Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


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Aleks Kolkowski, Ute Wassermann : Squall Line (Psi, 2011)

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A la St Peter’s Church, le 15 juillet 2009, Aleks Kolkowski avait apporté toute la panoplie des Stroh Instruments (violon, alto, violoncelle) ainsi que cylindres de cire et scie musicale. Ute Wassermann n’avait sur elle qu’appeaux et ses propres cordes vocales.

Quatorze courtes improvisations furent enregistrées ce jour-là. Quatorze perles frôlant l’inouï et l’insensé. S’échappant des carcans soniques habituels, la voix brise et craquelle l’espace. Aucune insistance sur la matière ici mais un déplacement de souffle sidérant. Soit aller du point A au point B en modulant et explorant, sans ménagement, chaque micro-ton. Plus sobre sur ses instruments à pavillons mais malmenant comme jamais sa scie musicale, Aleks Kolkowski racle l’acier au plus près du désagréable. Tordant son instrument jusqu’à la rupture, il relève, haut-la-main, le défi des dialogues tendus, périlleux. A l’arrivée : un dialogue sans concession. Âpre et magnifique.

Aleks Kolkowski, Ute Wassermann : Squall Line (Psi / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2009. Edition : 2011.
CD : 01/ Skvala 02/ Sudestada 03/ Squamish 04/ Weibe bö 05/ Boorga 06/ Pamperos 07/ Polar Low 08/ Blunk 09/ Bow Echo 10/ Bayamo 11/ Brubru 12/ Nor’ Easter 13/ Derecho 14/ Bow Echo 2
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Evan Parker : House Full of Floors (Tzadik, 2009)

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Regroupés en juin dernier autour des micros d’Adam Skeaping (qui enregistra le souffleur dès 1980 dans le solo de Six of One ou le duo From Saxophone & Trombone), Evan Parker (saxophones soprano & ténor), John Russell (guitare) et John Edwards (contrebasse) avaient décidé d’élaborer quelques pièces improvisées en duo et en trio…

Leur association n’est pas sans évoquer à l’amateur le quartet que Mark Sanders complétait il y a une douzaine d’années pour London Air Lift, ou les aventures du saxophoniste avec le grand aréopage d’archets et plectres des Strings with Evan Parker : d’évidence, rares ou proliférantes, les cordes semblent apporter à Parker une force de « soulèvement » (Edwards s’y entend !) et une délicate énergie hirsute (tirée de la guitare épépinée de Russell) que le saxophone vient combiner et froisser en somptueuses gerbes, sans les ébarber. Ces jeux de dynamiques et de vitesses superposées (Full of Floors) convergent dans un étonnant swing antigravitationnel.

Assistant aux séances pour graver un peu de cette musique sur cylindres de cire, Aleks Kolkowski (un des archets – violon alto Stroh – des Kryonics & scie) fut invité à rejoindre le trio sur quelques morceaux : le pavillon du Stroh attirant le soprano vers de nouvelles raucités et la scie déformant l’espace, les esquives et séries de crochets forment une belle capoeira !

Evan Parker : House Full of Floors (Tzadik / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2009. Edition : 2009.
CD : 01/ Three of a Kind 02/ Donne’s Banjo 03/ Ca-la-ba-son 04/ Figure Dancing 05/ Aka AK 06/ Kabala-sum-sum-sum 07/ Shown jot 08/ House Full of Floors 09/ Wind Up
Guillaume Tarche © Le son du grisli

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Aki Takase: Tarantella (Psi - 2006)

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Installée depuis de nombreuses années en Allemagne, la pianiste japonaise Aki Takase (entendue aux côtés d’ Alexander Von Schlippenbach, Rudi Mahall ou David Murray) y a trouvé le soutien indéfectible de la Deutschland Radio, qui organisa pour elle quelques sessions remarquables.

Parmi le nombre, Tarantella revient sur un concert donné en quintet, à Berlin, en 1997. Auprès d’un ensemble de cordes, Takase défend deux compositions personnelles au son d’entrelacs spécieux de notes de piano, de violon et d’alto (ceux d’Aleks Kolkowski et Maurice Horsthuis), et de violoncelle (celui de Tristan Honsinger), révélant ici un penchant pour la musique sérielle (contemporaine ou relevant davantage du minimalisme de Philip Glass sur Tarantella), instituant là un swing croulant sous dissonances et porté par la contrebasse de Nobuyoshi Ino (Walking Batterie Woman, de Carla Bley), ou préférant ailleurs s’adonner à un jeu plus expérimental, envisagé derrière un piano préparé (Let Those Who Appear).

Adepte de phrases intenses et précipitées, Takase soigne aussi son goût du drame au son d’envolées de cordes – sur le Hat And Beard de Dolphy
, notamment – dont elle use toujours à propos, qu’il s’agisse pour elle de creuser toujours davantage le sillon mélodique, ou d’égarer plutôt l’auditeur en labyrinthes sonores divertissants.

S’il n’a pas été une seule fois question qu’on le ménage, l’auditeur ne peut se plaindre, au final, de la leçon de musique qui lui a été donnée, et qui aura convoqué aussi bien Howard Riley que Bernard Herrmann, Alexander Balanescu que Charlie Haden
.

CD: 01/ Tarantella 02/ Walking Batterie Woman 03/ Drinking Music 04/ Tripot 05/ Hat And Beard 06/ Let Those Who Appear 07/ Song For Che

Aki Takase Piano Quintet - Tarantella - 2006 - Psi. Distribution orkhêstra International.

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