Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Parution : Jazz en 150 figures de Guillaume BelhommeParution : le son du grisli #2Sortir : Festival Baignade Interdite
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

(2015-2) Expéditives : Ferran Fages, Remembrance, Machinefabriek, Toshimaru Nakamura, Sebastian Lexer, Michael Thieke...

2013 expéditives

radi d'or

Ferran Fages : Radi d’Or (Another Timbre, 2013)
A la tête d’un « ensemble » de cinq musiciens (Olga Ábalos à la flûte et au saxophone alto, Lali Barrière aux ondes sinus, Tom Chant aux saxophones ténor et soprano et Pilar Subirá aux percussions), Ferran Fages interprétait le 17 décembre 2011 un Radi d’or haut de trente-six minutes, par lui imaginé. Occasion pour le guitariste d’accorder ses attachements pour les râles, notes parallèles, harmoniques, prévenances, retours sur note, soupçons (ondes sinus et guitare)… Toutes sonorités, inspirantes. (gb)

lauzier transparence

Philippe Lauzier : Transparence (Schraum, 2013)
Du dédale que construit Philippe Lauzier ne pourront s’échapper que des souffles amples, vastes, abondants, amis. Ce souffle brise-glace fore le continu. Le souffle se module, se gonfle, admet de fines moisissures mais, toujours, refuse la désunion. A chaque nouveau tableau, un continuum. A chaque nouveau monde, la douceur des prologues. Clarinettes et saxophones malaxent la matière, cristallisent le granuleux. Ils oscillent et hypnotisent l’auditeur. Les techniques étendues ne sont que prétextes : le souffle ne se voudrait que fluet et menu qu’il ne pourrait cacher sa douceur, sa bienveillance. Précisément ceci : un disque de douceur et de bienveillance. (lb)

remembrance

Remembrance : Remembrance (NoBusiness, 2013)
Enregistré le 9 février 2004, Remembrance donne à entendre sur deux disques Elton Dean, Paul Dunmall, Paul Rogers et Tony Bianco. En quartette, trio ou duo, les musiciens se livrent à d’épatantes combinaisons d’un jazz volubile, pour ne pas dire convulsif (duo Rogers / Bianco en ouverture du second disque). Au swing unique de Dunmall, Dean oppose des ébauches de mélodie allant souvent à contre-courant de la solide paire rythmique, association qui démontre une maîtrise renversante. (gb)

machinefabriek

Machinefabriek : Stroomtoon II (Herbal International, 2013)
Impressionné, toujours deux ans plus tard, par les basses de Stroomtoon II. Ce CD, c’est du Machinefabriek par couches et par surcouches, en constructions-collages de drones-synthé, d’ambient pop (passe-partout, certes) ou d’electronica oldies. Après la bonne impression... on redescend. L’originalité est en fait toute relative si bien qu’on se demande pourquoi avoir réédité ce CD Nuun sorti en 2012, les stocks Machinefabriek doivent bien recéler d’autres trésors, non ? (pc)

suncheon

Kawaguchi Takahiro, Choi Joonyong : Suncheon Hyanggyo (Balloon & Needle, 2013)
Suncheon Confucian School, 12 août 2011 : Choi Joonyong et Kawaguchi Takahiro s’affrontent. Et ils ont apporté de quoi faire (instruments, objets préfabriqués, systèmes inventés). Donc, attentif, j’ai l’impression qu’un chien halète puis qu’on lui plante un clou dans l’os en respectant le rythme de son souffle.  Non, pas un chien, mais une petite scie suivie d'autres instruments de chantier : étincelles, electronics, buzzs, bref impossible de tout raconter en trois lignes, même en sept d’ailleurs. Mais je recommande ! (pc)

foz

Toshimaru Nakamura, Manuel Mota : Foz (Dromos, 2013)
Datée du 15 septembre 2011, l’improvisation est celle par laquelle Toshimaru Nakamura opérait un retour à la guitare. Auprès d’un autre guitariste, qui plus est : Manuel Mota. Improvisées, les deux pièces composent avec l’échouage des longues notes, quelques accords tombant, des feedbacks aussi ou d'autres bruits jadis qualifiés de « parasites ». Emmêlées, les lignes se confondent bientôt en un Foz étonnant. (gb)

