Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


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Archives des interviews du son du grisli

Celano / Baggian Group : Alienology (Trytone, 2011)

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Avec pour matrice l’Alaonaxis, le Celano / Baggiani Group rééduque à gros traits les lignes mélodiques et rythmiques du combo de Jim Black. Musiciens argentins installés à Amsterdam, Guillermo Celano et Marcos Baggiani ignorent-ils que le copier-coller, aussi réussi soit-il, n’enfante le plus souvent que l’impasse ?

Pour avoir défendu et encensé à ses débuts le groupe du batteur américain, je m’attriste chaque jour de constater la quantité de groupe se réclamant – et souvent singeant – leur modèle. Impossible, même après plusieurs écoutes, de ne pas faire référence à l’original (à rattacher pour les plus anciens du syndrome Coltrane-Liebman) et même si le plaisir fut grand de découvrir l’époustouflant saxophone de Gorka Benitez (Michael Moore signe lui aussi quelques chorus emportés), l’adhésion au combo n’est pas totale. Partielle, donc.

Celano Baggiani Group : Alienology (Trytone)
Enregistrement : 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ Potato Boy 02/ El cortito 03/ Bank Robbery 04/ Binocular Eyeglasses, New Prescription 05/ Alien Song 06/ Shibboleths 07/ Duck 08/ The Island 09/ Abuela
Luc Bouquet © Le son du grisli



Paul Bley : Improvisie (America, 1971)

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Ce texte est extrait du premier volume de Free Fight, This Is Our (New) Thing. Retrouvez les quatre premiers tomes de Free Fight dans le livre Free Fight. This Is Our (New) Thing publié par Camion Blanc.

Très tôt dans sa vie et au milieu de la bohème new-yorkaise, poussée par ses compagnons Gary Peacock puis Paul Bley comme par l’immense Albert Ayler, Annette Peacock a cherché sa vérité, en quête des nouvelles formes de liberté qu’autorisait alors le free jazz, en pleines sixties. « Albert Ayler était mon héros, se plait-elle à souligner : j'ai appris grâce à lui que l'on peut trouver sa propre voie, il m'a convaincue que j'en étais capable. »  C'est donc en autodidacte, et pour Paul Bley, qu'elle a d'abord donné naissance à un impressionnant corpus de compositions, préfigurant certaines des atmosphères popularisées plus tard par le label ECM, entourée de musiciens ignorants des virtuosités vaines, tels le bassiste Steve Swallow et les batteurs Barry Altschul ou Paul Motian. A leurs côtés, la pondération, la nuance et la retenue d'Annette Peacock ont fait merveille, fortifiant tout un art de la suggestion, de l’ellipse et de l’implicite, à l'origine d'ambiances en demi-teintes et toutes en langueurs.

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Cet univers à l'aura fantomatique, déjà très sensuel, plein de tensions et troué de silences, Annette Peacock l'a peaufiné quelques mois durant à la prestigieuse Juilliard School of Music afin de perfectionner sa maîtrise des modes et des accords. Après ces expériences acoustiques pourtant achevées, curieusement, l’électricité et l’électronique seront sollicités, au sein du Synthesizer Show dans un premier temps, autour de 1969, en compagnie de Paul Bley, enrichissant encore la palette de sons : c'est ainsi que grâce à un prototype du légendaire synthétiseur Moog offert par son inventeur, Annette Peacock invente alors un système permettant de trafiquer sa voix, la transformant en un instrument nouveau, différent et mutant. 

« J'ai tout de suite adoré le synthétiseur, découvert sur un disque de Walter Carlos. C'était un nouvel instrument, je n'arrêtais pas d'en parler à Paul Bley qui n'était guère enthousiaste. L'idée était de créer de la musique avec, plutôt que de l'utiliser comme un instrument tout juste bon à reproduire des mélodies existantes : nous voulions lui donner la dignité et le respect qui lui étaient dus. Nous avons passé beaucoup de temps dessus à faire des réglages afin de retrouver les sons que nous cherchions, j'ai aussi inventé un moyen d'y faire passer ma voix. Notre premier concert avec synthétiseur eut lieu au Village Vanguard. »

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A ces libertés directement connectées au free, succéderont rapidement des envies plus « pop » qu'Annette Peacock couchera sur des disques pervertissant les lois du genre. Premier véritable album sous son nom, quel qu'en soit d'ailleurs et comme le souligne Annette Peacock le crédit quelque peu abusif apporté à Paul Bley alors qu'elle s'avère, seule, responsable des compositions, des arrangements et de la production, Revenge: The Bigger The Love The Greater The Hate annonce clairement le suivant et mythique I'm The One, enfin orné de la seule signature de sa génitrice.

