Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

inien : Favoriten (Schraum, 2011)

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En concert, il est fort à parier qu’inien, l’association d’Axel Haller (basse électrique) et Johannes Tröndle (violoncelle), fait beaucoup d’effet. Sa musique improvisée étiquetée « réductionnisme / made in Berlin » est très valable. Mais sur disque (donc sans l’apport du visuel et de la proximité) peut-elle faire impression longtemps ?

Je crains en effet d’oublier Favoriten une fois qu’il aura été rangé à côté d’autres disques sur une étagère, rangé à sa place où je ne viendrais peut-être plus jamais le chercher. Parce que ses dix plages instrumentales chuchotent comme d’autres mais avec moins de poigne. Parce que ses dix plages peuvent aussi gronder mais sans marquer vraiment (une nuance pour Cotta la sixième, d’une beauté noise farouche).

Enfin, il y a que Favoriten m’a renvoyé aux limites de la critique musicale. Celle-ci est souvent injuste. En effet, qu’aurais-je écrit si Haller et Tröndle avait eu derrière eux de nombreuses références ? Peut-être aurais-je salué leur constance ou leur sonorité sempiternellement retravaillée ? Mais Haller et Tröndle ne tireront rien encore de leur expérience. Je dois me contenter de leur adresser seulement des encouragements. En caressant l’espoir de les entendre un jour jouer « en vrai ».

inien : Favoriten (Schraum)
Edition : 2011.
CD : 01/ Decin 02/ Krippen 03/ Kolin 04/ Znojmo 05/ Priper 06/ Cotta 07/ Biehla 08/ Stezsch 09/ Mojzir 10/ Zajeci
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Gunter Hampel European Quartet : Undiconditional Confidence (Birth, 2011)

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Quelques rares partitions sont là pour nous rappeler que Monk et Dolphy ont, sans doute, quelques petites choses à voir avec la musique de Gunter Hampel. Le reste n’est qu’improvisation et inspiration.

On suit cette musique en perpétuel mouvement sans restriction aucune, scrutant ces étranges constructions qui font se succéder bop affranchi et free revendiqué, chorus hargneux et sombres ambiances. Et, ici, l’on scrute d’autant mieux qu’une caméra, au plus près des musiciens, espionne le quartet européen de Gunter Hampel. Toujours en action Messieurs Gunter Hampel (clarinette basse boisée et vibraphone avenant), Johannes Schleiermacher (ténor teigneux et sans limites), Andreas Lang (solide et exemplaire contrebassiste), Bernd Oezsevim (batteur à l’élégance toute naturelle).

Hors des modes, jouée avec une foi inébranlable, totalement artisanale et débarrassée des lourds diktats des producteurs-distributeurs, la musique de Gunter Hampel se déploie libre, belle, unie.

Gunter Hampel European Quartet : Undiconditional Confidence (Birth Records)
Enregistrement : 2010. Edition : 2011.
DVD 1 : Unconditional Confidence Part I -  DVD 2 : Unconditional Confidence Part 2
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Oluyemi Thomas, Sirone, Michael Wimberly : Beneath Tones Floor (NoBusiness, 2010)

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On sait l’aisance avec laquelle – même s’il lui est arrivé, notamment en Positive Knowledge, de perdre l’équilibre à force de fanfaronnades – Oluyemi Thomas passe de saxophones en flûtes et de clarinettes en percussions. Aux côtés de Sirone (contrebasse) et de Michael Wimberly (batterie), c’est à la clarinette basse qu’il ouvre Beneath Tones Floor.

Là, sentir d’emblée un lot d’emportements conciliés, de redites fondamentales en écarts alloués pour le bien de l’ensemble que Sirone commande en usant d’un impétueux archet à crocs. Jusqu’aux frondaisons lyriques, tout remonte alors : au soprano, Thomas emmène maintenant (et laborieusement parfois) le trio virulent, qui devra redescendre pour envisager en toute quiétude l’élaboration d’autres pièces.

A la musette, le même y respectera la langueur d’un air exotique afin de retrouver un souffle qui retournera en clarinette basse : le temps d’un dernier solo, adroit et même inspiré. L’instrument serait-il en définitive celui qu’Oluyemi Thomas devrait toujours privilégier ?

Oluyemi Thomas, Sirone, Michael Wimberly : Beneath Tones Floor (NoBusiness / Instant Jazz)
Enregistrement : 2008. Edition : 2010.
CD : 01/ Beneath Tones Floor 02/ ... Where Sacred Lives 03/ Mystic Way 6:36 04/ Reflections Of Silence, Painting Silence, Images Of Silence 05/ Dream Worlds 06/ Newest Happiness And Joy 07/ Rotation 360 Degrees Hummingbird 08/ Heavenly Wisdom 09/ Silence On The Move 10/ Spirit Of Ifa
Guillaume Belhomme © le son du grisli

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Billy Bang (1947-2011)

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Pour bien se souvenir de Billy Bang (1947-2011), conseiller l'écoute de l'émission spéciale de Jazz à part que Pierre Lemarchand lui consacrait récemment.

