Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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A paraître : Sorcière, ma mère de Hanns Heinz Ewers & Nurse With WoundInterview de Quentin RolletEn librairie : Pop fin de siècle de Guillaume Belhomme
Archives des interviews du son du grisli

John Edwards, Mark Sanders, John Tilbury : A Field Perpetually at the Edge of Disorder (Fataka, 2014)

john edwards mark sanders john tilbury a field at the edge of disorder

Quand ils n’improvisent pas en duo, John Edwards et Mark Sanders ont, semble-t-il, pris l’habitude d’interroger la pratique musicale qu’ils ont en commun auprès d’invités d’importance (Evan Parker, Frode Gjerstad, Veryan Weston…). Depuis le 17 juin 2013 (date d’un concert donné au Café Oto), John Tilbury est de ceux-là.

Est-ce affaire de contrepoids ? L’équilibre de ce « champ » qui, perpétuellement, affleure le désordre – la « confusion », même, menacerait-elle ? – trouve un point d’appui en contrastes subtilement accordés : affirmations brèves mais franches du percussionniste contre répétitions étouffées du pianiste, endurances de mouvements d’archet contre propositions sourdes (mais toujours terriblement décisives) ou accords amputés…

Malgré l’équilibre en question, et même l’allant de la composition, Tilbury peut soudain adopter les codes compulsifs de ses partenaires : la musique est alors de connivence, qui échange ses effacements au profit d’une tension changeante, grondante même parfois. Comme ces « bird calls » que Tilbury extrait en début d’enregistrement de quelle besace, l’air que le trio compose en deux temps allie plus qu’il n’oppose éther et fragilités.

John Edwards, Mark Sanders, John Tilbury : A Field Perpetually at the Edge of Disorder (Fataka)
Enregistrement : 17 juin 2013. Edition : 2014.
CD : 01/ Part I - 38:11 02/ Part II - 29:26
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



The Apophonics : On Air (Weight of Wax, 2013) / Christian Asplund : The Laycock Duos (Comproviser, 2013)

the apophonics on air

L’occasion était spéciale – enregistrement studio pour l’émission Jazz on 3 de BBC Radio 3 –, mais pas unique, qui conseilla peut-être à The Apophonics de faire état de la largesse de sa palette sonore : On Air, trois pièces de trente-six, sept et quatre minutes.

Toutes, faites de séquences d’allures et même de natures différentes : improvisation ascensionnelle d’abord inspirée par des réminiscences d’un jazz emporté, la musique de Butcher, Edwards et Robair, change de cap à chaque fois qu’elle atteint l’apogée de son aire de jeu. Au bout des spirales épaisses que le saxophoniste déroule au ténor, le trio trouve ainsi matière à explorations : en constructions structurées par la frappe fiévreuse de Robair, poches d’air (respirations de Butcher contre ronflements d’Edwards) ou courses éperdues. 

Plus loin, ce sont encore des diphonies (un souffle calqué dans le soupçon, la juxtaposition d’un aigu de soprano et d’un archet sur cymbale…) ou sur batterie l’apparition de moteurs qui déroutent, déconcertent et captivent. La performance impressionnait hier sur ondes, elle le fait aujourd’hui sur un disque qui autorise en plus sa diffusion en journée.

The Apophonics : On Air (Weight of Wax / Metamkine)
Enregistrement : 2 mai 2012. Edition : 2013.
CD : 01/ Fires Were Set 02/ Met By Moonlight 03/ London Melodies
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

christian asplund comproviser

C’est au ténor seul que l’on retrouve John Butcher sur The Laycock Duos, rétrospective de duos (et trio) « secrets » enregistrés entre 2009 et 2011 par le violoniste et pianiste Christian Asplund. Vingt minutes durant, le saxophoniste converse avec Asplund : interrogeant poliment la résistance du violoniste avant d’en faire un honnête camarade d’exploration sonore, puis donnant du grain à moudre à un pianiste plus nerveux. Plus loin, Asplund montrera davantage de justesse en compagnie de deux de ses références : Malcolm Goldstein et LaDonna Smith.

