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Burton Greene : Presenting Burton Greene (CBS, 1969)

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Ce texte est extrait du dernier des quatre fanzines Free Fight. Retrouvez l'intégrale Free Fight dans le livre Free Fight. This Is Our (New) Thing publié par Camion Blanc.

Une célèbre photo prise au milieu des sixties montre le pianiste blanc Burton Greene au milieu de ses confrères Bill Dixon, Paul Bley, Mike Mantler, Archie Shepp, Sun Ra, Carla Bley, Cecil Taylor, Roswell Rudd et John Tchicai. Tous appartenaient alors à la Jazz Composers’ Guild, coopérative créée en 1964 à New York à l’initiative de Bill Dixon, et dont le but était d’améliorer les conditions de travail des musiciens d’avant-garde. Avant que des dissensions n’en aient raison, quatre jours de concerts au Judson Hall purent rendre compte du travail accompli. Malgré la « caution » que conférait cette appartenance à l’association, où Noirs et Blancs œuvraient d’ailleurs à des recherches voisines avec la même créativité, LeRoi Jones (qui ne se faisait pas encore appeler Amiri Baraka) épingla Burton Greene (en 1966 précisément) dans la rubrique Apple Cores qu’il tenait alors dans le magazine de jazz américain Downbeat. Et pourquoi ? Parce qu’il se trouvait que Burton Greene venait de donner un concert à Newark, au cours duquel un piano, passablement délabré avant même que le musicien ne monte sur scène, fut joué depuis l’intérieur car il n’aurait tout bonnement pas pu sonner autrement ! La légende veut en effet qu’il ait manqué à l’instrument pas moins d’une bonne vingtaine de touches situées au centre même du clavier ! Il n’en fallut pas plus à LeRoi Jones, alors aveuglé par le Black Power, pour ne voir en Burton Greene qu’un blanc-bec branché de plus – et opportuniste qui plus est… Greene, qui joua pourtant avec Archie Shepp dans le cadre de l’album engagé Poem For Malcolm, et à qui Byard Lancaster et Sunny Murray, deux musiciens noirs qu’on ne peut accuser de concessions, conseillèrent de riposter par la musique ! Tout ceci est désormais consigné dans l’autobiographie de Burton Greene : Memoirs Of A Pesty-Mystic. Toujours est-il que Greene fut le premier pianiste de jazz à jouer dans le piano, John Cage et Henry Cowell ayant certes exploré des voies similaires dans le domaine de la musique contemporaine quelques années auparavant.

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LeRoi Jones aux U.S.A. ; Alain Gerber en France. Dans Jazz Magazine, même époque, ce dernier à propos du duo Burton Greene / Maarten Van Regteren Altena (Celesphere, Futura Records) : « Burton Greene est blanc et cherche une solution blanche à son problème : rompre avec un certain jazz historiquement (économiquement, idéologiquement) situé. Loin en amont, des Noirs pareillement hantés retrouvent la tradition louisianaise, le blues, les chants de travail, une Afrique fantasmée, et, tout au travers, les cris et les rumeurs du ghetto. Greene et les Blancs, eux, ne peuvent pas se révolter avec leur passé de race, de classe. Ce serait le cautionner, et avec lui toutes les déterminations qui l’ont fait ce qu’il a été. Bon gré mal gré, ils sont obligés de faire table rase. Ils le renient : ce n’est pas seulement qu’ils lui sont infidèles, c’est aussi et surtout qu’ils refusent de le reconnaître pour leur passé. Ils tâchent de perdre la mémoire, tandis que les Noirs font effort pour la retrouver. Ce renoncement, bien sûr, est un acte de luxe. Pour nantis exclusivement. Mais comment pourrait-il en être autrement ? Sans doute, ils ne veulent pas se lancer, rageusement, à la recherche d’un paradis perdu. Ce qu’ils ont perdu n’est pas un paradis. De plus, ils ne l’ont pas perdu, plus justement, ils s’en sont débarrassés. »

