Le son du grisli

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Toc Sine : Drawings (Cathnor, 2011)

TocGrisli

Suite de pièces électroniques imbriquées, Drawings dresse un constat des échanges de Pascal Battus et Jean-Luc Guionnet : épreuves d’écriture et de réécritures, d’expressions contenues et de surimpressions amènes.

Compter sur les effets de poses réfléchies, de signaux en mouvement lent, dont les conséquences seront ces huit dessins que le duo compose en miniaturistes. Au creux des noirs, on trouve des craquements et des parasites de toutes envergures, des souffles de synthèse et des bruits de masse, des sons découpés remontant et s’arrangeant à la surface du disque.

Au microscope, on repère quelques micro-organismes aux plaintes amplifiées : sourdes, excentriques ou véhémentes, elles attestent de vies discrètes et pourtant fantastiques que Battus et Guionnet n’ont rien fait d’autre qu’inventer de toutes pièces. Seul l’un après l’autre ; ensemble enfin.

Toc Sine : Drawings (Cathnor / Metamkine)
Enregistrement : 2008. Edition : 2011.
CD : 01/ Plan for Casting the Sforza Monument 02/ L’amour du fusil neuf 03/ Nature morte à la raie 04/ Metronomic Ireegularity II 05/ Clara Clara 06/ group II 07/ Delocazione 08/ Die
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

tocsine

Toc Sine est programmé ce mercredi soir aux Instants Chavirés. Annoncés aussi : Will Guthrie et Eli Keszler.

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Novi_sad : Inhumane Humans (Sub Rosa, 2011)

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Novi_sad est l’autre nom de Thanasis Kaproulias, musicien électronique qui aime autant le son que l’image semble-t-il. C’est pourquoi Inhumane Humans s’écoute comme un film. Un film en noir & blanc, il va sans dire.

Le disque n’est pas très long et les morceaux qu’on y trouve s’intitulent Srebrenica et Aicraft Noises. Le premier contient le témoignage d’une femme violée pendant la guerre de Bosnie. Sans voyeurisme (il faut le préciser), Kaproulias dispose ses phrases entre des enregistrements environnementaux ou des sons illustratifs bruyants. Le disque est un théâtre et la tension dramatique qui s'y joue ne peut laisser indifférent – on ne parle plus de musique, entendons-nous bien, mais d’une expérience sonore perturbante.

Aircraft Noises n'en est que plus "léger" : des décollages et des atterrissages dessinent sur le tarmac et dans le ciel des gribouillis. Kaproulias leur confère un rythme et les charge de dialogues dont on ignore la provenance. Autant de signaux sonores auxquels l’auditeur doit réagir. Après quoi il pourra se féliciter d’avoir goûté à cet exercice de radicalité, à cette rencontre avec ces Inhumane Humans

Novi_sad : Inhumane Humans (Sub Rosa / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2008. Edition : 2011.
CD : 01/ Srebrenica 02/ Aircraft Noises 
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Audrey Chen : The Gratitude of Sediment (Collection PiedNu, 2011)

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Les airs de folklore exténué que l’on trouve dans The Gratitude of Sediment sont l’œuvre d’Audrey Chen, qui joue du violoncelle, de machines et chante même parfois. Là où Chen va chercher l’essentiel de ses notes, seul le vent avait l’habitude d’aller. Une corde claque lâchement sur le manche, un archet ose à peine insister, une voix murmure pour peu qu’une voix ose encore se faire entendre.

Dans ce cas, souvent, le chat est dans la gorge et la gorge est celle d’une femme qui impose son art provocant de la contemplation, si ce n’est une pratique de méditation dérangée par un chapelet d’antiennes irréductibles – au point que certaines font traîner l’exposé en longueur –, de minuscules torpilles électroniques, de lassos commandant quelques revirements soudains et de patients archets perdus. A la fin, quelques mots s’échappent sur une note répétée de violoncelle. Le langage en bout de course. Qui confère à tout ce qui était avant lui un goût de recherches sonores d’autant plus marquantes.

