Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Jacques Demierre : The Thirty and One Pianos (Flexion, 2014)

jacques demierre the thirty and one pianos

Une autre fois, faire impression. Non plus seul mais en grande compagnie : face à Jacques Demierre, trente pianistes prêts à « exécuter » – tous ne joueraient cependant pas, prévient-il – et puis enregistrés au théâtre du Galpon à Genève le 9 septembre 2012.

En force, Demierre revient donc à l’instrument. En nuances aussi, qui interdiront la ressemblance aux trois parties de Thirty Pianos : carillon nourri de motifs répétés et tocsin transformé selon qu’on l’envisage dans le ventre d’un piano ou sur la table d’un autre ; allers-retours sur cordes créant un brouhaha fabuleux sur un mouvement de vagues ; chants de mécaniques qui jouent de roulements autant que d’expressions ravalées. A chaque fois, la démonstration est faite de la conductibilité du piano pensé par Demierre.

Comme en miroir, le pianiste retouche maintenant un enregistrement de concert (Paris, 15 octobre 2000). De Free Fight, un extrait donne ici une idée de l’exubérance. Seul, Demierre remue toutes les parties de son instrument – objectif qui nécessite quelques déplacements – dont tombent bientôt des notes sèches ou étouffées, des phrases déconcertantes, les bribes d’un langage parasite et même quelques flèches. Ainsi la machine rend-elle l’âme sous les coups d’une envie : « Il y a l’envie de comprendre l’expérience du piano en tant qu’expérience directe, envie d’entrer directement dans le phénomène. »



Jacques Demierre : The Thirty and One Pianos (Flexion)
Enregistrement : 9 septembre 2012. Edition : 2014.
CD : 01/ Thirty Pianos Part I 02/ Thirty Pianos Part II 03/ Thirty Pianos Part III 04/ Free Fight
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Darius Jones, Matthew Shipp : Cosmic Lieder: The Darkseid Recital

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On se doutait bien qu’après avoir investi la marge, Darius Jones sauterait un jour dans l’inconnu des précipices. Et cela arrive aujourd’hui. Précisément en compagnie de Matthew Shipp, pianiste aux angoisses actives. Un premier CD (Cosmic Leader) nous avait habitués à leurs harmonies malveillantes, à leurs spirales fiévreuses. Aujourd’hui, ils récidivent et réveillent le démon. Ils déraillent, égosillent le bon sens. Et encore plus qu’hier font du spasme leur terrain de jeu favori.

Leur musique broie, tranche, brise. Elle s’éternise sur le garrot. Elle fait du cri le cri définitif. On les aimerait parfois moins déraillants. Voire plus bienveillants. Vous ne trouverez aucune trace de douceur ici, aucun sas de délicatesse. Juste des éclats de violence et rien que des tapages acides. Et dans ces précipices aux sourdes torsions, l’alto de Jones ne se ménage pas. Il confirme sa singularité, sa fatale épaisseur, et donne à espérer quand, ailleurs, tout semble épuisé.  

Darius Jones, Matthew Shipp : Cosmic Lieder: The Darkseid Recital (Aum Fidelity / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2011-2013. Edition : 2014.
CD : 01/ Celestial Fountain 02/ 2, 327, 694, 748 03/ Granny Goodness 04/ Gardens of Yivaroth 05/ Lord of Woe 06/ Life Equitation 07/Sepulchre of Mandrakk 08/ Divine Engine 09/ Novu’s Final Gift
Luc Bouquet © Le son du grisli

darius jones the oversoul manual

De là où on ne l’attend pas surgit Darius Jones. Là où, précisément, surgissent les voix de l’Elizabeth-Caroline Unit (Sarah Martin, Jean Carla Rodea, Amirtha Kidambi, Kristin Slipp). De ces motets sans âge, Jones a choisi de n’agripper qu’épure et stricts unissons. Cette invitation en magie noire, loin des préoccupations habituelles du saxophoniste, ajoute une pièce de plus au puzzle Darius Jones. Et tout nous indique que le meilleur – et le plus étonnant – reste à venir.

Darius Jones : The Oversoul Manual (Aum Fidelity / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2014. Edition : 2014.
CD : 01-15/ The Oversoul Manual
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Roger Turner, Otomo Yoshihide : The Last Train (Fataka, 2015)

roger turner otomo yoshihide the last train

S’ils avaient déjà improvisé ensemble (Screen), Otomo Yoshihide et Roger Turner n’étaient plus que deux – même si enregistrés par Taku Unami – ce 17 février 2013 au Hara Museum de Tokyo.

