Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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le son du grisli #3Peter Brötzmann Graphic WorksConversation de John Coltrane & Frank Kofsky
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Philippe Crab : Ridyller Rasitorier Rasibus (Le Saule)

philippe crab ridyller rasitorier rasibus

Un an après la parution du déjà remarquable Necora Puber, Philippe Crab réussit la gageure de lui donner une suite tout aussi passionnante. Cinquième album pour le musicien à l’humilité acérée dont la trajectoire de franc-tireur dans la dite « chanson française » s’avère suffisamment déboussolante et singulière, voire anachronique, pour réduire l’obsolète genre à une étiquette tout juste bonne à être décollée. De toute évidence, Crab ne se cherche pas délibérément une place, ne s’inscrit dans aucune filiation clairement identifiée, sinon identifiable. Il chuchote plutôt une beauté sans canon, accolée à la somptueuse évidence d’un monde en harmonie avec son esthétique. Un monde à rebours où le chanteur-guitariste remonte le temps pour accéder à des zones vierges : langue libre et rieuse, nourrie des cailloux d’Eric Chevillard et qui invente sa propre farandole de mots, accords de côté qui mettent à mal les conventions usitées, harmonies baroques qui se battent en duel, rythmiques reliées au berceau tellurique, son sans ornements qui convoque en creux quelque nostalgie folk appalachienne, collages sonores in vivo qui fouaillent le vivant… L’art s’affirme avec l’insistance têtue de ceux qui tamisent la brutalité du sens derrière la brillance de l’audace.
 
Le louable souci de Philippe Crab vise moins à élargir son audience qu’à approfondir et, simultanément, à aggraver la raison même de (se) jouer. D’un seul tenant, Ridyller rasitorier rasibus, titre qui emprunte sa substance poétique au recueil Dans la nature de Philippe Beck, chemine ainsi en trois denses étapes, durant un peu plus d’une heure. L’autre y rencontre soi-même, la quête de l’informulable rebondit sur la saisie du fugace. Se scrute dans les chansons de Crab ce qui remue et grommelle. Tortueux, le chemin fait office de savoureux périple et invite tout autant à la flânerie qu’à la découverte de saisissants impromptus. Souvent, le musicien opte pour une sorte d’épuisement, de ressassement, privilégie les motifs répétitifs, se joue de la durée. Chaque composition, jusque dans ses dérives instrumentales plus ou moins contrôlées, est question d’agencements à arbitrer, d’espaces à cerner, d’architectures à envisager. Il ne s’agit pas seulement de prendre son temps, mais d’en arracher des morceaux et de les nouer ensuite entre eux ; pas seulement de composer, ni même de décomposer, mais de bâtir un temps à soi, une cartographie sensible, celle des possibles. A l’instar du morceau sur Le Pont où l’attente de l’amoureux esseulé ouvre le monde alentour à la circulation des idées en un va-et-vient aussi envoûtant que déroutant. Crab semble bousculer les repères et étirer le temps afin de chercher une écriture qui échapperait à l’appréhension rationnelle des choses. L’intime, atteint au bout d’un long tête-à-tête, s’ouvre à des zones étrangement reculées de lui-même. Déploiement et tâtonnements hic et nunc d’un esprit vagabond qui considère la divagation et l’état second comme un délectable art de vivre.


 
Philippe Crab : Ridyller, rasitorier rasibus (Le Saule)
Enregistrement : 2014-2015. Edition : 2015.
CD / DL : 01/ Le rasoir d'O 02/ Le pont 03/ Idylle interrompue 04/ Mashuk 05/Sphère 06/ Dédier le temple 07/ MLH 08/ Lycophron 09/ Phorie 10/ Réponds 11/Un très joli ptè bois 12/Agraulé 13/ Les compagnies cycloportées 14/ Désidyllons 15/ Opulente nature 16/ Un cas banal de dissonance cognitive 17/Es tam polin 18/ Heureux les lapins
Fabrice Fuentes © Le son du grisli

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Martin Küchen, Landæus Trio ‎: Four Lamentations and One Wicked Dream of Innocence (Moserobie, 2014)

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Four Lamentations and One Wicked Dream of Innocence : le titre du vinyle s’explique, et même, se comprend : quatre compositions de Martin Küchen, d’un abattement inspiré, augmentées d’une composition « innocente » que l’on doit au pianiste de la section rythmique qui accompagnait le saxophoniste ce 19 avril 2013, Mathias Landæus.