Audrey Chen : The Gratitude of Sediment (Collection PiedNu / Metamkine)
Enregistrement : 7 et 8 décembre 2009. Edition : 2011.
CD : 01/ Salt and Ash 02/ Amphibian 03/ Enter My Spine 04/ Coil 05/ To Seed 06/ Knows That When You Eat of It Your Eyes 07/ Subract 08/ Ripening
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Alexey Lapin : Parallels. Solo Piano (Leo, 2011)

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Qui est donc cet Alexey Lapin, invitant deux nouveaux musiciens à venir rejoindre son trio quelques minutes à peine avant son concert ? Quel est donc cet Alexey Lapin, renonçant à ses propres compositions au profit d’un concert totalement improvisé juste avant d’entrer sur scène ? Qui est cet Alexey Lapin, flirtant avec les consonances sirupeuses d’un faux Koln Concert (Calmness of the Sun) et s’en allant, quelques minutes après, racler jusqu’à la moelle des cordes exsangues (Cell) ?

Cet Alexey Lapin intrigue et intéresse. Parce qu’il ne joue pas à l’apprenti sorcier ni au surdoué du clavier, parce qu’il interroge ce dernier plutôt que de la draguer, Alexey Lapin entretient le mystère. Etonne. Encore et toujours. Parce qu’il sait s’attacher au cruel, ne jamais se complaire dans un miroitement béat ; parce qu’il rate (volontairement ?) quelques trains aux destinations certaines et en emprunte d’autres, aux directions plus aléatoires, Alexey Lapin gagne le pari du premier – et délicat – disque solo.

Alexey Lapin : Parallels (Leo Records / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ Preface 02/ Consistency in Progress 03/ Looking for a Grain of Truth 04/ Parallels 05/ Paths 06/ Calmness of the Sun 07/ Toys Are Talking 08/ The Faster, the Better 09/ Cell 10/ Backstage 11/ A Kind of Thoughts 12/ Keep to Your Side 13/ Open Sequence or Everything Is Coming to a Close 14/ Peace
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Roy, Courtois, Tchamitchian : Amarco (Emouvance, 2011)

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Les disques Emouvance sont rares (un ou deux maximum paraissent chaque année) et sont reçus comme autant de bulletins de (bonne) santé de la musique créative d’aujourd’hui. Toujours, ils s’incarnent en de beaux objets au graphisme rêveur et aux textes poétiques éclairants. Souvent, ils s’articulent autour de la personnalité et la musique du contrebassiste Claude Tchamitchian, comme c’est le cas pour ce disque, dernier né du label, Amarco.

Amarco, cela pourrait être la fusion des termes latins amare et arco ; l’amour du jeu à l’archet, alors, peut-être. Amarcord n’est pas loin, du titre du film de Fellini qui empruntait au dialecte romagnol pour nous dire « je me souviens ». Des cordes frottées, donc, au service d’une musique non exempte d’une certaine nostalgie ? Oui, assurément, mais pas seulement.

Amarco, ce sont trois hommes et leurs instruments à cordes graves : Guillaume Roy à l’alto, Vincent Courtois au violoncelle et Claude Tchamitchian à la contrebasse. Depuis 2006, ces musiciens jouent ensemble et c’est la première fois que leur musique est enregistrée. Elle gardera cependant sa caractéristique première : fille de l’instant, elle sera totalement improvisée. Claude Tchamitchian de nous le confirmer : « Le choix du total acoustique et du total improvisé est vraiment voulu. La dimension magique de la formation en trio, la somme de nos expériences, l’envie d’inventer in situ des textures, des chants et/ou des architectures font de nous les éléments d’un orchestre constamment aléatoire, avec jubilation et sans tabous. »

L’écoute des trois premiers morceaux nous offre d’emblée deux certitudes : les climats créés par le trio seront sans cesse changeants et c’est un grand disque que nous avons entre les mains. Les palais oubliés, tout d’abord, avec majesté et lenteur, gagne en intensité au fur et à mesure que les cordes seront pincées ou frottées avec plus d’assurance, de profondeur. Puis Amarco, où la mélodie s’affirme à travers les larges coups d’archet comme un lourd soleil percerait l’horizon. Champ contre champ, enfin, où alto et violoncelle tissent une toile ténue entre les attaques véloces des cordes pincées de la contrebasse. Ce n’est qu’un début, les huit morceaux à suivre sont autant de moments de grâce, captés par l’ingénieur du son Gérard de Haro, quatrième homme dans l’ombre et artisan fondamental du son du trio.