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Semble-t-il, c’est ignorer que Burton Greene a toujours été attiré vers une synthèse, naturelle chez lui, du jazz et de la musique classique ; fusion qu’il entendait accomplir avec un maximum de liberté. Burton Greene a été biberonné à l’écoute des romantiques Rachmaninov et Debussy, de même que pour lui la musique baroque a fini par représenter une sorte d’idéal spirituel exaltant. Si Burton Greene, en matière de jazz et par l’intermédiaire d’une amie d’Horace Silver, découvrit assez jeune Bud Powell, Lennie Tristano ou Lee Konitz, il n’en a pas moins intensément aimé, et en parallèle, Bach, Monteverdi ou HaendelBurton Greene à Laurent Goddet, dans Jazz Hot : « Au début des années soixante, une chose me troubla : j’étais en train d’essayer de me faire une place dans un monde dominé par les innovateurs noirs. Et dans les cercles extrémistes, on pouvait entendre que la race blanche tout entière s’était desséchée, qu’elle était morte, et que nous tirions notre nourriture spirituelle et physique exclusivement de l’homme noir. Je me suis finalement rendu compte que je possédais une énergie m’appartenant en propre, mais que j’avais souvent besoin de la décontraction et du swing du langage noir afin d’être à-même de fournir des contours à cette énergie. C’est ici qu’il a fallu conclure un marché : les Noirs ont donné le mortier et les briques pour de nouvelles fondations, et nous, nous pouvions en revanche offrir de beaux blocs de construction en provenance des Bach, des Beethoven, des Bartók, des Messiaen. » Difficile, également, de cautionner de tels propos dans leur totalité, la Great Black Music ayant, elle aussi, offert de « beaux blocs de construction », ce à quoi s’est toujours attelé un Roscoe Mitchell par exemple. Disons que Burton Greene, qui allait se renommer Narada sous la houlette de son maître Swami Satchidananda, cherchait sa voie dans un jazz libéré, et qui finirait par devenir « baroque » à sa manière et sous sa coupe.

Progressivement, et dès ce disque Columbia produit par John Hammond, comme quelles que soient les innovations technologiques sollicitées (ici du Moog çà et là), Burton Greene célèbrera un héritage et des traditions lui appartenant en propre puis intégrés au sein d’un vocabulaire nouveau : cette fameuse Nouvelle Chose dont il fut l’un des chantres américains convaincants, et à laquelle se livrent aussi, sur Presenting Burton Greene, Byard Lancaster, Steve Tintweiss et Shelly Rusten. Beaucoup plus tard dans la carrière de Burton Greene, en duo avec le saxophoniste Keshavan Maslak par exemple, les influences extérieures au jazz (indiennes notamment) s’exprimeront avec plus de clarté dans l’intention, au fil de séquences répétitives au lyrisme paisible et enchanteur. 

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Jef Gilson : Jef Gilson et Malagasy (Jazzman, 2014)

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En introduction du texte qu’il consacra, dans Free Fight, à Œil Vision, Philippe Robert écrit : De nos jours, on connaît généralement Jef Gilson pour son approche du jazz modal […] Certains, plus rares, savent son investissement de longue date : qu’il a collaboré avec les Double Six par exemple, ou encore qu’il a été ingénieur du son et label manager – les disques Palm, c’est lui. Tous les amateurs, bien évidemment, apprécient le pianiste-arrangeur et compositeur qu’il a été. Ajoutons aussi qu’il fut par ici un découvreur de talents sans pareil : Jean-Louis Chautemps, Jean-Luc Ponty, Bernard Lubat lui doivent beaucoup, tout comme de nombreux jazzmen américains de passage à Paris – Byard Lancaster et David S. Ware entre autres.

