Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Bill Gould, Jared Blum : The Talking Book (Koolarrow, 2011)

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The Talking Book est un CD qui ressemble à sa couverture : un terrain accidenté, un cimetière de références, un endroit étonnant où Bill Gould (Faith No More ??? Faith No More !) et Jared Blum ont planté leur tente.

Et lorsqu’ils en sortent c’est pour jouer une musique impossible à classer : un folk patraque, une ambient lo-fi, une space music tellurique ? Ici ou là, on croit reconnaître des influences (Suicide, Loren Connors, Ash Ra Templ…) sans savoir si Gould et Blum les ont un jour écoutées… Même si à la fin le duo s’essouffle un peu et donne dans un climat facile (à grand renfort de beatbox et de voix quasi ethniques), The Talking Book est une très belle surprise.

Bill Gould, Jared Blum : The Talking Book (Koolarrow)
Edition : 2011.
CD : 01/ Talking Book 02/ Sundown 03/ I Have a Secret to Tell 04/ Maxim 05/ Open Your Eyes 07/ Frequency 08/ Notes from the Field 09/ SKS 10/ The Fallen 11/ Talking Book II
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Edgar Varèse : Kontinent (Col Legno, 2011)

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Kontinent rassemble des œuvres qu’Edgar Varèse a écrites dans les années 20 et au début des années 30. Trois ensembles les interprètent : The Percussive Planet (dir. Martin Grubinger), Ensemble Modern Orchestra (dir. François-Xavier Roth) et ORF Radio-Symphonieorchester Wien (dir. Bertrand de Billy).

Sur ce CD-Kontinent, on retrouve l’essentiel des belles heures de la « production » varèsienne raconté par des exécutants d’une classe folle. Amériques d’excellente facture, les recherches sonores (la ville et ses bruits) et l’affront rythmique contrastent merveilleusement avec le Conseil des violons. Offrandes et son chant défragmenté servi par la soprano Julie Moffat. Hyperprism dramatique dans le beau sens du terme. Intégrales dont le chromatisme aveugle les musiciens et leur fait perdre la boussole.

Au début des années 30, Varèse commença à travailler à deux autres compositions rendues aussi : la messe noire d’Ecuatorial accompagnée par des ondes Martenot et Ionisation. Cette pièce pour percussionnistes exclusivement est jouée deux fois. Elle résume à elle seule les découvertes musicales que la fréquentation de tous les bruits du monde révélèrent à Varèse. C'est pourquoi ces sept plages forment bien tout un Kontinent à découvrir (si ce n’est déjà fait) mais surtout à explorer de fond en comble.

Edgar Varèse : Kontinent (Col Legno)
Edition : 2011.
CD : 01/ ionisation 02/ Offrandes 03/ Hyperprism 04/ Intégrales 05/ Ecuatorial 06/ Amériques 07/ Ionisation
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Sonic Liberation Front : Meets Sunny Murray (High Two, 2010)

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Il n’y aura pas collision entre free jazz et rythmes afro-cubains. Il y aura tout autre chose qui sera surtout affaire de mouvement. Pas de savantes combinaisons ni de superpositions millimétrées mais, au contraire, une liberté de choix pour chacune des parties engagées.

Ainsi, et en deux sessions (2002 & 2008), percussionnistes (Chuck Joseph, Okomfo Adwoa Tacheampong, Shawn Hennessy, Nichola Rivera, Joey Toledo), contrebassistes (Matt Engle ou Fahir Kendall), saxophonistes (Terry Lawson, Adam Jenkins), trompettistes (Todd Margasak ou Kimbal Brown) et batteurs (Kevin Diehl, Sunny Murray) vont rayonner sur des structures ouvertes et solidaires.

Ni mixage ni métissage donc mais de hauts trajets où s’invitent irrégularité et aléatoire, convulsions et éructations. Et puis, en fin de disque, la caisse claire de ce diable de Sunny Murray n’en finissant pas de répondre aux percussions endiablées du combo, résonne en nous le troublant souvenir d’un certain Live at the Pan-African Festival.