Et n’oublions pas : à l’intérieur du disque nous est offerte à nouveau (comme pour la précédente référence du label, Another Childhood de Claude Tchamitchian) la poésie symboliste d’Alain Bouvier. La musique du trio y est évoquée en un remarquable texte Dans la gueule du loup ou le dernier homme, dont voici finalement quelques phrases : « (…) Elle allume des incendies, elle bâtit des refuges. Elle rêve tout haut de ses utopies d’une poésie aussi lumineuse et sidérante qu’une longue longue étendue de neige sans nulle trace de pas. Elle est une robe de mendiante en chiffons de couleur. Elle est un courant d’air pur qui nous offre asile. Elle est plaisir. Elle se jette dans la gueule du loup parce qu’elle va toujours là où ça se passe. (…) » Allez l’y rejoindre, nul doute qu’elle s’y jette encore.

Guillaume Roy, Vincent Courtois, Claude Tchamitchian : Amarco (Emouvance / Amazon)
Edition : 2011.
CD : 01/ Les palais oubliés 02/ Amarco 03/ Champs contre champ 04/ Play Ground 05/ Petite conversation entre amis 06/ Question d’avenir 07/ Tactilographie 08/ Wild Town 09/ Time to Change 10/ Lune objective 11/ Le souffle de l’ivresse
Pierre Lemarchand © Le son du grisli

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Stefano Pastor : Freedom (Slam, 2010)

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S’étonner ici de ce violon (un alto ?) qui est presque saxophone. Rauque et trainant la note, c’est Stefano Pastor. Deux saxophonistes entourent le violoniste. Ce sont George Haslam et Claudio Lugo.

Les lignes se croisent, les solos sont rares mais le contrechant est roi. Chacun, ici, de se fondre en un acte collectif, rarement nié. Et ainsi de naviguer ensemble, improvisant sans structure établie ou se servant des compositions–béquilles du leader pour solidifier, plus encore, un jazz que tous veulent et réalisent collectif.

Et ne pas oublier, celui qui, mine de rien, donne direction. Giorgio Dini possède un archet épais mais c’est quand il joue pizzicato que la forme s’impose. Et ainsi de libérer un free jazz qui, finalement, ne demandait que cela.

Stefano Pastor : Freedom (Slam Productions)
Enregistrement : 2008. Edition : 2010.
CD : 01/ Freedom 02/ Rebellion 03/ Emancipation 04/ Elevation 05/ Dance 06/ Opposition 07/ Meditation 08/ Freedom
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Hanna Hartman : H^2 (Komplott, 2011)

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Le surréalisme Komplott encore et c’est Hanna Hartman qui le prouve ces jours-ci. Sur le CD H^2, elle expose des collages plutôt bizarres et tellement beaux. On les parcourt et on se trouve au milieu d’oiseaux qui s’envolent, de règles en plastique qui rebondissent, de geysers qui soufflent le chaud et le froid, de crash-cars qui dérapent, d’enfants qui jouent, d’ouvriers qui creusent, d’une diva qui cantique et d’abeilles qui… bêlent.

Si l’on veut tendre un peu l’oreille, on reconnaît bien une clarinette ou un violon. Mais c’est surtout des bruits de villes et d’hommes mis artificiellement en rapport avec des sons de nature et de paysage qui impressionnent. Le décalage est ce qui fait la beauté d’H^2, d’autant qu’Hanna Hartman est une vraie compositrice décalée. Une vraie, vous dis-je… 

Hanna Hartman : H^2 (Komplott)
Enregistrement : 2007-2010. Edition : 2011.
CD : H^2
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Denley, Lauzier, Martel, Myhr, Normand : Transition de phase (Tour de bras, 2010)

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Trois phases (1 2 3) consignées en Transition de phase, disque que Jim Denley (alto préparé et flûte) et Kim Myhr (guitare, cithare et objets) – partenaires réguliers entendus récemment en Mural – ont improvisé en compagnie de Philippe Lauzier (soprano et clarinette basse), Pierre-Yves Martel (dessus de viole et életronique) et Eric Normand (basse électrique).

Où tout commence par la juxtaposition patiente de longues notes volontairement peu assurées, de souffles découpant en conséquence et de cordes changées en suspensions de métal que le moindre mouvement fait chanter. L’idée naît ensuite dans le changement : les musiciens profitent de zones de perturbations sur lesquelles ils s’accordent, se soutiennent, s’expriment enfin. En intérieur de clarinette, Lauzier se plaît à buter et finit d’engager la rencontre à prendre la forme d’une cohérente conciliation d’expressions individuelles.