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Daniel Levin : Organic Modernism (Clean Feed, 2011)

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Ce qui pouvait irriter sur le dernier CD (Bacalhau / Clean Feed)  du Daniel Levin Quartet, à savoir le rôle systématiquement rythmique octroyé à la contrebasse de Peter Bitenc, s’en trouve sensiblement modifié ici ; l’improvisation collective gagnant du terrain.

Sans toutefois déloger les compositions aux lignes (trop ?) claires du violoncelliste, les improvisations – souvent en duo – et déjà abordées auparavant (Live at Roulette / Clean Feed), apostrophent le crépuscule engourdi du précédent album. Ainsi, tel duel de cordes (Daniel Levin et Peter Bitenc in Lattice), tel reflet scintillant de vibraphone (Matt Moran in Kaleidoscope), telle transperçante trompette (Nate Wooley in Furniture As Sculpture), telle nervosité rebelle (le magnifique duo Levin-Wooley in Expert Set), embellissent et enrichissent une musique qui ne demandait, peut-être, que cela.

Daniel Levin Quartet : Organic Modernism (Clean Feed / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ Action Painting 02/ Zero Gravity 03/ My Kind of Poetry 04/ Lattice 05/ Kaleidoscope 06/ Old School 07/ Constellations 08/ Furniture As Sculpture 09/ Audacity 10/ Expert Set 11/ Wild Kingdom 12/ Active Imagination
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Tatsuya Nakatani, Michel Doneda : White Stone Black Lamp (Kobo, 2011)

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Escorté de deux autres enregistrements – avec Rombola sur le label Con-V ; en compagnie de Kocher & Schiller chez Another Timbre – publiés en ce printemps et qui témoignent de l’activité de Michel Doneda (saxophones soprano & sopranino), ce disque gravé en septembre 2007 avec Tatsuya Nakatani (percussion) est une véritable aventure.

Aventure de matières, de son, d’écoute ; aventure de haute énergie, de haute altitude, de haute attitude ; aventure distincte de celle que les musiciens ont commencé à dessiner avec Jack Wright sur les deux disques de From Between ; aventure qui ne ramène pas plus au duo du souffleur avec Lê Quan Ninh, qu’à celui du percussionniste avec Assif Tsahar

Aventure donc, d’un engagement complet dans une action d’une corporéité et d’un raffinement inouïs : scories dont il faut se défaire, crachées dans la dépense, dans les déboulés, jusqu’à l’acide, métaux et grandes peaux dont Nakatani use en leviers rauques, bien raclés, primordiaux. On s’épaule, on se fraie un passage ; agile, on se tient dans le sillage l’un de l’autre ou l’on s’écarte, attentif, disponible, actif, élargissant ces espaces mentaux, physiques, vibrants, où l’auditeur a sa place.

Tastuya Nakatani, Michel Doneda : White Stone Black Lamp (Kobo)
Enregistrement : 2007. Edition : 2011.
CD : 01/ You Come with All the Insects 02/ Circle Lamp 03/ Butterfly Hesitant 04/ Fagot 05/ Moon Is A Nail 06/ The Bee Is Short
Guillaume Tarche © le son du grisli

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Toc Sine : Drawings (Cathnor, 2011)

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Suite de pièces électroniques imbriquées, Drawings dresse un constat des échanges de Pascal Battus et Jean-Luc Guionnet : épreuves d’écriture et de réécritures, d’expressions contenues et de surimpressions amènes.

Compter sur les effets de poses réfléchies, de signaux en mouvement lent, dont les conséquences seront ces huit dessins que le duo compose en miniaturistes. Au creux des noirs, on trouve des craquements et des parasites de toutes envergures, des souffles de synthèse et des bruits de masse, des sons découpés remontant et s’arrangeant à la surface du disque.

Au microscope, on repère quelques micro-organismes aux plaintes amplifiées : sourdes, excentriques ou véhémentes, elles attestent de vies discrètes et pourtant fantastiques que Battus et Guionnet n’ont rien fait d’autre qu’inventer de toutes pièces. Seul l’un après l’autre ; ensemble enfin.

Toc Sine : Drawings (Cathnor / Metamkine)
Enregistrement : 2008. Edition : 2011.
CD : 01/ Plan for Casting the Sforza Monument 02/ L’amour du fusil neuf 03/ Nature morte à la raie 04/ Metronomic Ireegularity II 05/ Clara Clara 06/ group II 07/ Delocazione 08/ Die
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Toc Sine est programmé ce mercredi soir aux Instants Chavirés. Annoncés aussi : Will Guthrie et Eli Keszler.