the fog

Sebastian Lexer, Grundik Kasyansky : The Fog (Dromos, 2013)
Forcément enregistré à Londres (3 décembre 2011), The Fog expose, sous influence AMM, le piano étendu de Sebastian Lexer aux radiations électroniques de Grundik Kasyansky. C’est une alarme, d’abord, qui filtre de l’épais brouillard. Après quoi, le duo profite de son art de la réflexion et d’un timing élaboré : les coups donnés au piano, les cordes pincées et les distensions électroniques se prennent ainsi dans une brillante composition en toile d’araignée. (gb)

biliana thieke

Biliana Voutchkova, Michael Thieke : Already There (Flexion, 2013)
Trois séances d’enregistrement ont, en 2012 à Berlin, permis à Biliana Voutchkova et à Michael Thieke d’accorder leurs violon et clarinette. Lorsqu’elle ne décide pas de poursuites ou de cascades, l’improvisation joue d’oppositions (graves de clarinette contre frêle archet), d’apparitions (d’une voix, d’interférences, d’un lyrisme en perte de repères…) ou de disparitions dans un battement d’ailes. Si Voutchkova manque parfois d’idée, Thieke (et Werner Dafeldecker, au mastering) donnent quelque valeur à la rencontre. (gb)

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Atolón, Chip Shop Music : Public Private (Another Timbre, 2013) / Atolón : Concret (Intonema, 2012)

atolon chip shop music public private

La rencontre barcelonaise d’Atolón (Ruth Barberán, Alfredo Costa Monteiro et Ferran Fages) et de Chip Shop Music (Erik Carlsson, Martin Küchen, David Lacey et Paul Vogel) date du 3 février 2012 et s’est faite en deux temps : avec public, et puis sans.

Avec, ce sont près de trois quart d’heure d’improvisation nocturne – Dans le noir, nous verrons clair, mes frères ! –, qui cherche d’abord à occuper l’espace à coups de propositions timides : tintement répété, souffle grave, frottements et craquements, maintenant aigus. Dans le labyrinthe, nous trouverons la voie droite ! – Pièces-modules imbriquées et, aux croisements, des coups portés (de rage ? d’impatience ?) aux instruments par simple principe offensif – Carcasse, où est ta place ici, gêneuse, pisseuse, pot cassé ?

Sans public, c’est un peu plus de vingt minutes et davantage d’allant. L’accordéon sur deux notes, l’électronique perçant et les techniques rentrées des instruments à vent dressent une inquiétante machine à son – Poulie gémissante, comme tu vas sentir les cordages tendus des quatre mondes ! – que fuit un bestiaire forcené – Comme je vais t’écarteler !

Est-ce la radio de Martin Küchen qui, en interférences, a craché des morceaux de Michaux : Contre !, pour dire tout l’inverse.  

Atolón, Chip Shop Music : Public Private (Another Timbre)
Enregistrement : 3 février 2012. Edition : 2013.
CD : 01/ Public 02/ Private
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

atolon concret

Ce Concret, enregistré le 15 janvier 2011, trouve d’abord ses marques en deux notes d’accordéon. Lentes à renier leur origine, celles-ci font face aux plaintes d’objets rayés et à quelques grincements. Au mitan de l’enregistrement long de vingt-cing minutes, le trio commence à intéresser : une trompette tremblante attire à elle des morceaux de ferraille que l’on traîne et dont on entend jusqu’à la rouille. L’accordéon peut conclure.