Cithare vibrant contre machinerie crépitant, instruments à vent traçant d’autres lignes de fuite, les musiciens sont en phase toujours bien qu’en effet en perpétuelle transition. Les cordes pincées de cithare donnent une dernière couleur à l’improvisation, ressorts contre lesquels viendront se reposer les autres instruments. La dernière phase est la plus fragile, la déroute est encore autre et les propositions sont des trouvailles presque à chaque fois. Qu’on s’y perde est tout ce que l’on pouvait souhaiter avant que revienne l'humeur d'y retourner.

Jim Denley, Philippe Lauzier, Pierre-Yves Martel, Kim Myhr, Eric Normand : Transition de phase (Tour de bras / Metamkine)
Enregistrement : 25 mai 2010. Edition : 2010.
CD : 01/ Phase 1 02/ Phase 2 03/ Phase 3
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Ches Smith : Noise to Men (Ches Smith, 2010)

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Curieuse musique : un fil conducteur nommé vibraphone. Luttant contre les élucubrations électroniques, il s’efface. Puis revient, cette fois-ci accouplé à des percussions indiscrètes. Et il tient tête. Et lutte à nouveau contre une nouvelle faune saturante. Le combat de David contre Goliath. Il reviendra ici et ailleurs. Insistant encore et encore. Aura le dernier mot (Pressed On).

Curieuse musique qui ne laisse rien s’installer, pas même ce solo de batterie que l’on croyait couver ici (Bullshit Moon Landing). Souvent déchiquetées, grossies jusqu’à la caricature, les percussions de Ches Smith moulinent des traits épais (la batucada sauvage d'And Your Car into Spanish), rejettent la dentelle au profit d’une artillerie lourde (Omar and I). Voire très lourde (Difference). Mais quand surgissent des signaux plus rassurants, quand les carillons rejoignent la forge ligettiènne, quand il est permis au temps de s’allonger (Freeze/Melt) ; l’unité se fait, implacablement stimulante. Bien trop rarement, toutefois.

Ches Smith’s Congs for Brums : Noise to Men (Ches Smith
Edition : 2010.
CD : 01/ Noise to Men 02/ Difference 03/ Identity 04/ Bullshit Moon Landing 05/ Turn You Ipod into a Car… 06/ Interlude 07/ …and Your Car into Spanish 08/ Freeze-Melt 09/ Omar and I 10/ Pressed on
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Ches Smith : Finally Out of My Hands (Skirl, 2010)

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Curieux format : l’apparence d’un boitier DVD, la durée d’un 33 tours et pourtant un CD. De Ches Smith, batteur de la Bay Area installé à New York depuis quelques années, on connait la diversité des angles : Tim Berne, John Zorn, Iggy Pop, Fred Frith et sans doute quelques autres combos rock inconnus de nos services. Il retrouve ici sa complice habituelle ; la guitariste Mary Halvorson et prend acte du talent de Tony Malaby et d’Andrea Parkins.

L’interrogation est au centre du CD. Interrogation quant à la forme, aux structures, à la notion du collectif, à la place du solo, à la durée des pièces, aux transitions, aux pièges d’un passé pas si lointain et rattrapant parfois le combo (le trio Eskelin-Parkins-Black sur It Rained and the Tent Fell Down). Les solutions seront multiples, d’abord embrouillées (implosions et remue-ménage, déconstruction de la masse hurlante) puis subtilement révélées (un ténor sournois rodant et cherchant, en vain, sa proie ; des impulsions saisies avec arrogance). Et plutôt que de renoncer à la mélodie, imbriquer les formes, ne pas les sectionner mais les juxtaposer. Et ainsi, assumer une direction des plus prometteuses (Disgut for a Pathetic Chorale, Civilization).

Ches Smith & These Arches : Finally Out of My Hands (Skirl Records)
Edition : 2010.
CD : 01/ Anxiety Disorder 02/ Finally Out of My Hands 03/ Sixteen Bars for Jail 04/ One long Minute 05/ Conclusion 06/ It Rained and the Tent Fell Down 07/ Disgut for a Pathétic Chorale 08/ Civilization
Luc Bouquet © Le son du grisli

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