Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Variable Density Sound Orchestra : Evolving Strategies (Not Two, 2014)

garrison fewell evolving strategies

D’un orchestre dont changent souvent les membres, Garrison Fewell aura fait un ensemble stable : Variable Density Sound Orchestra enregistré en studio new-yorkais le 3 janvier 2012. L’occasion permit au guitariste de retrouver John Tchicai, Roy Campbell, Steve Swell, aux côtés d’une section rythmique constituée de Dmitry Ishenko et Reggie Nicholson – c’est, en somme, la « dernière mouture » de l’Orchestra dont Fewell nous entretenait ici, dans laquelle Kelly Roberge remplaça Tchicai.

Le disque a paru peu après la disparition de Tchicai et de Campbell. Sa chronique, au grisli, aura suivi de quelques jours celle de Garrison. Guitariste assuré, son élégante désinvolture, son swing tranquille et sa paisible façon de jouer des tensions y arrangent huit compositions (Fewell / Tchicai / Swell). Ici et là, des zones de dépression percent : au son d’un solo de ténor (Mystical Realities), d’un surprenant pas de danse (Return and Breathe) ou encore d’un déséquilibre inspirant (Heart Is Only A Part).

En Evolving Strategies, et même par elles, Garrison Fewell aura une autre fois rendu hommage à John Tchicai tout en développant son propre discours : élégant, redisons-le, sincère et profond. C’est un autre « soulfoul sound » et un autre « graceful spirit » qu’il nous faut désormais regretter.

Variable Density Sound Orchestra : Evolving Strategies (Not Two)
Enregistrement : 3 janvier 2012. Edition : 2014.
CD : Mystical Realities 02/ Evolving Straegies 03/ Return and Breathe 04/ Thoughts for Dixon 05/ Voyage from Ra 06/ Revolving Strategies 07/ Heart is Only a Part 08/ Mystical Realities: Aftermath
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Thomas Borgmann, Wilber Morris, Reggie Nicholson : Nasty & Sweet (NoBusiness, 2013)

thomas borgmann wilber morris reggie nicholson nasty & sweet

Aux côtés de Sirone à la fin des années 1980 puis à la tête de l’Orkestra Kith’N Kin – présences de John Tchicai, Lol Coxhill ou Pat Thomas – ou encore associé à Peter Brötzmann, Thomas Borgmann dévoila ses fiévreuses intentions musicales. Des dispositions pour le trio l’incitèrent à fréquenter plus régulièrement encore Wilber Morris et Denis Charles de 1995 à 1998 (BMC Trio, dont Silkheart publiera The Last Concert). A la disparition de Charles, Reggie Nicholson prit place derrière la batterie : BMN Trio donnera des concerts jusqu’en 2002.

En 1999 – soit quelques mois après s’être produit à la Spirit Room de Rossie (disque CIMP You See What We’re Sayin’?) –, Borgmann, Morris et Nicholson étaient du Tempere Jazz Festival. La mise en place prend son temps, celui nécessaire à la déposition d’une texture qui démontre déjà la cohérence de la formation. Selon qu’il intervient au ténor ou au soprano, Borgmann instille ensuite – Sweet puis Nasty, alors – une improvisation aux reliefs abrupts ou verse dans un free autrement précipité. Morris modifiant avec subtilité les couleurs du décorum et Nicholson battant la mesure en hachant toutes secondes, voilà que les quatre faces ont passé avec force et rapidité. En supplément, trouver deux autres pièces improvisées le 25 avril 1998 : Wilber’s Mood et autre Nasty & Sweet. L’idée est la même, qui persiste et signe : il est temps de faire plus ample connaissance avec l’art de Thomas Borgmann



Thomas Borgmann, Wilber Morris, Reggie Nicholson (BMN Trio) : Nasty & Sweet (NoBusiness)
Enregistrement : 7 novembre 1999. Edition : 2012.
2 LP : A1/ Nasty & Sweet Part I B1/ Nasty & Sweet Part II C1/ We Went That Away C2/ Wilber’s Mood D1/ Nasty & Sweet
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Denniz Gonzalez : Live in Washington, D.C. (Daagnim, 2009)

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Vingt ans après son enregistrement, ce concert donné à Washington par le Band of Sorcerers met au jour l’accord de membres faits pour s’entendre : Dennis Gonzalez (trompette), Carter Mitchell (contrebasse), Reggie Nicholson (batterie) et, en invité de choix, Frank Lowe (saxophone ténor).

S’il n’est pas d’une netteté remarquable, le son de cet enregistrement ne peut altérer beaucoup la qualité de l’échange : qui va et vient entre free pugnace, soul et swing. Mitchell et Nicholson se chargeant d’affranchir les solistes de toutes obligations, Gonzalez et Lowe ne tardent pas à tirer de leurs verves respectives de grands dialogues inspirés par les figures d’Alvin Fielder, John Carter et Julius Hemphill.