Sonic Liberation Front : Meets Sunny Murray (High Two / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2002 & 2008. Edition : 2010.
CD : 01/ Init 02/ Knowledge of the Sun 03/ Meaningless Kisses 04/ Cosa de grupo 05/ Ochun libre 06/ Some Other Times 07/ Nomingo 08/ Under the Wave of Kanagawa
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Per Henrik Wallin, Sven-Åke Johansson: 1974-2004 (Umlaut, 2011)

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Trente années de collaboration entre Per Henrik Wallin (piano) et Sven-Åke Johanson (batterie, accordéon, trompette, voix) sont racontées dans un coffret qu’édite l’Umlaut Records de Joel Grip

Le premier des quatre disques est l’enregistrement le plus récent : duo évoluant en 2004 en compagnie du contrebassiste Joe Williamson. De Wallin, on célébrera les flottements élégants d’un pianiste revenu de soubresauts intempestifs et la retraite en phrases répétitives évoquant ici Monk, ailleurs Komeda. De Johansson, on notera la constance échevelée et ce goût des récits ponctués d’outrages.

Dix ans plus tôt, à Berlin, Wallin et Johansson dialoguaient déjà : veine cette fois taylorienne du jeu de Wallin, arpèges aussi véloces que sont appuyés les coups que Johansson porte à sa batterie. L’expressionnisme sorti du torrent, comme ce sera le cas en 1986 à Berlin encore : indéniable complicité filtrant – le son est ici « plus lointain » – de ballades défaites ou d’instrumentaux d’un cabaret déviant.

Si les enregistrements diffèrent, les quatre disques de ce coffret important soulignent la fougue additionnée de Wallin et Johansson et confortent les souvenirs que l’on gardait du trio du premier et des interventions du second, notamment aux côtés de Schlippenbach.

Per Henrik Wallin, Sven-Åke Johansson: 1974-2004 (Umlaut / Souffle continu)
Enregistrement : 1974-2004
CD1 : 01/ En Vals 02/ Sigge Fürst – CD2 : 01/ Biograf 02/ Roxy 03/ saga 04/ Teaterbio – CD3 : 01/ The Moon Says Good Night 02/ The Moon Continued 03/ Ungmön… (die eule) – CD4 : 01/ The Eel 02/ Get Hap 03/ The Swinging Policeman 04/ Romans
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Lionel Marchetti : L'idée de tournage sonore & Haut-parleur, voix et miroir (Mômeludies, 2008-2009)

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Ce qui, dans un son (ou un complexe de sons) nourrit l'écoute
n'est pas tant sa matérialité inouïe
que son caractère, sa tenue en tant qu'image juste
- son souffle -
lui seul pouvant nous ouvrir à son monde, ses harmonies
afin de se faire comprendre
comme un être viendrait à notre rencontre
et avec qui il s'agirait de dialoguer

Composer avec des sons enregistrés
c'est donc déployer, lucidement
toute une stratégie façonnant des identités
tant au moment de l'enregistrement : le tournage sonore
que lors de la composition
afin de donner corps à ce qui, sans cesse et paradoxalement
restera sans corps apparent
mais prendra corps, dans la composition
animé de ces fils invisibles qui tiennent toute véritable image
et lui donnent vie.

Lionel Marchetti
Espaces, temps, image...
... quelques notions
Chapitre VIII
in L'idée du tournage sonore
Editions Mômeludies, 2008.

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Les éditions Mômeludies ont fait paraître deux excellents ouvrages de Lionel Marchetti : L'idée de tournage sonore, dont ce passage est extrait, et Haut-parleur, voix et miroir.

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Lionel Marchetti : Une saison (Monotype, 2011)

lionel marchetti une saison

Il me faut bien avouer, penaud, que de Lionel Marchetti je ne connaissais jusqu’alors que le duo qu’il forme avec Jérôme Noetinger (on les retrouve, au disque, tant avec Voice Crack qu’avec Sophie Agnel), et que je n’avais écouté le musicien live qu’à une occasion – circonstance en laquelle il sculptait des larsens avec deux talkies-walkies.

La publication par la maison Monotype de ce double volume qui regroupe quatre pièces composées entre 1993 et 2000 (et précédemment éditées, sur différents labels) arrive donc à point nommé pour le néophyte ; plus encore qu’une initiation – éclairée par un texte de Michel Chion intitulé Ponts suspendus – à cette fine musique concrète, elle offre les conditions d’une véritable conversion.

Voix, sourds ébranlements, lacérations ou froissements, l’auditeur est conduit (et parfois laissé à la contemplation) non pas dans un « paysage sonore » mais dans un univers hautement musical et dramatique, hanté, cinétique, feuilleté, comme marqueté, tout simplement passionnant dans ce qu’il dévoile de cet autre versant du monde où l’existence intime se déroule. Le clin d’œil à Kenneth White, dans la dédicace de La Grande Vallée, advient alors comme une évidence géopoétique. Plus loin, c’est une vraie brèche (comme une crevasse dans Le Champ de glace du roman de Thomas Wharton) que ménage le Portrait d’un glacier, ouverte dans le temps.