Des années après India ou Olé, le modal (et l’ « exotique ») inspire encore Küchen : ses mélodies sont attachantes, mais surtout sublimées par ses façons d’instrumentiste. Ainsi, les saxophones (alto, ténor, baryton) invitent-ils la section rythmique à les rejoindre pour mieux, ensuite, la traîner à terre ; et quand ils vacillent sur un swing ralenti – qui pourra évoquer le vieil Hawkins (Tres Palabras) ou le jeune Kenyatta (Until) – leurs vibrations font effet.  

On remerciera Johnny Åman (contrebasse lâche) et Jonas Holgersson (batterie mesurée) des discrétions qu’ils dispensent. Mais n’étant « que » membres du Landæus Trio, leur élégance ne compte pas en comparaison du bavardage mélodique – à la McCoy Tyner, alors qu’on aurait apprécié ici la ponctuation d’un Fred Simmons (Until encore) – de leur leader de pianiste. Inquiet de placer quelques notes au-dessus de celles du soliste, Mathias Landæus démontre en effet un goût pour le clinquant qui finit par embarrasser l’auditeur – après absorption de pilule Küchen, voici qu’il entend TSF.

L’auditeur en question devra donc faire un effort (en seconde face, surtout) : et consacrer toute son attention au timbre singulier de Martin Küchen en imaginant le pianiste suédois – mais, au son, déjà franco-italien – accompagner, et accepter d’accompagner seulement, l’épatant saxophoniste sur piano Bolleter.

Martin Küchen, Landaeus Trio : Four Lamentations and One Wicked Dream of Innocence (Moserobie)
Enregistrement : 19 avril 2013. Edition : 2014.
LP : A1/ Post Injuries A2/ Don’t Ruin Me – B1/ En Jämtländsk Xe B2/ Du Rör Dig Så Sakta… 03/ One Minute of Innocence
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Keith Rowe, John Tilbury : Enough Still Not to Know (SOFA, 2015)

keith rowe john tilbury enough still not to know

C’est à la demande Kjell Bjørgeengen que Keith Rowe et John Tilbury se sont retrouvés en studio, les 17 et 18 juillet 2014. Il s’agissait de mettre en musique une installation vidéo de l'artiste : si le beau coffret nous prive de l'image, il n’en consigne pas moins quatre disques capables de remplir cet écran noir aux airs de reps qui a commandé les couleurs de l’objet.

Partageant avec Rowe et Tilbury un goût pour la poésie de Beckett, Bjørgeengen nomme, dans un livret, le titre du dernier poème de l'écrivain, What is the word : voir —/ entrevoir — / croire entrevoir — / vouloir croire entrevoir — / folie que de vouloir croire entrevoir quoi — / quoi — / comment dire.  Il suffira de substituer « entendre » à « entrevoir » pour chercher ensuite à dire comment le duo est parvenu à emprunter à Beckett son savoir-faire sur le fil.

En équilibre, ce sont là d’autres silences et d’autres rumeurs, des accords en progrès (au début de la troisième partie, Tilbury lui-même les dit, une fois n’est pas coutume, « envahissants ») ; en déséquilibre, un piano timide d’où chutent de rares notes et des bruits divers jetés dans l’espace (crissements et crépitements, bourdons graves, ronronnements de moteurs et air de violon que diffuse la radio…).

Peut-être la vidéo montre-elle, malgré ses noirs, deux surfaces planes qui se frôlent et, pour peu qu’on les envisage à distance, ne font bientôt plus qu’une, agacée bientôt par les lignes de fuite qu’arrange la bande-son : Enough Still Not to Know, qui atteste à son tour, comment dire… que Keith Rowe et John Tilbury font à la manière de Pénélope, soit : pour mieux défaire ensuite, en secret.  

