Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Francisco López : Untitled #295 (GOD, 2014)

francisco lopez 295

Une pochette noire comme la peur (de god) ou le délire (de fou) qui vous prendra ! (malhonnête, ne sais-tu pas que les pochettes GOD Records sont plus noires les unes que les autres ?). Celle-là, c'est Untitled #295 de Francisco López (à ne pas confondre avec la 952eme de Narciso Yepes). Mais au fait !, il se fait tard.

Car, je vais vous dire, de guitare point n’en n'est (pardon mais depuis Sarkozy j’ai comme tout le monde perdu tout mon français). Et mon espagnol avec parce que n’attendais-je pas, ô douce dulcinée tranquillement affalée sur les berges de la SMAC, du bruit et du gros son. Et qu’ouïs-je à la place ? Seraient-ce des infrabasses et des têtes de platine qui sautillent sur place ? Oui, le diamant tremble et sautille (j’ai vérifié : dans mon studio il est pourtant aussi tranquille que lorsqu’il tourne sur les autres disques). Mais si c’est le cas, c’est pour mieux te faire danser mon infant : la proto-techno de la 295 sans titre, c’est une danse de Saint Guy autour d’un feu dans la gueule duquel on a jeté un vinyle. Ca crépite, criaille, et rythme bien bien… A jouer fort, si possible, pour la danser encore mieux.

Francisco López : Untitled #295 (GOD)
Enregistrement : 2012. Edition : 2014
LP : A-B/ Untitled #295
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Francisco López : Untitled#281 (Störung, 2014)

francisco lopez untitled#281

Ainsi le boîtier transparent qui enferme cette 281e composition sans nom de Francisco López  parvient à cacher le monstre multiple qui l’habite : électronique tumultueuse où l’usage des machines côtoie des chants de volatiles enregistrés aux quatre coins du monde.

Ce catalogue d’oiseaux évoquera bien sûr davantage les détournements de Merzbow que l’intérêt de Messiaen. Sur le disque, les pépiements sont en effet l’égal des râles – les oiseaux-mouches ne nichent-ils pas désormais en cavernes ? – et ce sont des espèces d’envergure qui s’ébattent en volières. Mais si les expérimentations de López produisent de nouvelles créatures, ce sont moins leur nouveauté que leur panache, mis en valeur par de savants encodages, qui rend leur découverte passionnante.

Francisco López : Untitled#281 (Störung)
Enregistrement : 1995-2010. Edition : 2014.
CD : Untitled #281
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Störung : Sound & Visual Art (Störung, 2012)

störung sound & visual art

Le propos du Störung Festival de Barcelone est explicite, que rappelle le titre de ce DVD augmenté d’un livre : Sound & Visual Art. A l’intérieur, onze collaborations audiovisuelles reviennent sur la neuvième édition du festival. Pas toutes convaincantes : lorsque pêche l’électronique (D-FuseXX+XY Visuals And Sound Art Project, Asférico, Andy Guhl) l’image n’a pas toujours la force de nous le faire oublier.

Pour ce faire, on peut néanmoins compter : sur Anla Courtis, dont les voix ralenties et étouffées sous cloche illustrent les images sépia de fantômes en goguette ; sur Francisco López, dont la spatiale création réagit au noir et blanc de Paul Prudence ; sur Kim Casone qui, à l’image et au son, promène un homme en forêt sombre le temps de conter une histoire dont on déplore la brièveté ; Simon Whetham, enfin, qui manipule de grands vents sur un paysage inventé par Hugo Olim. Quatre musiciens sauvent ainsi la rétrospective : au point de permettre qu’on l’écoute seulement.

Störung : Sound & Visual Art (Störung)
Edition : 2012.
DVD : 01/ D-fuse : Gradualism #01 02/ Dextro & AM : 26_071 Auda 03/ S. Brauer, S. Subero & Alan Courtis : Malabia bla bla 04/ P. Prudence & F. López : Hydro-organic Machine Study 05/ Kim Cascone : Black Flame 06/ XX+XY Visuals and Sound Art Project : Mater States 07/ Aleix Fernández & Asférico : Shapes 3.0 08/ Andy Guhl : Laptop-condensored 09/ Hugo Olim & Simon Whetham : Rhizoid 10/ Elufo & Asférico : Fuerza Natural II 11/ Diego Alberti & Federico Monti : Untitled 09
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Francisco López : Untitled (2010) (Alone at Last, 2012)

francisco lopez untitled alone at last

Pour sa sortie initiale, Alone At Last – officine de Dmitri Vasilyev dont les productions porteront dans un segment solitaire, et seront à apprécier loin des furies du monde, plongé chez soi dans un roman crépusculaire ou isolé des conversations en terrasse sous un casque Dr Dre – donne dans le très connu : l’incontournable Francisco López.

