Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Atolón, Chip Shop Music : Public Private (Another Timbre, 2013) / Atolón : Concret (Intonema, 2012)

atolon chip shop music public private

La rencontre barcelonaise d’Atolón (Ruth Barberán, Alfredo Costa Monteiro et Ferran Fages) et de Chip Shop Music (Erik Carlsson, Martin Küchen, David Lacey et Paul Vogel) date du 3 février 2012 et s’est faite en deux temps : avec public, et puis sans.

Avec, ce sont près de trois quart d’heure d’improvisation nocturne – Dans le noir, nous verrons clair, mes frères ! –, qui cherche d’abord à occuper l’espace à coups de propositions timides : tintement répété, souffle grave, frottements et craquements, maintenant aigus. Dans le labyrinthe, nous trouverons la voie droite ! – Pièces-modules imbriquées et, aux croisements, des coups portés (de rage ? d’impatience ?) aux instruments par simple principe offensif – Carcasse, où est ta place ici, gêneuse, pisseuse, pot cassé ?

Sans public, c’est un peu plus de vingt minutes et davantage d’allant. L’accordéon sur deux notes, l’électronique perçant et les techniques rentrées des instruments à vent dressent une inquiétante machine à son – Poulie gémissante, comme tu vas sentir les cordages tendus des quatre mondes ! – que fuit un bestiaire forcené – Comme je vais t’écarteler !

Est-ce la radio de Martin Küchen qui, en interférences, a craché des morceaux de Michaux : Contre !, pour dire tout l’inverse.  

Atolón, Chip Shop Music : Public Private (Another Timbre)
Enregistrement : 3 février 2012. Edition : 2013.
CD : 01/ Public 02/ Private
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

atolon concret

Ce Concret, enregistré le 15 janvier 2011, trouve d’abord ses marques en deux notes d’accordéon. Lentes à renier leur origine, celles-ci font face aux plaintes d’objets rayés et à quelques grincements. Au mitan de l’enregistrement long de vingt-cing minutes, le trio commence à intéresser : une trompette tremblante attire à elle des morceaux de ferraille que l’on traîne et dont on entend jusqu’à la rouille. L’accordéon peut conclure.

écoute le son du grisliAtolón
Concret

Atolón : Concret (Intonema)
Enregistrement : 15 janvier 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ Concret
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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300 Basses : Sei ritornelli (Potaltch, 2012) / I Treni Inerti : Luz Azul (Flexion, 2012)

300 basses sei ritornelli

Découvrir que l'expression 300 Basses désigne un groupe où s'associent trois accordéonistes – Alfredo Costa Monteiro (qui œuvre dans Cremaster), Jonas Kocher (dont les récents travaux avec Michel Doneda ont attiré l'attention) et Luca Venitucci (repéré dans Zeitkratzer ou aux côtés de Thieke et Renkel) – c'est se souvenir que le label Potlatch avait publié voici près de dix ans un trio de seuls sopranistes « placés dans l'air »... Écouter ensuite les « six refrains » de ce disque enregistré en novembre 2011, c'est les entendre comme un écho au sruti box de Lucio Capece tout dernièrement édité par la même maison...

Envoûtant organisme vivant, ce chœur (d'harmonicas, d'orgues, voire de contrebasses) déploie ses textures avec la plus grande subtilité dans des morceaux aux climats bien distincts. Ici, une respiration apaisée ; là, presque un quatuor à cordes de Cage ; plus loin, un tissage d'harmoniques stratosphériques. La splendeur de la pièce liminaire le laissait comprendre : force, évidence, et dans le même temps l'absolue délicatesse du bruit des boutons, des inspirations, des soufflets. Pas de prolifération industrieuse, mais le juste versant poétique. Excellent.

300 Basses : Sei Ritornelli (Potaltch / Orkhêstra International)
Enregistrement : 23-25 novembre 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ Fuoco fatuo 02/ Abbandonato 03/ Gira bile 04/ Mala carne 05/ Maledetto 06/ Fantasma
Guillaume Tarche © Le son du grisli

i treni inerti luz azul

Sur son label, Flexion Records, Jonas Kocher a récemment publié Luz Azul, expérience faite en septembre 2010 par Ruth Barberán (trompette, objets) et Alfredo Costa Monteiro (accordéon, objets) d’une improvisation nocturne le long d’une voie ferrée. Les sirènes graves de l’accordéon y défient les crissements, grincements et bruits de frottement, élaborés sur objets ; sur le souffle du vent saisi par les micros, le duo rejoue et même fantasme de lentes manœuvres de trains fantômes : comme la nature lutte contre son « horreur du vide », I Treni Inerti s’est attaqué au silence qui ose, la nuit, traîner entre les carcasses de métal. Fabuleux.

EN ECOUTE >>> Luz Azul (extrait)

I Treni Inerti : Luz Azul (Flexion)
Enregistrement : septembre 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ Luz Azul
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Octante : Lúnula (Another Timbre, 2009)

grunula

Déjà remarqués sur leurs enregistrements respectifs publiés par Another Timbre ou Etude Records, le guitariste Ferran Fages (ici aux oscillateurs) et l’accordéoniste Alfredo Costa Monteiro (toujours à l’accordéon) se retrouvent pour la deuxième fois sur disque en Octante, quartette composé aussi de la trompettiste Ruth Barberan et de la bassiste Margarida Garcia.

Plutôt inquiète, la formation improvise dans l’ombre deux grandes pièces au développement lent mais chaotique, aux propositions inattendues et incertaines, qui convoquent autant de sifflements que de râles, de plaintes et de larsens – assez changeant, tous, pour ne pas s’imposer longtemps. D’accords suspendus en revirements bruitistes, les quatre musiciens vont et composent une musique électroacoustique perturbée et grandiose, que finissent d’imposer les dernières secondes d'Onda 2904.


Octante, Onda 2856 (extrait). Courtesy of Another Timbre.

Octante : Lúnula (Another Timbre)
CD : 01/ Onda 2856 02/ Onda 2904
Enregistrement : 2008-2009. Edition : 2009.
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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