Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Parution : Jazz en 150 figures de Guillaume BelhommeParution : le son du grisli #2Sortir : Festival Baignade Interdite
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Festival Baignade Interdite : Rivières (Tarn), 2-4 septembre 2016

festival baignade interdite 2-4 septembre 2016

Vous en connaissez beaucoup, des festivals où les concerts se déroulent dans le grand bassin, le petit bassin et la pataugeoire ? C'est à « Baignade interdite », et nulle part ailleurs. Ce frais festival vient de connaître, du 2 au 4 septembre, sa cinquième édition. Il se déroule dans le Tarn, à Rivières, dans l'ancienne piscine désaffectée d'Aiguelèze. Outre le cadre, ce qui fait tout son charme, c'est l'ambiance : décontractée, festive, vacancière, jeune, ouverte, tolérante. Et la merveilleuse diversité de la programmation.

Chacun y trouve ses diamants. Pour nous, la pépite, ce fut, dimanche matin, Insub Meta Orchestra, dans un format à 20 musiciens. Ils n'ont pas joué, en plein air, dans un des bassins (pour d'évidentes raisons de besoin d'écoute), mais dans un lieu indescriptible : un ancien office de tourisme qui n'a jamais fonctionné, désaffecté lui aussi, et où il n'y a ni scène, ni sièges pour le public, ni véritablement d'espace continu, où les musiciens jouent devant un vide qui distribue des étages, celui en sous-sol, inutilisé, et celui du premier étage, où des spectateurs se pressent le long du garde-corps, autour de ce vide qui laisse monter la musique. Ces volumes, absolument pas pensés pour la musique, offrent une acoustique étonnante, réverbérante, profonde.

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L'Insub Meta Orchestra est dirigé par Cyril Bondi (percussionniste, mais qui ici joue de l'harmonium indien à soufflet) et d’incise (machiniste, pour dire vite, jouant ici du melodica à clavier et à tuyau). Dans une grande improvisation d'une heure, très construite et très dirigée, cette abondance de musiciens creuse le sillon d'une musique paradoxale, voire impossible, qui laisse la place au silence, qui fait respirer vingt instrumentistes d'un même souffle, ténu, imperceptible, puis de plus en plus puissant. Ce joyau musical et collectif se vit, se ressent, se vibre collectivement. Les trois séquences s'enchaînent avec une totale concentration, et le public, respiration suspendue, ne moufte pas : il sait que le silence fait partie de cette musique. Le silence est écouté comme des minutes signées John Cage. Même les quelques enfants présents dans l'assistance sont bouche bée. Première séquence. On est dans le ténu, le frottement, le glissement, le souffle, la respiration. Toutes les quatre secondes, Cyril Bondi tranche l'air avec son bras, et les frottements, glissements, changent de nature, imperceptibles variations collectives qui suscitent une intense écoute. C'est fascinant, subtil, perceptible. Un bonheur. Deuxième séquence. De la musique, du son, une vibration légère et harmonieuse de l'air. Puis du silence. Puis, avec d'autres instrumentistes, d'autres couleurs sonores, de la musique, une vibration, du son. Puis du silence. Les moments s'enchaînent, avec une grande place pour le vide, qui répond parfaitement à l'architecture invraisemblable du lieu. La palette sonore est infinie. Cette composition instantanée et collective, tendue, maîtrisée, fascinante, évoque inévitablement l'écriture de Morton Feldman. Le public est suspendu. Troisième séquence : un grand crescendo, tutti (outre les melodica divers, ordinateurs et autres instruments électroniques, il y a une contrebasse, une viole de gambe, une vielle à roue, un basson, deux saxophones, une flûte, un violon, une cloche tibétaine...). Sur deux notes, un demi-ton d'écart, et en faisant tourner la matière musicale, comme un nuage, dans ce lieu insensé, avec vibrations en réponse aux vibrations. Cette fois c'est à Giacinto Scelsi qu'on pense, avec ce travail sur les timbres. Si peu de notes et tant de musique ! Ce diamant était un des seize concerts de ces trois jours. Mais il y avait quoi d'autre ?