Pour un double CD : Untitled (2010). Claustrophobe tout en conservant ce formidable aspect racé, l’œuvre de l’artiste espagnol intrigue toujours autant qu’elle fascine, des centaines de tracks plus tard. Tout en demeurant dans une oscillation entre calme précaire, voire planant, et déclinaisons postindustrielles, les imbrications sonores de López continuent de porter une marque de fabrique unique, où le sens du détail et de l’enluminure embaume à jamais vers l’interstellaire (Eliane Radigue, anyone ?).

Francisco López : Untitled (2010) (Alone at Last)
Edition : 2012.
2 CD : CD1 : 01/ Untitled #247 02/ Untitled #248 03/ Untitled #242 04/ Untitled #246 – CD2 : 01/ Untitled #241 02/ Untitled #264 03/ Untitled #265 04/ Untitled #268 05/ Untitled #269
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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Marées de hauteurs diverses (Insubordinations, 2012) / D’Incise / Hennig / Kocher / Sciss (Insubordinations, 2012)

marées de hauteurs diverses

Pour ne pas connaître tous les musiciens invités à remixer les Marées de hauteurs diverses de Diatribes et Abdul Moimême, j’ai dû faire confiance aux intéressés (il leur a bien fallu faire confiance, à eux…) en sachant que les risques étaient faibles vus que l'on peut gratuitement télécharger la chose

Faire confiance, donc... A Francisco López, dont les sons en cascade vont crescendo et disparaissent avant d’avoir atteint le premier plan, ce plan où tout est trop visible. A Herzog aussi, qui compose un puzzle électroacoustique où résonnent des bols et des basse, à Blindhæð dont l’emprise nous coupe le souffle (sur un titre dédié au grand Jacques Sternberg… parenthèse refermée ? parenthèse refermée !) ou encore à Nicolas Bernier dont la batterie martèle jusqu’à notre cerveau. Il y a moins de personnalité, par contre, chez Honoré Ferraille, Mokhuen ou Ludger Hennig, mais pas de quoi bouder cet album de reprises, exercice rarement aussi estimable.   

EN ECOUTE >>> Blindhæð : Un fracas d'asthme >>> Nicolas Bernier : Crustacés

Collectif : Marées de hauteurs diverses (Insubordinations)
Edition : 2012.
CD : 01. Blindhæð : Un fracas d'asthme, de gravier et de ferraille suintante pour Jacques Sternberg 02/ Nicolas Bernier : Crustacés 03/ Honoré Ferraille : The Tide Is Gone On Its Own 04/ Ludger Hennig : Retro Forensic Version 05/ Mokuhen : Poisson Silence 06/ Francisco López : Untitled#279 07/ Herzog : Naufrage (remix)
Pierre Cécile © le son du grisli

d'incise kocher hennig sciss

On retrouve D’Incise et Hennig sur un disque (à télécharger gratuitement lui aussi) enregistré à quatre – les deux autres musiciens sont Jonas Kocher à l’accordéon et Sciss au laptop. Ce qui fait trois laptops contre un accordéon… La bataille n’est pas équilibrée, mais Kocher s’en sort très bien. Face aux bips, aux lignes qui ondulent, à des crissements de rideau de fer, aux décharges de l’électricité noire, l’accordéon opte pour le camouflage et ravit l’ensemble !

EN ECOUTE >>> So zahlreich, daß man sie nicht zählen kann

D'Incise / Hennig / Kocher / Sciss (Insubordinations)
Enregistrement : 7 mai 2011. Edition : 2012.
Téléchargement : 01/ So zahlreich, daß man sie nicht zählen kann 02/ Einen einzigen Schuß abfeuern 03/ Flach auf den Boden, um Maß zu nehmen 04/ Daß die Kruste der Erde sich anschickte, ein Gemenge von disparaten Formen zu werden
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Suffer/Enjoy (Antifrost, 2002)

suffer enjoy antifrost

Ca y est, cette fois, on a franchi la ligne rouge. Et derrière, c’est le noir, si l’on en croit les premières secondes du premier morceau de cette compilation. On le doit à Francisco López : grave, insidieux, perturbant !

