Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Lettre ouverte de Joëlle Léandre aux Victoires du jazzle son du grisli #3Conversation de John Coltrane & Frank Kofsky
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Lawrence English, Werner Dafeldecker : Shadow of the Monolith (Holotype, 2014)

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Dans l’ombre du Monolith (et surtout pas dans le monolithique) a été creusée cette collaboration de 2010 entre Lawrence English & Werner Dafeldecker. Et cela tombe plutôt bien car c’est en creusant qu’English s’est montré le plus convaincant ces dernières années.

Avec Francisco López ou Akio Suzuki, l’Australien a en effet laissé son ambient pastel au placard pour travailler une matière plus épaisse & plus noire. Avec le bassiste autrichien (Polwechsel, Ton-Art, quand même !), il creuse donc encore jusqu’à découvrir non pas du pétrole mais des strates surprenantes qui renferment des field recordings fossilisés (pour beaucoup des traces d'air et d'eau enregistrés en Antarctique). Le plus fort étant que ceux-là ne nous ramènent jamais à la réalité. Si bien qu’on se demande si ce n’est pas au plus profond de la matière qu’il y a le plus d’espace à habiter... et de choses à entendre.



Lawrence English, Werner Dafeldecker : Shadow of the Monolith (Holotype / Metamkine)
Enregistrement : 2010. Edition : 2014.
LP : A1/ Fathom Flutter A2/ Marambio A3/     Intake A4/ Mapping Peaks – B1/ Moro Mute B2/ Fall B3/ Rio Gallegos B4/ Outtake
Pierre Cécile © Le son du grisli

time

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Akio Suzuki, Lawrence English : Boombana Echoes (Winds Measure, 2012)

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On peut voir ici ou ci-dessous à quoi ressemble l'analapos, création d'Akio Suzuki et instrument de lui seul. Qui voudra l'entendre pourra appuyer , où l'on trouve un enregistrement de l'instrument par Eric La Casa, essayer de mettre la main sur de vieux vinyles du maître (Analapos, premier de tous) ou plus simplement commander Boombana Echoes, souvenir consigné sur disque d'une collaboration avec Lawrence English, datée de 2005.

En concert, l'électronique gonflée de field recordings d'English se laisse envahir par un halètement, un chant miniature que l'on boucle, deux à trois notes fredonnées, toutes propositions sonores développées par un écho fantastique (celui de l'analapos en question) qui peut évoquer celui des territoires immergés de Michel Redolfi. Loin de l'ambient léchée souvent commise par English, l'enregistrement met la voix et ses transformations au centre de ses préoccupations : illustratif, voire devenu simple accompagnateur, l'Australien gagne étrangement en présence.

EN ECOUTE >>> Ficus Watkinsiana (extrait)

Akio Suzuki, Lawrence English : Boombana Echoes (Winds Measure / Metamkine)
Enregistrement : décembre 2005. Edition : 2012.
CD : 01/ Ficus Watkinsiana 02/ Manorina Melanophrys 03/ Eucalyptus Signata
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Pop Expéditives : Oren Ambarchi, Lawrence English, Yoshida Tatsuya...

pop expéditives

ambarchiOren Ambarchi : Sagitarrian Domain (Editions Mego, 2012)
Un gimmick de basse, une batterie, une guitare et un moog : voilà Sagitarrian Domain d’Oren Ambarchi. Rien à voir avec l’imagerie clinique de la pochette : le disque, aux élans krautrock (en plus réfléchi et plus entêtant) accumule les solos de guitares avant que les superbes envolées d’un trio de cordes (Elizabeth Welsh, James Rushford et Judith Hamann) calment les ardeurs de l’Australien qui conclut en douceur cet enthousiasmant Sagitarrian Domain.

english

Lawrence English : For/Not for John Cage (LINE, 2012)
Entre 2011 et 2012, Lawrence English a tenu à rendre hommage au John Cage qui l’inspire depuis des années. Si ce n'est sur la couverture du CD (un champignon flou), le mycologue s’y serait-il retrouvé ? English a accouché de vagabondages dans l’espace qui rappèleront aux aventuriers la consommation de champignons… hallucinogènes… Quant à nous, le résultat, s’il n’est pas d’une originalité remarquable, nous va.