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Nous avons entendu des éructations punk réjouissantes et irrésistibles de Blurt, dans le petit bassin, samedi, avec le chanteur-saxophoniste Ted Milton, un monument surgi de la fin des seventies. Nous avons souri jusqu'aux oreilles avec Sourdure, de son vrai nom Ernest Bergez, violoneux, chanteur, et batteur avec les pieds, qui revisite le répertoire trad occitan, dans une couleur rustique électro, avec des échardes plein son bois mal dégrossi et un charme fou. Il jouait dans le pédiluve, vendredi. La même soirée, dans le grand bassin, un duo. Elle, à la batterie, commence sur le mode niais d'une débutante appliquée. Puis, très vite, se déchaîne avec une fureur jouissive. C'est Valentina Magaletti, qui forme avec le guitariste-élecronicien Tom Reelen le groupe anglais Tomaga. Tomoko Sauvage, dans le même espace que l'Insub Meta Orchestra, a installé, le samedi matin, des saladiers remplis d'eau, avec des micros plongés dedans. Une simplicité de moyens, des gobelets en hauteur d'où coulent des gouttes d'eau, des accessoires électroniques basiques, pour une musique très minimale, parfois trop... Un mot de Kim Myhr, Norvégien qui explore les résonances de sa guitare douze cordes. Il jouait dans l'église de Carla, à Castenau-de-Lévis (première délocalisation pour Baignade interdite). Pour être franc, il faut dire que, parfois, son acharnement à jouer du plectre sur toutes les cordes, très vite et sans la moindre pause, peut fatiguer l'auditeur. Ici, avec la même technique, dans ce lieu qui sonne bien, et avec le public assis partout, par terre jusque sur la scène, le même acharnement a révélé les sons diffus, la mélodie fantomatique et subtile qui surgit de cet océan furieux et plane, en battements nuageux, au-dessus de la mêlée. Une expérience, acoustique et artistique, de 35 minutes. Il n'en fallait pas plus, mais on a touché un bout de l'aile de l'ange.

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Anne Kiesel © Le son du grisli

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Mural : Tempo (Sofa, 2015)

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S’il aura fallu trois disques à Mural pour documenter leur troisième apparition à la Rothko Chapel – on se souvient de ce récent Live –, c’est que celle-ci dura quatre heures. Le 27 avril 2013, Jim Denley, Kim Myhr et Ingar Zach invitèrent le public à aller et venir, voire à disparaître, en musique.

S’il ne dit rien de la première heure, cet enregistrement donne à entendre les trois autres comme elles se sont succédées. A la seconde, l’ivresse gagne déjà quand la cithare se lève après avoir longtemps cherché comment tenir sur les graves plateaux que remuent lentement les instruments à vent et la gran cassa. La musique tourne, mais parfois le silence la subjugue : après chaque arrêt, frottements, premiers souffles et frémissements doivent repartir de zéro.

Les musiciens peuvent alors choisir de se désolidariser : maintenant à la guitare, Myhr insiste quand, à la flûte, Denley peut éclater : la musique n’est plus atmosphérique, trois individualités s’y expriment avant de retourner à la rengaine commune. On y verra l’effet du bel art de Zach qui, au son de cymbales qui grincent et cinglent même, ramène le trio sur le chemin qu’il connaît et refait sans cesse avec bonheur : celui de la flâneuse pulsation chromatique.



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Mural : Tempo
Sofa
Enregistrement : 27 avril 2013. Edition : 2015.
3 CD : CD1 : 01/ Second Hour – CD2 : 01/ Third Hour – CD3 : 01/ Fourth Hour
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Kim Myhr : All Your Limbs Singing (Sofa, 2014)

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Les premiers instants de ce solo de Kim Myhr – dont on aime tant le travail dans le trio Mural (avec Ingar Zach et Jim Denley) – emportent : la densité chorale que le musicien tire de sa guitare acoustique à douze cordes enveloppe et insiste, aspire et hypnotise. Les roulements harmoniques & vrombissements de ce (presque) drone initial ne noient pourtant pas et bientôt s'y discernent nettement des structures, des réitérations qui révèlent un sens de la composition décliné dans les cinq pièces suivantes sous d'autres angles.

Perlées, parfois précieuses, jouant de la répétition d'accords, de l'insertion de détails et de glissements progressifs, ces « chansons » orchestrales et romantiques pâtissent paradoxalement, au bout du compte, de leur rigueur de conception et de leur esthétique éthérée. Il semble que le guitariste finisse, dans ces rhapsodies, par s'écouter un peu... et le beau son qui avait attiré paraît virer à l'emphatique.

