Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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le son du grisli #3Peter Brötzmann Graphic WorksConversation de John Coltrane & Frank Kofsky
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Manuel Mota, Giovanni Di Domenico, Tatsuhisa Yamamoto : November 16, 2014 (SoundShots, 2015)

manuel mota giovanni di domenico tatsuhisa yamamoto november 16

Au Fender Rhodes, Giovanni Di Domenico s’acharne à démembrer la membrane de nos haut-parleurs. Ajoutant du grave au grave, il fait très fort dans l’oscillation assassine. A la guitare, Manuel Mota égrène de laconiques phrasés avant d’exhorter quelque assoiffé ferraillage. A la batterie, Tatsuhisa Yamamoto observe, scrute puis  foudroie peaux et métaux.

A eux trois, ils revendiquent la psyché des seventies (le Miles électrique, Soft Machine, Pink Floyd) et abordent trois montées tentaculaires. Au-delà de la secousse sismique fortement ressentie – et de la fragilité de sa dislocation –, ils œuvrent dans l’attente, questionnent la gravité, accueillent la marge. Bref, vibrent de leur sensibilité brisée.

november 16

Manuel Mota, Giovanni Di Domenico, Tatsuhisa Yamaoto : November 16, 2014
SoundShots

Enregistrement : 16 novembre 2014. Edition : 2015.
CD : 01/ November 16, 2014
Luc Bouquet © Le son du grisli

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(2015-2) Expéditives : Ferran Fages, Remembrance, Machinefabriek, Toshimaru Nakamura, Sebastian Lexer, Michael Thieke...

2013 expéditives

radi d'or

Ferran Fages : Radi d’Or (Another Timbre, 2013)
A la tête d’un « ensemble » de cinq musiciens (Olga Ábalos à la flûte et au saxophone alto, Lali Barrière aux ondes sinus, Tom Chant aux saxophones ténor et soprano et Pilar Subirá aux percussions), Ferran Fages interprétait le 17 décembre 2011 un Radi d’or haut de trente-six minutes, par lui imaginé. Occasion pour le guitariste d’accorder ses attachements pour les râles, notes parallèles, harmoniques, prévenances, retours sur note, soupçons (ondes sinus et guitare)… Toutes sonorités, inspirantes. (gb)

lauzier transparence

Philippe Lauzier : Transparence (Schraum, 2013)
Du dédale que construit Philippe Lauzier ne pourront s’échapper que des souffles amples, vastes, abondants, amis. Ce souffle brise-glace fore le continu. Le souffle se module, se gonfle, admet de fines moisissures mais, toujours, refuse la désunion. A chaque nouveau tableau, un continuum. A chaque nouveau monde, la douceur des prologues. Clarinettes et saxophones malaxent la matière, cristallisent le granuleux. Ils oscillent et hypnotisent l’auditeur. Les techniques étendues ne sont que prétextes : le souffle ne se voudrait que fluet et menu qu’il ne pourrait cacher sa douceur, sa bienveillance. Précisément ceci : un disque de douceur et de bienveillance. (lb)

remembrance

Remembrance : Remembrance (NoBusiness, 2013)
Enregistré le 9 février 2004, Remembrance donne à entendre sur deux disques Elton Dean, Paul Dunmall, Paul Rogers et Tony Bianco. En quartette, trio ou duo, les musiciens se livrent à d’épatantes combinaisons d’un jazz volubile, pour ne pas dire convulsif (duo Rogers / Bianco en ouverture du second disque). Au swing unique de Dunmall, Dean oppose des ébauches de mélodie allant souvent à contre-courant de la solide paire rythmique, association qui démontre une maîtrise renversante. (gb)