En hommage à ce-dernier, le quartette fomente d’ailleurs une conclusion précieuse : développement lent tiré de sa torpeur par les références au blues de Lowe et les airs de Mexicana inventés sur l’instant par Gonzalez, derniers moments finissant au creux d’un tumulte réjoui.

Dennis Gonzalez Band of Sorcerers : Live in Wahington, D.C. (Daagnim)
Enregistrement : 1989. Edition : 2009.
CD-R : 01/ Hymn for John Carter 02/ Living on the Edge 03/ Hymn for Julius Hemphill
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Ernest Dawkins: Chicago Now – Thirty Years of Great Black Music, Vol.2 (Silkheart - 1997)

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Suite et fin des hommages distribués pour marquer les 30 ans de l’A.A.C.M., le deuxième volume de Chicago Now – Thirty Years of Great Black Music s’ouvre au son d’un post-bop dédié à Monk. S’il évoque bien sûr le pianiste, Monk’s Temptation laisse échapper aussi quelques allusions à Mingus (claque rythmique et persuasion de Ben Israel) ou, de nouveau, à l’Art Ensemble of Chicago (percussions et sifflets récréatifs).

L’Art Ensemble, parallèle manifeste, repérable ailleurs lorsque le New Horizons prend les airs truculents d’un big band de la Nouvelle-Orléans (Looking for Ninny), évoque sur une marche posée la figure du contrebassiste Malachi (Many Favors), ou fait tinter quelques clochettes sur les décharges dissonantes de l’Improvisation #3.

Reprenant deux morceaux déjà interprétés, Dawkins déclame en parfaite harmonie avec la trompette d’Ameen Muhammad le thème de Zera, comme il prouve que l’émulsion peut faiblir, sur le développement poussif de Runnin’From The Rain. Que suit et annule Planet East, simili funk au mouvement dense, gérant au mieux les tentations free échappées de l’unisson des vents, sur les roulements de batterie de Reggie Nicholson.

Second pan de la célébration et autre épreuve fabriquée dans la foulée, Chicago Now – Thirty Years of Great Black Music, Vol. 2 rétablit l’évidence d’une musique facétieuse ne rognant jamais sur l’exigence.

CD: 01/ Monk’s Temptation 02/ Runnin’From The Train 03/ Planet East 04/ Zera 05/ Improvisation #3 06/ Looking For Ninny 07/ Many Favors

Ernest Dawkins - Chicago Now – Thirty Years of Great Black Music, Vol.2 - 1997 - Silkheart. Distribution Orkhêstra International.

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Ernest Dawkins: Chicago Now, Thirty Years of Great Black Music Vol.1 (Silkheart - 1997)

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En 1994, à l’occasion du trentième anniversaire de l’A.A.C.M., le New Horizons Ensemble du saxophoniste Ernest Dawkins rendait hommage aux fondateurs de l’association comme aux représentants les plus charismatiques du jazz d’avant-garde. Mais de manière originale, mettant de côté la reprise de standards pour distribuer les hommages aux rythmes de compositions signées du leader ou de son tromboniste, Steve Berry.

Ensemble, les deux hommes inaugurent Improvisation # 1, morceau au laisser-aller coulant, capable de distiller un peu de swing aux phrases répétitives. Le reste du sextette ne tarde pas à justifier de sa présence : prédominance de la section rythmique (Yosef Ben Israel et Reggie Nicholson) sur des compositions efficaces jouant des déclinaisons tonales (The Time Has Come, Bold Souls) ; poids des deux autres solistes, que sont le guitariste Jeffery Parker (sur Flowers for The Soul, surtout) et le trompettiste Ameen Muhammad (partout où il joue).

Sans jamais perdre de vue l’efficacité qu’il a toujours mise en avant dans sa musique, Dawkins adresse donc des clins d’œil : aux compagnons de l’A.A.C.M. que sont l’Art Ensemble (Improvisation #2) et notamment Lester Bowie (Runnin’ From The Rain), et aux maîtres jamais trop remerciés – Ornette, sur un post-bop dans lequel s’immiscent des périodes commandées de flottement (Zera) ou la délicatesse virant au chaos spatial de Flowers for The Soul, ou Roland Kirk, sur la soul d’une valse lente jusqu’à la marche (Dream for Rahsaan).

Dans le livret, le saxophoniste approfondit encore les dédicaces, dresse un répertoire de musiciens ayant œuvré avec générosité pour la Great Black Music, et vient ainsi compléter l’excellent concert de louanges. Pas terminé, celui-ci, puisque d’autres égards indispensables seront distribués le long d’un Volume 2.

CD: 01/ Improvisation #1 02/ The Time Has Come 03/ Improvisation #2 (My Baby Blues) 04/ Bould Souls 05/ Dream For Rahsaan 06/ Zera 07/ Flowers for the Soul 08/ Runnin' From the Rain

Ernest Dawkins - Chicago Now, Thirty Years of Great Black Music Vol.1 - 1997 - Silkheart. Distribution Orkhêstra International.

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