Kim Myhr : All Your Limbs Singing (Sofa)
Enregistrement : 28 et 29 août 2013. Edition : 2014.
LP / CD : 01/ Weaving into Choir 02/ Descent 03/ Blinky 04/ Leaping into Periphery 05/ Sleep Nothing, Eat Nothing 06/ Harbor Me
Guillaume Tarche © Le son du grisli

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Karl Naegelen, Eve Risser, Joris Rühl : Fenêtre ovale / The New Songs : A Nest at the Junction of Paths (Umlaut, 2011)

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Karl Naegelen est compositeur. Chercher de nouvelles sonorités, épouser l’illusion sonore, sont au centre de ses recherches. Eve Risser et Joris Rühl sont improvisateurs. La première est pianiste, le second clarinettiste. Tous les trois se sont associés pour cette Fenêtre ovale. Le piano trouva sur son chemin quelques nouvelles préparations : un gros aimant, un vibromasseur, une brosse, du tissu, une perle. La clarinette eut pour partenaire une bassine et une balle rebondissante. Une fois trouvée la notation musicale (signes et pictogrammes), ils fixèrent la forme musicale en n’oubliant pas leur passé d’improvisateurs.

Et les voici maintenant en reconnaissance de cette étrange partition. Et à étrange partition, étrange musique : du bois et des rythmes, des reflets, un unisson, des craquements, des frottements, des accords sourds, des souffles, des obsessions rentrées, un minimalisme statique. Un nouvel alphabet de l’étrange et du pénétrant. Passionnant.

Karl Naegelen, Eve Risser, Joris Rühl : Fenêtre ovale (Umlaut / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2011. Edition : 2011.
CD : 01/ In aquam 02/ Fenêtre ovale 03/ Rondo 04/ Kroum 05/ Tremuli 06/ Etude 1 07/ Iter 08/ Ernst 09/ Khen  10/ Etude 2 11/ Variation sur Ernst 12/ Ombak 13/ Tk
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Au son de compositions signées Eve Risser ou Sofia Jernberg, se meut The New Songs, groupe que composent avec la paire de dames les guitaristes David Stäckenas et Kim Myhr. Faisant fi de quatre talents (pour certains : plusieurs fois) remarqués, la préciosité de l’affaire vire souvent au sérieux quand se mesurent déjà le lyrisme importun de Jernberg et la stérilité des inventions sur instruments préparés. De quoi répondre aux attentes de l’étiquette MFA (Musique française d’aujourd’hui),  qui accouche ici d’un autre disque creux.

The New Songs : A Nest at the Junction of Paths (Umlaut)
Enregistrement : 2011. Edition : 2011.
CD : : 01/ Je suis l'épine d'un pin 02/ Reality had a Little Weight 03/ Un carreau blanc 04/ Puff 05/ Fil 1 06/ The Hill
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Silencers : Balance des blancs (Sofa, 2011)

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Balance des blancs est un disque de Kim Myhr (à la guitare et aux objets résonant), Benoît Delbecq (au piano préparé), Nils Ostendorf (à la trompette) et Toma Gouband (aux percussions). Ils se sont appelés Silencers. Mais leurs titres sont en Français.

On ne sait pas très bien à quoi s'attendre quand Balance des blancs commence. On saisit l’idée d'ambient acoustique, microtonale, fragilisée par les harmoniques. La première surprise vient de Delbecq, plus discret qu’à son habitude (pour ce que j’en ai entendu sur disques en tout cas) alors que Myhr profère des menaces sonores qui ne manquent pas de sel. Au fond du tableau, Ostendorf joue un petit air. On dirait qu’il fait diversion.

Après quoi Delbecq émerge. Mais ses propositions sont trop simples pour enrichir la formule. Il se répète sans parvenir à trouver une issue pour créer individuellement sur l’accompagnement de ses partenaires. En conséquence il étouffe sous l’atmosphère qu’il a lui-même viciée en plaquant trop d'accords. Tous les réglages sont chamboulés. Dommage, même si on le savait : la balance des blancs, c’est très difficile.

Silencers : Balances des blancs (Sofa / Metamkine)
Enregistrement : 12 décembre 2009. Edition : 2011.
CD : 01/ Les rives 02/ En turbulence 03/ Embrasées 04/ Spires 05/ Encerclés
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Mural : Live at the Rothko Chapel (Rothko Chapel, 2011)

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Comme quoi, le hasard… Pour Nectars of Emergence, j’avais écrit que Mural entamait une ascension du « Mont Rothko ». Cela se confirme avec Live at the Rothko Chapel, où Mural refait l’intérieur du lieu cher à Morton Feldman.

Jim Denley (instruments à vent), Kim Myhr (guitare acoustique) et Ingar Zach (grosse caisse) se posent donc dans la chapelle. Ils réfléchissent. Le premier choisit de débiter des phrases tranchantes, le deuxième de bercer mollement ses camarades, le troisième de faire battre le cœur de Doom and Promise. Et son cœur bat si bien qu’il fait vibrer une corde, puis deux, etc. Une ronde se forme, maintenue en vie par le trio qui l’enveloppe sans arrêt de graves et de chaleur.

