Anthony Braxton: Seven Compositions (Trio) 89 (HatOLOGY - 2009)

Enregistré en 1989 à la Maison de la culture d’Amiens, Seven Compositions présente Anthony Braxton aller et venir entre saxophones, clarinette et flûte, aux côtés du contrebassiste Adelhard Roidinger et du batteur Tony Oxley.
L’association, de s’occuper de trois combinaisons musicales requérant sept compositions (quatre signées Braxton, une autre Oxley, la dernière étant All The Things You Are de Jerome Kern). Entre les reliefs tranchants de la première (les coups secs du batteur portant haut le soprano expectorant) et les phrases précipitées à la clarinette de la dernière, trouver l’étrange ouvrage né du rapprochement de pièces de Kern, Braxton et Oxley : bop clinquant bientôt mis à mal par toutes déviances instrumentales – alto et puis flûte, éboulement percussif et archet vindicatif –, croulant enfin sous les coups d’un free expiatoire. Définitif.
CD: 01/ Compositions 40D & 40C (+63) 02/ All The Things You Are - The Angular Apron - Composition 6A 03/ Compositions 40J & 110A (+108B + 69J) >>> Anthony Braxton - Seven Compositions (Trio) 89 - 2009 (réédition) - HatOLOGY. Distribution Harmonia Mundi.
Anthony Braxton déjà sur grisli
Standards (Brussels) 2006 (Amirani - 2008)
Toronto (duets) 2007 (Barnyard - 2008)
Quartet (Moscow) 2008 Composition 367b (Leo Records - 2008)
Beyond Quantum (Tzadik - 2008)
Nine Compositions (Rastascan - 2007)
(Yoshi’s) 1997 Vol. 4 (Leo Records - 2007)
Duets I 1995 (Clean Feed - 2007)
Solo Willisau (Intakt - 2007)
Solo (Pisa) 1982 (Leo Records - 2007)
Performance (Quartet) 1979 (HatOLOGY - 2007)
Charlie Parker Project (HatOLOGY - 2005)
Shadow Company (Emanem - 2005)
Live at The Royal Festival Hall (Leo - 2005)
Saturn, Conjunct the Grand Canyon in a Sweet Embrace (Pi Recordings - 2004)
Anthony Braxton: Standards (Brussels) 2006 (Amirani - 2008)

