Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Parution : Jazz en 150 figures de Guillaume BelhommeParution : le son du grisli #2Sortir : Festival Baignade Interdite
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Marianne Schuppe : Slow Songs (Edition Wandelweiser, 2015)

marianne schuppe slow songs

Ce ne sont pas des chansons silencieuses – Wandelweiser aurait pu en promettre – mais des chansons lentes qu’interprète ici Marianne Schuppe. Si elle chanta jadis Giacinto Scelsi (Incantations), ce sont cette fois des pièces qu’elle a elle-même composées.

Onze, sur lesquelles Schuppe s’accompagne au luth dont elle agace les cordes en usant d’e-bows – voici l’instrument changé en theremin sonnant toujours juste. Chaque note tenue est un fil sur lequel la chanteuse peut choisir d’aller (telle perte d’équilibre précipitera ses vocalises, tel rétablissement commandera une inflexion) ou non – a capella, elle peut rappeler l'Only d'une autre Marianne.

Mais c’est sans doute quand elle envisage la distance à respecter entre sa voix et le signal électronique, qu’il soit aigu ou grave, que Schuppe gagne toute notre attention : modulant, voire révisant sa trajectoire, elle apprivoise ses airs écrits autant qu’elle les façonne in extremis. Voilà pourquoi ses chansons sont certes lentes mais aussi bien mobiles.

écoute le son du grisliMarianne Schuppe
Split Away

Marianne Schuppe : Slow Songs (Edition Wandelweiser)
Enregistrement : 26-28 août 2015. Edition : 2015.
CD : 01/ I See a Deer 02/ Condensationdate 03/ Needles 04/ Fathers & Feathers 05/ Keys 1 06/ Pretty Ride 1 07/ Cores 08/ Pretty Ride 2 09/ Keys 2 10/ Pipes 11/ Split Away
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Morton Feldman: Three Voices (Col Legno, 2006)

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Après avoir abandonné, au contact de John Cage, quelques formes déjà connues de composition pour bâtir des pièces singulières devant autant à l’écriture sourcilleuse qu’au hasard digne de confiance, Morton Feldman a signé quelques unes des pièces maîtresses de la musique du XXe siècle. Avec For Bunita Marcus, Three Voices est sans doute l’une de ses œuvres les plus abouties.

Interprétées par la vocaliste Marianne Schuppe (voix triplée via la diffusion sur haut-parleurs d'enregistrements auxquels elle répond), les onze parties de la composition tirent leur pouvoir enchanteur de répétitions et de chevauchements des lignes mélodiques, de constructions profitant des brisures et de langages abstraits assemblés sur le vif. D’une sentence d’outre tombe qu’elle intercepte – « Who’d have thoughts that snow falls » , Schuppe tire des mots à mélanger, avant de servir la cause désespérée de vierges folles, et qui revendiquent. Revenue au texte, elle sectionne, ouvre d’autres portes encore, et retrouve l’apaisement. Tout l’univers de Feldman est ici ramassé : celui de déploiements infimes soumis à une cadence généralement lente, mesurée avant de se faire perturbatrice, mettant bientôt au jour une grande œuvre de densité.

Morton Feldman, Mazrianne Schuppe : Three Voices (Col Legno)
Réédition : 2006.
CD : 01/ 02 :21 02/ 03 :14 03/ 08 :39 04/ 05 :26 05/ 11 :56 06/ 02 :03 07/ 02 :15 08/ 01 :16 09/ 02 :24 10/ 03 :30 11/ 06 :26
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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