écoute le son du grisliAtolón
Concret

Atolón : Concret (Intonema)
Enregistrement : 15 janvier 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ Concret
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Cremaster : Live at Audiograft / Pluie Fine (Consumer Waste / Potlatch, 2012) / Astero : Nadir (Agxivatein, 2012)

cremaster angharad davies

Vingt-six minutes et quelque enregistrées en concert au Modern Art Oxford en mars par Cremaster (le duo d’Alfredo Costa Monteiro et Ferran Fages). Voilà pour les premières informations sur Live at Audiograft. Mélomanes certainement je n’en doute pas germanophiles, nos deux hommes fabriquent une électroacoustique glacée dont le centre est gangréné de parasites et les bords sont tranchants. Plus électronique que les autres travaux qu’on leur connaît (que je leur connais en tout cas), le disque peint des avions au décollage et des collisions de bateaux-tamponneurs avec une force déroutante.

Mais pas aussi déroutante que sur Pluie Fine, CD qui sort chez Potlatch (qui a récemment produit le très bon Sei Ritornelli) que Cremaster a enregistré avec la violoniste Angharad Davies (par correspondance de 2010 à 2012 : tiens, je t’adresse ce bruit… Merci, voilà un peu de crin crin pour toi… Bien reçu, reçois ce drone des familles… etc.). Le problème c'est qu'à force d’être dérouté, me voilà perdu ! Les dispositifs électroacoustiques et la table de mixage des compères s’agitent avec trop de sérieux peut-être, en tout cas sans grande originalité. Désagréable cette impression de rentrer dans un tunnel (qui ne nous protège même pas de la pluie fine) et de n'en jamais voir le bout… Dommage cette fois.

Cremaster : Live at Audiograft (Consumer Waste)
Enregistrement : mars 2012. Edition : 2012.
CD : Live at Audiograft

Cremaster, Angharad Davis : Pluie Fine (Potlatch / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2010-2012. Edition : 2012.
CD : Pluie Fine
Pierre Cécile © Le son du grisli

astero nadir

Astero est un autre duo-projet de Monteiro. Avec Juan Matos Capote et ses oscillateurs de sa confection, le Portugais met ses devices électroacoustiques au service d’une noise fouineuse. Buzzs, drones, crashs, sifflets, le tout fait penser à un Francisco Lopez qu’on aurait plongé dans le bitume chaud. Là, d’accord, Alfredo !

Astero : Nadir (Agxivatein)
Enregistrement : 2011. Edition : 2012.
CD : Nadir
Pierre Cécile © Le son du grisli

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John Cage : The Works for Organ (Mode, 2013) / Cartridge Music (Another Timbre, 2013)

john cage the works for organ

Malgré tout l’amour que je porte à John Cage, je me méfais encore de l’orgue – il faut dire que l’église m’a fait m’en méfier. Et ces deux disques sont arrivés par un jour de neige : The Works for Organ. Tout John Cage pour orgue y est (1978, 1983, 1985, 1987).

Ce jour de neige n’a pas été un jour de neige comme les autres. Plus d’un mètre de blanc dehors. Alors, quand retentit l’orgue de Gary Verkade, celui du village-église de Gammelstad... Parfois seul, parfois avec des assistants, Verkade entreprend un marathon blanc. Un marathon de jour de neige, un marathon de grand matin. Some of ‘’The Harmony of Maine’’ où les tirants de l’orgue aspirent des lamelles sonores de bois blanc : treize temps, treize stations, treize strates-states.

Il y a aussi la mélodie en sourdine d’un Souvenir, les couples de notes, allongées, d’Organ2/ASLSP et, surtout, le chef d’œuvre pour orgue qu’est ASLSP. Il bourdonne dans le soupçon, chuchote avec gravité, sa partition est une ligne que l’on trouve tout en bas et qui commande tout l’espace blanc qui est au-dessus d'elle, toute la montagne qui la pèse. C’est ici que ce grand pays de neige est le plus blanc, mais d’un blanc mêlé. Impossible à définir. Tout simplement fantastique.  

John Cage : The Works for Organ (Mode)
Edition : 2013.
CD1 : 01/ Souvenir 02-14/ Some of ‘’The Harmony of Maine’’ (Supply Belcher) – CD2 : 01/ ASLSP 02/ Organ2/ASLSP
Héctor Cabrero © Le son du grisli

le son du grisli

john cage cartridge music

Les intervenants sont nombreux, qui ont pour noms Stephen Cornford (direction), Rob Curgenven, Ferran Fages, Alfredo Costa Monteiro, Patrick Farmer, Daniel Jones et Lee Patterson. Les uns derrière les autres, ils font effet au son d’aigus, de souffles, de crépitements, de graves râles ou de percements. La frise d’effets sonores à naître de l’épreuve ravit, pour respecter l’intention de 1960 : pièce de musique électronique jouée en direct où la transparence a sa note à dire.