Christian Asplund : The Laycock Duos (Comproviser / CD Baby)
Enregistrement : 2009-2011. Edition : 2013.
CD : 01/ The Secret Substances, avec John Butcher 02/ The Secret Colors, avec Bill Smith et Steve Ricks 03/ The Secret Soundings, avec Malcolm Golstein 04/ The Secret Voices, avec Stuart Dempster 05/ The Secret Energies, avec LaDonna Smith
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Edwards, Lee : White Cable, Black Wires (Fataka, 2013) / Carrier, Lambert, Edwards, Beresford : ...to The Vortex (Not Two, 2013)

john edwards okkyung lee white cable black wires

25 mai 2011, Welsh Chapel, Londres. Cinq improvisations contrebasse / violoncelle découperont à force d’applications appuyées (John Edwards, Okkyung Lee) et l’un et l’autre instrument.

De jeux de question-réponse en champs libres, Edwards et Lee vont et viennent, cognent et scient ; faisant parfois même le dos rond (scie à archet alors tenue à l’envers), fendent avec une autre efficacité, débitent avec un autre panache un bout de bois et de cordes dont les éclats percent sur partition. De celle-ci, le sujet est les dissensions que l’urgence impose et que White Cable, Black Wires répond gère à force d’acharnements qui impressionnent.

écoute le son du grisliJohn Edwards, Okkyung Lee
WCBW III

John Edwards, Okkyung Lee : White Cable, Black Wires (Fataka / Metamkine)
Enregistrement : 25 mai 2011. Edition : 2013.
CD : 01-05/ WBCW I - WBCW V
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



françois carrier michel lambert john edwards steve beresford vortex

Le duo Carrier / Lambert associée à la paire Edwards / Beresford : l’occasion date du 6 décembre 2011 (concert donné au Vortex de Londres). Dans l’ombre, les tensions feront et déferont l’improvisation : l’alto évoluant, avec une légèreté de contraste, sur les passes de cordes et de batterie, avant de bouillir sous l’effet d’un motif répété par Edwards. Quelques flottements ici ou là, mais les relances sont souvent irrésistibles.

François Carrier, Michel Lambert, John Edwards, Steve Beresford : Overground to The Vortex (Not Two)
Enregistrement : 6 décembre 2011. Edition : 2013.
CD : 01/ Mile End 02/ Bow Road 03/ Archway 04/ Barkingside
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Bertrand Denzler, John Edwards, Eddie Prévost : All-in-All (Matchless, 2013)

bertrand denzler john edwards eddie prévost all-in-all

C'est un claquement de fouet qui lance cette quatrième joute renvoyant à l'épreuve improvisée Eddie Prévost et un saxophoniste de taille. Associé à John Edwards (comme ce fut le cas en présence d’Evan Parker sur le premier des Meetings with Remarkable Saxophonists), le batteur a donc, de 12 décembre 2011, convié Bertrand Denzler à prendre le relais de Parker, Butcher et Yarde, dans sa série de concerts de têtes.  

Au ténor – qu’il sera parfois à deux doigts de changer en soprano –, Denzler impose à ses hôtes répétitions, redites voire retours sur phrase à peine formulée. Dans la réserve, il envisage des trajectoires difficiles qu’il a raison de vouloir suivre : à pas comptés, n’y découvre-t-il pas des sonorités flattant son goût de la variation et de la métamorphose ? Plus loin, Edwards renchérit d’un gimmick qui invite ses partenaires à un emportement qui ne tarde pas à renverser la rencontre.

Retourné aux graves, Denzler progresse alors par à-coups rapides, développe un discours dont chaque phrase est nourrie de celle qui l’a précédée, porté par un archet en sous-main et des tambours et cymbales aux éclats tranchants : qui plus est, sous les effets d’un équilibre rare que le trio aura trouvé entre recherches vigilantes et grandioses bordées.  

