Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Murmurists : I Am You, Dragging Halo (Zoharum, 2016)

murmurists i am you dragging halo

Derrière (au-dessus de ?) ces voix murmureuses (Pixyblink, Bryan Lewis Saunders, Annie Dee, Anton Mobin…) et ces musiciens au « la 440 » tordu (Paulo Chagas, Mark Browne, Annie Dee encore, Thomas Fernier…) il y a la main d’Anthony Donovan, un multi-instrumentiste qui en a vu d’autres (de multi-instrumentistes) d’autant qu’il lui a fallu deux ans pour nous conter I Am You, Dragging Halo.

Une drôle d’histoire que cette pièce de poésie sonore sur accompagnement d’abstract-noise. Bizarroïde ne pourrait pas dire comme cette pièce est bizzaroïde, au point que même les sons sont méconnaissables ; une abstract-psyché virant noise à vous percer le tympan, un rock-ambient dont les guitares répétitives crachent tout à coup du métal, des collages distroy en phase de reconstruction… C’est un peu tout ça, I Am You, Dragging Halo… Et d’autres choses encore. Même si derrière (ou au-dessus de) ces choses, c'est toujours et surtout... Anthony Donovan.



murmurists

Murmurists : I Am You, Dragging Halo
Zoharum
Enregistrement : 2012-2014. Edition : 2016.
CD : 01/ I Am You, Dragging Halo
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Instant Chamber Music (Setola di Maiale, 2013)

instant chamber music

On pourra reprocher certaines petites choses (improvisations shuntées et incomplètes) à Marcello Magliocchi (sculptures sonores), Matthias Boss (violon), Paulo Chagas (flûtes, hautbois, clarinettes, saxophones) et Maresuke Okamoto (contrebasse) mais jamais on ne mettra en doute le bien fondé de leur entêtement. Car ce sont avant tout des aventuriers du bruyant, des soldats aux marches guerrières. Ils sont indomptables, impolis et cela me plait.

Le violoniste furète l’aigu avec malice, aime à bavarder sèchement avec ses amis. On ne peut pas ne pas le remarquer. Il entretient la résonnance et l’oppression. Il crisse et empoisonne l’espace. Et il trouve en Paulo Chagas, sopraniste quasi evanparkerien, un souffleur à sa juste démesure, quitte à laisser  parfois ses deux autres camarades sur le banc de touche. Mais tout ce beau monde, de se réunir en une dernière et discordante improvisation (12026), sans clés ni certitude si ce n’est celle de donner sens et contour à l’art singulier du désordre.

écoute le son du grisliInstant Chamber Music
120226

Instant Chamber Music : Instant Chamber Music (Setola di Maiale)
Enregistrement : 2011-2012. Edition : 2013.
CD : 01/ Scaffolding on the Previous Day 02/ After Silence 03/ Rainy Season 04/ Rumor of Another Forest 05/ After Rain in Another Forest 06/ Yellow in White 07/ Pulse of Essi 08/ The Catcher in the Boss 09/ 120221 #Quartet 10/ 120221 T.17 11/ 120226
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Creative Sources Expéditives

creative sources expeditives

wind trio

Wind Trio : Old School New School No School (Creative Sources, 2011)
C’est en refusant les clichés du genre que Joao Pedro Viegas (clarinettes basse & soprano), Paulo Chagas (flûtes, hautbois, clarinette sopranino) et Paulo Curado (flûte, saxophones alto & soprano) fidélisent quelques traits singuliers. En s’éloignant de l’unisson, en brûlant les politesses, en ne répondant pas aux appels insistants de l’un, en contractant leurs souffles, les voici dérivant en des désordres tumultueux. Parfois, se souvenant que l’étreinte possède quelque charme, nous les retrouvons jacassant sans discontinuer. Soit une manière de ne rien rejeter des possibles s’offrant à eux. (lb)

watt

Watt : Alter Egos (Creative Sources, 2012)
Dans la nervosité assumée qui est la leur, Watt (Ian Smith, Hannah Marshall, Stephen Flinn) ne jure que par le hors-piste. Esquivant les bosses, faisant l’apologie du grognement, se séparant plus que ne s’alliant, ils activent et réactivent leurs bibelots résonnants. Parfois, se surprennent à exhumer les vieilles recettes du jazz pour, rapidement, réorganiser – ou plutôt désorganiser – leur vive et raclée quincaillerie. Bref : n’en font qu’à leur tête. (lb)

