee. Solo Guitar (Incus Records)
Enregistrement : 31 mars 1983. Réédition : 2011.
CD : 01/ 8E 02/ 21A 03/ 15E 04/ 9A
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



Bailey, Butcher, Robair : Scrutables (Weight of Wax, 2011)

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Londres, Moat Studios, 3 mars 2000 : John Butcher (saxophones soprano & ténor) et Gino Robair (surfaces énergisées), de retour du Bluecoat de Liverpool où ils ont donné un concert – passé au disque chez Limited Sedition – la veille, retrouvent Derek Bailey (guitare)... A la fin du même mois, ce dernier sera avec le souffleur sur la scène du Vortex, devant les micros d'Emanem (Vortices & Angels)...

Les relations que Butcher entretient alors avec l'un et l'autre de ses partenaires remontent au début des années 90 : solides dès 1995 avec Bailey (dans Trio Playing, Incus), elles ont gagné, en perdurant, une étonnante dimension exploratoire avec Robair, comme le montre leur tout récent Apophenia.

L'interaction des trois musiciens, dans ses crépitements immédiats, semble relever de l'évidence et si l'instrumentarium peut évoquer le Spontaneaous Music Ensemble de 1994 (John Stevens, Roger Smith, John Butcher A New Distance), la qualité particulièrement électrique des échanges l'en distingue évidemment. Rauque, grouillante, la matière sonore est travaillée au plus près, simultanément étrillée, lacérée – Bailey miniaturiste fait aussi danser le fouet – ou ébranlée par les sourdes peaux vibrantes de Robair. Néanmoins, la musique ne s'épuise pas en simple ébullition vertigineuse, et plusieurs développements semblent la conduire vers des plateaux moins hirsutes, à la géologie sonore complexe.

Close combat, oui ! mais avec de grandes oreilles !

Derek Bailey, John Butcher, Gino Robair : Scrutables (Weight of Wax / Metamkine)
Enregistrement : 3 mars 2000. Edition : 2011.
CD : 01/ Almosthenics 02/ Teasing Needles 03/ Cosmetic Halo 04/ Excrescense 05/ Inkling 06/ Frangible 07/ Plugh 08/ Surprise Inspection
Guillaume Tarche © Le son du grisli

Derek Bailey : Play Backs (Bingo, 1998)

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Le 19 mars 1998, Derek Bailey improvisait à la guitare électrique ou acoustique sur matériel préenregistré par une sélection de musiciens : Darryl Moore, Henry Kaiser, Casey Rice, John Herndon, Tied + Tickled Trio, Bundy K. Brown, John French, Ko Thein-Jones, Sasha Frere-Jones, John Oswald, Jim O’Rourke, Loren Connors.

Dans le dos, parfois, des machines et/ou programmations datées contre lesquelles inventer autrement. Quand ce n’est pas le cas, ce sont des ententes impromptues agissant entre jazz (avec les Allemands de Tied + Tickled Trio) et No Wave (sur Resigned avec Casey Rice). Mais Play Backs contient surtout cette pièce que John Oswald composa à partir d’enregistrements de Derek Bailey : J.O. Complete, ou cinq minutes fantastiques que le guitariste passera à ne pas intervenir : « Oswald’s effected such an improvement on how my stuff usually sounds, I thought it better to leave it alone. »

Derek Bailey : Play Backs (Bingo)
Enregistrement : 19 mars 1998. Edition : 1998.
CD : 01/ Darryl Moore : D For D 02/ Henry Kaiser : HK D&B 03/ Casey Rice : Resigned 04/ John Herndon : Please Smile 05/ Tied & Tickled Trio : Tickled 3 06/ Bundy K. Brown : BKB Mix 07/ John French : CLB Drums 08/ Casey Rice : Resigned 2 09/ Casey Rice : CLB Drums 10/ Sasha Frere-Jones : Sasha 11/ John Oswald : J.O. Complete 12/ Jim O'Rourke Loren, Loren Mazzacane Connors : George  
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Cette chronique est tirée du deuxième hors-série papier du son du grisli, sept guitares. Elle illustre le portrait de Derek Bailey.