Keith Rowe, John Tilbury : Enough Still Not to Know (SOFA)
Enregistrement : 17-18 juillet 2014. Edition : 2015.
4 CD : 01-04/ First Part-Fourth Part
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Marinos Koutsomichalis : Ereignis (Holotype, 2015)

marinos koutsomichalis ereignis

Mais dans quelles turbines Marinos Koutsomichalis (le fondateur du label Agxivatein) a-t-il passé (j’utilise le passé, car le LP a été enregistré en 2012) le Serge Modular System ? Ces deux premiers extraits du projet qu’il a engagé et intitulé « E Stato Eliminato » ne le disent pas, alors : écoute passive.

First face, c’est explosif, les expérimentations sont légion. Elles tirent dans l’espace, dérapent, bricolent une techno minimale, canardent de ces effets de micropro… Bon. Second face, c’est plus rentré. Le vinyle (mais n’est-ce pas Serge plutôt ?) craque pendant des secondes, après quoi il crépite… Il faut admettre que c’est un peu court pour ne pas dire assez décevant, en tout cas pas à la hauteur par exemple du solo ci-dessous. A ceux qui souhaitent le retour du Serge, je donnerais donc deux conseils : le Feu d'Yvan Etienne et la Terrace de Thomas Ankersmit !

Marinos Koutsomichalis : Ereignis (Holotype)
Enregistrement : 2012. Edition : 2015.
LP : A/ Ereignis #1 – B/ Ereignis #2
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Ross Bolleter : Frontier Piano (WARPS, 2014)

ross bolleter frontier piano

« L’heure de la mort sonne un jour pour tout piano ; une fois passé, il chante une tout autre chanson. » En boucle, Ross Bolleter, que son intérêt pour les pianos à deux doigts de ne plus l’être continue – après Secret Sandhills and Satellites, Night Kitchen… –  de travailler.

Le charme qu’il trouve aux carcasses abandonnées interroge encore : leur petite musique est-elle encore musique ? C’est qu’à « l’instrument classique par excellence » le piètre état impose l’à-peu-près, si ce n’est l’injustifiable, et l’inattendu. De son enveloppe défaite une poignée d’oiseaux peut avoir fait son nid – c’est ce qu’on peut imaginer à l’écoute de la première pièce de ces deux disques –, sa sonorité dégradée ne s’avère pourtant pas moins capable : de mélodies malhabiles, de combinaisons rythmiques, d’arpèges tordus, de troubles comptines, de coups autrement expressifs…

Bolleter peut aussi se saisir de plusieurs pianos que lui ont préparés la nature et le temps qui passe. Il les empile alors, ou les imbrique, et entame un concert. C’est l’ « après Mozart » qu’il envisage maintenant : en pianiste régressif, il invente un art autrement probant : petite musique de déchéance aux joyeux airs de Carmagnole.

Ross Bolleter : Frontier Piano. A Double Album of Pieces for Ruined Piano (WARPS)
Edition : 2014.
2 CD-R : CD1 : Terra Nullius 02/ Living Daylights 03/ Dead They Sing… 04/ Paddock Grand 05/ Sombre 06/ Trespass 07/ Pioneer Piano 08/ Home Truth 09/ Nasal 10/ Ancient Challenge 11/ Envoi – CD2 : 01/ Dominion 02/ Eye Music 03/ Après Mozart 04/ Bleached Oats 05/ Family Diary 06/ Antoinette 07/ Time and Fevers Burn Away…
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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James Saunders, Apartment House : Assigned #15 (Another Timbre, 2015)

james saunders assigned 15

C’est la deuxième fois que la pluie tombe ce matin. Ce qui fait crisser le tram. Et aussi les cordes de ce septet, Apartment House. La pluie a déjà cessé, mais le tramway reste en suspens. Ses parties se détachent, lentement, au rythme en fait de la formation et de cette œuvre de James Saunders, tirée de sa série Assigned, qu'il présente ici.