Bertrand Denzler, John Edwards, Eddie Prévost : All-in-All [en tout et pour tout] (Matchless Recordings / Metamkine)
Enregistrement : 12 décembre 2011. Edition : 2013.
01/ All-in-All (en tout et pour tout) – Part 1 02/ All-in-All (en tout et pour tout) – Part 2
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Sophie Agnel, John Edwards, Steve Noble : Météo (Clean Feed, 2013)

sophie agnel john edwards steve noble

D’une vibration qui ne se taira jamais vraiment mais qui empruntera de multiples masques, il faut dire l’évidence. Une évidence portée par Sophie Agnel, John Edwards et Steve Noble – ici enregistrés lors du festival Météo 2012. Une évidence qui passe par le détail, par la concentration, par la confiance et par l’écoute.

Soudés, les voici happés par une première station : une vibration qui s’invite obsessionnelle et possédée. Elle vivra le temps qu’elle doit vivre. Puis viendront d’autres mouvements, d’autres froissements, d’autres battements. Des battements d’âme plus précisément. Il y aura de la tension et de la friction, des sons se libérant, des mises en silence. Il y aura des passages secrets, des saccades et des ruades. Une contrebasse prendra le large puisqu’elle ne trouvera pas d’autres chemins et que, celui-ci, sera le plus juste. Le plus juste, précisément, parce que celui choisi. Cette improvisation est intense. Elle nous semble courte. Mais la beauté ne se mesure pas au chronomètre. D’ailleurs la beauté ne se mesure pas : elle s’engouffre dans les élans des protagonistes. Ici, précisément.

Sophie Agnel, John Edwards, Steve Noble : Météo (Clean Feed / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2012. Edition : 2013.
CD : 01/ Météo
Luc Bouquet © Le son du grisli



Just Not Cricket! (Ni Vu Ni Connu, 2013)

just not cricket ni vu ni connu

Du 6 au 8 octobre 2011 à Berlin, seize représentants de l’improvisation britannique – Just Not Cricket! – donnèrent des concerts désormais consignés sur quatre trente-trois tours. Dans leur boîte, trouver aussi le programme du festival et surtout un livret d’une vingtaine de pages d’interviews, de textes et de photos – le tout rassemblé par Antoine Prum (à qui l'on doit Sunny's Time Now).

Au son, c’est Lol Coxhill qui emporte la première face, donnant en compagnie d’Alex Ward (à la clarinette) le la prompt à l’accord (ne serait-ce que de principe) des combinaisons de musiciens – quatorze restant à nommer, voici : Tom Arthurs, Steve Beresford, Tony Bevan, Matthew Bourne, Gail Brand, Rhodri Davies, John Edwards, Shabaka Hutchings, Dominic Lash, Phil Minton, Eddie Prévost, Orphy Robinson, Mark Sanders et Trevor Watts – qui se succéderont sur la scène du HBC.

Avec Prévost, Coxhill improvise en majesté : en duo, d’abord, puis en quintette associés à Minton, Watts et Edwards sur une face entière, soit le temps pour les souffleurs, exaltés par la section rythmique, de renverser le pithiatique Minton. Plus tard, un autre quintette donnera dans l’improvisation avec autant de conviction et de réussite, dans lequel Arthurs (trompette), Hutchings (saxophone ténor et clarinette), Ward (à la guitare cette fois) et la même paire Edwards / Watts, révéleront leur goût commun pour les effets qu'a sur leur art un bruitisme déviant.

Comme l’esprit des musiciens qu’il implique, Just Not Cricket! ne s’interdit rien, même pas les grandes fatigues. Ainsi tournent deux fois en rond le piano de Beresford et la voix de Minton emmêlées, habitude du bavardage contre laquelle ni les cordes de Davies et Edwards, pourtant alertes, ni l’élégance de Prévost combinée à la fougue d’Arthurs ne pourront rien. Brand – superbe sur le bel archet de Lash dans un quartette composé aussi d’Arthurs et Ward – associée à Edwards se montrera aussi peu capable de relativiser les bizarres lourderies du pianiste. En trio avec Arthurs et Bourne, Beresford saura pourtant se faire moins encombrant, au creux de quelques minutes d’une musique de soupçons.

Après quoi la récréation d’un jazz qui garde encore en mémoire quelque accent d’ancienne liberté s’imposera dans les conversations : au son de l’association Bevan / Edwards / Hutchings / Sanders et sur l’air du trio Bourne / Watts / Sanders. De quoi clore avec force et humeur la grandiose rétrospective.