Après avoir dompté et même enfoui un premier feedback, le guitariste informe son partenaire qu’il prendra son parti : ce sont deux percussionnistes qui, l’un à l’aiguille, l’autre au poing, se cherchent entre deux silences, et finissent par se trouver : l’accord n’étant pas d’impatience mais d’attente (The Wait) intelligemment transformée. Silence encore au moment de faire signe, les coups sont maintenant donnés et deux pratiques (désormais dissociées) s’affrontent. Le métal tinte et tonne bientôt sur les cordes qui crissent : quelques minutes seulement, avant que les relents de guitare fassent leur œuvre d’une batterie en morceaux.

Dans la collection de guitaristes que s’est constituée Turner (Bailey, Russell, Akchoté, Munthe), Otomo Yoshihide est un spécimen rare – du genre de ceux que l’on connaît, certes, mais dont on attend à chaque fois beaucoup de la mue prochaine. La capture est à sa hauteur.

Roger Turner, Otomo Yoshihide : The Last Train (Fataka)
Enregistrement : 17 février 2013. Edition : 2015.
CD : 01/ The Wait 02/ The Sign 03/ Crack 04/ Run
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Shinobu Nemoto : Improvisations #13 - #25 (Moufurokuon, 2014)

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Shinobu Nemoto est un musicien atypique. Non pas parce qu’il est Japonais (trop facile) mais parce qu’il multiplie les projets mystérieux (Summons of Shining Ruins, Dark Side Of The Audio System) tout en autoproduisant ses improvisations solo depuis la fin des années 2000. On l’imagine bien habitant en reclus l’île dont les 13 CDR qu’il a produit l’année dernière (13 improvisations enregistrées en quelques semaines) dessinent la carte.

Peut-être qu’à force de s’être cogné aux quatre coins de son île, Shinobu Nemoto a pris goût à la répétition. Car ce sont d’innombrables loops qui orientent son jeu de guitare électrique sur un trip ambient pop. Assez particulier, le trip, d’ailleurs. Il mixe le Brian Eno des 80’s (autant ajouter tout de suite Harold Budd) et François Bayle, Bruce Gilbert et les BO de Badalamenti, Lawrence English et le mouvement shoegaze…. Une ambient antidatée et pourtant intemporelle, une musique d’ameublement pour tunnel souterrain, une subaquatique pop qui vous submerge par vagues, une armée de drones et de solos (pas tous bienvenus d’ailleurs)…

Shinobu Nemoto a le couplet instrumental alangui et c’est ce qui fait sa force. Sa faiblesse est peut-être de ne pas savoir choisir : treize CD d’ambient pop d’un coup, c’est un chantier colossal pour qui le motto n’est pas Nemoto (bon). Car on n’est pas descendu d’une boucle qu’une autre nous invite déjà à lui monter dessus. Et bizarrement, on monte, en pensant à tous ceux qui ont un jour ou l’autre quitté le sol pour rejoindre une île (Jim O’Rourke, Ian MastersJacques Brel ?) et en espérant qu’un point de la carte de Shinobu Nemoto répondra à nos attentes (puisque le producteur vend au détail, je conseillerais les improvisations 14, 19 et 24 / en même temps, le site de Moufurokuon propose des extraits de toutes les improvisations contenues dans ces 13 CD).

Shinobu Nemoto : Improvisation #13 - Improvisation #25 (Moufurokuon)
Enregistrement : 2014. Edition : 2014.
13 CDR : Improvisation #13 – Improvisation #25
Pierre Cécile © Le son du grisli

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IKB Ensemble : Rhinocerus / Anthropométrie sans titre (Creative Sources, 2014)

ikb ensemble rhinocerus anthropométrie sans titre

Référence faite à l’International Klein Blue, l’IKB Ensemble devra, pour qu’on lui reconnaisse une identité, lui aussi jouer de nuances. En faisant, par exemple, changer son personnel – qui voudra s’en convaincre pourra passer d’une page Creative Sources à l’autre : Rhinocerus / Anthropométrie sans titre / Rhinocerus, etc. –, mais pas seulement. Certes, les lentes suspensions que décrivait hier Luc Bouquet sont là encore, comme les précautions collectives et les louvoiements individuels. Mais les mouvements fébriles n’interdisent pas les déplacements.

Sur Rhinocerus, c’est ainsi le violon d’Ernesto Rodrigues qui est à la manœuvre. Patiemment, l’archet – que double souvent celui de Guilherme – tire à lui les percussions chantantes de Nuno Morão et José Oliveira, l’électronique avaleuse d’aigus de Carlos Santos ou la shruti box de João Silva. De longues minutes passent, et puis vient le moment pour Rodrigues d’échanger le lot de murmures qu’il a collectés contre un rythme délicat. Si délicat qu’il ne peut devancer longtemps l’évanouissement qu’il avait à ses trousses.  

