Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Steve Marcus : Count's Rock Band (Vortex, 1969)

steve marcus count's rock band

Ce texte est extrait du premier des quatre fanzines Free Fight. Retrouvez l'intégrale Free Fight dans le livre Free Fight. This Is Our (New) Thing publié par les éditions Camion Blanc.

A l’époque on parlait de hard rock, de free jazz et de jazz-rock, mais pas encore de free rock. Symptomatique de ce qui se trame alors, ce que tente le saxophoniste Steve Marcus s’étiquette difficilement. Dans les notes de pochette de l’édition française de Count’s Rock Band (il existe deux pochettes : la française, en couleurs, créditant à tort Larry Coryell co-auteur de l’entreprise ; et l’anglo-saxonne, toute de noir et blanc), Patrice Blanc-Francard s’interroge sur le contenu, et parle de free rock : gageons en 2011 qu’il s’agit de tout autre chose, plutôt d’une cohabitation d’idiomes divers, sans aucune véritable fusion. Steve Marcus n’est pas Roberto Opalio de My Cat Is An Alien : il reste les pieds bien ancrés dans le jazz, le free et le rock, il les aborde à tour de rôle, de manière convaincante – et accessoirement datée. Qu’il ait dès lors convoqué le guitariste Larry Coryell et le batteur Bob Moses, fraîchement émoulus des Free Spirits aux préoccupations voisines, n’a rien d’étonnant.

Steve Marcus 1

Ensemble ils enregistrent donc Count’s Rock Band, fidèle à cet œcuménisme assumé, et dont la première face, bien plus que la seconde, vaut le détour. En ouverture « Theresa’s Blues » s’y impose en douze minutes denses et groovy se terminant en un free chaleureux précédant une reprise (très belle et habitée) du « Scarborough Fair » de Simon & Garfunkel, avant qu’un morceau de batterie en solo de trente-cinq secondes ne vienne bizarrement clore la face. On parle peu de Steve Marcus, comme de John Klemmer, de Jim Pepper, d'Azar Lawrence (que Larry Coryell a accompagné) ou de Steve Grossman : probablement parce qu’ils ne sont que de petits maîtres à l’œuvre assez mince et inégal. Sauf qu’en compagnie du guitariste Larry Coryell, alors encore marqué par Hendrix et au sommet de sa créativité (souvenons-nous de son étincelant solo de « Communications #9 » au sein du Jazz Composers Orchestra dirigé par Michael Mantler), Steve Marcus offre le meilleur, comme il le fit d’ailleurs en quartette aux côtés d’un guitariste encore plus explosif, Sonny Sharrock, sur l’excellent Green Line, en compagnie de la rythmique Miroslav Vitous / Daniel Humair. Count’s Rock Band est originellement sorti sur Vortex, sous-label d’Atlantic dirigé par le flûtiste Herbie Mann, chez qui on a justement pu entendre Larry Coryell et Sonny Sharrock ensemble le temps de Memphis Underground ; Herbie Mann également producteur du sulfureux It’s Not Up To Us de Byard Lancaster. Sur la pochette de The Lord’s Prayer, disque suivant de Steve Marcus pour le compte du même label, la photo ornant le recto est du jeune Larry Clark, pas encore cinéaste.

Steve Marcus 3

ffenlibrairie

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Darius Jones : Man'ish Boy (AUM Fidelity, 2009)

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Sur la pochette du premier album du saxophoniste Darius Jones, on voit un jeune Afro-américain à trois visages suivi par une silhouette menaçante. Le trio rassemblé par le musicien (avec Cooper-Moore au piano et au diddley bow et Rakalam Bob Moses à la batterie) produit en effet une œuvre qui peine quelque fois à se détacher de l’ombre de ses figures tutélaires.

C’est que Darius Jones fait ici davantage un travail mémoriel, en évoquant sa jeunesse dans le Sud des Etats-Unis et en rendant audible l’importance du blues et du gospel dans sa formation. La passion lyrique exprimée par le saxophoniste et ses acolytes suffit à intéresser l’auditeur, que ce soit par le biais de ballades chaudes et crépusculaires comme Meekness ou d’improvisations au souffle puissant comme ce nerveux Chasing the Ghost. Pour ce dernier morceau, Cooper-Moore joue du diddley bow, un instrument à une seule corde d’origine africaine dont l’utilisation introduit un groove ravageur. Nul doute que cette œuvre embryonnaire ancrée dans l’histoire de la Great Black Music communiquera joie et énergie aux aficionados du genre.

Darius Jones Trio : Man’ish Boy (A Raw and Beautiful Thing) (Aum Fidelity / Orkhêstra International)
Enregistrement : 27 avril 2009. Edition : 2009.
CD : 01/ Roosevelt 02/ Cry Out 03/ We are Unicorns 04/ Meekness 05/ Salty 06/ Chasing the Ghost 07/ Big Train Rollin’ 08/ Forgive me
Jean Dezert © Le son du grisli

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Michel Lambert, Rakalam Bob Moses: Meditation on Grace (FMR - 2008)

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Souvent entendu depuis auprès de François Carrier, Michel Lambert s’adonnait en 2004 au tout percussif en compagnie de Rakalam Bob Moses, ancien partenaire de Mingus, Rahsaan Roland Kirk ou Paul Bley, que Lambert est allé chercher jusque chez lui.

Meditation on Grace, de faire défiler allées et venues sur percussions subtiles, grands développements inspirés autant par le free jazz de Sunny Murray (jusqu’au murmure entendu sur Delicate Balance) que par les résonances de gongs orientaux conseillant l’accalmie (Meditation on Grace). Amasse ainsi les preuves de la clarté de la collaboration et de l’honnêteté d’une inspiration conjointe.

CD: 01/ Barrage 02/ Meditation on Grace 03/ Delicate Balance 04/ Radiant Transmission >>> Michel Lambert, Rakalam Bob Moses - Meditation on Grace - 2008 - FMR.

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