Collectif : Just Not Cricket! (Ni Vu Ni Connu)
4 LP : A1/ Duo Ward, Coxhill A2/ Duo Prévost, Coxhill B/ Quartet Sanders, Davies, Watts, Robinson C/Quintet Edwards, Prévost, Coxhill, Watts, Minton D/  Quintet Edwards, sanders, Ward, Hutchings, Arthurs E1/ Trio Hutchings, Lash, Davies E2/ Quartet Edwards, Davies, Beresford, Minton E3/ Quartet Prévost, Beresford, Arthurs, Minton F1/ Quartet Ward, Lash, Brand, Arthurs F2/ Quartet/ Trio Edwards, Beresford, Brand G1/ Quartet Edwards, Sanders, Bevan, Hutchings G2/ Trio Bevan, Lash, Edwards H1/ Trio Beresford, Bourne, Arthurs H2/ Trio Watts, Sanders, Bourne H3/ Duo Sanders, Brand
Enregistrement : 6-8 octobre 2011. Edition : 2013.
Guillaume Belhomme © le son du grisli


Tony Levin : Life of Dreams / Language of the Spirit (Rare Music, 2011)

tony levin life of dreams

Publié l'année de la disparition du batteur, sur son propre label, ce disque présente une curieuse combinaison instrumentale – Tony Levin en avait pourtant déjà expérimenté une du même acabit dans son Live in Viersen : trois saxophonistes (Dunmall, Sheppard, Underwood) l'y entouraient – qui pourrait laisser redouter, compte tenu de la puissance d'abattage des deux ténors en lice, quelque viril conclave ou contest... Il n'en est rien ! Mieux, cet enregistrement de janvier 2006 se révèle comme une bonne surprise.

Paul Dunmall (saxophones ténor & soprano), Evan Parker (saxophones ténor & soprano) et Ray Warleigh (saxophone alto, flûte), s'ils ont droit au duo de rigueur avec le tambourinaire, tirent de leurs contrepoints, en tutti, un vrai avantage et une belle dimension orchestrale. Foisonnant mais toujours détaillé, le jeu de Levin confère un admirable pouls (évident au point de se faire oublier, puis revenant nous obséder) à ces pièces improvisées dont on retiendra surtout les tissages les plus collectifs ; et Dunmall a beau tirer un peu vers « l'interstellaire », le lyrisme de Warleigh permet de convoquer d'autres ombres : un chant doit s'inventer.

Tony Levin, Paul Dunmall, Ray Warleigh, Evan Parker : Life of Dreams (Rare Music)
Enregistrement : 15 juin 2006. Edition : 2011.
CD: 01/ One Sooner 02/ Been Here Before 03/ Dark Age, Light Age 04/ Life of Dreams 05/ Barriers of Time 06/ The Word Game 07/ From the First
Guillaume Tarche © Le son du grisli

tony levin language of the spirit le son du grisli

Paul Dunmall au ténor puis au soprano, soutenu par la paire Tony Levin / John Edwards. L’enregistrement date de 2005 (13 mars), qui débute au son d’un swing d’allure lente que pressent bientôt une frappe plus appuyée. Alors, le saxophoniste peut laisser libre cours à son imagination, d’autant que l’archet d’Edwards, on le sait, est fait pour l’inspirer. Le second moment de l’improvisation ne cesse d’ailleurs de gagner en intensité.

Tony Levin, Paul Dunmall, John Edwards : Language of the Spirit (Rare Music)
Enregistrement : 13 mars 2005. Edition : 2011.
CD : 01/ The Expanded Mind 02/ Language Of The Spirit 03/ Ascending 04/ Being Well 05/ Well Being
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Evan Parker, John Edwards, Eddie Prévost : All Told (Matchless, 2012)

evan parker john edwards eddie prévost all told

En 2011, Eddie Prévost fit plusieurs rencontres au Network Theatre de Londres : saxophonistes « remarquables » nommés Evan Parker, John Butcher, Jason Yarde, Bertrand Denzler. All Told, premier volume de la série « Meetings with Remarkable Saxophonists », revient sur l’association Prévost / Parker (ici au seul ténor), pas inédite – selon le percussionniste, Parker est le musicien qui sut le mieux comprendre et même faire sienne l’esthétique d’AMM – mais toujours prometteuse. Et qui, en plus, profite ici de la présence de John Edwards.

