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Le son du grisli #2

Ludovic Florin : Jazz Vinyls (Editions du Layeur, 2015)

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On ne compte plus les livres publiés qui ont pour sujet la pochette de disque vinyle. Celui que signe Ludovic Florin – que l’on peut notamment lire dans Improjazz –, qu’il présente comme un « vagabondage », aurait pu être un ouvrage de plus au sujet consacré : or, son Jazz Vinyls est une belle histoire du jazz (qu’il s’en défende) cachée derrière l’image.

Quelques défauts, bien sûr – des raccourcis inévitables, des interrogations soudaines (« Le style West Coast existe-t-il ? », et qu’est-ce que le « mainstream progressiste » ?), la rareté des « petits maîtres », l’absence de bibliographie (certes, par les temps qui courent, un mal assez contagieux) et, last but not least, le fait que je ne l’ai pas moi-même écrit –, mais nettement moins que de surprises.

De la « préhistoire du jazz » aux « temps post-modernes », Florin fait en effet œuvre de tact et de nuances – c’est cette fois une qualité qui se perd, notamment au Sud de la Loire où l’on publiait récemment un ouvrage consacré au Free Jazz qui attache au domaine Mingus, Dolphy…, et même Akosh S. ou Colin Stetson, mais pas Joe McPhee, par exemple : le chapitre que Florin intitule « Au-dessus des chapelles » aurait pu apprendre à l’auteur (et à son Reste d'éditeur) qu’aller voir au-delà des codes n’est pas forcément « jouer free ».

Fort de citations choisies (de musiciens, comme de critiques), se permettant quelques focus d’intérêt (Dizzy Gillespie, Anthony Braxton, Joe Henderson…), Florin suit une chronologie irréfutable qu’il illustre avec un à-propos désarmant. C’est que son intérêt pour le genre profite d’un désintérêt pour l’anecdote ou le kitsch – ici, pas de cargaison de pin-up sirotant du jus de Monk ou de Blakey (quelques-unes, quand même) à la Jazz Covers – et, surtout, s’avère bien plus « contemporain » – à peine à la moitié du livre, et c’est déjà Ornette Coleman.

Comme pour excuser l’aplomb qu’il a de consacrer quelques chapitres au « mainstream » (après tout, le titre du livre n’est pas « Bon Jazz Vinyls »), Florin entame le chapitre « La toile européenne se déploie » : Derek Bailey, Alexander von Schlippenbach, Evan Parker... avant qu’arrive le tour des labels européens. Certes, l’œcuménisme est amical puisque la Fusion est à suivre, mais la conclusion nous amène… Brigantin. C’est dire que Jazz Vinyls est une indispensable lecture.

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Ludovic Florin : Jazz Vinyls
Editions du Layeur
Livre : 359 pages
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



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