Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


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Klaus Filip, Toshimaru Nakamura, Andrea Neumann, Ivan Palacký : Messier Objects (Ftarri, 2012)

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Le duo d’Aluk (Klaus Filip / Toshimaru Nakamura) et celui de Pappeltalks (Andrea Neumann / Ivan Palacký) mettent en commun sur Messier Objects leurs instruments rares – à savoir : logiciel ppooll (Filip), no-input mixing board (Nakamura), ventre de piano et mixing board (Neumann), machine à coudre amplifiée et… panneaux solaires (Palacký). Voilà deux rencontres (concert enregistré à Prague le 4 octobre 2011 et pièce enregistrée en studio à Vienne le lendemain) qui donnent à leur fantaisie futuriste les moyens de ses ambitions.

Au Babel Festival, quarante minutes furent données : strates de sons continus ou oscillants sur lesquels les musiciens se cherchent avant que le piano de Neumann ne creuse, à force d’arpèges délicats mais tenaces, un lit profond. Là, viendront se ficher à la verticale : lignes d’aigus, tessons cristallins, parasites, larsens, bourdonnements et puis déflagrations, avant que les rafales sourdes de la Dopleta ne retournent la pièce. Alors, les bruissements graves des tables de mixage agissent en poudreuses : mille grisailles pousseront après leur passage.

A Vienne, derrière les micros de Christof Amann, seize minutes seulement. Des râles d’origine forcément inconnue s’y disputent d’autres aigus superposés, des crépitements remontent jusqu’au sommet de cordes défaites… Plus aérée, l’expérimentation revêt les atours d’une ronde qui, à force de tourner, fait quitter le sol à Filip, Nakamura, Neumann et Palacký. Avec eux, lentement, la fantaisie futuriste gagne les hautes sphères.  

EN ECOUTE >>> M1 Crab Nebula (extrait) >>> M20 Trifid Nebula (extrait)

Klaus Filip, Toshimaru Nakamura, Andrea Neumann, Ivan Palacký : Messier Objects (Ftarri / Souffle Continu)
Enregistrement : 4 et 5 octobre 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ M1 Crab Nebula 02/ M20 Trifid Nebula
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Tierce : Caisson (Another Timbre, 2011)

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Sur la table de dissection de Lautréamont, ce n’est pas un parapluie mais quelques organes et instruments (field recordings, cithare et micros contact de Jez Riley French) et des appareils électroniques (dont les platines de Daniel Jones) que rencontre une machine à coudre. 

Cousant en Tierce ce Caisson plein à craquer, la Dolpleta (180 et non plus 160) d’Ivan Palacky pique les craquements et larsens qui l’entourent. Par souci de camouflage, elle se change même en bateau à roue : cette dernière fait d’ailleurs des étincelles dont les bruits sont augmentés par les crépitements des micros. L’addition composant la symphonie d’un divertissement d’abstraction rare : le concert date de novembre 2010.

EN ECOUTE >>> Caisson (extrait) >>> Caisson (autre extrait)

Tierce : Caisson (Another Timbre / Metamkine)
Enregistrement : novembre 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ Caisson
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Palagrachio : Looking for a Looking for (Uceroz, 2010)

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Associé à son compatriote le pianiste Peter Graham (pseudonyme avoué de Jaroslav Stastny-Pokorny), Ivan Palacky poursuit régulièrement ses travaux de couture à vide sous le nom de Palagrachio.

Derrière une machine à coudre – Dopleta 160, pour les connaisseurs – dont le mouvement d’aiguille ne menace rien d’autre que le silence, Palacky anéantit sur Looking for… le romantisme défendu par d’insistants arpèges de piano. Frappé et bientôt abattu, l’instrument classique se fait en conséquence de plus en plus discret : touches osées à peine suivies de pincements de cordes et puis de résonances. Une construction de petits bruits hétéroclites clôt l’altercation.

La seconde pièce voit Graham passer à l'harmonium pour confectionner des drones qui exigeront de Palacky une autre forme d’intervention : ronronnant, frottant, grondant, la machine prendra là encore le dessus. Comme pour imposer son drôle d’instrument – dont l’usage se répand chez des petites mains animées par un intérêt (franc ou calculé) pour la musique expérimentale –, Ivan Palacky aura donc éprouvé le besoin de mettre à mal piano et harmonium ; autant que radical, l’assaut fut réfléchi. Pour preuves : seulement 60 copies.

Palagrachio : Looking for a Looking for (Uceroz)
Enregistrement : 2006. Edition : 2010.
CD : 01/ Looking for… 02/ A Looking for
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Ivan Palacky, VJ Vera Lukásová : Carpet Curtains (Errant Bodies, 2009)

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Sur Carpet Curtains, Ivan Palacky est cette fois associé à son compatriote VJ Vera Lukásová (pseudonyme du réalisateur Filip Cenek). Confronte donc là sons et images.

Miniaturistes radicaux, les deux hommes construisent des courts métrages qui jouent de l’image capturée et de ses déformations possibles – celles-ci intervenant sur l’ordre de faibles clics ou de bruits de cordes espacés. Si le visuel accapare, la musique semble ici commander les mutations en monstres divers d’un poisson d’aquarium ou les apparitions et disparitions de bandes verticales revendiquant le statut de nouvel état de nature. Pour terminer, le duo interroge la FIN de la pellicule (usage de KONEC, en tchèque) : le feu s’occupant cette fois de transformer la matière aussi volontairement que le duo se chargea plus tôt de métamorphoser la vérité des choses, à la manière dont Jiří Kolář (pour parler d’un autre Tchèque) pensait ses collages.

Ivan Palacky, VJ Vera Lukásová : Carpet Curtains (Errant Bodies / Les presses du réel)
Enregistrement : 2006. Edition : 2009.
DVD : 01/ Shangai 02/ Yesnoyesno 03/ Untitled 04/ Pilgrimages 05/ Veverka
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Andrea Neumann, Ivan Palacky : Pappeltalks (Uceroz, 2009)

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Lorsque l’on ouvre pour la première fois la boîte qui renferme Pappeltalks, une encre violette est libérée et se répand sur la couverture : première forme inattendue donnée à cette collaboration d’Andrea Neumann (sortie de Phosphor mais pas du ventre de son piano) et Ivan Palacky (machine à coudre amplifiée).

De son étrange instrument, Palacky actionne le mécanisme et commande le battement sur lequel Neumann réagira à l’intérieur de son piano : faibles drones et expérimentations miniatures, cordes pincées et manipulations stéréophoniques, composent ainsi la bande-son de longs mouvements sonores hésitant entre musique concrète et improvisation expérimentale. Plus subtilement que pourrait le laisser penser l’énoncé de l’expérience (et surtout l’instrument de Palacky), Pappeltalks révèle une musique d’intériorités multiples et concentrées – comme souvent avec Neumann.

Andrea Neumann, Ivan Palacky : Pappeltalks (Uceroz)
Enregistrement : 2006. Edition : 2009.
CD : 01/ Pappeltalk 1 02/ Pappeltalk 2 03/ Pappeltalk 3 04/ Pappeltalk 4 05/ Pappeltalk 5
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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