Pour l'heure, Improvisie et son frère jumeau sur Milestone (The Paul Bley Synthesizer Show), le premier surtout, en trio avec le percussionniste Han Bennink, offre le meilleur de ce free jazz à base d'électronique. Assez peu sauront se montrer aussi créatifs en pareille environnement synthétique : entre autres Anthony Braxton avec Richard Teitelbaum, Joe McPhee avec John Snyder, Bruce Ditmas avec Joan LaBarbara ou encore George Lewis en hommage improbable à Charlie Parker.

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Jennifer Allum, Eddie Prévost : Penumbrae (Matchless, 2011)

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Aux côtés d’Eddie Prévost on trouve sur Penumbrae Jennifer Allum. Ce sont-là des travaux d’archets différents – cinq en tout : trois pour le percussionniste, deux pour la violoniste – et deux recherches instrumentales opposables d’autant qu’elles semblent trouver autant d’intérêt à l’intersection qu’à l’éloignement féroce – « Une ligne rencontre une ligne. Une ligne évite une ligne. Aventures de lignes », écrivit Michaux à propos de l’œuvre de Klee.

Ici, l’intersection et l’éloignement permettent l’élévation d’un relief original et puis son érosion. Ces Investigative Studies composent avec soin – galanterie, presque –, au fur et à mesure d’aigus en suspension et de frappes en résonances, des volumes imaginaires et opérant. Rapide, l’archet de violon peut aussi feindre d’actionner un moteur en réduction ou se faire plus insistant pour répondre aux assauts de cymbales sifflantes. Même à ces occasions, l’harmonie n’abandonne l’association d’Allum et de Prévost – « Une ligne rêve. On n'avait jusque-là jamais laissé rêver une ligne. Une ligne attend. »

Enfin, il y a Dolwilym Penumbra. Un battement entretient un drone né du mouvement des cymbales sur lequel l’archet de violon tourne en distribuant de minces paquets de notes. La pièce que l’on développe est une composition-satellites sur laquelle, avec de plus en plus d’aplomb, les cymbales réclament des droits. On leur donnera raison – « Une ligne renonce. Une ligne repose. Halte. »

Jennifer Allum, Eddie Prévost : Penumbrae (Matchless / Metamkine)
Enregistrement : 13 juillet et 12 octobre 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ Investigative Study I 02/ Investigative Study II 03/ Investigative Study III 04/ Dolwilym Penumbra
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Albert King : Live Wire / Blues Power (Stax, 1968)

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One of my favorite records of all time (there are many), is Albert King's Live Wire / Blues Power. This record can still give me chills.

I used to play along with some of this record, trying to match Albert, at 6:00 AM before work as a type of therapy. If I didn't get to jam with Albert I lacked purpose for the day. To get his sound I used my thumb instead of a guitar pick, like he did. This started me not using a pick which is a big part of my sound.
 
Before a friend loaned me this record. Which I recorded onto cassette and is still my source for this recording (leading me to buy probably ten more Albert King recordings). I did not have any. But I had heard of him. So when I heard he was playing a small club in Chicago I told my friend and we went. This led him to lend me the record. The show did not floor us. But after the show, when I saw Albert was going to walk past us on the side walk, I faced him and out of respect I said "good show Albert" and he replied, "hey alright man", before he walked past.
 
At that time, little did I realize how much I would treasure, and be able to impress people with that short exchange.

Albert King : Live Wire / Blues Power (Stax)
Enregistrement : 1968.
CD : 01/ Watermelon Man 02/ Blues Power 03/ Night Stomp 04/ Blues at Sunrise 05/ Please Love Me 06/ Look Out
George John Larson © Le son du grisli

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George John Larson est guitariste. Il a récemment publié Testosterone et And Also.


George John Larson : Testosterone / And Also (Larson, 2010)

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Tout comme les êtres, il est des disques que l’on n’attend pas. Ceux de George John Larson, par exemple : Testosterone (non, ne cédez pas encore au découragement) et And Also. George John Larson est guitariste et chanteur et autoproduit ses disques. Il a d’ailleurs raison de le faire, car sinon : qui oserait ?

Qui oserait par exemple sortir ce Testosterone aux chansons plus courtes les unes que les autres ? Des ritournelles foutraques, des paroles folles, des cris, un bootleneck jamais fatigué de glisser. En un mot : un folk d’homme fou dont les cousins auraient pour noms Daniel Johnston, Robert Wyatt ou Phil Minton.

And Also quant à lui ne contient que des instrumentaux. La guitare est électrique, branchée en direct, et débite autant de moments ineptes que de pépites saugrenues. L’art de la six cordes est débridé au possible et le rendu de l’ensemble laissé au je-m’en-foutisme d’un artiste du brut à la folie contagieuse, et qu’on n’attendait pas !