A la reconnaissance de Gilson, le label Jazzman travailla déjà en publiant Archives, Chansons de Jazz et The Best of Jef Gilson. Cette année, c’est la « période malgache » du pianiste que le label met en valeur dans un coffret de rééditions (Malagasy, Malagasy at Newport-Paris, et le Maintenant ‘Zao de Sylvin Marc et Del Rabenja, édités en leur temps sur Palm) augmentés d’inédits. Le livret d’une vingtaine de pages raconte le premier voyage de Gilson à Madagascar à l’occasion d’une tournée organisée en mai 1968 – présences du contrebassiste Bibi Rovère et du batteur Lionel Magal. Le mois suivant, le pianiste quitte l’île en promettant aux musiciens qu’il y a rencontrés d’y revenir bientôt : l’expérience d’un folklore à envisager en langue vivante n’est-elle pas faite pour plaire à l’amateur de « chansons de jazz » qu’il est ?

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Elle-même carrefour d’influences, la terre est fertile – comme celle d’une autre Afrique, qui, dans un même état d’esprit, souffla Moshi à l’oreille de Barney Wilen –, où Gilson retournera plusieurs fois et d’où il rapportera des enregistrements d’une fusion qui embrasse jazz modal, rhythm-and-blues et foklore local – ainsi la vahila est-elle intégrée à un instrumentarium souvent porté par une basse et un piano électriques ou un Fender Rhodes. Si l’expérience, chamarrée, n’est pas toujours « valable » – les thèmes sont parfois d’une composition mince quand la modalité impose au groupe quelques longueurs –, elle recèle de trouvailles : pulsation du cœur des rues d’alors Tananarive sur A Tana de Jean-Charles Capon, saxophone de Roland De Comarmond sur une reprise de The Creator Has A Master Plan de Pharoah Sanders, permissions du meneur versant Malagasy dans un free rafraîchissant, écarts de Del Rabenja au saxophone ténor sur Buddha’s Vision, beaux moments de concerts que renferme le dernier disque du coffret, dont la conclusion donne à entendre auprès du groupe de Gilson Clint Jackson III, Khan Jamal (si ce n’est Bernard Lubat), et Byard Lancaster. Lancaster, qui emploiera ensuite des membres de Malagasy pour l’enregistrement de Funny Funky Rib Crib et Us, deux références du catalogue du Palm de Jef Gilson.

Jef Gilson : Jef Gilson et Malagasy (Jazzman)
Edition : 2014.
4 CD / 5 LP : CD1 : 01/ A Tana 02/ Avaradoha 03/ Chant Inca 04/ Sodina 05/ The Creator Has A Master Plan 06/ Malagasy – CD2/ 01/ Newport Bounce 02/ Salegy Jef 03/ Solo Franck 04/ Buddha’s Vision 05/ Veloma Lava 06/ Valiha Del 07/ Requiem pour Django 08/ Dizzy 48 09/ 1973 – CD3 : Madagascar Now : Maintenant ‘Zao : 01/ Valiha Ny Dada 02/ Katramo 03/ Hommage à Rakotofazy 04/ Amore Ny Canal 05/ Del-Light 06/ Ô Ambalavoa “City” 07/ Rotaka (Fais Peter) – CD4 : Les touches noires 01/ Colchiques dans les prés (Live) 02/ Unknown I 03/ Unknown II 04/ Unknown III 05/ Chant Inca (ive) 06/ Dizzy 48 (Live) 07/ Prélude en sol mineur (Live) 08/ Les touches noires 09/ Unknown IV
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Byard Lancaster : It's Not Up To Us (Vortex, 1968)

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Ce texte est extrait du deuxième volume de Free Fight, This Is Our (New) Thing. Retrouvez les quatre premiers tomes de Free Fight dans le livre Free Fight. This Is Our (New) Thing publié par Camion Blanc.