machinefabriek

Machinefabriek : Stroomtoon II (Herbal International, 2013)
Impressionné, toujours deux ans plus tard, par les basses de Stroomtoon II. Ce CD, c’est du Machinefabriek par couches et par surcouches, en constructions-collages de drones-synthé, d’ambient pop (passe-partout, certes) ou d’electronica oldies. Après la bonne impression... on redescend. L’originalité est en fait toute relative si bien qu’on se demande pourquoi avoir réédité ce CD Nuun sorti en 2012, les stocks Machinefabriek doivent bien recéler d’autres trésors, non ? (pc)

suncheon

Kawaguchi Takahiro, Choi Joonyong : Suncheon Hyanggyo (Balloon & Needle, 2013)
Suncheon Confucian School, 12 août 2011 : Choi Joonyong et Kawaguchi Takahiro s’affrontent. Et ils ont apporté de quoi faire (instruments, objets préfabriqués, systèmes inventés). Donc, attentif, j’ai l’impression qu’un chien halète puis qu’on lui plante un clou dans l’os en respectant le rythme de son souffle.  Non, pas un chien, mais une petite scie suivie d'autres instruments de chantier : étincelles, electronics, buzzs, bref impossible de tout raconter en trois lignes, même en sept d’ailleurs. Mais je recommande ! (pc)

foz

Toshimaru Nakamura, Manuel Mota : Foz (Dromos, 2013)
Datée du 15 septembre 2011, l’improvisation est celle par laquelle Toshimaru Nakamura opérait un retour à la guitare. Auprès d’un autre guitariste, qui plus est : Manuel Mota. Improvisées, les deux pièces composent avec l’échouage des longues notes, quelques accords tombant, des feedbacks aussi ou d'autres bruits jadis qualifiés de « parasites ». Emmêlées, les lignes se confondent bientôt en un Foz étonnant. (gb)

the fog

Sebastian Lexer, Grundik Kasyansky : The Fog (Dromos, 2013)
Forcément enregistré à Londres (3 décembre 2011), The Fog expose, sous influence AMM, le piano étendu de Sebastian Lexer aux radiations électroniques de Grundik Kasyansky. C’est une alarme, d’abord, qui filtre de l’épais brouillard. Après quoi, le duo profite de son art de la réflexion et d’un timing élaboré : les coups donnés au piano, les cordes pincées et les distensions électroniques se prennent ainsi dans une brillante composition en toile d’araignée. (gb)

biliana thieke

Biliana Voutchkova, Michael Thieke : Already There (Flexion, 2013)
Trois séances d’enregistrement ont, en 2012 à Berlin, permis à Biliana Voutchkova et à Michael Thieke d’accorder leurs violon et clarinette. Lorsqu’elle ne décide pas de poursuites ou de cascades, l’improvisation joue d’oppositions (graves de clarinette contre frêle archet), d’apparitions (d’une voix, d’interférences, d’un lyrisme en perte de repères…) ou de disparitions dans un battement d’ailes. Si Voutchkova manque parfois d’idée, Thieke (et Werner Dafeldecker, au mastering) donnent quelque valeur à la rencontre. (gb)

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Rodrigo Amado : The Freedom Principle / Live in Lisbon (NoBusiness, 2014) / Wire Quartet (Clean Feed, 2014)

rodrigo amado motion trio peter evans the freedom principle

Hier avec Jeb Bishop, aujourd’hui avec Peter Evans, le Motion Trio (Rodrigo Amado, Miguel Mira, Gabriel Ferrandini) déploie de brûlantes pistes.  La matière est grouillante, souterraine toujours. Cette fondation (Shadows) l’aide à s’élever. Flottante puis se précisant, la voici terre sauvage, le trompettiste s’en allant décrisper des phrasés jusque-là ceinturés. Et le saxophone ténor de le rejoindre au sein de cette rugissante fourmilière.