Sans réfléchir j’attribue  la défragmentation de la machine, que j’observe à travers mes carreaux mouillés, à la musique de cette interprétation. Enregistrée le 16 avril 2015, c’est-à-dire il y a des mois, déjà. Mais c’est aujourd’hui qu’elle déboule et déboulonne à quelques mètres de nous. Ces compositions de Saunders changent toujours de partitions (selon l’orchestre, selon le lieu, comme il l’écrit).

Il ne reste plus rien que le bruit de la machine (non, ce n’est pas un drone) qui tourne, qu’une clarinette approche, et celui de ses vieux néons. Trois quarts d’heure de désintégration, là, sous nos yeux. C’est d’habitude le temps qu’il nous faut pour déjeuner ensemble. A la place, nous avons goûté. Sous la pluie.

Apartment House, James Saunders : Assigned #15 (Another Timbre)
Enregistrement : 16 avril 2015. Edition : 2015.
CD : 01/ Assigned #15
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Marcio Mattos : SOL[os] (Emanem, 2015)

marcio mattos sol(os)

Seul, au soleil, le violoncelliste Marcio Mattos augmente ici (dix improvisations enregistrées entre la fin des années 1990 et 2010) son instrument d’un peu d’électronique, voire l’abandonne pour une contrebasse (instrument qu’il a découvert par le jazz).

A chaque fois, c’est pour envisager la corde – ses résistances et ses tensions – d’une autre façon : glissandi répétés ou graves attrapés à pleine main sur contrebasse, arpèges rapides en déroute, râles récoltés à l’archet, résonances d’une sculpture de cordes qui vibre, réduction d’instrument… C’est donc un art (de l’instrument) qui profite d’un autre, celui d’un discours « esthétique » toujours rafraîchi.

Quant à l’électronique, elle agit chez Mattos comme rarement chez d’autres improvisateurs, puisqu’elle tient en effet sa pratique instrumentale au secret quand, en concert (Prominence enregistré à Londres le 18 mai 2010), elle ne l’invite pas à un jeu de redites et d’accentuations (encore) autrement éloquent. Autour du soleil promis, c’est ainsi une éruption ou une éclipse, spectacles l’un comme l’autre saisissants.   

Marcio Mattis : SOL[os] (Emanem / Orkhêstra International)
Enregistrement : Fin des années 1990- 2010. Edition : 2015.
CD : 01/ Sunsquake 02/ Filaments of Imagination 03/ Convections 04/ The Diamond Ring 05/ Bailey’s Beads 06/ Saros 126 07/ Faculae 08/ Spicules 09/ Solwind 10/ Prominence
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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S.A.S.W. : Fine Pattern / Searching on a Stationary Wave (Winds Measure, 2015)

sasw fine pattern searching a stationary wave based on aspect works

C’est une habitude fort appréciable qu’a prise le label Winds Measure de rééditer des pépites soniques introuvables. Cette cassette, par exemple, était déjà une cassette quand, en 1995, Minoru Sato (aussi connu sous le diminutif d’m/s) et Toshiya Tsunoda ont autoproduit ses quatre pièces d’expélectronique (sous le titre Fine Patterns). En plus desquelles WM offre deux mix d’une installation plus récente (de 2000).

On entend là-dessus presque toujours deux voix bien différentes, de là à dire qu’elles sont celles de Minoru d’un côté et de Toshiya de l’autre, rien n’est moins sûr. Ce qui l’est par contre c’est l’effet que fait leur passage par le magnétophone. Ici des beats qui n’ont rien à craindre des limiteurs acoustiques, là des drones tout minces qui ont tout à craindre de la plus petite interférence, ici des pistes qui défilent sur des rails, là des microsystèmes qui déraillent sans faire de bruit... Bref, du minimal qui fait grand bien !