mutamassik

Mutamassik : Rekkez (Ini Itu, 2012)
Le monde du Mutamassik de Giulia Loli tourne à la vitesse des volutes orientales (sur son site internet, elle parle de « pan-afrabic immigrant sound sources ») que l’on trouve sur ce LP, Rekkez. De ce monde, s’échappent des voix qui se superposent, des cordes qui les mettent en valeur à tel point qu’on a d’abord l’impression d’écouter un disque Ocora retouché malicieusement par Fennesz. Face B, la musique perd un peu en envergure au profit d’un travail expérimental d’un foutraque simpliste ou jubila-toire.

jap

Uchihashi Kazuhisa, Yoshida Tatsuya : Barisshee (Tzadik, 2012)
Power rock ? Psyché noise ? Post-rock explosé ? Sur Barisshee, une guitare-electronics et une batterie en mettent partout = Uchihashi Kazuhisa (Ground Zero) et Yoshida Tsunoda (Ruins), qui n’en sont pas à leur premier méfait en duo. Le médiator convulsif et la baguette sèche comme un coup de trique donnent dans la chansonnette expé, le psychédélisme hargneux et, grâce à l’apport de l’électronique, l’ambient décalquée. Pas toujours du meilleur goût, mais assurément jubilatoire !

adernx

Adern X : Ink Spots called Words (Xevor, 2012)
Des expérimentations en tous genres (réutilisations de disques classique qu’il prend un malin plaisir – en tout cas on l’espère pour lui – à faire grésiller, sons de synthèse qui cherchent tout sauf la pureté du son et de la clarté de la synthèse, effets stéréophoniques à vous couper ce que vous voudrez…) : voilà la travail d’Adern X, Italien montreur de samples qui réunit ici une sélection de travaux qui l’occupent depuis 2007.

electric electric

Electric Electric : Discipline (Africantape, 2012)
Electric Electric est un trio de Strasbourg, Alsace : Eric Bentz, Vincent Redel et Vincent Robert. Un peu de rock mâtiné d’électro et sûrement de grands rêves de Battles. Le tout n’est pas bien bon.

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Lawrence English : Suikinkutsu No Katawara Ni / Studies for Stradbroke (Winds Measure, 2013)

lawrence english suikinkutsu no katawara ni

Au rayon field recordings pour (sur ?) ambient, Lawrence English en connaît des trucs. Et il faut bien avouer que ces trucs marchent encore, qu’il s’agisse, pour le disque qui nous concerne (tiré à seulement 150 exemplaires par Winds Measure), de gouttelettes d’eau filtrées par ordinateur, d’insectes ou d’oiseaux de ciels japonais ou australien, etc.

A pas mesurés English s’écarte cette fois un peu de sa musique à nappes évanescente. Au compte-gouttes il sélectionne ses enregistrements de terrain pour faire son choix entre deux solutions : les écouter et les examiner ou en faire une musique tellurique qui évoque son compère de Boombana Echoes  Akio Suzuki (rythmique, répétitive, rêveuse). Quand English finit de planer, il est d’un concret qui charme tout autant !

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Bamboo Shinjuku

Lawrence English : Suikinkutsu No Katawara Ni (Winds Measure)
Enregistrement : 2003-2011. Edition : 2013.
CDR : 01/ Shimmering Black Hawk 02/ Taima Bells 03/ Bamboo Shinjuku 04/ Minor Lori Swings 05/ Chamber 06/ Shinjuku Semi 07/ Slowly Turns Blue 08/ Raven Songs 09/ Complimentary Cicada
Pierre Cécile © Le son du grisli

lawrence english studies for stradbroke

Il faut écouter consciencieusement pour goûter à ces jolis sons « hydrophoniques » provenant de Stradbroke Island. Le clapotis de l’eau, le claquement des micros, l’apnée et le retour à la surface. Sur terre English en cogne des pierres et des galets : il fallait se méfier de l’eau qui dort, sa musique ricoche fort… et loin.