Ailleurs (The Freedom Principle, Pepper Packed), le Motion Trio retrouve ses tanières : saxophone aux graves soyeux, violoncelle oublieux de son archet, percussionniste aux bibelots grouillants. Mais ne rate pas l’occasion d’attiser la rousseur des incendies passant à sa portée. Ne change rien et tout sera différent disait l’autre…

Rodrigo Amado Motion Trio, Peter Evans : The Freedom Principle (NoBusiness)
Enregistrement : 2013. Edition : 2014.
CD : 01/ The Freedom Principle 02/ Shadows 03/ Pepper Packed
Luc Bouquet © Le son du grisli

le son du grisli

rodrigo amado motion trio peter evans live in lisbon

Sur vinyle et en public, le Motion Trio + Peter Evans ne prend pas de gants pour ferrailler sec. Le trompettiste ose les terres du grand Donald A. et réinvente la wah-wah d’Hendrix, le saxophoniste encourage le cri, la rythmique retrouve son rouge vif. Le free jazz est en fête. Ceci pour la face A. Quand le calme se propage, Amado et Evans sablent leurs souffles. Puis, jettent leurs unissons aux orties. S’embarquent alors en discussion râpeuse. Moments de franches intensités illuminant une face B très animée.

Rodrigo Amado Motion Trio, Peter Evans : Live in Lisbon (NoBusiness)
Enregistrement : 2013. Edition : 2014.
LP : A/ Conflict in Intimacy B/ Music Is the Music Language
Luc Bouquet © Le son du grisli

le son du grisli

rodigo amado wire quartet

Préférant le feutre au silex, le ténor de Rodrigo Amado se met à l’unisson du Wire Quartet : intimité ouatée, longue exploration de la matière, crescendos goulument exposés. Mais, incité par le jeu profond et abondant du batteur-percussionniste (Gabriel Ferrandini, un percutant comme on les aime), le  saxophoniste moissonne des poudres grises, volcaniques. Et les fait partager à ses petits camarades (Manuel Mota, faux Bailey, vrai bluesman / Hernani Faustino, contrebassiste à la découpe franche). Ainsi s’exprimait le Wire Quartet en deux journées de janvier 2011.

Rodrigo Amado : Wire Quartet (Clean Feed / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2011. Edition : 2014.
CD : 01/ Abandon Yourself 02/ Surrender 03/ To the Music
Luc Bouquet © Le son du grisli

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I Never Meta Guitar Too (Clean Feed, 2012)

I never meta guitar ii

Après un premier volume pas mal tourné vers le jazz ou assimilé (avec Jeff Parker, Mary Halvorson, Noël Akchoté, Jean-François Pauvros…), ce qui est en passe de devenir une série, I Never Metaguitar, parie sur des « guitarists for the 21st Century » un peu plus franc-tireur. Si on ne sait pas s’ils sont tous en mesure de réinventer le jeu à l’instrument, ils démontrent en tout cas d’une envie plutôt iconoclaste.

Toujours concoctée par Elliott Sharp, la sélection de solos est comme attendue éclectique : post-folk (Manuel Mota, Steve Cardenas), bruistisme électrique (Ava Mendoza,Yasuhiro Usui, Shouwang Zang), minimalisme (Ben Tyree à la guitare classique fait une forte impression), atmosphérique (Joel Harrison au bottleneck non moins intéressant), voilà pour les « meilleurs ». Enfin il y a les individualistes d’hier qui en ont encore sous la pédale, comme Alan Licht et David Grubbs. Audn l'un déploie un jeu à la structure claire bousculée par le feedback, l'autre s’empare d’une guitare classique pour en pincer les cordes et inventer un bel instrumental minimalow-fi. Bref, de quoi ne pas passer à côté d’une compilation qui nous fait espérer que la série ne s’arrête pas en si bon chemin.