Cet album, selon son auteur, ne serait pas encore celui du plein épanouissement. Ce pourquoi d’ailleurs il se nomme It’s Not Up To Us. Sans compter que l'on y voit Byard Lancaster, sur la pochette, gravir de premières et métaphoriques marches… De ce disque produit par Joel Dorn pour Vortex, filiale d’Atlantic, le saxophoniste garde un bon souvenir, comme confié huit ans après sa réalisation à Philippe Carles, dans le cadre d’une interview publiée par Jazz Magazine. Surprenant entretien toutefois, ayant offert une couverture inespérée à cet Américain dont les propos s’avèrent çà et là contradictoires : l’on y sent un artiste tiraillé entre l’attrait du « business » et l’idée de participer à l’édification d’un monde meilleur.

Grâce au « business » Byard Lancaster entend cependant défendre une bonne cause : faire connaître au plus grand nombre la Great Black Music, tout en proposant une alternative au son alors en vogue dans sa ville d’origine, à savoir le Philadelphia Sound des producteurs Kenny Gamble et Leon Huff, tandem usinant des tubes au demeurant fort respectables immortalisés par Billy Paul, les Spinners ou les O’Jays.

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L’histoire de Philadelphie est indissociable de celle du jazz. Coltrane y a vécu. Jimmy Heath, Bobby Timmons et Lee Morgan s’y sont exprimés. Byard Lancaster, Khan Jamal, Rufus Harley et Monnette Sudler ont fini par en incarner un certain esprit, au point qu’au début des années 2000, Antoine Rajon les produise tous quatre pour le compte du petit label Isma’a : « Byard Lancaster est un homme libre confie-t-il. Hérault d’une musique qui n’est plus du jazz, il poursuit la quête d’Albert Ayler d’un folklore universel et moderne dont l’inspiration stellaire renvoie l’écho de l’Afrique originelle. »

Comme Charlemagne Palestine, mais à sa manière, Byard Lancaster paraît traquer sans fin le son primordial. Parfois même, en raison de cette recherche, il a pu donner l’impression de se disperser au fil des rencontres et des voyages qui le menèrent jusqu’en Jamaïque aux côtés de Big Youth.

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Quand It’s Not Up To Us est enregistré, Byard Lancaster n’a pas encore séjourné à Paris où il joua régulièrement auprès de ses compatriotes Clint Jackson III et Keno Speller, de Philadelphie eux aussi, présence dont témoignent des opus sortis par Jef Gilson sur Palm / Vandémiaire. Depuis, de celui qui a donc croisé Sun Ra, Pharoah Sanders, Bill Dixon, Larry Young et Ronald Shannon Jackson, le pianiste français François Tusques se souvient comme « d’une grande source d’inspiration et d’un authentique représentant du soul / free jazz ». Funny Funky Rib Grib, entre autres dédié à James Brown et Sammy Davis, en atteste. Tout comme ses œuvres des seventies les plus personnelles : Exodus, Personal Testimony, Live At Macalester College et le microsillon éponyme gravé avec le groupe Sounds Of Liberation. Toutefois, pareille intensité ne sera plus, par la suite, que rarement atteinte en dehors d’une version habitée de « The Creator Has A Master Plan » et des retrouvailles, sur Ancestral Link Hotel et Pam Africa, avec le batteur-percussionniste (mais pas que) Harold E. Smith.

Du meilleur alors encore à venir, réédité par Porter Records en CD depuis que les originaux sont devenus des pièces de collection, It’s Not Up To Us propose une sympathique ébauche dans laquelle on entend Byard Lancaster au saxophone, tout comme à la flute, son autre instrument de prédilection (il chante et joue aussi du piano, à l’occasion, mais pas ici). Surtout It’s Not Up To Us donne à entendre le guitariste Sonny Sharrock, à qui sont quasiment réservées les neuf minutes de « Satan », plage étonnamment singulière et mature par rapport aux autres compositions, et véritable morceau de bravoure question jeu. Globalement l’ambiance évoque The Dealer de Chico Hamilton (les alliages flute / guitare n’y sont pas étrangers), voire le saxophoniste Azar Lawrence en compagnie de Larry Coryell à ses débuts – au fait : qui se souvient encore d’Azar Lawrence ?