Lionel Marchetti : Une saison (Monotype / Metamkine)
Enregistrement : 1993-2000. Edition : 2011.
CD1 : 01/ La Grande Vallée 02/ Portrait d’un glacier (Alpes, 2173m) - CD2 : 01/ Dans la montagne (Ki Ken Taï) 02/ L’œil retourné
Guillaume Tarche © Le son du grisli

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Donato Wharton : A White Rainbow Spanning The Dark (Serein, 2011)

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Donato Wharton est Anglais mais a travaillé son jeu de guitare à Stuttgart, au fil de ses solos dans de nombreux groupes. Un vinyle 10 pouces nous dit où il en est aujourd'hui…

Le jeu de guitare de Wharton adore glisser, adore jouer lentement, adore le buzz de l’ampli et adore (enfin) ajouter une deuxième couche sonore à la première et une troisième à la deuxième, etc. On pense forcément à Giuseppe Ielasi, mais à un Ielasi fétichisé (chétifisé, voire !) : l’univers de Wharton est pop et si ses arpèges en font parfois trop, il se rattrape sur leurs interférences et les effets de réverbération. A ce point que c’est au final une ambient pop télescopique qui charme ou qui fatigue. Au bout de dix écoutes, on hésite encore…

EN ECOUTE >>> Ink Mountains

Donato Wharton : A White Rainbow Spanning The Dark (Serein)
Edition : 2011. 
Vinyl (10'') : : 01/ A Vaste White Solitude 02/ Ink Mountains 03/ A Thousand Miles of Grass 04/ In A Mute Scape 05/ Breath Held 06/ Mind Like a Snow Cloud
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Rosa Luxembourg New Quintet : Night Asylum (Not Two, 2011)

grisliluxembourg

En ne s’interdisant rien, et surtout pas le hors-jeu ou le hors-piste, Rosa Luxembourg (Heddy Boubaker, Fabien Duscombs, Françoise Guerlin, Piero Pepin, Marc Perrenoud) fait trembler quelques postes-frontières. Aucun douanier zélé ici pour empêcher ces contrebandiers des sons de diffuser et d’honorer un aléatoire grisant.

Nerveuse et biliaire, leur musique l’est assurément. Mais elle sait aussi se fondre en des ambiances cotonneuses, souterraines. Elle sait aussi être mille autres choses : mal élevée, saturée, soutenue, circulaire, tourmentée, frappée, binaire, ondoyante, insistante, enrouée, berceuse-perceuse, piaffant du Piaf… Et toujours : libre et échevelée. Bref, Rosa Luxembourg est une ruche en ébullition. Une ruche sans reine, faut-il le préciser ?

Rosa Luxembourg : Night Asylum (Not Two / Instant Jazz)
Enregistrement : 2008.  Edition : 2011.
CD : 01/ Don’t Look Down 02/ Episodes 03/ Frölich Kamerad 04/ A Matter of Tactic 05/ Order Prevails in Berlin 06/ In the Night Asylum 07/ An Amusing Misunderstanding
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Bruno Duplant, Paulo Chagas, Lee Noyes : As Birds (re:konstrukt, 2011)

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Tels des architectes, les oiseaux construisent minutieusement des édifices aux infinies variations. Il en va de même pour cette musique. Les oiseaux, chanteurs infatigables, nous rapprochent des mystères du monde. Il en va de même pour ces musiciens.

Le vent des saxophones et des clarinettes, le bois de la contrebasse, les peaux des tambours se combinent dans ce disque en 18 morceaux, tous emprunts de quiétude et de limpidité, tous épris de liberté. 18 morceaux, en trio ou en duo, comme autant de propositions d’un même chant « au naturel », d’abord dominé par la chaleur et la légèreté du souffle de Paulo Chagas. Puis, au fur et à mesure de l’écoute (des écoutes), la contrebasse de Bruno Duplant et la batterie de Lee Noyes font surgir de précieux contrepoints, d’inattendus miroitements.

La musique qui nous est offerte sur As Birds oscille entre une musique de chambre traversée par des courants d’air, qui insufflent aux notes de curieuses trajectoires, et un jazz libre et tendre qui prend son temps. Ici l’attention est portée sur les timbres et les frémissements (Fallen Tips, duo tout en nuances entre Chagas et Duplant, ou encore Mumble, où les graves de la clarinette et des cordées frottées à l’archet se mêlent au crépitement des percussions).