Si l’on tient compte du croquis reproduit dans le livret d’Anthropométrie sans titre, les musiciens de l’ensemble forment un demi-cercle à la gauche duquel on trouve Carlos Santos puis Maria Radich – dont la voix percera davantage. Ce sont eux, cette fois, qui semblent commander les interventions : celle du piano de Rodrigo Pinheiro, celle de la contrebasse de Miguel Mira… C’est un ballet, en quelque sorte, dont les transports et les bruissements répondent oui à la question suivante : est-il plus évident de céder à la tentation de disparaître lorsqu’on est si nombreux ?

IKB Ensemble : Rhinocerus (Creative Sources)
Edition : 2014.
CD : 01/ Rhinocerus

IKB Ensemble : Anthropométrie sans titre (Creative Sources)
Edition : 2014.
CD : 01/ Anthropométrie sans titre
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Kevin Drumm : Trouble (Editions Mego, 2014)

kevin drumm trouble

Rien de tel que de retrouver un vieux pote pour bien démarrer une année. Welcome donc à la nouvelle livrée de Kevin Drumm sur les (toujours au top) Editions Mego. De loin l'œuvre la plus calme, voire atone, de l’électronicien américain, Trouble exploite tout au long des cinquante-quatre minutes de son unique plage le filon opposé du tourbillon bruitiste Sheer Hellish Miasma, pour ne citer que l’un des opus les plus denses du gaillard.

Clairement ambitieux dans son voyage aux confins des possibilités auditives de l’être humain – pour rappel, nous, pauvres mortels, n’entendons rien en-deçà des 20 Hz et au-delà des 20.000 Hz –, la méthode drummienne anno 2014 inscrit sa tranquillité extrême dans les pas d’une Jana Winderen, qui aurait toutefois oublié de tamponner son aller simple vers le Grand Nord pour se transformer en petite souris planquée dans un recoin du studio d’Eliane Radigue.



Kevin Drumm : Trouble (Editions Mego)
Edition : 2014.
CD : 01/ Trouble
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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André Cormier, Markus Kreul : Zwischen Den Wolken (Redshift, 2014)

andré cormier markus kreul zwischen den wolken

Les influences de John Cage et de Morton Feldman sont intarissables. Prenons par exemple cette pièce pour piano du Canadien André Cormier (qui était l’un des 31 compositeurs des miniatures du Quatuor Bozzini). Ils donnent l’impression de composer encore. J’entends par là, « encore aujourd’hui ». De composer malgré tout. Comme si, installés dans les nuages de la pochette et du livret du CD, ils jouaient aux échecs et que leurs coups sonnaient sous les doigts du pianiste Markus Kreul.  

Des duos d’accords réduits se succèdent et, dans cette succession, le silence de la réflexion prend plus ou moins de place. C’est selon le moment. Il leur faut trouver un équilibre juste. Quand ils le trouvent alors ils se maintiennent, se soutiennent, et quand ils ne le trouvent pas ils s’abattent d’un côté ou de l’autre du clavier. Comme chez les deux compositeurs américains, l’intonation varie et garantit presque à elle seule tout les changements de la composition. Bien sûr, c’est très influencé. Mais l’écoute de Zwischen Den Wolken a déjà ce mérite de nous donner des nouvelles de deux influences que nous, musiciens ou non musiciens, subissons tous.



André Cormier, Markus Kreul : Zwischen Den Wolken (Redshift / Centre de Musique Canadienne)
Edition : 2014.
CD : 01/ Zwischen Den Wolken
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Achim Wollscheid, Bernhard Schreiner : Calibrated Contingency (Baskaru, 2014)

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C’est en 2011 à Graz, sur deux ordinateurs (plus une radio & un micro unidirectionnel), qu’Achim Wollscheid (qui a collaboré avec Merzbow ou Asmus Tietchens, apprendrais-je) et Bernhard Schreiner ont improvisé cette pièce de trois quarts d’heure retravaillée en studio.

Chacun en charge d’un bout de la stéréo et séparés par un mur devant l’audience, les deux hommes se sont donc revus pour accoucher d’une grande pièce architecturale, spectrale et même peut-être bien… spatiale. Le hic c’est que, la fusée, c’est en fait une invention d’une autre (voire révolue) époque, et que sa progression sonne assez creux. Les paliers de drones, les vents synthétiques, les voix radiophoniques, etc., sont des effets rebattus. On préférera donc, par exemple, retourner à Pierre Henry : avec lui, au moins, on voyage dans le temps.



Achim Wollscheid, Bernhard Schreiner : Calibrated Contingency (Baskaru)
Enregistrement : 2011. Edition : 2014.
CD : 01/ Calibrated Contingency
Pierre Cécile © Le son du grisli

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David Neil Lee : The Battle of the Five Spot. Ornette Coleman and the New York Jazz Field (Wolsak & Wynn, 2014)

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C’est la troisième édition du livre que David Neil Lee a consacré à Ornette Coleman. En somme, l’histoire d’une apparition. Celle d’un Texan à New York.