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Novi_sad : Inhumane Humans (Sub Rosa, 2011)

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Novi_sad est l’autre nom de Thanasis Kaproulias, musicien électronique qui aime autant le son que l’image semble-t-il. C’est pourquoi Inhumane Humans s’écoute comme un film. Un film en noir & blanc, il va sans dire.

Le disque n’est pas très long et les morceaux qu’on y trouve s’intitulent Srebrenica et Aicraft Noises. Le premier contient le témoignage d’une femme violée pendant la guerre de Bosnie. Sans voyeurisme (il faut le préciser), Kaproulias dispose ses phrases entre des enregistrements environnementaux ou des sons illustratifs bruyants. Le disque est un théâtre et la tension dramatique qui s'y joue ne peut laisser indifférent – on ne parle plus de musique, entendons-nous bien, mais d’une expérience sonore perturbante.

Aircraft Noises n'en est que plus "léger" : des décollages et des atterrissages dessinent sur le tarmac et dans le ciel des gribouillis. Kaproulias leur confère un rythme et les charge de dialogues dont on ignore la provenance. Autant de signaux sonores auxquels l’auditeur doit réagir. Après quoi il pourra se féliciter d’avoir goûté à cet exercice de radicalité, à cette rencontre avec ces Inhumane Humans

Novi_sad : Inhumane Humans (Sub Rosa / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2008. Edition : 2011.
CD : 01/ Srebrenica 02/ Aircraft Noises 
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Audrey Chen : The Gratitude of Sediment (Collection PiedNu, 2011)

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Les airs de folklore exténué que l’on trouve dans The Gratitude of Sediment sont l’œuvre d’Audrey Chen, qui joue du violoncelle, de machines et chante même parfois. Là où Chen va chercher l’essentiel de ses notes, seul le vent avait l’habitude d’aller. Une corde claque lâchement sur le manche, un archet ose à peine insister, une voix murmure pour peu qu’une voix ose encore se faire entendre.

Dans ce cas, souvent, le chat est dans la gorge et la gorge est celle d’une femme qui impose son art provocant de la contemplation, si ce n’est une pratique de méditation dérangée par un chapelet d’antiennes irréductibles – au point que certaines font traîner l’exposé en longueur –, de minuscules torpilles électroniques, de lassos commandant quelques revirements soudains et de patients archets perdus. A la fin, quelques mots s’échappent sur une note répétée de violoncelle. Le langage en bout de course. Qui confère à tout ce qui était avant lui un goût de recherches sonores d’autant plus marquantes.

Audrey Chen : The Gratitude of Sediment (Collection PiedNu / Metamkine)
Enregistrement : 7 et 8 décembre 2009. Edition : 2011.
CD : 01/ Salt and Ash 02/ Amphibian 03/ Enter My Spine 04/ Coil 05/ To Seed 06/ Knows That When You Eat of It Your Eyes 07/ Subract 08/ Ripening
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Alexey Lapin : Parallels. Solo Piano (Leo, 2011)

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Qui est donc cet Alexey Lapin, invitant deux nouveaux musiciens à venir rejoindre son trio quelques minutes à peine avant son concert ? Quel est donc cet Alexey Lapin, renonçant à ses propres compositions au profit d’un concert totalement improvisé juste avant d’entrer sur scène ? Qui est cet Alexey Lapin, flirtant avec les consonances sirupeuses d’un faux Koln Concert (Calmness of the Sun) et s’en allant, quelques minutes après, racler jusqu’à la moelle des cordes exsangues (Cell) ?

Cet Alexey Lapin intrigue et intéresse. Parce qu’il ne joue pas à l’apprenti sorcier ni au surdoué du clavier, parce qu’il interroge ce dernier plutôt que de la draguer, Alexey Lapin entretient le mystère. Etonne. Encore et toujours. Parce qu’il sait s’attacher au cruel, ne jamais se complaire dans un miroitement béat ; parce qu’il rate (volontairement ?) quelques trains aux destinations certaines et en emprunte d’autres, aux directions plus aléatoires, Alexey Lapin gagne le pari du premier – et délicat – disque solo.

Alexey Lapin : Parallels (Leo Records / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ Preface 02/ Consistency in Progress 03/ Looking for a Grain of Truth 04/ Parallels 05/ Paths 06/ Calmness of the Sun 07/ Toys Are Talking 08/ The Faster, the Better 09/ Cell 10/ Backstage 11/ A Kind of Thoughts 12/ Keep to Your Side 13/ Open Sequence or Everything Is Coming to a Close 14/ Peace
Luc Bouquet © Le son du grisli

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