I Never Metaguitar Too (Clean Feed / Orkhêstra International)
Edition : 2012.
CD : 01/ Ava Mendoza : Mandible Moonwalk 02/ Ben Tyree : The Gatekeeper 03/ On Ka'a Davis : Ballet 04/ Shouwang Zhang : Guitar Song 05/ Joel Harrison : Loon 06/ Yasuhiro Usui : Headland 07/ Steve Cardenas : Aerial 08/ Marco Cappelli : Sits at the Other Side of the Table 09/ Alan Licht : The Servant 10/ David Grubbs : Weird Salutation 11/ Hans Tammen : Spiracles 12/ Zach Layton : Thus Gone 13/ Thomas Maos : The Day King Arthur Married On Cyprus 14/ Richard Carrick : A-KA 15/ Zachary Pruitt : For Electric Guitar #1 16/ Manuel Mota : Untitled
Pierre Cécile ® Le son du grisli

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Manuel Mota, Jason Kahn : Espírito Santo (Mazagran, 2011)

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En lambeaux, comme effilochées, les deux longues pièces de ce disque enregistré à Lisbonne en octobre 2009 par Manuel Mota (guitare électrique) et Jason Kahn (percussion, synthétiseur analogique) exploitent – par effleurements et rêverie lente – les propriétés acoustiques d'un lieu au plafond particulièrement élevé et aux murs de briques.

Tout épars qu'il soit, le jeu de Mota n'en est pas moins ancré dans l'instrument, tandis que Kahn est à son plus discret, ou précisément à sa plus essentielle et influente discrétion. Indépendants, plongés dans un songe qu'ils semblent parfois ne partager que de loin, les deux musiciens sculptent un souffle, une rumeur éclairée de quelques lointains carillons presque éteints, dont l'effet hypnotique peut gagner ; on comprend alors les mots de JK : « Durant l'enregistrement, j'ai rapidement perdu la perception du temps pour flotter dans la catacombe sonore que nous étions en train de créer. »

A quel volume écouter ce beau disque ? Point trop fort, c'est la promesse de fantômes... Plus haut, le surgissement d'un monde long, délicatement vibrant.

EN ECOUTE >>> Extrait >>> Extrait

Manuel Mota, Jason Kahn : Espírito Santo (Mazagran / Metamkine)
Enregistrement : 23 octobre 2009. Edition : 2011.
CD : Espírito Santo
Guillaume Tarche © Le son du grisli

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Diaz-Infante, Mota, Robair, Rodrigues : Our Faceless Empire (Pax Recordings, 2010)

FacelessGrisli

Deux émissaires portugais (Ernesto Rodrigues au violon et Manuel Mota à la guitare électrique) sur la Côte Ouest américaine – plus précisément à Oakland où les attendaient Gino Robair (« Energized Surfaces ») et Ernesto Diaz-Infante (guitare acoustique) – provoquèrent Our Faceless Empire.

Au départ : Gino Robair agit en discret dans les cordes : un théâtre miniature se met alors en place, dont les personnages se disputent et dont les choses qui composent le décor ont aussi leurs sons à dire. Tous peinent pourtant à clamer et, à la place, soupirent ou expirent. A-t-on même jamais entendu improvisateurs aussi discrets ? Les instruments sont caressés – de la main, de la bouche ou de l’archet – et les notes qui s’échappent se fondent en drones multiples, qui se balancent et s’évaporent. Pour conclure, les musiciens abandonnent toutes prévenances – vocabulaire télégraphique et râles endurants – mais il est trop tard : l’essentiel a été dit plus tôt, entièrement et dans les soupçons.

Diaz-Infante, Mota, Robair, Rodrigues : Our Faceless Empire (Pax Recordings)
Enregistrement : 2006. Edition : 2010.
CD : 01/ Nosso Rosto Empire 02/ Luftzucker 03/ Mi Conde, el odiosas 04/ O, Bursty Bruegel 05/ Intervalos de confianza 06/ Vida de lujo 07/ Emético Labilty 08/ Um Lilburn em Flovilla 09/ A Cartesian Blaspheme
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Rafael Toral : Space Elements, Vol. II (Staubgold, 2010)

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La pochette de ce nouveau disque de Rafael Toral ressemble à la musique qu’il y a à l’intérieur : constructiviste, enfantine, colorée. Quatrième élément du projet « The Space Program », Space Elements, Vol. II fait qu’à la question que se posait Rafael Toral (« comment faire de la musique après le free jazz ? ») on répondra « comme ça, c’est bien ».