All Told, en deux parties : de pondérée, l’improvisation se fait ombreuse : le trio élevant puis maintenant un murmure qui joue de références au jazz autant que de débordements libres, qu’ils soient individuels ou associés. La seconde moitié de l’enregistrement agence des phrases plus longues et le discours des musiciens redouble de vigueur. Echappés des ténèbres, Parker, Edwards et Prévost, inventent en fauves affranchis. Sous l’effet de coups d’archet cahotant, les sonorités découvertes – couleurs travaillées à l’oreille fureteuse – s’affolent et s’imbriquent. Le même archet n’a plus qu’à lentement les déposer : All Told !

Eddie Prévost : All Told. Meetings with Remarkable Saxophonistes – Volume 1 (Matchless Recordings / Metamkine)
Enregistrement : 30 mai 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ All Told – part 1 02/ All Told – part 2
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Peter Brötzmann, Jason Adasiewicz, John Edwards, Steve Noble : Mental Shake (OTOroku, 2014)

peter brötzmann jason adasiewicz john edwards steve noble mental shake

Pour peu que l’on goûte le vibraphone (et l’effet de ses harmoniques), il faut aller entendre ce Mental Shake enregistré par le trio que composent Peter Brötzmann, John Edwards et Steve Noble – dont on se rappelle … the Worse the Better sur le même label – en compagnie de Jason Adasiewicz au Café OTO le 12 août 2013.

Partageant une même conviction – que Noble martèle d’ailleurs –, les quatre musiciens y font en effet preuve d’une inspiration qui met au jour un folk au mystère épais. Ainsi, tarogato puis saxophones et clarinette explorent l’espace avec une fantaisie et une opiniâtreté qui déstabilisent son équilibre : insistants, Edwards et Noble le sont heureusement autant que le souffleur, quand les suspensions vibrantes d’Adasiewicz finissent de fleurir une improvisation courte mais ô combien remuante.

écoute le son du grisliPeter Brötzmann, Jason Adasiewicz, John Edwards, Steve Noble
Mental Shake (extrait)

Peter Brötzmann, Jason Adasiewicz, John Edwards, Steve Noble : Mental Shake (OTOroku)
Enregistrement : 12 août 2013. Edition : 2014.
CD / LP / DL : 01/ Mental Shake
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


N.E.W. : Motion (Dancing Wayang, 2014)

new motion

A force de se mouvoir – depuis 2008, ce sont, du trio, les troisièmes traces repérées sur disques –, N.E.W. a creusé le sillon d’une improvisation farouche, bientôt transformé en galerie qui débouchât, ce 6 avril 2013, aux Eastcote Studios de Londres.

Au plafond, des bisons peints qui rappellent ceux d’Altamira, prêts à fondre et à emporter ces trois poupées nord-africaines de couverture que sont Alex Ward, à la guitare électrique, John Edwards et Steve Noble. Pour aller contre, la contrebasse et la batterie s’entendront sur quelques coups de boutoir quand la guitare multipliera les assauts latéraux. De l’opposition des forces et des tensions, Motion dégage des cris primaux et des derniers souffles qui ponctueront ces morceaux de noise, de no wave, de swing, de blues défait, et même de calypso, subtilement assemblés. Et puis, glissée parmi les déferlantes, une accalmie vous permet d’envisager la lecture des notes que Thurston Moore a rédigées pour ce disque, qu’il recommande – certes un peu tard, n’avez-vous pas déjà Motion en main ?

écoute le son du grisliN.E.W.
Betting On Now

N.E.W. : Motion (Dancing Wayang)
Enregistrement : 6 avril 2013. Edition : 2014/
LP :  01/ Betting On Now 02/ How It Is 03/ Tall & True 04/ 4th & Three 05/ Motion
Guillaume Belhomme © Le son du grisli



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