John Cage : Cartridge Music (Another Timbre)
Enregistrement : 29 février 2012. Edition : 2013.
CD : 01/ Cartridge Music
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Cremaster, Komora A : Split (Monotype, 2012)

cremaster komora 1 split

Un split, c’est presque pas grand-chose. Alors sur un quarante-cinq tours, imaginez-donc… Sauf que… Sauf que Cremaster et Komora A, justement…

On sait qu’il existe des groupes seulement bons sur format court. Ce n’est pas le cas de Cremaster, bien sûr. Alfredo Costa Monteiro et Ferran Fages (tous les deux aux electronics) l’ont déjà montré mais sur cette face A, ils mélangent des larsens et des craquements sans parvenir à se montrer le moins du monde original. Komora A (un trio polonais : Dominik Kowalczyk, Karol Koszniec& Jakub Mikołajczyk) seraient-ils du genre à peiner sur la longueur ? En quarante-cinq tours, en tout cas, ils font mouche, avec leurs buzzs et leurs reverses, dans le soupçon sonique plus que dans l’esbroufe ambient, alors bravo : belle découverte que celle de Komora A – dont on attend une k7 verte sur le même label Monotype.

Cremaster, Komora A : Split (Monotype)
Edition : 2012.
7’’ : A/ Cremaster : Haz B/ Komora A : Crystal Dwarf Opens His Eyes
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Fages, Hayward, Veliotis : Tables and Stairs (Organized Music from Thessaloniki, 2011)

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Inviter trois personnalités telles que Ferran Fages (ici aux ondes sinusoïdales), Robin Hayward (tuba) et Nikos Veliotis (violoncelle), d’agir en concours de discrétions, tel était l’enjeu de Tables and Stairs – titre évoquant peut-être l’appartement athénien dans lequel ce concert a été enregistré.

Sur une note longue, le tuba l’emporte d’abord mais oscille bientôt, amoindri par de premières ondes filigranes. L’archet ajouté, le premier moment du discours musical choisit de tout tirer non vers le bas mais vers le grave. Le reflet, ensuite : à la même place mais sur plan inversé, les instruments accrochent haut leurs notes, dans des gestes amples, jusqu’à ce que perce un silence.

A Fages, alors, de siffler l’instant de la reprise. Tables and Stairs jouera de soupçons et de redites pour prouver que les sons n’existent pas qu’à fort volume, qu’ils peuvent même se faire entendre davantage tandis qu'ils s'effacent : une histoire de souvenir et de silence à suivre que Fages, Hayward et Veliotis servent, ainsi donc ensemble aussi bien que séparément, avec un à-propos superbe.

Ferran Fages, Robin Hayward, Nikos Veliotis : Tables and Stairs (Organized Music from Thessaloniki)
Enregistrement : 27 juin 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ Tables and Stairs
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Ferran Fages : Lullaby for Lali (Etude, 2010)

lullabyforgrisli

Un vinyl 12 pouces, c’est parfois un peu court, d’autres fois très long, et parfois un objet de longueur idéale. C’est le cas pour cette « berceuse », Lullaby for Lali, écrite par le guitariste Ferran Fages.

Avec Lali (Barrière, compagne de duo), on imagine donc un endormissement dès la première face : une petite mélodie jouée au mélodica, à la guitare (les accords sont clairs), à la basse et au métallophone. Une pop alambiquée aux accents électriques qui déraille sur la fin. Trop gentillette, même poussive, elle nous réveille… 

La seconde face est acoustique, arrangée par Lali Barrière, et mêle une guitare jouée au médiator et un accordéon. Comme un enfant qui répète le même mot jusqu’à en perdre le sens, la guitare répète le même accord et tire ses effets d’attaques modulées. On pense à un Ry Cooder qui aurait perdu le sens des affaires ou à Gastr del Sol en cure de mélodie. Suffisant pour se laisser prendre par cette berceuse en deux temps ? A vous d'entendre...