écoute le son du grisliLawrence English
Terminal Motor

Lawrence English : Studies for Stradbroke (Winds Measure)
Enregistrement : janvier-août 2007. Edition : 2013.
CDR : 01/ Slide (Open) 02/ Reeds of Brown Lake 03/ Intercepted Communications 04/ Invented Tide 05/ Terminal Motor 06/ Slipping Grains 07/ Rock Walls 08/ Slide (Close)
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Lawrence English : The Peregrine (Experimedia, 2011)

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Pilote du passionnant label Room40 ou bourlingueur invétéré des musiques ambient de notre temps (quelques disques remarquables dont Autumn sur 12K), Lawrence English maintient le cap de haute volée en 2011 comme en d’autres temps. Aujourd’hui réfugié sur la très belle structure Experimedia, qui nous a déjà les grandes réussites Piiptsjilling, Lüüp ou Charles-Eric Charrier, l’homme de Down Under demeure fidèle à ses aspirations, bien qu’en dehors de son home sweet home habituel.

Basées, en théorie du moins, sur le roman The Peregrine de J.A. Baker qui évoque l’environnement naturel de la vie d’un faucon pèlerin, les sept plages du disque du même nom demeurent toutefois reconnaissables dans leur Englishitude racée. Approfondissant, album après album, ses expérimentations en matière de distorsion et de saturation, on songe ici particulièrement à Jefre Cantu-Ledesma ou Wzt Hearts, voire à l’incontournable collaboration Aidan Baker / Tim Hecker, le producteur australien dessine des contours d’autant plus fascinants qu’ils sont voilés d’une brume mystérieuse.

Certes, on a déjà pas mal entendu cela, mais souvent en beaucoup moins abouti – notamment du côté de Stephen Vitiello ou Seaworthy. Mais ici, et c’est là toute la part de magie de Lawrence English, on glisse subrepticement vers un nirvana sonique d’une superbe pertinence.

Lawrence English : The Peregrine (Experimedia)
Edition : 2011.
LP : A1/ October 1 – The Hunting Life A2/ November 16 – Dead Oak A3/ December 24 – Frost's Bitter Grip B1/ January 30 –Grey Lunar Sea B2/ February 10 – The Roar Ceasing B3/ March 16 – Heavy Breath Of Silence B4/ April 4 – And He Sleeps
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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Lawrence English, Stephen Vitiello : Acute Inbetweens (Crónica, 2011)

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Architecte majeur de la scène electronica des dix dernières années, l'Australien Lawrence English ne cesse de nous passionner, tant et plus, Qu'il aiguise ses lames de patron du label Room40 en hébergeur impliqué des excellent(issime)s DJ Olive, Tim Hecker et Tujiko Noriko, qu'il diffuse ses oeuvres frémissantes au contact des maisons 12K ou Touch, le musicien from Down Under colorie les brumes ambient souvent trop moroses d'une inventivité forçant le respect.

Aujourd'hui abrité dans la magnifique officine portugaise Crónica (Mathias Delplanque, Gintas K, Ran Slavin), le producteur aussie rejoint à distance l'Américain Stephen Vitiello en une collaboration transpacifique absolument splendide. Tout en démarrant sous des auspices familiers aux oreilles, à la condition expresse d'avoir fréquenté Taylor Deupree ou Christian Fennesz, Acute Inbetweens évolue très progressivement – lisez subtilement – vers une déclinaison amoureuse où la lenteur dévoile ses charmes inattendus.

Pièce maîtresse de l'ensemble, le second morceau Soft Plastic Shell s'imprègne d'une volupté sereine extrême-orientale, qui n'est toutefois jamais noyée dans des clichés zen pour touristes occidentaux en mal d'exotisme cheap. D’un tout haut niveau, la suite s’inscrit dans les mêmes traces. Nous les suivons langue pendue et pavillons grands ouverts.