Derek Bailey, Tony Bevan, Paul Hession, Otomo Yoshihide : Good Cop, Bad Cop (No-Fi, 2009)

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Sur Good Cop, Bad Cop, quatre musiciens différemment arrangés : Derek Bailey, Otomo Yoshihide, Tony Bevan et Paul Hession, enregistrés en 2003 à Liverpool en duos et quartette.

A quatre, l’improvisation commande à Bailey d’opposer ses interventions sur guitare au volume changeant à un drone serti de râles d’origines différentes. Plus loin, les libertés de l’association s’accordent sur un jeu de plaintes précipitées du saxophone et de larsens élaborés par Yoshihide.

Par la suite, la rencontre se réserve des duos aux conséquences diverses aussi : virulence de la réaction provoquée par la collision des cordes claires de Bailey et des mouvements frénétiques d’Hession ; écarts singuliers des trouvailles sonores de Yoshihide et des roulements du même Hession ; enfin free soutenu de Bevan contrastant avec la ligne claire prônée, une fois n’est pas coutume, par Derek Bailey. La rencontre valait d'être enregistrée.

Derek Bailey, Tony Bevan, Paul Hession, Otomo Yoshihide : Good Cop, Bad Cop (No-Fi / Metamkine)
Enregistrement : 2003. Edition : 2009.
CD : 01/ No Hiding Place / Softly Softly 02/ Morse 03/ The Bill 04/ Good Cop, Bad Cop 05/ Flying Squad
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Derek Bailey : Ballads (Tzadik, 2002)

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Le disque que j’emporterais sur une île déserte (cliché éculé) ? Sans aucune hésitation, le Ballads de Monsieur Derek Bailey… Les raisons bien que subjectives et très personnelles sont nombreuses. En voici quelques unes en vrac. Pourquoi puis-je affirmer qu’il s’agit  du disque ultime de guitare solo ? Toute la musique est là. Écrite et improvisée, savante et populaire, mélodique et abstraite, facile et difficile… Une grande partie de la musique du vingtième siècle et même au-delà.

Certains (et même beaucoup) diront que cette musique est facile (combien de fois n’ai-je pas lu que n’importe qui peut jouer comme Derek Bailey, même un enfant, un débutant…), comme certains l’on déjà fait à propos d'autres artistes (Picasso, Klee, ou aujourd’hui Anu Tuominen)… Mais n’est ce pas là, justement, la grande force de ces artistes ; celle de donner l’impression que tout est facile, que tout est possible ? N’est-ce pas cette faculté, cette qualité qui un beau jour m’a aidé à me lancer dans la musique à plus de trente ans !? Si aujourd’hui je pratique la guitare, la contrebasse, ce n’est pas pour copier tel artiste ou tel groupe, mais bel et bien parce que des personnes comme Monsieur Bailey ou bien Ribot (l’album Don't Blame Me), Chadbourne, ont osé être libres (garder la fraîcheur de l’enfance) et ont su me la communiquer. Au fait, ne vous êtes-vous jamais demandé pourquoi toutes les personnes qui écoutent ce genre de musiques sont de gauches ?

Derek Bailey : Ballads (Tzadik / Orkhêstra International)
Edition : 2002.
CD : 01/  Laura 02/ What's New? 03/ When Your Lover Has Gone 04/ Stella by Starlight 05/ My Melancholy Baby 06/ My Buddy 07/ Gone With the Wind 08/ Rockin' Chair 09/ Body and Soul 10/ Gone With the Wind 11/ Rockin' Chair 12/ You Go to My Head 13/ Georgia on My Mind 14/ Please Don't Talk About Me When I'm Gone
Bruno Duplant © Le son du grisli

Archives Derek Bailey

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Bruno Duplant est guitariste et contrebassiste. Malachi est son dernier enregistrement paru à ce jour.



Laurie Scott Baker: Gracility (Music Now - 2009)

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Avant d’animer en compagnie de Cornelius Cardew le People’s Liberation Music, l’australien Laurie Scott Baker commençait à défendre auprès de partenaires d’importance ses énigmatiques façons de composer.

