Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

Inscription à la newsletter du son du grisli
suivre le son du grisli Fil RSS au grisli clandestin Contact

Parution : Jazz en 150 figures de Guillaume BelhommeParution : le son du grisli #2Sortir : Festival Baignade Interdite
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Feedback: Order from Noise (Mikroton, 2014)

feedback order for noise

L’ordre venu du bruit (le bruit mis en ordre ?) – parfois au plus proche du silence (là où les acouphènes peuvent faire œuvre, elles aussi) – que cette compilation nous propose n’est pas nouveau. Son esprit l’est encore moins. C’est (déjà) qu’elle est le fruit d’une tournée organisée en 2004, au Royaume-Uni. C’est (ensuite) que ses  participants (Knut Aufermann, qui a pensé le projet et cette compilation, et puis Xentos Fray Bentos, Nicolas Collins, Alvin Lucier, Toshimaru Nakamura, Billy Roisz, Sarah Washington et Otomo Yoshihide) ont une réputation à entretenir, si ce n’est à défendre.  

Alvin Lucier, bien sûr, qui, avec Bird and Person Dyning, n’en compose pas moins une pièce qui convoque chants d’oiseaux et aigus de synthèse qui interrogent la résistance de l'oreille ; Otomo Yoshihide, aussi, qui, à force de vrombissements de guitares et de soubresauts de platines, organise un bel ouvrage de feedbacks (DDDD) ; Toshimaru Nakamura, encore, qui commande des déferlantes électroniques sur un silence capable de les avaler les unes après les autres (nimb 24/06/04) ; Nicolas Collins, enfin, qui, grâce à des machines de son invention, maîtrise de longs larsens et même d’impressionnantes oscillations (Pea Soup + Mortal Coil).

Et puis il y  a cet Order from Noise Ensemble, c’est-à-dire tous les musiciens (si ce n’est Lucier) chantant ensemble : qui se mettent à distance de tout bruit excessif (Lullaby), travaillent à un crescendo de noise définitivement sage (Block 3) ou étouffent le thème imposé (le feedback, rappelons-le) sous un coffre de graves (Block 2). Cette dernière prise est, comme quatre autres, illustrée par Roisz sur un DVD : si ses vidéos « péritel » n’apportent pas grand-chose au propos des musiciens – ni à l’œil de l’auditeur –, elles n’empêchent pas qu’on les entende : d’autant qu’au son de son duo avec Nakamura (CNS), la voici toute excusée.

Feedback: Order from Noise (Mikroton)
Enregistrement : juin-juillet 2004. Edition : 2015.
2 CD + 1 DVD : Feedback: Order from Noise
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Angélica Castelló : Sonic Blue (Interstellar, 2015) / Angélica Castello, Billy Roisz, Burkhard Stangl, dieb13 : Scuba (Mikroton)

angelica castello sonic blue

Je ne sais ce qu’est le subgreatbass Paetzold Recorder d’Angélica Castelló qui ronfle comme ça en début de LP, mais ce n’est guère engageant. Flippant, même. Mais je me plonge malgré tout dans cette ode aux mers et aux océans de notre monde.  

Arctique, Atlantique, Pacifique… Tout ou presque y passe le long d’un voyage ou des field recordings forment des bans avec des electronics, des radios et des tapes… Une vraie barrière électroacoustique qui n’effraye pas le gros poisson. Pour ce qui est de l’explorateur (c’est-à-dire : moi, à la suite de Castelló), il suit le courant (pas assez saumon pour le remonter), tranquille, ébahi et de temps à autre agacé. Parce que notre guide n’envisage pas de composer sans en faire des caisses (ou des bourriches) qui piquent plus qu’un oursin. Quand la mer est calme, ça passe. Quand elle ne l’est pas, dommage pour la marine !

Angélica Castelló : Sonic Blue (Interstellar)
Edition : 2015.
LP : A/ Artico / Mediterráneo / Pacifico – B/ Indico / Caribe / Golfo / Atlántico
Pierre Cécile © Le son du grisli

angelica castello dieb13 burkhard stangl scuba

La composition est de dieb13, et pour quatre improvisateurs : Scuba rend un air de guitare électrique ligne claire (Burkhard Stangl), brouillé bientôt par les bruits qui l’environnent et quelques respirations (Angélica Castelló). L’électronique (Billy Roisz) tremble, la guitare soliloque mais Scuba perd en étrangeté lorsqu’elle adopte la forme d’un voyage astral qui sonne moderne comme de l’ancien. Alors, retour à la guitare, et c’est la fin du disque.

Angélica Castello, Billy Roisz, Burkhard Stangl, dieb13 : Scuba (Mikroton / Metamkine)
Edition : 2014.
CD : 01/ Scuba
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]
>