Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


suivre le son du grisli Fil RSS au grisli clandestin Contact

Sortir : Sonic Protest 2017Interview de Jacques OgerLe son du grisli sur Twitter
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Marc-Louis Questin : Urban Sax. Les musiciens de l'infini (Editions Unicité, 2016)

A l’occasion de la parution d’Agitation Frite, livre de Philippe Robert consacré à l’underground musical français de 1968 à nos jours, le son du grisli publie cette semaine une poignée de chroniques en rapport avec quelques-uns des musiciens concernés en plus de deux entretiens inédits tirés de l’ouvrage...

marc-louis questin urban sax

Les musiciens de l'infini, par ce sous-titre Marc-Louis Questin pointe l'indicible à propos d'Urban Sax, un indicible qu'il aborde en livrant un texte au lyrisme philosophique et spirituel. Il convoque dans un même élan Hermès Trismégiste et Guy Debord, Moondog et Kraftwerk. Une sublime pluie de références vient irriguer son propos concernant Urban Sax, œuvre immersive totale. Impossible d'en tirer tel ou tel fil sans risquer de fausser les perspectives d'une tapisserie qui pourrait être de Bayeux, mais contant une histoire culturelle des origines au XXIe siècle.

Ce livre lui-même est multidimensionnel. Le deuxième volet est constitué des peintures et photographies d'installations de V. Serra : huile sur toile, huile et collage sur bois, huile et acrylique, compositions mixtes... Les silhouettes des saxophonistes aux tenues de protection nucléaire prennent de multiples formes, couleurs et contours aux effets de matières et tracés saisissants... Ce sont pourtant des "miniatures" dans ce livre, certaines faisant un mètre cinquante sur un mètre cinquante grandeur nature. Le troisième volet est le CD accompagnant le livre, constitué de dix-sept titres rendant hommage de manières polymorphes à Urban Sax. Il est pratiquement indécent de parler de "compilation", mot sordide qui ne rend pas compte d'une cohérence d'ensemble parmi la multiplicité des expressions. Les boucles répétitives aux synthés et saxophones sont bien sûr très présentes, mais autant que de somptueux décors mouvants que l'on jurerait tirés de bandes sonores de films de science-fiction. Du H.R. Giger en ondes. Souvent, dans ce genre d'exercice, tel ou tel titre se détache ou bien pèche par sa faiblesse. Rien de cela ici. Tous apportent leur pierre essentielle. Plusieurs écoutes ne suffisent pas à en épuiser le substrat. Tous devraient avoir droit à une page entière d'analyse circonstanciée.

Alors le chroniqueur jette l'éponge et préfère réécouter ces titres en relisant le texte de Marc-Louis Questin et en observant dans le détail les œuvres de V. Serra... Et relire le quatrième volet : les textes qui accompagnent les titres en fin d'ouvrage. Chaque musicien rend directement hommage par une anecdote, une impression ou bien une création littéraire, pour transmettre son sentiment sur Urban Sax, dispositif-monstre, œuvre-créature sans équivalent. Un seul fil, une seule perspective d'avenir, une seule envie : s'immerger bientôt dans le réel et se laisser avaler, corps et âme, par la bête.

urban sax couv

Marc-Louis Questin : Urban Sax
Editions Unicité
Edition : 2016.
Eric Deshayes © Le son du grisli

 

 

 

tumblr_ol5x6bvYrx1rb47qeo1_1280



Commentaires sur Marc-Louis Questin : Urban Sax. Les musiciens de l'infini (Editions Unicité, 2016)