Comme notre vision commence à se faire à l’obscurité, on distingue des ombres (PG-13, Zbignew Karkowski, Coti, Utah Kawasaki, ILIOS, AS11, Philip Samartzis, Ami Yoshida, Jason Kahn et Kim Cascone). Toutes ont quelque chose à nous murmurer à l’oreille (Antifrost, le label qui a commandé ces travaux compilés aux artistes, a limité leur fréquence à 200 herz). Chaque plage nous transmet une chose ou une autre : la tremblote de Karkowski, l’ambient lo-fi de Coti, les crépitements de Samartzis, les sifflotements de Yoshida, et même l’effacement tonal de Kahn et Cascone, tout concourt à nous surprendre dans des contrées obscures où l’on tâtonne à l’ouïe. Imparable…

Collectif : Suffer/Enjoy (Antifrost)
Edition : 2002.
CD : Suffer/Enjoy
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Francisco López : Untitled #275 (Unsounds, 2011) / Untitled (2009) (Baskaru, 2011) / Elektra Bidasoa (Ferns / Audiolab, 2011)

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Pour une fois, Francisco López se laisse accompagner. Il se fait devancer même, puisqu’il est ici l’auteur des compositions que le pianiste Reinier van Houdt interprète. Le livret note tout de même que le compositeur joue aussi, du « live multi-channel immersive system » pour être précis.

Comparé aux travaux récents de López, Untitled #275  apparaît comme une œuvre minimaliste. Un marteau frappe la corde qui lui est associée, encore et encore, rapidement, puis stoppe. Un mini accord succède à cette note qui n’en pouvait plus. Lui aussi est répété. Le métronome repart de plus belle, un couple de notes suit sa cadence, et d’autres accords apaisent le tout. C’est pop et contemporain à la fois (en d’autres termes : minimaliste !).

Dans un second temps, la frappe dure reprend, des cordes subissent des chocs et pleurent dans leur cage de bois et d’acier. On dirait que Reinier Van Houdt a du mal à arrêter la mécanique infernale qu’il a lancée. Et en effet, c’est trop tard : les habitudes noises ont repris, les sons peuvent être triturés, un chantier ouvre et nécessite l’action concomitante de dix marteaux piqueurs. Jusqu’à ce que tout s’endorme sur une note grave. Tout ça est beau comme du López.

Francisco López: Untitled #275 (Unsounds / Metamkine)
Enregistrement : 2009-2011. Edition : 2011.
CD : 01/ Movement 1 02/
Pierre Cécile © Le son du grisli

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L’imprimé joint avec le disque ne dit pas si Untitled (2009) est un projet cohérent ou une compilation de morceaux inédits (de restes ?) assemblés de drôle de façon. Si l’on mise sur la deuxième possibilité, on regrette que ces deux CD n’en soient pas qu’un et un seul, que l’on aurait salué pour son Untitled #231 composé à partir d’enregistrements de Phill Niblock ou son Untitled #232 grouillant. Il se serait surtout passé de ces remplissages atmosphériques sans couleur et de ces ronflements inopérants…

Francisco López : Untitled (2009) (Baskaru)
Edition : 2011.
2 CD : CD1 : 01/ Untitled #220 02/ Untitled #225 03/ Untitled 234 04/ Untitled #222 05/ Untitled #233 06/ Untitled #240 07/ Untitled #231 – CD2: 01/ Untitled #239 02/ Untitled #221 03/ Untitled #232 04/ Untitled #238 05/ Untitled #235 06/ Untitled #223

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Tout comme Xabier Erkizia, Francisco López a enregistré des sons près de quatre centrales proches de la rivière Bidasoa au Pays basque. Sur Elektra Bidasoa, les deux hommes retranscrivent ces bruits de machines, de scies, de champ électrique et d’eau qui court. Lopez concocte des nuées musicales abstraites et Erkizia des compositions plus tendues et hétéroclites.Cette différence fait la force d’Elektra Bidasoa.

