Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Parution : Jazz en 150 figures de Guillaume BelhommeParution : le son du grisli #2Sortir : Festival Baignade Interdite
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Goh Lee Kwang, Tim Blechmann : Findars / Claudio Roccheti, Klaus Janek : Reisenotizen (Herbal International, 2014)

goh lee kwang tim blechmann findars

L’endroit où Goh Lee Kwang et Tim Blechmann ont enregistré cette pièce d’une quarantaine de minutes – Findars Art Space de Kuala Lumpur – aura donné son nom au disque qui la concrétise aujourd’hui.

Dix ans après s’être entendu sur Drone, les deux hommes réinterrogent les possibilités de leurs interférences. Inquiet de nouveaux chants minuscules, Goh les soigne avec mesure et précision, jouant de courtes pulsations et de tremblements discrets. En parallèle, Blechmann met en route un engin qui, après s’être stabilisé, accouchera d’un drone dont l’agitation ambiante accentuera l’oscillation. Or, c’est le raffinement que l’art de Goh et celui de Blechmann se partagent ici qui donne tout son intérêt à cette nouvelle collaboration.

Goh Lee Kwang, Tim Blechmann : Findars (Herbal International)
Enregistrement : 15 février 2014. Edition : 2014.
CD : 01/ Findars
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

claudio rocchetti klaus janek reisenotizen

Comme Blechmann, Claudio Rocchetti (traitement de field recordings et feedbacks) et Klaus Janek (contrebasse augmentée) ont fait le voyage jusqu’en Malaisie. C’était en août 2011, à l’occasion d’une tournée qui les vit passer aussi par la Chine et Hong Kong. De son séjour, le duo a ramené huit paysages retentissant que se disputent les atmosphères (enregistrées par Yan Jun, Liu Xinyu, Sin:Ned, entre autres) avec lesquelles Rocchetti compose et la turbulente contrebasse et qui, disposés les uns après les autres, révèlent un surprenant sur-naturel musical.

Claudio Roccheti, Klaus Janek : Reisenotizen - Aus Dem Land Der Mitte (Herbal International)
Enregistrement : août 2011. Edition : 2014.
CD : 01-08/ Reisenotizen Aus Dem Land Der Mitte
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Taus : Pinna (Another Timbre, 2012)

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Sous le nom de Taus (Tim & Klaus contractés), Blechmann et Filip marient – en concert donné en 2010 en l’église St Ruprecht de Vienne – des éléments d’un langage qu’ils ont en commun (ces crescendos / decrescendos requérant patience que Filip envisagea avec Radu Malfatti sur Building Excess et Imaoto, ces respirations mêlées à des références à la nature que Blechmann pensa par exemple avec Seijiro Murayama sur 347).  

Cet ouvrage de laptops, qui tient du recueillement tant il est concentré, célèbre avant tout la malléabilité des sons dont est capable l’instrument : les basses agissent au sol, les larsens annoncent l’apparition d’aigus moins irritants dont les interférences scinderont les pistes d’évolution afin de créer des voies secondaires qui, à force de retours et de trajectoires fluctuantes, pourront se recouper. Pour que l’exercice ne soit pas sans fin, Blechmann et Filip peuvent interrompent quelques-uns de ces chants réverbérés : le silence reprend alors sa place, le duo laissant le champ libre à la rumeur d’une église dont il a transformé le décorum ou aux piaillements d’oiseaux qui ne font que passer au large de leurs paysages magnétiques.

Taus : Pinna (Another Timbre)
Enregistrement : 4 juillet 2010. Edition : 2012.
CD : 01/ Pinna
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Tim Blechmann, Seijiro Murayama : 347 (NonVisualObjects, 2010)

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Quelque part en exergue sur le crème de la pochette, une phrase de John Cage sur le bruit qu'il faut écouter pour vivre une expérience qui lui retirera toute faculté de désagrément. Et la collaboration de Tim Blechmann (enceintes) et Seijiro Murayama (caisse claire) peut commencer à se faire entendre.

Obliquement, l’ouvrage percussif est ici déployé ; son esthétique bientôt revendiquée par un autre ouvrage, d’électroacoustique celui-ci : craquements, grincements, frottements, et un souffle qui parcourt tout l’espace (Comète 347, Paris). Une fois levées les illusions, Murayama manie une baguette : avec elle se débat, accuse le coup d’une pluie artificielle à laquelle le contraint Blechmann. L’exercice de frappe interrompu, l’exhalaison du quotidien et des choses qui le composent reprend ses droits : là-bas, on croit entendre le bruit du trafic même si rien ne nous assure ici d’aucune réalité. Seule l’expérience plaisante aura été palpable : trois quarts d’heure de seconde en seconde.


Tim Blechmann, Seijiro Murayama, 347 (extrait). Courtesy of NonVisualObjects

Tim Blechmann, Seijiro Murayama : 347 (NonVisualObjects)
Edition : 2010.
CD : 01/ 347
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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