Six disques, pour revenir sur quatre soirs de concerts donnés en 2006 à Bruxelles (PP Café) par Anthony Braxton. A ses côtés, trois jeunes musiciens italiens : le pianiste Alessandro Giachero (entendu déjà dans l’Italian Quartet de William Parker), le contrebassiste Antonio Borghini et le batteur Cristiano Calcagnile. Le répertoire, enfin, fait essentiellement de standards (pratique régulière).
Ecueil des premières minutes du premier soir : prévenance, manque d’assurance ou timidité inquiète, et l’ensemble manque d’à propos : Giachero versant, pour se donner sans doute un peu de contenance, dans un lyrisme démonstratif sur Forest Flower de Charles Lloyd. Et puis – faute peut-être à l’enregistrement : prise directe de l’instrument dans la table en guise de raison envisageable –, une sonorité de contrebasse qui tire encore l’ensemble vers le bas. Pour chasser les maladresses, attendre que la première improvisation fasse effet : brillante et inattendue, elle conforte sans doute le quartette dans l’idée qu’il peut trouver à dire.
Une version de Very Early (Bill Evans, que Giachero a vraisemblablement beaucoup écouté), de s’en trouver transformée, à laquelle succéderont – avec plus ou moins d’évidence selon le réalisme du trio d’accompagnateurs – quelques interprétations de taille, voire neuves : Night Dream, à laquelle Braxton applique sa notion personnelle de la justesse du timbre ; It Never Entered My Mind, Borghini parvenant ici à l’archet à se réserver un dialogue privilégié avec le maître ; Wave, simplement réinventée, ou encore Ruby My Dear, portée par les interventions minimalistes de Calcagnile.
Maintenant qu’il a gagné en cohésion – Borghini, en plus, débarrassé de la sonorité qui faisait défaut à l’ensemble –, le groupe soigne ses relectures (Alice in Wonderland, Evans encore, à l’allure vacillant sous les coups de saxophone ; Ezz-Thetics, thème emblématique de George Russell engouffré ici en accélérateur ; Out to Lunch, sur lequel Braxton et Giachero font état d’une presque complicité, d’une étonnante harmonie braque). Et puis, deux autres fois encore, ici et là, de ténébreuses improvisations, aux allures découpées : par un archet à distance (Improvisation No-3) ou les séquences branlantes que provoque Calcagnile. La première frayeur passée – qui provoquera l’hésitation de qui voudra aller réentendre les titres joués avant la première improvisation (premier disque) –, comme les quelques moments de plus faibles inspirations, et Standards (Brussels) 2006 se sera fait une place de choix dans la discographie (en formations d’un jour) d’Anthony Braxton.
CD1: 01/ Forest Flower 02/ It’s You or No One 03/ Darn That Dream 04/ Improvisation No-1 05/ Very Early 06/ If I Should Lose You - CD2: 01/ Virgo (Take 2) 02/ Embarcadero 03/ Night Dreamer 04/ It Never Entered My Mind 05/ Fine and Dandy 06/ Monk's Mood - CD3: 01/ Three Little Words 02/ Wave 03/ Ruby My Dear 04/ Mean to Me 05/ Afternoon in Paris 06/ What's New - CD4: 01/ Alice in Wonderland 02/ Ah Leu Cha 03/ For All We Know 04/ Improvisation No-2 05/ Tadd's Delight 06/ All of You - CD5: 01/ I'm Old Fashioned 02/ Ezz-thetics 03/ How Little We Know 04/ Out to Lunch 05/ Early Autumn 06/ Star Eyes - CD6: 01/ Israel 02/ These Foolish Things 03/ Improvisation No-3 04/ Strike Up the Band 05/ You're My Thrill 06/ Virgo (Take 1) >>> Anthony Braxton Quartet - Standards (Brussels) 2006 - 2008 - Amirani Records. Distribution Improjazz.
Anthony Braxton déjà sur grisli
Toronto (duets) 2007 (Barnyard - 2008)
Quartet (Moscow) 2008 Composition 367b (Leo Records - 2008)
Beyond Quantum (Tzadik - 2008)
Nine Compositions (Rastascan - 2007)
(Yoshi’s) 1997 Vol. 4 (Leo Records - 2007)
Duets I 1995 (Clean Feed - 2007)
Solo Willisau (Intakt - 2007)
Solo (Pisa) 1982 (Leo Records - 2007)
Performance (Quartet) 1979 (HatOLOGY - 2007)
Charlie Parker Project (HatOLOGY - 2005)
Shadow Company (Emanem - 2005)
Live at The Royal Festival Hall (Leo - 2005)
Saturn, Conjunct the Grand Canyon in a Sweet Embrace (Pi Recordings - 2004)
Anthony Braxton (au pp café) ailleurs que sur grisli
Compte-rendu (d’époque) de be.jazz
Anthony Braxton, Kyle Brenders: Toronto (duets) 2007 (Barnyard - 2008)

En 2007, donnant concert à Toronto en compagnie de Kyle Brenders, clarinettiste et saxophoniste de l’endroit, Anthony Braxton soignait deux de ses compositions : progressions par paliers imposées d’abord à l’unisson par deux saxophones puis plus ou moins abandonnées selon les trajectoires d’évolutions instrumentales indépendantes.
De notes longues tenues ensemble en inspirations accommodées – ici et là, quelques échanges récréatifs –, Braxton et Brenders passent de soprano en alto et de clarinette en ténor avec suffisamment d’aisance pour que l’enregistrement soit bientôt soupçonné d’infaillibilité. A la réécoute, le fait est avéré ; or, voici qu’il doit faire avec un bémol (troublant pour l’amateur attentif et dévastateur pour le néophyte) : la comparaison avec les grandes références de la discographie pléthorique d’Anthony Braxton.
CD1: 01/ Composition 199 - CD2 : 01/ Composition 356 >>> Anthony Braxton, Kyle Brenders - Toronto (duets) 2007 - 2008 - Barnyard Records.
Anthony Braxton déjà sur grisli
Quartet (Moscow) 2008 Composition 367b (Leo Records - 2008)
Beyond Quantum (Tzadik - 2008)
Nine Compositions (Rastascan - 2007)
(Yoshi’s) 1997 Vol. 4 (Leo Records - 2007)
Duets I 1995 (Clean Feed - 2007)
Solo Willisau (Intakt - 2007)
Solo (Pisa) 1982 (Leo Records - 2007)
Performance (Quartet) 1979 (HatOLOGY - 2007)
Charlie Parker Project (HatOLOGY - 2005)
Shadow Company (Emanem - 2005)
Live at The Royal Festival Hall (Leo - 2005)
Saturn, Conjunct the Grand Canyon in a Sweet Embrace (Pi Recordings - 2004)
Solo (Milano) 1979 Vol. 2 (Leo Records - 2004)
Anthony Braxton: Quartet (Moscow) 2008 Composition 367b (Leo Records - 2008)