écoute le son du grisliS.A.S.W
Air Conditioner

S.A.S.W. : Fine Pattern / Searching a Stationary Wave Based on ‘Aspect’ Works by Minoru Sato (Winds Measure)
Edition : 1995. Réédition : 2015.
K7 : A1/ Heater System A2/ Overpass A3/ Days of the Sky Mix – B1/ Disk & Streamer B2/ Air Conditioner B3/ Days of the Sky Another Mix
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Rempis Percussion Quartet : Cash and Carry / Chicago Reed Quartet : Western Automatic (Aerophonic, 2015)

rempis percussion quartet cash and carry

La nouvelle pierre apportée à l’édifice Rempis Percussion Quartet – pour Dave Rempis, la plus belle conquête de l’homme avant même celle du cheval – tient en deux temps (quarante minutes puis quinze), enregistrés à l’Hungry Brain de Chicago le 31 août 2014.

La formule est bien la même, que servent trois saxophones (alto, ténor et baryton), une contrebasse (Ingebrigt Håker Flaten) et deux batteries (Tim Daisy / Frank Rosaly). Alors, les échanges ressemblent à de plus anciens : la section rythmique est solide, qui porte au loin chacune des nombreuses phrases de Rempis. Mais d’autres façons sont aussi interrogées : insistances, traverses, et même distance prise avec cette urgence qui conseillait hier de faire toujours plus vite. Différentes, les impulsions du « percussif » décident du caractère de l’improvisation : changeant, en conséquence, qui accueille avec le même bonheur un alto contemplatif ou un baryton volcanique.

The Rempis Percussion Quartet : Cash and Carry (Aerophonic)
Enregistrement : 31 août 2014. Edition : 2015.
CD : 01/ Water Foul Run Amok 02/ Better Than Butter
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

chicago reed quartet western automatic

On souhaitera au Chicago Reed QuartetNick Mazzarella, Dave Rempis, Mars Williams et Ken Vandermark – la même longévité que celle du RPQ. Au même endroit de Chicago, la formation enregistrait l’été dernier la première référence de sa discographie. Sur huit airs et structures de ses membres (compositions certes inégales), la réunion va d’unissons rangés en fugues attendues. S’il n’est peut-être pas à la hauteur des attentes, c’est que le rendez-vous est, avant tout, accommodant.  

Chicago Reed Quartet : Western Automatic (Aerophonic)
Enregistrement : 10 août 2014 (& 21 juin 2014) Edition : 2015.
CD : 01/ Burn Unit 02/ Remnant 03/ Broken Record Fugue 04/ The Rush 05/ Camera Obscura 06/ P.O.P. 07/ Hotsy Totsy 08/ Detroit Fields
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Simon Scott : Insomni (Ash International, 2015)

simon scott insomni

Pas aussi inconnu de moi jusque-là que ce que je pensais, Simon Scott a été le batteur de Slowdive au début des années 90. Il y a moins de temps que ça, il a sorti des disques sous son nom à lui (sur 12k ou Touch par exemple). D’ailleurs : finie la batterie, place à la guitare (folk, claire).

Une sorte de Slowdive instrumental introduit d’ailleurs Insomni, et cette etheral ambient pop avec ses guitares saturant saupoudrées (très légèrement) de voix et de violoncelle est très engageante (écouter ci-dessous). C’est comme un folk joué sous la pluie qui tombe sur des pylônes électriques, ça impressionne forcément. Mais une guitare folk apparaît et la pluie cesse. A à peine un tiers de l’album, Scott perd sa recette et ses accords sous arpèges virent pop folk instrumental dont le fastoche ennuierait plus d’un débutant à l’instrument. Voilà bien de quoi combattre l’insomnie !

Simon Scott : Insomni (Ash International / Touch)
Edition : 2015.
CD : 01/ An Angel from the Sea Kissed Me 02/ Holme Posts 03/ Confusion in Her Eyes 04/ Relapse 05/ Oaks Grow Strong 06/ Ternal 07/ Nettle Bed 08/ Fen Drove 09/ Nember 10/ Far from the Tree 11/ Swanbark
Pierre Cécile © Le son du grisli

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