EN ECOUTE >>> 6 titres sur le site de George John Larson

George John Larson : Testosterone (George John Larson / CD Baby)
Edition : 2010.
CD : 01/ First Song 02/ Lustful Thinking 03/ Would You 04/ Aggressively Submissive 05/ Miscreate 06/ Vague Contact 07/ Sweet Death 08/ The Essence 09/ Restraint 10/ Exuberance 11/ Love or Convenience 12/ Soul Control 13/ Only Good For 14/ One-Night Stand 15/ Glint 16/ Testosterone 17/ Pousse 18/ Likwita
George John Larson : And Also (George John Larson CD Baby)
Edition : 2010.
CD :  01/ Finally 02/ Marken Crying 03/ Willen 04/ Skinny Petite 05/ Donut 06/ Riverbend Apprehension 07/ Empty Hoop 08/ Roof Truck
Pierre Cécile © Le son du grisli



Forma : Forma (Spectrum Spools, 2011)

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Mark Dwinell, Sophie Lam et George Bennett sont new-yorkais et jouent tous les trois du synthétiseur. Roland, Yamaha, Farfisa et autres Moog, les marques entrent en collision pour former la musique informe, justement, de Forma.

Informe dans l’ensemble, je veux dire, car les morceaux du trio (tous baptisés FORMA mais immatriculés) font référence à des « styles » bien précis : pop psychédélique, krautrock, minimalisme version Philip Glass, ambient version Brian Eno / John Hassel, etc. Intéressés par les sonorités (et même s’ils osent parfois en revenir à des sons illustratifs que l'on croit avoir entendus chez Kubrick ou dans des dessins-animés des années 80), les trois claviers parviennent à nous surprendre et même parfois à nous faire tourner la tête. Reste à espérer que Forma trouve maintenant sa voix personnelle après cet exposé de références.

EN ECOUTE >>> 233 & 235 sur le site de Forma

Forma : Forma (Spectrum Spools / Souffle Continu)
Enregistrement : 2010. Edition : 2011.
LP : A01/ FORMA 237A A02/ FORMA 211 A03/ FORMA 235 A04/ FORMA 246/247 A05/ FORMA 233B A06/ FORMA 199 B01/ FORMA 197 B02/ FORMA 230 B03/ FORMA 89 B04/ FORMA 237B
Pierre Cécile © Le son du grisli


Cornelius Cardew : The Great Learning (Bolt, 2010)

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Inspiré par la lecture de La Grande Etude de Confucius, Cornelius Cardew écrivit une partition que Nima Gousheh et James Bull conduisirent il y a peu de temps encore à Wigry, en Pologne. Ils dirigèrent un orchestre constitué pour une bonne part d’amateurs. Comme The Great Learning est une œuvre très ambitieuse, elle tient en 4 CD et un livret qui reproduit des morceaux de la partition.

Il fallut à Gousheh et Bull diriger des chanteurs prêts à être noyés dans la masse. Plus encore peut-être, des chanteurs capables de se poser une grande question : quelle est donc ma place d’individu dans un chœur d’intervenants disparates dont le seul dénominateur commun est une « simple » partition ? Afin de les aider, Cardew découpa sa composition en sept paragraphes (ce qui fait ici deux paragraphes par CD, excepté pour le troisième, entièrement consacré au paragraphe 5).

Ces paragraphes sont des éléments porteurs de la composition, tout comme le bourdon des orgues.  Dans ce Grand Tout s’immiscent des lectures du texte (en Anglais) et des chants libres – on trouve-là tout le charme des utopies sixties : la collectivité promettant les libertés individuelles, l’expression d’un seul homme adoptée tout à coup par plusieurs…

C’est pourquoi cette œuvre de Cardew n’arrête pas de changer de forme. Elle peut se rapprocher du folk ou faire penser à une Symphonie d’un Penderecki qui aurait adhéré à Fluxus (car si le drame s’empare du théâtre sonore de cette interprétation, il finit toujours par exploser tel un ballon de baudruche). Sorties de leur récitation, les voix s’interpellent, pétaradent et s’affrontent. Les hommes jettent des objets à terre, les femmes les supplient et les convainquent du bienfait du repos.  C’est ainsi que se termine The Great Learning : la polyphonie célébre la quiétude retrouvée.

EN ECOUTE >>> Paragraph 2 >>> Paragraph 4 >>> Paragraph 5

Cornelius Cardew : The Great Learning (Bolt / Metamkine)
Enregistrement : 18-24 juillet 2010. Edition : 2011.
CD1 : 01/ Paragraph 1 02/ Paragraph 2 – CD2 : 01/ Paragraph 3 02/ Paragraph 4 – CD3 : 01/ Paragraph 5  - CD4 : 01/ Paragraph 6 02/ Paragraph 7
Héctor Cabrero © Le son du grisli


RED Trio, John Butcher : Empire (NoBusiness, 2011)

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Il faut bien avouer que ce RED Trio augmenté de John Butcher n’est plus tout à fait le RED Trio. La rencontre, qui date d’avril 2010, a transformé la chose : c’était le moins que l’on pouvait attendre de la présence de Butcher sur cet Empire que publie ces jours-ci NoBusiness.

