Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Butch Morris : Possible Universe (Nu Bop, 2014)

nutch morris possible universe

Le 29 août 2010 – soit 25 ans après avoir inauguré le concept de « conduction » : méthode personnelle qui est à la direction d’orchestre ce que la composition graphique est à la partition –, Lawrence ‘Butch’ Morris conduisait en Italie un orchestre rare : ses membres (Evan Parker, David Murray, Alan Silva, Harrison Bankhead, Hamid Drake…) capables du crime d’obéir (Han Ryner) comme de celui d’invention  « When you are the interpreter you must have ideas », prévenait Morris.

Loin, si loin, du Kitchen Club, Butch Morris conduisait donc encore : honnêtement, bien sûr ; avec charisme, qui plus est. Serait-ce, maintenant, que le cœur n’y est plus ? Et le chœur, aussi : quelques solos brillent néanmoins – garants qu'ils sont du'ne expression franche – parmi les agréments à l’unisson. Or, les maladresses abondent, comme en parallèle.  

Si le terme de « conduction » était, de Butch Morris, une invention et une promesse, cette 192e annoncée peine à convaincre tant le partage joue de facilités et de confiances accordées – abandonnées, voire – à d’imposants solistes. Manquent la cohérence et le panache, qu’on ira retrouver en Current Trends in Racism in Modern America, Some Order, Long Understood ou Berlin Skyscraper ’95.

Lawrence D. Butch Morris : Possible Universe. Conduction 192 (Nu Bop)
Enregistrement : 29 août 2010. Edition : 2014.
CD : 01-08/ Possible Universe Part 1 - Part 8
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Mazz Swift, Tomeka Reid, Silvia Bolognesi : Hear in Now (Rudi, 2012)

mazz swift hear in now

Si ce n’est l’orchestration et une certaine mélancolie bartokienne, le classicisme déserte la musique de Mazz Swift, Tomeka Reid et Silvia Bolognesi. N’ayant pas le jazz dans sa poche mais dans ses vifs archets, chacune des compositions de ce disque rivalise de clarté et d’audace.

Les thèmes sont tranchants comme des couperets mais le motif est élémentaire, plus rythmique que mélodique, et l’une peut facilement poursuivre ce que l’autre a commencé. Ainsi, en s’échangeant les rôles mais en n’abusant jamais de la formule, les cordes peuvent s’entrelacer, tout en assurant une métrique précise. Les cordes ne sont jamais grouillantes mais attirent de vifs glissendis en leur centre, un petit peu à la manière d’un William Parker, conquis et signant, ici, d’élogieuses notes de pochettes. Les surprises ne sont pas rares (un chant érudit et lumineux qui s’élève en fin d’enregistrement, un archet très Donald Duck que n’aurait pas renié un Chambers des grands soirs) et finissent de nous rendre ce disque indispensable.

Mazz Swift, Tomeka Reid, Silvia Bolognesi : Hear in Now (Rudi Records / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ Cakewalk 02/ Spiderwoman 03/ Bassolo / Far East Suite 04/ La citta’ di loup 05/ L’albero secco 06/ Effendi 07/ Ova 08/ Impro I 09/ Ponce 10/ Malitalian Lullaby
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Progetto Guzman ‎: If Not - Omaggio A Mario Schiano (Terre Sommerse, 2012)

progetto guzman if not omaggio a mario schiano

L’hommage qu’adressaient en 2011, sur scène à Rome, le trompettiste Angelo Olivieri et le saxophoniste Alípio C. Neto à l’œuvre de Mario Schiano aurait pu sonner creux, voire faux. Or, une fois n’est pas coutume, l’hommage est juste et ne trahit pas la figure de l’agitateur de l’Italian Instabile Orchestra.

En groupe d’instrumentistes délicats, le Progetto Guzman entame l’exercice sur une composition d’Olivieri, dont l’agencement ne souffre la comparaison avec les compositions de Schiano, complexes souvent mais encore ludiques. Ainsi, le jazz flirte avec la chanson – ici, c’est la voix de Maria Pia De Vito –, l’un acceptant l’escalade mélodique, l’autre avertie des rythmes entreprenants avec lesquels il faudra faire. Et quand le savant délirium fait le plus grand effet – grand guignol virant free –, c’est comme si Schiano « en personne » dirigeait le Progetto Guzman à la baguette molle.

Progetto Guzman ‎: If Not - Omaggio A Mario Schiano (Terre Sommerse)
Enregistrement : 28-29 mars 2011. Edition : 2012.
CD : 01-13/ If Not – Omaggio A Mario Schiano
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Sabir Mateen, Silvia Bolognesi : Holidays in Siena (Rudi Records)

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Rien d’autre que le naturel d’un jazz. Tel un premier souffle chez l’un (Sabir Mateen) ; plus secondaire chez l’autre (Silvia Bolognesi) car croisé avec d’autres disciplines musicales (le classique, la composition théâtrale). On pourrait aussi dire : le maître et l’élève mais on ne le dira pas : la hiérarchie est une peste à dépasser, à nier de tous nos pores. L’expérience de l’un n’étant pas celle de l’autre, on n’établira aucune critique mais on se régalera de ce naturel si généreusement offert ici.

Pour l’un : le ténor comme une voix buissonnière, totalement étrangère aux trafics autoroutiers ; un alto fouineur et dérégulé, soufflant l’aigu jusqu’au plus profond du tympan ; une clarinette qui ne sait que regorger et maintenir la trame sans en épuiser la source ; une flûte piccolo trop délaissée ici. Pour l’autre : un répondant à ne pas négliger ; la maîtrise de la réponse à soutenir même si ne modifiant pas encore la donne ; un pizz boisé et robuste là où l’archet manque parfois de mordant. Dans tous les cas de figure : à suivre…

Sabir Mateen, Silvia Bolognesi : Holidays in Siena (Rudi Records)
Enregistrement : 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ Glory 02/ 2 with 3 03/ Walts for Jack 04/ Flavio’s Wine 05/ Double S 06/ It Will Be Heaven in 2011 07/ Hugs 08/ Sunset in Legoli
Luc Bouquet © Le son du grisli

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