Lawrence English + Stephen Vitiello : Acute Inbetweens (Crónica Electronica)
Edition : 2011.
CD : 01/ Christening the Blackbird 02/ Soft Plastic Shell 03/ La Voix est absente 04/ Tickled Inside 05/ Exposure in Relief
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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Lawrence English: Kiri No Oto (Touch - 2008)

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Avec Kiri No Oto – comprendre « le son du brouillard » –, Lawrence English obscurcit encore son ambient pop coutumière : explorant les possibilités bruyantes de sa pratique de collectionneur de vignettes sonores ou tirant de ses claviers quelques nappes épaisses qui abandonnent un peu de leur substance en traînées lointaines au fil ténu des secondes.

Sans être forcément original – larsens et boucles bientôt appliqués à l'ensemble y travaillant d'ailleurs peu – English propose ici un exercice d'atmosphère vaporeuse et/ou bruitiste plutôt concluant, pour peu que l'auditeur ne vomisse pas les tièdes.

CD: 01/ Organs Lost at Sea 02/ Soft Use 03/ White Spray 04/ Waves Sheer Light 05/ Commentary 06/ Allay 07/ Figure's Lone Static 08/ Oamura >>> Lawrence English - Kiri No Oto - 2008 - Touch Music. Distribution La baleine.

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Philip Samartzis, Lawrence English: One Plus One (Room 40 - 2006)

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Derrière tourne-disques, les Australiens Philip Samartzis et Lawrence English fabriquent sur One Plus One quatre titres dépouillés et sensibles.

S’ils prônent une approche expérimentale, les musiciens déposent avant tout de minuscules constructions rythmiques faites de boucles, cliquetis et frottements répétés (Faster Than Cold). Chose faite, ils peaufinent une ambient dérangée sans cesse par des interventions diverses - sample de musique ancienne (Gut Bucket Blues), tentations claustrophobiques (Phosphorescent Clouds) ou éléments épars d’un bestiaire sonore inventé (Goin’Back Home). Tous efforts convaincants, sur une vingtaine de minutes, de l’acuité du duo.

CD: 01/ Faster Than Cold 02/ Gut Bucket Blues 03/ Goin' Back Home 04/ Phosphorescent Clouds

Philip Samartzis, Lawrence English - One Plus One - 2006 - Room 40.

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Lawrence English: Happiness Will Befall (Cronica Electronica - 2005)

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Prêt à réévaluer l’espace qui le sépare de l’enregistrement à ravir afin de définitivement se mettre en marche, Lawrence English a récemment rempli quelques cassettes d’atmosphères glanées dans des coins de son Australie, mais aussi en Nouvelle-Zélande, en Inde et à Singapour.

Restait ensuite, pour en faire Happiness Will Befall, de traiter le tout au moyen d’une guitare, d’effets divers et de programmations électroniques. Humblement, pourrait-on conclure, tant les retouches sont légères, ne raclant jamais sur l’évocation sonore d’un paysage qui l’a vu passer. L’approche acoustique d’English se traduit d’abord par un exposé sous cloche surréaliste d’un cliché de carnet de route : retenu, concédé à l’érosion des vents et de la grêle (Adrift).

Ailleurs, c’est un crachin électronique qui inaugure Within Confines of Glass, réceptacle étiré de textures diverses en perdition : émanations rythmiques post-industrielles, sombres nappes, buzz long à l’allumage, et parasites déjà en action sur Two Weeks I’ll Never Have Again. Là, English avait investi le champ répétitif à coups de rebonds pressurisés. Assez bien pour décevoir lorsqu’il se contente de trop peu, soit : de l’usage jusqu’à la corde d’une répétition au minimalisme simpliste (I’ve Been Happy Like This).

Parfois aussi, le jeu s’en mêle. De petites notes de guitare se disputent la priorité (Adrift) ; les aigus se font plus légers et les graves moins pesants, le temps de se partager l’espace selon une charte de bonne entente (Relocated). C’est d’ailleurs là que s’achèvera le disque, de façon plus terre à terre, pour mieux prendre note, sans doute, de ce qu’il aura su survoler.

CD: 1/ Adrift 02/ Two Weeks I’ll Never Have Again 03/ Within Confines of Glass 04/ I’ve Been Happy Like This 05/ Parallel (Midgap) 06/ Relocated (UTC)

Lawrence English - Happiness Will Befall - 2005 - Cronica Electronica. Import.

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