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Sounds of Liberation : Sounds of Liberation (Porter, 2010)

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C’est sur un canevas essentiellement binaire (rock ou funk) que se déployait le Sounds of Liberation de Khan Jamal. Publié à l’origine sur le label Dogtown, la musique du groupe déversait en 1972 du côté de Philadelphie, un groove sale mais où pouvait néanmoins se nicher quelque espoir d’aléatoire. Bref, mettre un peu de risque dans un genre convenu et calibré.

Ces grains de sable étaient surtout à la charge de Byard Lancaster et de Monnette Sudler. Le premier, au souffle généreux et titanesque, ne se privait pas de déverser ses flots convulsifs et continus au dessus d’une armada percussive parfois encombrante. La seconde, au contraire, préférait la rupture et l’irréfléchi au discours fleuve. Un jeu aux avortements secs, certes, mais d’une liberté absolue. Une pièce de plus à verser au dossier du jazz binaire des seventies déjà bien documenté par les rééditions Atavistic du BAG de Luther Thomas et du Nation Time de Joe McPhee.


Sounds of Liberation, New Life (extrait). Courtesy of Porter Records.

Sounds of Liberation : Sounds of Liberation (Porter Records / Orkhêstra International)
Enregistrement : 1972. Réédition : 2010
CD : 01/Happy Tuesday  02/New Horizons II  03/Billie One  04/We’ll Tell You Later  05/New Horizons I  06/New Life
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Byard Lancaster: Personal Testimony (Porter - 2008)

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Pour rééditer aujourd’hui Personal Testimony – disque que Byard Lancaster enregistra seul en 1979 – et l’augmenter de six titres – que Lancaster, toujours seul, enregistra en 2007 –, Porter Records précise : Byard Lancaster, Then and Now.

Then, Lancaster va de flûtes en piano, saxophones, clarinette basse et percussions, enregistre et réenregistre sur une même piste des oraisons d’allure mystique qui semblent n’absorber que lui (trois premiers titres de Personal Testimony) pour se montrer ensuite plus inspiré. Alors, il somme à son langage de se laisser transmettre : jouant du décalage de deux intentions de clarinette basse différentes (Brotherman) ou réclamant à l’alto qu’on lui reconnaisse une singularité d’action dans le champ du free jazz (Brian, Mind Exercice).

Now, plus anecdotique, fait davantage de place à la flûte traversière, et redit qu’il faut, dans cette collection de solos, trouver la véritable originalité de Lancaster dans les sonorités d’autres instruments à vents, embouchés jadis.


Byard Lancaster, Marianne and Alica. Courtesy of Porter Records.

CD: 01/ Miss Nikki 02/ In Lovingkindness 03/ Dogtown 04/ Hoodoo 05/ Brotherman 06/ What a Friend We Have in Jesus 07/ Marianne and Alica 08/ Brian 09/ Mind Exercice 10/ Prayer Cry 11/ Tribalize Lancaster 12/ Afro-Ville 13/ Free Mumia 14/ Global Key 15/ Loving You >>> Byard Lancaster - Personal Testimony (Then and Now) - 2008 - Porter Records. Distribution Orkhêstra International.

Byard Lancaster déjà sur grisli
Live at Macalester College (Porter - 2008)
Ancestral Link Hotel (Cimp - 2006)
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Byard Lancaster: Live at Macalester College (Porter Records - 2008)

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Entendu en lofts auprès d’Archie Shepp ou Sunny Murray (à qui ce Live at Macalester College est dédié), Byard Lancaster passe sur ces enregistrements de concerts (donnés en trois endroits différents entre 1970 et 1973) d’un instrument à vent à l’autre aux côtés de son ami le percussionniste J.R. Mitchell.