Au Five Spot, pour être précis. A partir de 1956, le club programme des musiciens de jazz parmi lesquels on trouve quelques agitateurs : Cecil Taylor, d’abord, puis Coleman. En novembre 1959, celui-ci emmènera au son d’un saxophone en plastique un quartette (Don Cherry, Charlie Haden, Billy Higgins) qui marquera les esprits. En premier lieu, ceux de musiciens capables d’entendre (ou non) de quoi retourne la nouveauté, mais aussi peintres et poètes de l’École de New York, écrivains Beat… Telle est en partie la foule qui se presse au Five Spot deux semaines durant – aucun enregistrement n’existe de l’événement.

Si le titre fait allusion à une « bataille »,  c’est que les hostilités sont légion – il faut lire les réactions rapportées de Coleman Hawkins, Miles Davis, Milt Jackson ou Max Roach, et cette supposition de Bobby Bradford selon laquelle de nombreux musiciens auraient bien fait disparaître Coleman s’ils l’avaient pu. Hostilités qui permettent à l’auteur de déterminer les « anciennes choses » que remua Coleman et, plus généralement, de considérer le sort souvent réservé à l’avant-garde. Après avoir dressé une rapide histoire du jazz (le discours rappelle celui de Frank Kofksy) et être revenu sur le parcours du saxophoniste, David Neil Lee, en lecteur assidu de Bourdieu, éclaire sa prose d’une réflexion sociologique qui fait de son sujet le point convergent d’un problème générationnel.

Créateur intrépide – ne s’est-il pas soumis au jugement de ses pairs sans avoir pris le soin de leur démontrer qu’il savait le jazz aussi bien qu’eux ? –, c’est Coleman lui-même qui, à force d’éclats, va trancher ce nœud gordien pour installer une façon d’entendre qu’il consignait sur disque une année plus tôt (Something Else !!!!), façon dont David Neil Lee explore et explique avec brio tous les concept-satellites (jazz, avant-garde, club, compétition, critique, révolution, nouveauté…, enfin, consécration).



David Neil Lee : The Battle of the Five Spot. Ornette Coleman and the New York Jazz Field (Wolsak & Wynn)
Réédition : 2014.
Livre (en anglais) : The Battle of the Five Spot. Ornette Coleman and the New York Jazz Field
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Jürg Frey : 24 Wörter (Wandelweiser, 2014)

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La rue est en pente et, avec la neige, ta démarche imitait la chute d’un accord de piano. Tu as appelé mais j’étais loin et, il me semble au ralenti, tu es partie en arrière. C’est là que le temps s’est arrêté. Le temps pour moi de te rejoindre et de te rattraper, le temps de te dire les 24 mots de Jürg Frey (24 comme les heures du jour, les Préludes de Debussy ou les Fantasy-Pieces de Crumb) et le temps de comprendre comment il est possible, pour un mouvement ou pour une voix, de se fondre dans un paysage.

Plus exactement, de devenir un paysage. Comme le compositeur, et clarinettiste, est devenu une voix (la soprane Regula Konrad), un violon (Andrew Nathaniel McIntosh) et un piano (Dante Boon). Son 24 Wörter est un de ces accidents qui vous font sortir de votre corps quelques instants. Il faut le temps de se remettre de ces 27 (car 3 instrumentaux) pistes à la beauté étrange, dormante, perdue, heureuse… de ces 24 lieder qui vous empoignent en vous rappelant Feldman (Only) que Mahler (Kindertotenlieder) ou Chostakovitch (Aus Jüdischer Volkspoesie). Et qui surtout illuminent la scène que l’on a sous les yeux. Ce jour-là, c’était toi au-dessus de la neige, suspendue à un fil invisible.

Jürg Frey : 24 Wörter (Edition Wandelweiser)
Enregistrement : 16 et 17 septembre 2013. Edition : 2014.
CD : 01/ Fremdheit 02/ Herzeleid 03/ Zwei Welten 04/ (piano, violin) 06/ Heiterkeit 07/ Seltsamkeit 08/ Trauer 09/ Tänzer 10/ Träimer 11/ Stein 12/ Einsamkeitsmangel 13/ Zittergras 14/ (piano solo) 15/ Tod 16/ Schlaf 17/ Tod 18/ Verlorenheit 19/ Zartheit 20/ Glück 21/ Wind 22/ Glück 23/ ortlosigkeit 24/ Innigkeit 25/ Sehnsuchtslandschaft 26/ Halbschlafphantasie 27/ Vergessenheitsvogel
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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