Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


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Nick Fraser : Towns and Villages (Barnyard, 2013)

nick fraser towns and villages

Le souffle de Tony Malaby ne peut laisser indifférent. Tel un paquebot enroué ou une gralla catalane éraillée, son saxophone refuse d’aller en paix. Malaby malaxe, ressasse, pointe une convulsion, flirte avec le microtonal, tricote quelques pestes soniques, joue droit puis courbe. Bref, aime à chercher ce qui lui résiste encore quitte à oublier l’instant présent. Malaby est un solitaire, il faut faire avec.

Aux cotés du très fin batteur Nick Fraser et des très complémentaires Andrew Downing (violoncelle) et Rob Clutton (contrebasse), et bien plus que d’ordinaire, il laisse ouverte la parole. Ici, les compositions du batteur imposent simplicité et insistent sur les béances rythmiques. Les espaces ainsi affirmés, chacun va raconter sa petite histoire avec plus ou moins de bonheur. Et dans le cas de Tony Malaby, l’on s’en doute, le lyrisme ne sera pas laissé au fond du filet.

écoute le son du grisliNick Fraser
Sketch

Nick Fraser : Towns and Villages (Barnyard Records)
Enregistrement : 18-19 février 2012. Edition : 2013.  
CD : 01/ Prescott: The Fort Town 02/ Sketch #10 03/ Tricycle 04/ Sketch #12 05/ Revolution 06/ Albs 07/ Spencerville: Home of the Heritage Grist Mill 08/ Sketch #9 10/ Bicycle 11/ ”?” 12/ Hundred Mile House, pop, 1885
Luc Bouquet © Le son du grisli

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The Rent : Musique de Steve Lacy (Ambiances magnétiques, 2010)

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A l’instar d’Ideal Bread (à New York) ou de Lacy Pool (en Allemagne), le groupe The Rent (au Canada) se consacre depuis quelques années exclusivement au répertoire de Steve Lacy – et particulièrement à ses art songs, ces pièces mêlant, pour la voix, jazz et poésie. Si l’intention de départ consistant en somme à payer « the rent » au sopraniste est respectable et louable, l’hommage est par trop appliqué et la reconstitution à laquelle il aboutit finit par embarrasser.

Les mimétismes, nombreux, troublent : Kyle Brenders (saxophone soprano), Scott Thomson (trombone), Wes Neal (contrebasse), Nick Fraser (batterie) et Susanna Hood (voix) ne forment-ils pas une réplique des derniers quintets lacyens (avec Roswell Rudd ou George Lewis) ? L’indicatif Prospectus n’occupe-t-il pas ici aussi une place liminaire ? Ce ne sont là que détails mais qui ennuient d’autant plus qu’ils ne masquent pas la superficialité des échanges musicaux (qui semblent parfois s’amuser à grossir, voire à raidir certains traits, rythmes ou timbres).

Il est regrettable de devoir le dire aussi nettement mais le répertoire de Lacy, mieux qu’un embaumement, mérite et appelle une approche plus cannibale, poétique, certes attachée à la lettre mais tout autant à l’esprit. Sans doute ne réécoutera-t-on guère cet enregistrement… au moins a-t-il le mérite d’inviter à redécouvrir certains des grands albums de Steve – et tout spécialement, en l’occurrence, ceux des maisons Soul Note et Hat Hut.

The Rent : Musique de Steve Lacy (Ambiances magnétiques / Orkhêstra International)
Edition : 2010.
CD : 01/ Prospectus 02/ Multidimensional 03/ The Rent 04/ Blues for Aïda (suite) 05/ Jack’s Blues 06/ The Bath 07/ Blinks 08/ The Mad Yak 09/ A Ring of Bone – Bone
Guillaume Tarche © Le son du grisli

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