Comme la lumière qui l’atteint peut faire changer la vision qu’on a d’une toile, l’acoustique de la Rotkho Chapel fait varier la musique. Avec la résonance, les accords s’affaissent, les clefs claquent moins fort et la peau du tambour expie. Tout semble chuter mais à un moment les souffles les arpèges et les frottements refont surface. Tout simplement par ce que cette chapelle est une cathédrale. Elle accélère l’ascension des notes qui se multiplient par leur vibration. Il ne suffit même par d’avoir la foi (en Mural) pour s’en convaincre.

Mural : Live at the Rothko Chapel (Rothko Chapel / Metamkine)
Enregistrement : 4 mars 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ Doom and Promise
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Denley, Lauzier, Martel, Myhr, Normand : Transition de phase (Tour de bras, 2010)

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Trois phases (1 2 3) consignées en Transition de phase, disque que Jim Denley (alto préparé et flûte) et Kim Myhr (guitare, cithare et objets) – partenaires réguliers entendus récemment en Mural – ont improvisé en compagnie de Philippe Lauzier (soprano et clarinette basse), Pierre-Yves Martel (dessus de viole et életronique) et Eric Normand (basse électrique).

Où tout commence par la juxtaposition patiente de longues notes volontairement peu assurées, de souffles découpant en conséquence et de cordes changées en suspensions de métal que le moindre mouvement fait chanter. L’idée naît ensuite dans le changement : les musiciens profitent de zones de perturbations sur lesquelles ils s’accordent, se soutiennent, s’expriment enfin. En intérieur de clarinette, Lauzier se plaît à buter et finit d’engager la rencontre à prendre la forme d’une cohérente conciliation d’expressions individuelles.

Cithare vibrant contre machinerie crépitant, instruments à vent traçant d’autres lignes de fuite, les musiciens sont en phase toujours bien qu’en effet en perpétuelle transition. Les cordes pincées de cithare donnent une dernière couleur à l’improvisation, ressorts contre lesquels viendront se reposer les autres instruments. La dernière phase est la plus fragile, la déroute est encore autre et les propositions sont des trouvailles presque à chaque fois. Qu’on s’y perde est tout ce que l’on pouvait souhaiter avant que revienne l'humeur d'y retourner.

Jim Denley, Philippe Lauzier, Pierre-Yves Martel, Kim Myhr, Eric Normand : Transition de phase (Tour de bras / Metamkine)
Enregistrement : 25 mai 2010. Edition : 2010.
CD : 01/ Phase 1 02/ Phase 2 03/ Phase 3
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Mural : Nectars of Emergence (Sofa, 2010)

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Au rayon Ambient Music, on trouve du papier peint comme de grands panneaux d'artistes dont le catalogue de motifs est inépuisable. Mural travaille dans la seconde catégorie : trois artistes chevronnés s'y sont réunis en agence d'architecture sonore et entament sur Nectars of Emergence leur ascension du Mont Rothko.

Jim Denley (saxophone alto et flûtes), Kim Myhr (guitare acoustique et préparations)  et Ingar Zach (percussion dont un belle et grosse caisse), construisent calmement les sept panneaux de leur rencontre que la guitare est la seule à structurer clairement : le jeu de Myhr est minimaliste et son instrument est désaccordé mais il a l'avantage de marquer les secondes ! On imagine le temps filant au cadran d'une horloge universelle, on imagine les trois hommes inspirés par le memento de cette horloge sans forcément s'en rendre compte d'ailleurs.

A croire qu'on vagabonde dans un grand hall de gare : après les préparatifs de voyage vient le bruit des engins de transport. Denley et Zach avancent par touches évasives et Myhr fait de ses cordes une tablature géante où il jette toutes les idées qui lui passent par la tête. Cela siffle et cela magnétise jusqu'à ce que l'énergie se désagrège et c'est justement là la fin, sur un morceau qui s'intitule Entropy – notons que ce genre de musique redonne tout son sens à l'habitude de donner un titre à chaque morceau qui est joué.

Mural : Nectars of Emergence (Sofa Records / Metamkine)
Enregistrement : 15, 16 juillet 2009. Edition : 2010.
CD : 01/ Monolith of the Chaotic Pledge 02/ Luminous Continuum 03/ Flash Expansion 04/ Saturated Field 05/ Coming-into-being 06/ Blood Listener 07/ Entropy
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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