Si vous aviez croisé la route de Malachi (disque gravé en 2009 par Duplant, Noyes et Phil Hargreaves sur le label Insubordinations), et que vous l’aviez aimé, allez à la rencontre d'As Birds. Pour ceci, laissez le vent vous porter, tendez l’oreille… les trois musiciens ne seront jamais loin. Un seul regret, peut être : le label re:konstrukt ne propose ce disque qu’en téléchargement. Mais, à la réflexion : peut on étreindre le courant, arrêter le cours du temps ?

Bruno Duplant, Paulo Chagas, Lee Noyes : As Birds (re:konstrukt)
Enregistrement : 2010. Edition : 2011.
Téléchargement : 01/ Hiccup 02/ One Hidden Green Paper Away From The Birds 03/ Whirr 04/ Fallen Tips 05/ Hush 06/ Gali Gali I 07/ Squeak 08/ Monochromatic 09/ Mumble 10/ Romance in Open Field 11/ Plop 12/ Gali Gali II 13/ Gargle 14/ Ballad for My Father 15/ Clang 16/ If The Birds Fall Down 17/ Tinkle 18/ Shortness of Breath
Pierre Lemarchand © Le son du grisli

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Radu Malfatti, Keith Rowe : Φ (Erstwhile, 2011)

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La rencontre est récente : sous la protection du nombre d’or, Radu Malfatti et Keith Rowe ont enregistré trois disques : le premier d’interprétations, le second de compositions personnelles, le troisième d’improvisations. A chaque fois, la proportion est dans l’épure.

Radu Malfatti est ce tromboniste qui, au mépris de toutes règles, insiste sur monotype afin d’obtenir plusieurs épreuves. Si l’empreinte qu’il dépose sur papier est en conséquence de plus en plus ténue, elle en impose aussi de plus en plus aux longs blancs qu’elle entame, aux longs silences qu’elle interrompt. Ainsi en est-il sur cette composition de Jürg Frey, Exact Dimension Without Insistence : un silence d’endurance opposé à un grave ronflant – souvent trois fois répété ensuite – traînant derrière lui l’interjection d’une corde de guitare étouffée. Malfatti est celui qui insiste, Rowe celui qui mesure ; alors se dilatent les lignes et leurs distances. Ainsi en est-il encore sur Nariyamu, pièce du tromboniste dont les beaux espaces infestés de parasites (grésillements, micro contacts…) accueillent des souffles discrets au destin polyphonique. Plusieurs fois imprimée ou déclinée sur tons avoisinants, la note essentielle est le sujet, toujours, pressé / compressé jusqu’à l’obtention de ghost proofs éloquents.

Keith Rowe est ce guitariste qui, accoutumé aux surprises de l’hybride, compose avec une patience électrique un inattendu remarquable. S’il joue encore de drones miniatures et de larsens – sur le Solo with Accompaniment de son ami Cornelius Cardew –, lève mais en retrait des armées de râles à saturation, il offre aussi au sérieux du propos et à la minutie qu’il requiert un accessoire indispensable : la facétie vigilante. Même chose sur Pollock’82 – renvoi inévitable aux abstraits américains, tandis que Malfatti et ses déclinaisons évoqueraient davantage les Prints de Robert Morris. Pollock’82, donc : la ligne électronique envisagée en plus comme alternative aux souffles blancs propulsés en trombone : sous forme de projections multipliées, de battements infinitésimaux et presque incongrus, d’artifices segmentés aux précises expressions. Après coups, le silence encore.

Radu Malfatti et Keith Rowe improvisant : une introduction feignant la mise en place (table d’opération immaculée mais électricité faiblissant) puis l’addition fantastique d’un analgésique à cordes tendues et de feulements / vrombissements / ronflements, tous éléments de phonation d’envergure. Derrière l’horizon, à force de conciliations et de ruptures accordées, deux parallèles qui ne l’étaient donc pas se sont lentement rapproché jusqu'au moment de se fondre. Patiemment, deux langages distingués ont donné naissance à un rare idiome musical dont le symbole est Φ

EN ECOUTE >>> Exact Dimension Without Insistence > Solo with Accompaniment > Nariyamu > Pollock’82 > Improvisation

Radu Malfatti, Keith Rowe : Φ (Erstwhile / Metamkine)
Enregistrement : novembre 2010. Edition : 2011.
CD1 : 01/ Exact Dimension Without Insistence 02/ Solo with Accompaniment – CD2 : 01/ Nariyamu 02/ Pollock’82 – CD3 : 01/ Improvisation (6:18) 02/ Improvisation (46:54)
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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