nulli

Andreas Willers, Christian Marien, Meinrad Kneer : Nulli Secundus (Creative Sources, 2012)
L’improvisation d’Andreas Willers (guitares), Christian Marien (batterie) et Meinrad Kneer (contrebasse) est franche, directe, farouche. La matière se trouve d’emblée et, sans recherche ni hésitation, poursuit sa route avec obstination. La grande qualité du guitariste réside  dans les matières qu’il crée et entretient : sonorités insolites voire sidérantes à la guitare électrique ; espaces déliés à l’acoustique. Ici, le trio transforme un lent bruissement en une entêtante vibration; ailleurs, on ne jure que par le soubresaut et la ruade. En n’isolant jamais une source et en ne brisant jamais sa course, Willers, Marien et Kneer font de leur minimal royaume un continent aux foudroyantes vertus. (lb)

ikb

IKB Ensemble : Monochrome bleu sans titre (Creative Sources, 2012)
D'Ernesto Rodrigues, Guilherme Rodrigues, Miguel Mira, Rogero Silva, Bruno Parrinha, Eduardo Chagas, Nuno Torres, Pedro Sousa, Abdul Moimême, Carlos Santos, Ricardo Guerreiro, Nuno Morao, Monsieur Trinité et José Oliveira, on n’oubliera pas de sitôt la lente suspension. Ici, chacun frôle son propre effacement sans jamais s’y résoudre. L’instrument s’oublie mais pas la douceur qui s’y déploie. Le temps s’arrête, n’a plus aucune prise avec la réalité. Le songe se révèle, intense et irradiant. (lb)

malval

Christophe Berthet : Malval (Creative Sources, 2012)
Dans la solitude de la chapelle de Malval (Genève), Christophe Berthet part à la chasse aux sons. En trouve quelques-uns, les assemble. Multiphoniques ici, harmoniques ailleurs, techniques étendues toujours : le souffle s’ouvre à un horizon craquelé. Le chant-appel de Berthet n’est pas de carapace mais de réceptivité. Il s’ouvre en de larges étendues : stagnantes à l’alto, plus causantes au soprano. Parfois, invite le son à disparaître. Parfois, le met en suspension. Et jamais ne lui obstrue les passages secrets déposés malicieusement ici et là. (lb)

DarkBleak

Bleak House : Dark Poetry (Creative Sources, 2012)
Saluant Dickens, la maison « bleak » du trio norvégien de Dag-Filip Roaldsnes (piano), Kim-Erik Pedersen (saxophone alto) et Tore T. Sandbakken (batterie) promet une poésie « dark » au travers des quatorze pièces brèves de cet album enregistré début 2010... et se tient joliment, parfois un peu littéralement, à ce programme : mélodies suspendues, belle écoute aérée (Trio for Morton Feldman), combinaisons de timbres, mais aussi un penchant pour le méditatif... que le groupe sait heureusement circonscrire à temps – une vraie qualité quand les ambiances frisent trop le romantisme. (gt)

cs

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Delphine Dora, Bruno Duplant, Paulo Chagas : Onion Petals as Candle Light (Wild Silence, 2012)

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Ici, le trio Dora / Duplant / Chagas brouille les pistes. Les mélodies sont esquissées, et c’est leur envol, leur évanouissement, leur transformation qui importe. Le piano, préparé, se fait percussion, la clarinette flûte ou violon, la contrebasse violoncelle ou guitare. Tout est suspension, mais la brèche s’ouvre parfois aux emballements, aux précipitations, aux rebonds qui, finalement, n’éloigneront jamais la musique d’un périmètre resserré.  Mais point d’étouffement, de claustrophobie, de monotonie en ces lieux.

C’est grâce à cette circonscription, cette proximité des notes jouées que cette musique nous semble si proche. Instantanément proche. C’est à notre oreille que son souffle s’adresse, à elle seule, en une confidence dont l’enchantement ne s’évanouira jamais des 41 minutes (et 10 morceaux) que durera  ce voyage. Car, non plus, la circonscription, l’assignement à résidence n’empêcheront les trois musiciens de pratiquer l’art de l’exploration méthodique et poétique de territoires forcément intérieurs.

Delphine Dora, Bruno Duplant, Paulo Chagas : Onion Petals as Candle Light (Wild Silence)
Edition : 2012.
CD : Onion Petals as Candle Light
Pierre Lemarchand © le son du grisli

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Bruno Duplant : Slow Breath (B-boim, 2011) /Bruno Duplant, Paulo Chagas, David Sait : Late Winter/Early Spring (AudioTong, 2011)

bruno duplant slow breath

La pièce de musique que Bruno Duplant fait paraître sur le label de Radu Malfatti est justement dédiée au tromboniste. Réglant son pas sur celui du dédicataire, Duplant joue-là de mesure et de silences en se focalisant sur l’avènement et l’évanouissement d’une note. L’instrument choisi pour ce-faire est un cor, qu’augmente un peu d’électronique.