Le quartette emmené l’un des derniers jours de juin 2008 à Moscou par Anthony Braxton exposait celui-ci aux côtés de Taylor Ho Bynum (cornet, bugle et trompettes), Katherine Young (basson) et Mary Halvorson (guitare électrique).
La Composition 367b, de naître ainsi de râles électriques traînants dont le saxophoniste motive la transformation en fond sonore bruitiste sur lequel pouvoir instituer le propos du jour. Les instruments à vent, d’alterner pour animer une série de dialogues forcément soutenus auxquels sera bientôt préféré un développement plus atmosphérique, plaque sonore en mouvement trouvant refuge, en fin de parcours, au creux d’une mélodie mélancolique aux notes allongées. Dans la veine de son ancienne collaboration avec Wolf Eyes, Braxton encore inattendu et encore inspiré.
CD: 01/ Composition 367b >>> Anthony Braxton - Quartet (Moscow) 2008 - 2008 - Leo Records. Distribution Orkhêstra International.
Braxton, Graves, Parker: Beyond Quantum (Tzadik - 2008)

Certaines rencontres n’ont pas besoin qu’on commente leurs œuvres. Quand même, à propos de Beyond Quantum, enregistré par Anthony Braxton, William Parker et Milford Graves : cinq rencontres, et l’échange radical, l’improvisation réfléchie ou la spontanéité savante. Dire, là aussi, que rien ne vaut l’écoute.
Pour gâcher un peu l’entente exceptionnelle, Tzadik a bien osé une tentative : mettre Bill Laswell dans les pattes du trio. Or, se retenant d’énoncer toute directive puisqu'en charge seulement de l’enregistrement, celui-ci ne peut rien : Beyond Quantum est une réussite, forcément.
CD: 01/ First Meeting 02/ Second Meeting 03/ Third Meeting 04/ Fourth Meeting 05/ Fifth Meeting >>> Anthony Braxton, William Parker, Milford Graves - Beyond Quantum - 2008 - Tzadik. Distribution Orkhêstra International.
Anthony Braxton: Nine Compositions (Rastascan - 2007)

Fin 2003, Anthony Braxton dirigeait neuf de ses compositions en différentes compagnies : du trio à l'ensemble de treize musiciens.
S'il n'offre pas d'images en mouvement (mais, sur écran, le nom de la composition et le détail de la formation à l'interpréter), le DVD permet d'exposer près de sept heures de musique : preuves encore récentes des travaux de Braxton, compositions graduelles ou réinvention du cirque musical de John Cage (détail relevé d'ailleurs dans les notes de pochette que signe Myles Boisen) sur la marche fantasque qu'est la Composition No. 190, ghost trance music de la Composition No. 322 ou musique de chambre dérangée qui requiert (Braxton en trio avec le percussionniste Gino Robair et le guitariste John Shiurba) ou non (Composition No. 75 s'amusant de l'essoufflement de ses interprètes) la présence du compositeur. Dont Nine Compositions est le plus convaincant des récents enregistrements.
DVD: 01/ Composition No. 328 02/ Composition No. 72h 03/ Composition No. 74e 04/ Composition No.23e 05/ Composition No. 190 06/ Composition No. 75 07/ Composition No. 292 08/ Composition No. 322 09/ Composition No. 327 >>> Anthony Braxton - Nine Compositions (DVD) 2003 - 2007 - Rastascan. Distribution Orkhêstra International.
Anthony Braxton: (Yoshi’s) 1997 Vol. 4 (Leo Records - 2007)

Cinq soirées passées au Yoshi’s d’Oakland en 1997 permirent à Anthony Braxton de développer son concept de Ghost Trance Music. Sur ce quatrième volume de la rétrospective publiée par Leo Records : deux compositions au programme, évocations de transes amérindiennes sur Composition N°213 et Composition N°214, rendues à la tête d’un ensemble de neuf musiciens – section rythmique assurée par Joe Fonda et Kevin Norton.
Ici, la progression instable, souvent précipitée, des instruments à vent ralentis soudain par la guitare à contre-emploi d’O’Neil, les cacophonies minuscules déposées sur résonances, et les entrelacs spécieux évoquant une version revue et étirée du Hat and Beard de Dolphy. Morceau que l’on pourrait aussi bien retrouver là : Composition N°214 aux graves imposants, portant aux nues le trio flûte / alto / guitare avant le retour implacable d’un duo assuré : contrebasse et clarinette basse. Inspirés et insistants, Braxton et son groupe, sur cet autre souvenir d’un passage mémorable au Yoshi’s.
CD1: 01/ Composition N°213 - CD2 : 01/ Composition N°214
Anthony Braxton Ninetet - (Yoshi’s) 1997, Vol.4 - 2007 - Leo Records. Distribution Orkhêstra International.
Anthony Braxton: Performance (Quartet) 1979 (HatOLOGY - 2007)