Ferran Fages : Lullaby for Lali (Etude Records / Metamkine)
Enregistrement : 2009. Edition : 2010.
LP : A/ Lullaby for Lali b/ Lullaby for Lali
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Ap'strophe : Corgroc (Another Timbre, 2010)

apsli

Que ceux et celles qui n’aiment dans la peinture de paysages que les aplats épais quittent la salle d’exposition. Car si Ap’strophe en remet une couche, c’est dans la finesse, l’ellipse, l’effleurement...

Ferran Fages intervient pourtant à la guitare et Dimitra Lazaridou-Chatzigoga à la cithare. De quoi faire beaucoup avec des cordes pincées ou frappées, des attaques sur un corps en bois ou sur des mécaniques de métal. A la place il y a Spring et Is Like a Perhaps Hand (faut-il lire « Spring Is Like a Perhaps Hand » ?). C’est à dire qu’il y a un drone qui siffle et le jeu bizarre de cordes distendues. Il y a aussi des grincements (le bois) et des mouvements de plaques (le métal). Et sous l’effet de la surprise le tout procure de drôles de sensations qui font qu’on se demande si le duo n’avait pas surréastylistiquement raison : le printemps serait peut être comme une main.


Ap'strophe, Corgroc (extrait).

Ap’strophe : Corgroc (Another Timbre)
Enregistrement : 2008. Edition : 2010.
CD : 01/ Spring 02/ Is Like a Perhapd Hand
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Ap’strophe : Objects sense objectes (Etude, 2009)

apstrisliphe

Sur Objects sense objectes, Ferran Fages (guitare) et Dimitra Lazaridou Chatzigoga (cithare) font front commun et tentent de redresser ensemble leur ensemble minuscule de cordes à la dérive.

Sèches toutes, brutes et parfois lâches, celles-ci se nourrissent de leur propre discours avant qu’entre un drone inattendu, qui va et vient parmi les nouvelles propositions de Fages et Chatzigoga : plus percussives maintenant, lorsqu’il ne s’agit pas de grattements ou même – provocation ultime – d’un arpège joué proprement. Heureusement, l’usage familier n’est que passager, et reparaissent les dissonances, les silences derrière lesquels sont pensés d’autres coups et les tensions changeantes capables aussi de notes limites. Voici les tourments d’Objects sense objectes rassurés, et même confortés.

Ap’strophe : Objects sense objectes (Etude Records / Metamkine)
Enregistrement : 2008. Edition : 2009.
CD : 01/ 3 (5 :46) 02/ 6 (31 :35) 03/ 7/2 (6 :47) 04/ 12 (12 :11)
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Octante : Lúnula (Another Timbre, 2009)

grunula

Déjà remarqués sur leurs enregistrements respectifs publiés par Another Timbre ou Etude Records, le guitariste Ferran Fages (ici aux oscillateurs) et l’accordéoniste Alfredo Costa Monteiro (toujours à l’accordéon) se retrouvent pour la deuxième fois sur disque en Octante, quartette composé aussi de la trompettiste Ruth Barberan et de la bassiste Margarida Garcia.

Plutôt inquiète, la formation improvise dans l’ombre deux grandes pièces au développement lent mais chaotique, aux propositions inattendues et incertaines, qui convoquent autant de sifflements que de râles, de plaintes et de larsens – assez changeant, tous, pour ne pas s’imposer longtemps. D’accords suspendus en revirements bruitistes, les quatre musiciens vont et composent une musique électroacoustique perturbée et grandiose, que finissent d’imposer les dernières secondes d'Onda 2904.


Octante, Onda 2856 (extrait). Courtesy of Another Timbre.

Octante : Lúnula (Another Timbre)
CD : 01/ Onda 2856 02/ Onda 2904
Enregistrement : 2008-2009. Edition : 2009.
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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