Au nombre de ces musiciens qui donnèrent leur interprétation de notes jetées sur le papier ou de graphiques singuliers jouant le rôle d’intentions compositionnelles, trouver en 1969 auprès de Baker les guitaristes Derek Bailey et Keith Rowe et le contrebassiste Gavin Bryars, musiciens déchiffreurs qui mirent au jour Gracility, pièce d’expérimentation grave et traînante, musique de gamelan revue et corrigée à coups de cordes accrocheuses.

Plus loin, les deux courts mouvements de Pibroch soumettent Evan Parker, seul, à l’idée de phrases mélodiques répétées au point de faire bientôt naître des résidus qu’il faudra intégrer au discours : avec tact, le soprano se plie à un exercice qui le change. En compagnie de Jamie Muir (percussions) et de John Tilbury (orgue), Baker sert ensuite Bass Chants & Cues, qui rappelle les travaux de Terry Riley avant d’évoquer un morceau de krautrock égaré en terre anglaise quand, pour terminer, le même défend en membre du Scratch Orchestra une autre composition devant beaucoup à la même influence : Circle Piece. Voilà donc pour les archives imposantes d’un compositeur qui collabora par la suite avec Robert Wyatt et faisait paraître l’année dernière Liquid Metal Dreaming.

CD1: 01/ Gracility 02/ Changing Light 03/ Port of London Atmos 04/ Camden Sunday Afternoon 05/ Breathing of the City 06/ The Northern Line 07/ Keithrowe Airport 08/ Microphonic 09/ Sweat & Tears 10/ Who Was That 11/ Pibroch 1926 12/ Pibroch The Call - CD2: 01/ Bass Chants & Cues 02/ Jackdaws Ascending 03/ Wurlitzer Ramayana 04/ Baby Binson Sonar 05/ River Thames AM 06/ Goldsmiths (Driving) 07/ Rotherhithe Approach 08/ Futurama Ascends 09/ Bubble & Squeak SE10/ Music Hall Tripping 11/ The Scream 12/ Coo-ee (Echorec) 13/ Winged Dove 14/ Circle Piece 15/ Degrees 16/ Degrees 17/ 180 Degrees 18/ 360 Degrees >>> Laurie Scott Baker - Gracility - 2009 - Music Now.

Mick Beck: Life Echoes (Discus - 2009)

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Après avoir joué auprès de Derek Bailey, Steve Noble, et puis au sein du trio Something Else (en compagnie du contrebassiste Simon H. Fell et du percussionniste Paul Hession), Mick Beck (saxophone ténor, basson) s’essayait à l’enregistrement en solitaire.

Parti au son d’une pièce d’agrément qui en dit long sur sa drôle de pratique (Crocodile), Life Echoes recueille ensuite les preuves de la véritable identité de Beck : solo de ténor déposé aux portes du silence et puis tournant autour de quatre notes (The New Sheffield Quietness), solo de basson révélant autant l’intérêt de son auteur pour le jazz libertaire que pour l’œuvre de Prokofiev (Impossible to Say), élaboration d’une série de monstres épileptiques en lutte pour gagner le statut, décerné à de plus demeurés qu’eux, d’animaux ayant droit à la parole (How High The Bassoon, Uncle Hesitates, Last Word to The Recorderer).

Glissées parmi le répertoire emporté, deux reprises : Free, version respectueuse de l’œuvre grandiose d’Ornette Coleman ; 245, numéro de rue qu’habita Eric Dolphy, changé ici en mélodie fébrile sujette à de soudains dérèglements. Ainsi, Mick Beck remonte à la surface.

CD: 01/ The Crocodile 02/ Octaves or what? 03/ How High The Bassoon 04/ The New Sheffield Quietness 05/ Free (Ornette Coleman) 06/ Impossible To Say 07/ Aunty Freeze 08/ 245 (Eric Dolphy) 09/ Three Twice  10/ Uncle Hesitates 11/ But Not For Long 12/ So … 13/ Last Word To The Recorderer >>> Mick Beck - Life Echoes - 2009 - Discus.

