Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

Inscription à la newsletter du son du grisli
suivre le son du grisli Fil RSS au grisli clandestin Contact

A paraître : le son du grisli #2Sortir : Festival Bruisme #7le son du grisli sur Twitter
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Tetuzi Akiyama, Jason Kahn, Toshimaru Nakamura : ihj/ftarri (Winds Measure, 2014) / Dotolim Live Series_01 (Dotolim, 2014)

tetuzi akiyama jason kahn toshimaru nakamura ihj ftarri

Till We Meet Again (For 4 Ears, 2005) annonçait bien que Tetuzi Akiyama et Jason Kahn se retrouveraient un jour. Ce fut à Tokyo, (notamment) à l’occasion de deux concerts donnés les 18 août et 12 octobre 2012 – improvisations réunies sur disque par Winds Measure.

A L’International House of Japan (ihj) et Ftarri (ftarri), le duo n’avait pas Utah Kawasaki pour partenaire (Luwa, Ailack) mais Toshimaru Nakamura. Ainsi guitares et synthétiseur analogique étaient deux fois associés au no-input mixing board.

La première fois, une guitare folk glisse, arpège ou bruite, sur les expressions larvées d’expérimentateurs différents – les longues nappes de Kahn (qui fantasment parfois l’usage d’un violoncelle) contrastent en effet avec les trouvailles abrégées de Toshimaru – dont l’association réussira pourtant à emmêler le jeu de cordes lâches. La seconde fois, le trio s’accorde sur un retour d’ampli pour décider ensuite de cheminer en compagnons. Dans le nuage qu’ils soulèvent, beaucoup d’aigus : cordes hautes et tendues, sifflements et larsens de la machinerie. Deux façons, obligées peut-être par deux formes d’espace, de retourner un environnement avec un même énergie.   

écoute le son du grisliTetuzi Akiyama, Jason Kahn, Toshimaru Nakamura
ftarri (extrait)

Tetuzi Akiyama, Jason Kahn, Toshimaru Nakamura : ihj/ftarri (Winds Measure)
Enregistrement : 18 août et 12 octobre 2012. Edition : 2014.
CD : 01/ Ihj 02/ ftarri
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

hong chulki, tetuzi akiyama, jin sangtae dotolim live series

Le 11 décembre 2010, Tetuzi Akiyama donnait un concert en compagnie de deux improvisateurs (souvent) remontés : Hong Chulki (platine) et Jin Sangtae (hard drives). De la rencontre d’une basse ronflante et d’aigus perçants naît une machinerie terrible que nourriront toutes les propositions du trio : grattements, sifflements, cordes pincées ou frappes et retours d’ampli : du chaos naîtra la nécessité d’entendre enfin les arpèges courts d’une guitare heureuse d’en avoir réchappé.


Hong Chulki, Tetuzi Akiyama, Jin Sangtae : Dotolim Live Series (Dotolim)
Enregistrement : 11 décembre 2010. Edition : 2014.
CD : 01/ Dotolim Live Series_01
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Jason Kahn : Sin Asunto / Dotolim (Creative Sources / Balloon & Needle, 2010)

sindotolimsliLa publication simultanée de ces deux enregistrements offre une intéressante occasion de comparer la mise en œuvre de deux pièces conçues par Jason Kahn selon le principe de ses Timelines antérieures (pour Zurich, New York ou Los Angeles) : ces partitions graphiques, élaborées pour des formations spécifiques ou occasionnelles, stipulent des durées, des textures, des intensités, et fournissent une sorte de trame, plus scénographique que sévèrement scénaristique…

Décembre 2008, à Zurich, club Moods : le son d’Ayler « with strings » dans la tête, Kahn (percussions amplifiées) regroupe Vincent Millioud (violon), Bo Wiget (violoncelle) et Christian Weber (une des plus belles contrebasses d’aujourd’hui), avec le projet de se frayer un chemin depuis les grandes profondeurs, tressant sonorités acoustiques & électroniques, vers la surface. Tirant toute sa puissance d’une véritable infusion étirée – par bourdons et planés – dans la durée, la musique atteint, au milieu de la pièce, un plateau à partir duquel se mettent en mouvement, lentement d’abord, les pales de Kahn ; la tension s’accroît (heureusement sans atteindre au caractère martial de l’Helikopter-quartett de Stockhausen) et l’expérience d’audition acquiert, comme dans une aspiration, une passionnante dimension physique. Remarquable.

Novembre 2009, à Séoul, dans l’espace exigu de Dotolim : familier de la scène coréenne depuis une visite de 2006 (Signal to noise vol. 6, disque For4Ears), Jason Kahn (ici, synthétiseur analogique, radio) s’entoure de Ryu Hankil (micro, micro-contact), Park Seungjun (ampli, réverb’), Jin Sangtae (disque dur), Choi Joonyong (platines CD ouvertes) et Hong Chulki (tourne-disques), pour élever des nuées électrostatiques urticantes qui, par phases et paliers, jusqu’à des altitudes d’une complexe frénésie, font et défont leurs agglomérats dans une ébullition fourmillante. Les matières ont beau être des plus métalliquement rêches, tirées d’un matériel technologique détourné si ce n’est éviscéré (ces platines qui patinent), grinçantes et plus aléatoires que les fameux cracked everyday-electronics, leurs jeux d’apparition-disparition donnent à l’abrasion générale une étonnante plasticité.

Deux excellents disques qui, s’ils ont un modus operandi commun, délivrent une fascination subtilement différente.

Jason Kahn : Sin Asunto (Creative Sources / Metamkine)
Edition : 2010.
CD : Sin Asunto

Jason Kahn : Dotolim (Ballon & Needle /
Metamkine)
Edition : 2010.
CD : Dotolim
Guillaume Tarche © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]
>