Au festival de Willisau, en 1979, Anthony Braxton donnait en deux parties une combinaison aléatoire de sept de ses compositions.
En compagnie du tromboniste Ray Anderson – qui a remplacé, deux ans auparavant, George Lewis auprès de Braxton, et à qui il arrive ici de passer au saxophone alto –, du contrebassiste John Lindberg et du percussionniste Thurman Barker, Braxton fait alterner saxophones et clarinettes, distribue des plaintes graves ou des aigus répétés sur l’allure changeante de ses compositions.
Alors, le baroque entretient l’espoir d’un swing magistral avant de céder la place aux exclamations virulentes des instruments à vent, quand les développements anguleux hésitent entre la défense d’un rien de mélodie et les libertés accordées par les usages d’une improvisation déconstruite. Evidemment changeant, l’ensemble est aussi étourdissant.
CD: 01/ Part I 02/ Part II
Anthony Braxton - Performance (Quartet) 1979 - 2007 (réédition) - HatOLOGY. Distribution Harmonia Mundi.
Anthony Braxton: Solo Willisau (Intakt - 2007)
Enregistré en 2003 au Festival de jazz de Willisau, Solo Willisau plaide en faveur d’un curieux argument, qui voudrait que les concerts donnés en solo par Anthony Braxton diffèrent tous malgré leurs ressemblances.
Mise à part la reprise de All The Things You Are de Jerome Kern, dont il dépose sagement le thème avant de le précipiter sans plus aucun ménagement, Braxton défend ici à l’alto des compositions personnelles qui lui permettent d’asseoir encore davantage ses originalités : découpage d’un discours déjà abrupt (NO. 191 j), mariage éclectique d’aigus perçants et de graves revêches (NO. 328 c), ou simples modulation de l’intensité de ses attaques (NO. 328 a).
Porté par la flamboyance de son jeu, Braxton met au jour des atmosphères diverses et parfois contradictoires : à la progression dans la douleur qu’est NO. 328 c répondent les rebonds amusés de NO. 328 d ; au développement aérien d’un NO. 106 p apaisé s’oppose la vocalisation rageuse exprimée sur NO. 119 m. Tenant d’un baroque bâti sur la maîtrise et l’expérience de leur auteur, huit pièces défilent ainsi sous les impulsions d’une imagination toujours régénérée.
CD: 01/ NO. 328 c 02/ NO. 344 b 03/ NO. 328 a 04/ All The Things You Are 05/ NO. 119 m 06/ NO. 106 p 07/ NO. 328 d 08/ NO. 191 j
Anthony Braxton - Solo Willisau - 2007 - Intakt Records. Distribution Orkhêstra International.
Anthony Braxton, Joe Fonda: Duets I 1995 (Clean Feed - 2007)
Disque sorti à l'origine sur Konnex Records, Duets reparaît aujourd'hui sur le label Clean Feed pour donner à réentendre Anthony Braxton dialoguer avec un autre improvisateur de taille: le contrebassiste Joe Fonda.
Mesurant d'abord leurs attaques sur All of You de Cole Porter, Braxton et Fonda investissent ensuite des compositions sophistiquées sur lesquelles alto puis clarinette basse rebondissent sur les constructions à étages de la contrebasse (Relentlessness), Braxton évoque Paul Desmond (Autumn in New York) ou Eric Dolphy (Out of the Cage) quand Fonda déploie un savoir-faire d'envergure, enfonçant encore un peu plus la polyrythmie du discours (Composition 136) ou déposant sous archet grave un partenaire qui papillonne (Composition 168 + 147).
Avec une efficacité qui tient, pour les deux hommes, de l'évidence, Duets I 1995 confirme la maîtrise d'Anthony Braxton et redit l'importance d'un Joe Fonda souvent mésestimé.
CD: 01/ All of You 02/ Relentlessness 03/ Out of the Cage 04/ Something from the Pas 05/ Composition 168 + 147 06/ Composition 136 07/ Composition 173 08/ Autumn in New York
Anthony Braxton, Joe Fonda – Duets I 1995 – 2007 (réédition) – Clean Feed. Distribution Orkhêstra International.
