La « chose » en question peinait – appréciation personnelle et, notons-le, différente de celle de Luc (ce qui peut arriver, foi d’Attraction terrestre !) – à convaincre vraiment l’année dernière sur Clean Feed. En Butcher, Rodrigo Pinheiro (piano), Hernani Faustino (contrebasse) et Gabriel Ferrandini (batterie), ont trouvé un partenaire-mentor. Au ténor puis au soprano, celui-ci fomente des salves tremblantes qui manquent aux trois hommes quand elles ont déserté le champ musical – et ce, malgré l’habileté de Faustino.

Mais à quatre, les musiciens vont de balancement charriant des plaintes répétitives en atmosphères épaisses qui ne cessent de se développer en attirant à elles les volte-face du soprano ou les répétitions affolées (et bien plus convaincantes sur le morceau-titre) de Pinheiro. Comprendre alors que John Butcher évolue tel un oiseau en cage : mais un oiseau de feu qui cogne et emporte toutes structures enfin. Le RED Trio s’en remettra-t-il ?

EN ECOUTE >>> Sustained

RED Trio, John Butcher : Empire (NoBusiness)
Enregistrement : 6 avril 2010. Edition : 2011.
CD / LP : 01/ Sustained 02/ Pachyderm 03/ Empire
Guillaume Belhomme © le son du grisli


Emilie Lesbros : Attraction terrestre (IOT, 2011)

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C’est le premier disque solo d’Emilie Lesbros.
Il y a un parcours riche de rencontres (Barre Phillips, Daunik Lazro, Raymond Boni, Hélène Breschand) et de thématiques approchées (le chant classique, le rock, l’improvisation). Il y a une voix claire et sobre, des blues cachés, des heures rouges et bleues. Il y a les voix des aînées (Catherine Jauniaux, Iva Bittova, Meredith Monk) ; celles qu’il serait assassin de ne pas citer. Il y a des éclairs et des habiletés, des sombres inquiétudes et des éclaircies saisissantes.  Il y a des fausses fragilités et le risque du premier CD carte de visite. Il y a des sphères gangrénées d’un fiel enfoui et jamais totalement impulsé. Il y a des vents et des ocres. Il y a des violons et des pianos entrant en résonnance avec le chant sans ombre d’Emilie Lesbros. Il y a, à l’arrivée, un disque qui enchante.
C’est le premier disque d’Emilie Lesbros et ce disque lui ressemble totalement. Entièrement.

Emilie Lesbros : Attraction terrestre (DFragment / Amazon)
Edition : 2011.
CD : 01/ Dla ciebie 02/ Brushing Your Hair 03/ Clapotains 04/ In’citation’ 05/ Berce Mozart 06/ Emptiness 07/ Attraction terrestre 08/ Stop Singing 09/ Dormez-vous ? 10/ Time Flies 11/ 1979 12/ Des avions sur nos têtes
Luc Bouquet © Le son du grisli


Sei Miguel, Pedro Gomes : Turbina Anthem (NoBusiness, 2011)

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Turbina Anthem, c'est une trompette de poche et des guitares. Ce sont surtout Sei Miguel et Pedro Gomes qui réduisent la musique au silence et, ensuite, augmentent le silence en musique.

Le trompettiste et le guitariste semblent souvent ne pas aller dans la même direction. Le premier pose une note et le second prend la tangente. Que la guitare soit électrique et sous effets ou qu’elle soit folk, Miguel réagit de la même façon. Il attrape une sourdine et débite un post-cool qui calme les algarades.

Turbina Anthem n’en est pas moins pour autant un disque audacieux. Et véloce en plus de ça… Un disque de musique zen qui de temps en temps troque sa sérénité pour une rage de vivre bien plus urgente. Voilà donc un bel hymne.

EN ECOUTE >>> The Pale Star I >>> The Pale Star II

Sei Miguel, Pedro Gomes : Turbina Anthem (NoBusiness)
CD / LP : 01/ The Pale Star I, Manha da noite 02/ Spoon 03/ Two Faces : O Deus-Martelo 04/ Ascent 05/ The Pale Star II, Cânone 06/ African Raincoat 07/ primeira Cançao 08/ Blue Blade Raga Rag 09/ The Pale Star III, Imaginary Grass 10/ Bright Star Anyway 11/ The Pale Star IV, Das Cinzas 12/ Jura 13/ Segunda Cançao 14/ The Pale Star V, Firmamento
Héctor Cabrero © Le son du grisli



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