En quintette, Lancaster précipite à Boston une ascension aylérienne, tremblante, et commande une free music peu économe de ses effets et changements d’allures. En quartette, se fait plus tendre grâce au piano de Sid Simmons. En trio, dérive jusqu’à mettre la main sur un free sur expansif (World In Me) puis s’attaque à une polyphonie qui déraille lentement sous les coups, trop appuyés sans doute, de la basse de Calvin Hill (Thought).

Publié une première fois en 1972 par Dogtown Records, voici donc Live at Macalester College augmenté de deux inédits (le dernier, dispensable quand même) disponible à nouveau grâce aux efforts, pas obligés et pourtant obligatoires, de Porter Records.


Byard Lancaster, 1234 (extrait).


Byard Lancaster, World In Me (extrait). Courtesy of Porter Records.

CD: 01/ 1234 02/ Last Summer 03/ War World 04/ Live At Macalester 05/ World In Me 06/ Thought

Byard Lancaster - Live at Macalester College - 2008 (réédition) - Porter Records.

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Sunny Murray : Sunny Murray (ESP, 2007)

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Sorti par ESP en 1966, voici Sunny Murray réédité. Sur lequel on entend, entre deux extraits d’interview, évoluer une formation rare, composée de Jacques Coursil, Jack Graham, Byard Lancaster et Alan Silva.

Lentement, Murray commande d’abord à ses partenaires de porter haut leurs interventions – saxophones gémissant et trompette impérieuse – quand il se charge d’organiser ses cortèges d’accents, enfoncés sous les gestes larges qu’appellent, insatiables, ses imprécations vocales. Convaincus aussi, Coursil, Graham et Lancaster, imbriquent leurs solos exaltés ou rivalisent de morgue pour mieux explorer les possibilités permises par la conduite du batteur.

Déjà déstabilisante, la section rythmique ploie encore sous les interventions de Silva : grand archet organique ou pizzicatos appuyés, qui portent les efforts communs à leur point culminant. Plus qu’indispensable, Sunny Murray

Sunny Murray : Sunny Murray (ESP / Orkhêstra International)
Enregistrement : 1966. Réédition : 2007.
CD :
01/ Early History / The New Music 02/ Sunny Murray 03/ Phase 1.2.3.4. 04/ Hilariously 05/ Angels and Devils 06/ Giblet 07/ Recap Session 08/ Musicians and Magic
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Byard Lancaster: Ancestral Link Hotel (CIMP - 2006)

byardgrisliFreejazzman  actif  dans les  années 1960  aux côtés de Sunny Murray ou Bill Dixon, le saxophoniste Byard Lancaster a toujours su éviter l’écueil de la théorie ressassée jusqu’à perte d’acuité. Indiscipliné, son jazz se sera frotté au funk autant qu’au folklore jamaïcain ; aura aussi subi quelques incartades punks. Pour mieux revenir, aujourd’hui, à l’endroit où tout a commencé.

Vu de l’Ancestral Link Hotel, l’horizon est africain. La voix de Lancaster alterne avec le jeu d’une flûte rudimentaire sur les percussions sagement déposées par Harold E. Smith – partenaire historique de
Joe McPhee – et les allées et venues d’archets, sur les contrebasses d’Ed Crockett et Bert Harris. Un peu à la manière de l'Art Ensemble, le groupe installe une impression sensible relevée par les interventions de cloches et de sifflets.

Ensuite, viennent les conséquences: blues obligé (Slow Blues in G), hard bop subtil (Milestones), ballade précipitée par un swing convaincant (Killer Joe), ou free jazz affirmé encore et toujours aussi élégamment, au soprano (Searching) ou à l’alto (sur le ludique et efficace Holy Buddy). Terminant le concert par un solo dense, Byard Lancaster aura ainsi naturellement réinventé l’intégralité de ses classiques.

CD: 01/ Ancestral Link Hotel 02/ Holy Buddy 03/ Slow Blues in G 04/ Milestones 05/ Killer Joe 06/ Searching 07/ You Decide

Byard Lancaster Quartet - Ancestral Link Hotel - 2006 - CIMP Records. Distribution Impro Jazz.

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