Un grave entame ce jeu d’apparitions et de disparitions : la présence « en soi » des notes convoquées alternant selon les nuances ou les directions qu’on leur donne – longueur et intensité varient ainsi, le ton peut changer, des souffles miniatures venir consolider le fil auquel Slow Breath est attaché, un parasite transformer la forme de l’espace où courent les vibrations. Au mitan, les rapprochements sont plus nombreux – deux notes peuvent même se gêner –, qui commandent à Duplant d'en revenir aux distances. Reprenant son ouvrage d’attente, le musicien persiste alors : le délitement en musique n’est pas l’affaire d’un temps retors à employer, plutôt la marque en négatif de tout ce que ce temps pourrait contenir.

Bruno Duplant : Slow Breath (B-boim / Metamkine)
Edition : 2011.
CD : 01/ Slow Breath
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



bruno duplant late winter

Sur Late Winter/Early Spring, Duplant revient à sa contrebasse. Epaisse, elle enveloppe le guzheng et le mélodica de David Sait, les clarinettes de Paulo Chagas – la collaboration Duplant / Chagas s’en trouvant fortifiée. Ici, le minimalisme dispute à l’agitation expressionniste un folk à amok infusant sur steppes blanches (Late Winter). Moins convaincante, Early Spring voit le trio faire d’interventions verticales une forêt où se confronter avec une estime paresseuse.

Bruno Duplant, Paulo Chagas, David Sait : Late Winter/Early Spring (AudioTong)
Edition : 2011.
Téléchargement : 01/ Late Winter 02/ Early Spring
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Bruno Duplant, Paulo Chagas, Lee Noyes : As Birds (re:konstrukt, 2011)

asgrislirds

Tels des architectes, les oiseaux construisent minutieusement des édifices aux infinies variations. Il en va de même pour cette musique. Les oiseaux, chanteurs infatigables, nous rapprochent des mystères du monde. Il en va de même pour ces musiciens.

Le vent des saxophones et des clarinettes, le bois de la contrebasse, les peaux des tambours se combinent dans ce disque en 18 morceaux, tous emprunts de quiétude et de limpidité, tous épris de liberté. 18 morceaux, en trio ou en duo, comme autant de propositions d’un même chant « au naturel », d’abord dominé par la chaleur et la légèreté du souffle de Paulo Chagas. Puis, au fur et à mesure de l’écoute (des écoutes), la contrebasse de Bruno Duplant et la batterie de Lee Noyes font surgir de précieux contrepoints, d’inattendus miroitements.

La musique qui nous est offerte sur As Birds oscille entre une musique de chambre traversée par des courants d’air, qui insufflent aux notes de curieuses trajectoires, et un jazz libre et tendre qui prend son temps. Ici l’attention est portée sur les timbres et les frémissements (Fallen Tips, duo tout en nuances entre Chagas et Duplant, ou encore Mumble, où les graves de la clarinette et des cordées frottées à l’archet se mêlent au crépitement des percussions).

Si vous aviez croisé la route de Malachi (disque gravé en 2009 par Duplant, Noyes et Phil Hargreaves sur le label Insubordinations), et que vous l’aviez aimé, allez à la rencontre d'As Birds. Pour ceci, laissez le vent vous porter, tendez l’oreille… les trois musiciens ne seront jamais loin. Un seul regret, peut être : le label re:konstrukt ne propose ce disque qu’en téléchargement. Mais, à la réflexion : peut on étreindre le courant, arrêter le cours du temps ?

Bruno Duplant, Paulo Chagas, Lee Noyes : As Birds (re:konstrukt)
Enregistrement : 2010. Edition : 2011.
Téléchargement : 01/ Hiccup 02/ One Hidden Green Paper Away From The Birds 03/ Whirr 04/ Fallen Tips 05/ Hush 06/ Gali Gali I 07/ Squeak 08/ Monochromatic 09/ Mumble 10/ Romance in Open Field 11/ Plop 12/ Gali Gali II 13/ Gargle 14/ Ballad for My Father 15/ Clang 16/ If The Birds Fall Down 17/ Tinkle 18/ Shortness of Breath
Pierre Lemarchand © Le son du grisli

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