Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

Inscription à la newsletter du son du grisli
suivre le son du grisli Fil RSS au grisli clandestin Contact

Au rapport : Rock In Opposition XParution : Premier bruit Trente-six échosParution : le son du grisli #2
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Pierre-Yves Macé : Musique et document sonore (Les Presses du Réel, 2012)

pierre-yves macé musique et document sonore

C’est une thèse de doctorat désormais publiée que son auteur, Pierre-Yves Macé, aurait pu (pourrait) poursuivre à vie : l’utilisation du document sonore dans le contexte musical est son sujet. Partant d’Edison, voici donc l’histoire d’un « document » – la notion, démonstrative et laissant derrière elle quelque trace, sera brillamment expliquée dans un chapitre – qui abandonne les rayonnages de l’archive pour l’univers plus exaltant de la création sonore.

Si l’exercice, formaté, connaît quelques impératifs (exposés d’esthétique convoquant inévitablement Adorno, Benjamin, Barthes, Deleuze…, citations zélées, organisation rigoureuse – à laquelle échappe toutefois ce bel interlude par lequel John Cage passe une tête), il profite de la diversité des écoutes auxquels il renvoie. Plus encore, il passionne par l’entendement déductif de Macé.

Traité de mille manières (amplifié, manipulé, traité, transformé, digéré…), le document finira souvent par adopter les contours d’arts hétéroclites pour être ceux de Ferrari, Nono, Reich, Bayle, Curran, Bryars, mais aussi Panhuysen, Matmos, Kyriakides, Kerbaj, Onda… A chaque fois, c’est un imaginaire augmenté par le « fourmillement du réel » que Macé envisage en chercheur éclairé avant d’en disposer les références dans une luxuriante toile de sons, aussi panorama saisissant : Musique et document sonore.

Pierre-Yves Macé : Musique et document sonore (Les Presses du Réel)
Edition : 2012.
Livre : Musique et document sonore, 336 pages.
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Luigi Nono : Risonanze erranti / Post-prae-ludium per Donau (Neos, 2011)

luigi_nono_risonanze_erranti

Je n’ai jamais jamais autant attendu l’hiver que depuis qu’il a disparu. Ce n’est plus du ciel d’ailleurs qu’il peut arriver, mais des disques que je conserve au chaud. Il m’est par exemple arrivé hier lorsque, en écoutant le premier enregistrement de Risonanze erranti, un grand frisson m’a parcouru.

C’est l’Ensemble Experimental (Klaus Burger, Susanne Otto, Roberto Fabbriciani), Les Percussions de Strasbourg et l’EXPERIMENTALSTUDIO des SWR qui jouent cette œuvre électroacoustique (les electronics sont live) de Luigi Nono. Des mots extraits de volumes d’Herman Melville et d'Ingeborg Bachmann peuvent faire croire à des chansons glaçantes. Les voix s’y coupent malgré la résonance. Les percussions claquent. Des sifflets vous font perdre tous vos repères. Risonanze erranti vous couvre de blancs et vous voilà bien.

Pour tuba et live electronics, Post-prae-ludium per Donau est une pièce écrite pour Giancarlo Schiaffini. Klaus Burger est au tuba à côté des musiciens de l’EXPERIMENTALSTUDIO. Mais le tuba de Berger est une extension de la voix humaine. Il se promène avec délicatesse, là-bas, sur des couches de ouate et derrière des vapeurs. Les sons explorent les blancs de Malevitch alors que l’hiver n’arrive toujours pas. Peut-être est-il tombé sur l'Italie.

Luigi Nono : Risonanze erranti / Post-prae-ludium per Donau (Neos)
Edition : 2011.
CD : 01/ Risonanze erranti 02/ Post-prae-ludium per Donau
Héctor Cabrero © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Luigi Nono : Prometeo, Tragedia dell'ascolto (Col Legno, 2008)

nonosli

Produite par le label Col Legno, cette version du Prometeo du compositeur Luigi Nono donne à entendre dans des conditions optimales la relecture par l’Italien du drame d’Eschyle.

Parti d’un livret-collage fait aussi de passages signés Hölderlin, Goethe ou Nietzsche, Nono fait de son Prométhée le Juif errant moderne (soit : désincarné) trouvant encore la force d’aller au son des interventions espacées des musiciens : voix prépondérantes, fulgurantes et capables aussi de silences, instruments à vent osant des parallèles avant l’apparition d’un grondement menaçant.

Accablante, l’œuvre électroacoustique peut prendre des airs de grand macabre ou, au contraire, tout sacrifier à un purisme rassembleur : de temps, d’espace et de vie. Le long de son opéra dévasté – narration impossible et interprètes obligés – Prometeo croit pouvoir éclairer les énigmes d’un monde, quant il est soumis tout entier au poids écrasant de la marche des choses.


Nono, Prometeo, Isola 1.


Nono, Prometeo, TreVocia. Courtesy of Col Legno.

Luigi Nono : Prometeo, Tragedia dell'ascolto (Col Legno)
Edition : 2008.

CD1 : 01/ I. Prologo 02/ II. Isola 1° 03/ III. Isola 2° a) Io-Prometeo 04/ III. Isola 2° b) Hölderlin - CD2: 01/ III. Isola 2° c) Stasimo 1° 02/ IV Interludio 1° 03/ V. Tre Voci a 04/ VI. Isola 3°-4°-5° 05/ VII. Tre Voci b 06/ VIII. Interludio 2° 07/ IX. Stasimo 2°
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

>