Voici de quoi il retourne : une fois qu’il a récolté des enregistrements de musiciens de sa connaissance (Evan Parker, Sei Miguel, Manuel Mota, Ruben Costa, entre autres), Rafael Toral part se concentrer sur ses jeux de constructions. La mélodie et le rythme et l’anti-mélodie et l’arythmie font partie de ses règles et on ne sait vraiment comment, sinon avec une imagination folle, Rafael Toral en fait un autre univers. Pour peu qu’on accepte d’y entrer, on entend un premier chant primal puis on fait un voyage en forêt amazonienne – l’oreille au sol nous assure que celle-ci est peuplée de Shadocks...

Mais parmi ces éléments d’espace, il y a aussi tout ce que l’auditeur ne comprend pas et ne peut pas inventer non plus parce qu’il ne réussit pas toujours à approcher de ce qu’il entend. Des choses qui l’entourent et qu’il écoute avec un abandon délicieux, il se fera donc une bulle d’air qui le soulagera. Sans doute est-il inespéré d’attendre autant de choses d’un disque. Peut-être parce qu’on ne l’attendait pas vraiment, alors, Rafael Toral réussira à surprendre les plus blasés d'entre les blasés de sonorités uniques. 

Rafael Toral : Space Elements, Vol. II (Staubgold)
Enregistrement : 2006-2009. Edition : 2010.
CD : 01-03/ 01-03
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Ernesto Rodrigues: Dorsal (Creative Sources - 2005)

ernestorodriguesgrisli

Pour mener à bien sa tâche difficile, le violoniste Ernesto Rodrigues a décidé un jour de fonder Creative Sources, label consacré à la musique improvisée la plus contrariante. Pour l'auditeur, certes ; pour le musicien plus encore, qui a accepté d'aborder une musique qu'il faudra purger de tout artifice, débarrasser de référents mélodiques, infiltrer jusqu'à l'organe.

Car c'est là plus qu'ailleurs qu'on suppose la présence des intervenants. A force d'efforts, Ernesto Rodrigues, Manuel Mota et Gabriel Paiuk, disparaissent respectivement derrière un violon, une guitare, un piano. A l'intérieur, même, mettant tout leur coeur à gratter, frapper, tirer, chercher toujours d'autres moyens d'établir quelques preuves d'existence. Les cordes intègrent la section rythmique sans avoir le sens du rythme, quand les musiciens ne préfèrent pas tout simplement effleurer crin, nylon et bois (Tension).

Sur Lesion, l'archet ose une expression à laquelle répondra un piano servi à la cuillère. Une suite d'accords timides à la guitare, et c'en sera fait du remarquable jusqu'à Visceras, où l'on dissociera une autre fois le rythme des inspirations assumées en solo, qu'on aimerait d'ailleurs un peu moins frileuses, histoire de rendre moins monotone le défilement des secondes. Une musique vague qui ne connaît pas le ressac. Une couleur, presque, troublée par les ruptures d'Espinal, javellisée enfin par un archet assidu que soutient une guitare-berimbau à l'exotisme extrait (Inflamacion). Un disque inconseillable, faute d'amateur prêtant l'oreille et pas gêné de miser sur l'inconstant. Prêt aussi à parier, s'il veut avoir une chance d'être charmé par le combat que mène le trio contre les chimères mélodiques et les regrets d'y vouloir échapper.

CD: 01/ Tension 02/ Lesion 03/ Natural 04/ Visceras 05/ Espinal 06/ Inflamacion

Ernesto Rodrigues - Dorsal - 2005 - Creative Sources. Import.

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