Le son du grisli

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Giuseppi Logan : More (ESP, 2013) / ...And They Were Cool (Improvising Beings, 2012)

giuseppi logan more

Ce qui était OVNI hier le reste aujourd’hui. Chez Giuseppi Logan, la dissonance est une nature première. Rarement chez un souffleur de la new-thing (Marzette Watts, Bill Dixon pour me faire mentir), la périphérie n’aura jamais été aussi évidente, aussi inspirante. Il y a chez Logan un besoin incompressible de pervertir une matière déjà bien débauchée. Nul doute qu’ailleurs, dans d’autres sphères, le résultat aurait été le même.

Ici, le voici flûtiste aux bouffées sataniques, clarinettiste aux instances baroques, pianiste impudique, altiste transgressif. A ses côtés, le pianiste Don Pullen (longues coulées d’instabilité), les contrebassistes Reggie Johnson ou Eddie Gomez et le batteur Milford Graves (tous les tambours du monde en un seul set), tirent plus d’une fois la couverture à eux (Logan se greffant sur l’improvisation plus que ne la dirigeant) mais, toujours, abondent de justes chaleurs et ingéniosités. Un OVNI bienveillant donc.

Giuseppi Logan : More (ESP / Orkhêstra International)
Energistrement : 1965. Réédition : 2013.
CD : 01/ Mantu 02/ Shebar 03/ Curve Eleven 04/ Wretched Saturday
Luc Bouquet © Le son du grisli

giuseppi logan and they were cool

Le guitariste Ed Pettersen a un jour retrouvé Giuseppi Logan après s’être demandé (comme beaucoup) où (si ?) il était (encore). Enregistrer avec lui était donc la moindre des choses : suite au Giuseppi Logan Project, le duo retournait en studio accompagné de Jessica Lurie (flûte) et de Larry Roland (basse). Free des origines ragaillardi par les insistances encourageantes du guitariste (Taking A Walk In The Park), mystère déroutant enfoui sous les rumeurs d’un accompagnement réfléchi (With My Dog Sam), jusqu’à ce que le piano (Logan posté derrière) brise l’harmonie. Alors, des titres plus conventionnels, de poursuites en minauderies, disent que deux faces de quarante-cinq tours auraient suffi aux retrouvailles.

Giuseppi Logan : … And They Were Cool (Improvising Beings / Orkhêstra International)
Enregistrement : 26 juin 2012. Edition : 2012.
CD : 01/ Taking A Walk In The Park 02/ With My Dog Sam 03/ Singing The Blues 04/ Trying To Decide 05/ Which Path To Choose 06/ And Which To Avoid
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Giuseppi Logan Project (Mad King Edmund, 2012)

giuseppi logan project

De Giuseppi Logan, perdu de vue depuis une trentaine d’années, on est content d’avoir des nouvelles. Celui qui a toujours œuvré dans la périphérie de la périphérie semble avoir assagi son souffle autant que désavoué sa nervosité. Peu loquace, naviguant entre microtonalité et dissonances, voici l’altiste aux portes de l’absence, déambulant plus que s’imposant puis s’ouvrant à quelque déchirant sursaut.

Ici, une musique du détail entre fragilité et fragilité et dont l’assise à la charge de l’insatiable Cooper Moore et du très sérieux Larry Roland (Ed Pettersen et Tracy Silverman sont bien trop lointains et superficiels pour nous interpeller) décrispe quelque peu un retour qui, s’il n’est pas renaissance, ne manque ni d’atouts ni de charme.

Giuseppi Logan : The Giuseppi Logan Project (Mad King Edmund / Souffle Continu)
Enregistrement : 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ The Occupy Blues 02/ Improv 1 03/ Improv 2 03/ Satin Doll 04/ Spiral 05/ Sweet Georgia Brown
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Charles Gayle : Streets (Northern Spy, 2012)

charles gayle streets

Prendre tous les disques de Charles Gayle (une bonne trentaine), les réécouter (un plaisir !) et en convenir une bonne fois pour toute : le geste est unique. Hier, aujourd’hui et demain, soyons-en sûrs, il n’y aura aucun recours aux harmonies d’école ou à celles d’une free music s’empêtrant parfois dans sa propre copie. Si peu de saxophonistes à avoir ainsi noirci singulièrement la marge : Ornette et Ayler pour les plus visibles, Giuseppi Logan pour le plus obscur. Alors quand Gayle revient, le choc initial des Raining Fire et autres Homeless refait surface : la virulence, la plainte, l’abandon, l’incantation et l’offrande répondent présents.

Aujourd’hui le contrebassiste Larry Roland (présence et virilité) et le batteur Michael TA Thompson (frappes sèches et coupantes, impulsives jusqu’à en stresser les espaces) font bloc avec le ténor intègre de Gayle. Charles Gayle tel qu’en lui-même : entier et sidérant.

Charles Gayle Trio : Streets (Northern-Spy / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ Compassion I 02/ Compassion II 03/ Glory & Jesus 04/ Streets 05/ March of April 06/ Doxology 07/ Tribulations
Luc Bouquet © Le son du grisli

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