Fred Frith, John Zorn: The Art of Memory II (Rèr Recommended - 2008)

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Sorti dans les années 1990 sur le label de Derek Bailey, le premier volume de The Art of Memory attendait une suite. Désormais publiée, celle-ci revient sur la pratique improvisée à laquelle s'adonnaient déjà dans les années 1980 John Zorn et Fred Frith (qui abandonne ici sa guitare pour une série d'instruments inventés). Stridents, les morceaux font autant référence au free jazz qu'au rock bruitiste de l'époque, mélangeant même l'une et l'autre influence avec une insolence rare. Pas toujours décisif, mais de nombreuses fois quand même.

CD: 01/ Heaven 02/ Wood 03/ Standard 04/ Wheel 05/ Painter >>> Fred Frith, John Zorn - The Art of Memory II - 2008 - Rèr Recommended. Distribution Orkhêstra International.

Derek Bailey: Standards (Tzadik - 2007)

bailey_copyGenèse d'une oeuvre à part, Standards donne à entendre le travail de préparation auquel se livra le guitariste Derek Bailey avant l'enregistrement de Ballads, son disque le plus facile d'accès - et donc, son plus grand succès.

A chacun des morceaux choisis, Bailey applique la même méthode: s'égarant d'abord, il improvise dans le même temps qu'il interroge les possibilités de l'harmonie, distribue ses attaques rèches avant de déposer, studieux, une suite d'accords révélateurs prompts à accueillir quelques accès de fièvre romantique.

Abrupt, orageux et puis délicat, Bailey ménage ici écriture et improvisation, écarts libres et respect des cadres, avec une application qui transforme l'étude en pièce de choix. Alors, Standards troque son statut de document pour celui de disque aussi convaincant que ce Ballads qu'il préparait, et se fait référence affranchie.

CD: 01/ Nothing New 02/ Frankly My Dear I Don't Give a Damn 03/ When Your Liver Has Gone 04/ Please Send Me Sweet Chariot 05/ Don't Talk About Me 06/ Pentup Serenade 07/ Head

Derek Bailey - Standards - 2007 - Tzadik. Distribution Orkhêstra International.

Spontaneous Music Ensemble : Quintessence (Emanem, 2007)

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Résumé de trois concerts donnés en 1973 et 1974 par le Spontaneous Music Ensemble, Quintessence donne à entendre John Stevens aux côtés du saxophoniste Trevor Watts et du contrebassiste Kent Carter, trio accueillant, la deuxième année, Derek Bailey et Evan Parker.

1974. Intimant d’abord à son improvisation des airs de plaintes aigues et lentes, amassées sur le décorum sombre mis sur pied par l’archet de Carter, le quintette ne tarde pas à libérer les tensions (in)novatrices – harmoniques de Bailey et arpèges étouffés, invectives des deux saxophonistes à qui Stevens conseille, tambour battant, d’en découdre sans relâche (Forty Minutes). Sortie aussi des lamentos premiers, Thirty-Five Minutes conciliera les différents efforts – soubresauts des sopranos et de la guitare – sur le jeu emporté de Stevens, avant que Ten Minutes draine les interventions jusqu'à mettre au jour plus nettement encore l’entente exceptionnelle des musiciens.

Un an plus tôt, Stevens, Watts et Carter improvisaient ensemble Rambunctious et Daam-Oom. Là, le percussionniste adopte une posture plus radicale  et répond au soprano au son de sa voix – litanie perturbée jusqu’à s’obliger le cri, ou incantation maltraité par ses curieuses méthodes de chant. Passé au cornet, Stevens élabore plus tard en duo avec Watts une pièce multipliant autant les charges compulsives qu’elle se réserve des plages mesurées aux frontières, parfois, de l’ultime discrétion (Corsop). De quoi, donc, en apprendre encore sur la pratique et les interrogations de cinq pionniers de l'improvisation européenne faisant aujourd'hui figures de prophètes.

Spontaneous Music Ensemble : Quintessence (Emanem / Orkhêstra International)
Enregistrement : 1973-1974. Edition : 2007.

CD1 : 01/ Forty Minutes (part 1) 02/ Forty Minutes (part 2) 03/ Thirty-Five Minutes (part 1) 04/ Thirty-Five Minutes (part 2) - CD2: 01/ Ten Minutes 02/ Rambunctious 1 03/ Rambunctious 2 04/ Daa-Oom (Trio Version) 05/ Corsop 06/ Daa-Oom (Duo Version)
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



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