Francisco López, Xabier Erkizia : Elektra Bidasoa (Ferns Recordings)
Edition : 2011.
CD : 01-02/ Francisco López : Untitled #266 / Untitled #267 03-04/ Xabier Erkizia : Elektra Navasturen / Bidasoa, Presak
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Pauline Oliveros, Francisco Lopez, Doug Van Nort, Jonas Braasch : Quartet for the End of Space (Pogus, 2011)

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Au sortir de deux séances d’improvisation et d’un concert donné en septembre 2010 à New York, le quartette en place (Triple Point que forment Pauline Oliveros, Doug Van Nort et Jonas Braasch augmenté de Francisco López) aura glané assez de matériau pour permettre à chacun de ses membres d’en faire ici, par deux fois, sa propre chose sonore.

Les huit propositions électroacoustiques réunies sur Quartet for the End of Space, de varier en conséquence. Quand Doug Van Nort peint de volumineux espaces sous la menace de menaçantes espèces synthétiques (Outer) sinon ouverts aux quatre vents (Inner), Francisco López arrange toutes interventions en rafales-parasites (Untitled #270) ou en impérieux totems sifflants (Untitled #273).

Inquiets davantage qu’on n’oublie pas la nature des instruments au départ utilisés, Jonas Braasch s’adonne, lui, à des jeux de construction (Web Doppelgänger) qui pourraient lui permettre de décrocher une ou deux étoiles (Snow Drifts) tandis que Pauline Oliveros dispose des trajectoires de claviers transformés dans le sillage de Sun Ra (Mercury Retrograde) ou passe des bandes à la moulinette afin de mettre au jour une ode à la métamorphose (Cyber Talk). Ici ou là, quelques essoufflements : mais des essouflements de personnalités follement investies.

Pauline Oliveros, Francisco Lopez, Doug Van Nort, Jonas Braasch : Quartet for the End of Space (Pogus / Metamkine)
Enregistrement : 2010. Edition : 2011.
01/ Doug Van Nort : Outer. 02/ Jonas Braasch : Web Doppelgänger. 03/ Francisco Lopez : Untitled #270. 04/ pauline oliveros : Mercury Retrograde 05/ Jonas Braasch : Snow Drifts. 06/ Doug Van Nort : Inner 07/ Oliveros : Cyber Talk 08/ Francisco Lopez : Untitled #273
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Francisco López : Fango de Euriptéridos (Agxivatein

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Dans le même ordre d’idée (cette idée qui en vaut une autre d’« indus climatique »), Francisco López avait produit une cassette, Fango de Euriptéridos, que le label Agxivatein vient de rééditer sur un petit CD.

Ce ne sont-là que vingt minutes mais vingt minutes assez denses. Elles réveillent des âmes perdues et leurs bruits (respirations difficiles, battements réverbérés, mouvements fiévreux) ne promettent rien de bon du contact avec l’intrus. Or après avoir goûté la crainte de la rencontre avec ces euryptérides (de géants scorpions de mer, nous apprennent de courtes recherches), viendra la joie d’en avoir frissonné. C'est que l’espèce a disparu, enfin ! Même si, grâce à López, la menace est intacte !

Francisco López : Fango de Euriptéridos (Agxivatein / Metamkine)
Enregistrement : 1990. Réédition : 2011.
CD : 01 / Fango de Euriptéridos
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Francisco López : Untitled #244 (Sub Rosa, 2011)

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Untitled #244 est une longue exploration que Francisco López a préparée à partir d’enregistrements réalisés en Argentine et au Paraguay. Un Vingt mille lieux sous les mers de cinquante cinq minutes à l’imagination folle. Ecoutez par exemple la faune que l’on y croise ; voyez les ambiances stratifiées que l’auditeur traverse...

Par endroits, ce que l’on entend fantasme une indus climatique. Un peu plus loin il y a des silences et derrière les silences une ambient magnétique, étrange et inquiétante. Untitled #244 c’est aussi une mélodie fantastique : la symphonie d’une clepsydre colossale que López s’est plu à retourner.

Francisco Lopez : Untitled #244 (Sub Rosa / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ Untitled #244
Pierre Cécile © Le son du grisli

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