Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

Inscription à la newsletter du son du grisli
suivre le son du grisli Fil RSS au grisli clandestin Contact

Peter Brötzmann Graphic WorksAu rapport : Rock In Opposition XParution : Premier bruit Trente-six échos
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

John Dikeman, Klaus Kugel, Raoul van der Weide : Across the Sky (Not Two, 2012)

john dikeman across the sky

Dans la famille des hauts-convulsifs, John Dikeman a toute sa place. Saxophoniste dans la lignée des Ware-Gayle-Perelman, l’Américain ne trouve son bonheur que dans la ligne brisée, le cri-morsure. On ne lui demandera pas de clarifier son phrasé puisque tel n’est pas son domaine. Reste que la thématique utilisée ici (un long bruissement inaugural avant le fracas sonique annoncé) ne change que très peu d’une plage à l’autre.

Armés jusqu’aux dents et parfaits accompagnateurs du chaos orchestré par le saxophoniste, le contrebassiste Raoul van der Weide et le batteur Klaus Kugel pulsent la matière inlassablement au risque de la rendre inefficace. Et parfois, subtilisent au magma convulsif des sentiers de subtilité bienvenue. Nécessaires moments d’apaisement avant que le ténor ne retrouve le pourpre d’un enfer dans il est l’un des plus inspirés gardiens.

John Dikeman, Klaus Kugel, Raoul van der Weide : Across the Sky (Not Two)
Enregistrement : 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ A screaming Comes 02/ Across the Sky 03/ It Has Happened Before…
Luc Bouquet © Le son du grisli

PLAKATY2

 

Commentaires [0] - Permalien [#]

Robert Kusiolek, Anton Sjarov, Ksawery Wojcinski, Klaus Kugel : Nuntium (Multikulti Project, 2010)

nuntiumsli

Des folklores imaginés par Robert Kusiolek (accordéon, electronics), Anton Sjarov (violon, voix), Ksawery Wojcinsky (contrebasse) et Klaus Kugel (batterie, percussions), s’immiscent quelques vibrations familières. Par exemple : ce violon, si proche de la dissonance ne nous dit-il pas quelques petites choses des quatuors à cordes de Béla Bartók ? Ailleurs, c’est un accordéon joué du bout des doigts qui évoque la grande Pauline Oliveros.

Et cette recherche sonore, ces larges séquences faussement méditatives puisque s’y croisent quelques modernes contrepoints, ne doivent-elles pas être rapprochées des compositions de Guillermo de Gregorio (que devient-il au fait ?) ? Puis loin, une contrebasse réinvente le jazz. Si bien et si intensément que, d’abord hésitants et pudiques, violon et accordéon  y souscrivent sans retenue. Et très souvent, des lignes répétitives venues en droite ligne de Reich et Glass viennent se nicher au sein d’une musique ample, profonde et à l’indiscutable intensité. Une belle découverte.

Robert Kusiolek, Anton Sjarov, Ksawery Wojcinski, Klaus Kugel : Nuntium (Multikulti Project / Instant Jazz)
Enregistrement : 2010. Edition : 2010.
CD : 01/ Chapter 1 02/ Chapter 2 03/ Chapter 3 04/ Chapter 4 05/ Chapter 5 06/ Chapter 6 07/ Chapter 7
Luc Bouquet © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Undivided : Moves Between Clouds (Multikulti, 2011)

undividesli

De ce quintet qui fait corps, évoquons tout d’abord les membres. Aux côtés du jeune leader,  le clarinettiste polonais Waclaw Zimpel, on trouvera son compatriote Mark Tokar à la contrebasse et l’allemand Klaus Kugel à la batterie. Avec eux, deux  vétérans américains du plus fier des free jazz : le pianiste Bobby Few (ancien compagnon de Steve Lacy et Albert Ayler) et le souffleur Perry Robinson (que l’on entendit aux côtés d'Archie Shepp, Henry Grimes ou encore Rashied Ali).

Dès les premières mesures et leurs lentes précipitations de notes, on sait que l’on nous offre ici un disque (leur second) d’importance. Les cinq hommes délivrent une musique resserrée et intense telle une flamme vivace qui percerait la nuit. Petite armée obstinée, elle avance sûrement et la première excursion solitaire, celle du piano de Bobby Few, propose les premiers moments d’exception. Ses amples vagues emporteront tout sur leur passage. Telles celles d’un Cecil Taylor, les notes de Bobby Few percutent l’auditeur pour ensuite l’assaillir avec douceur, tendresse presque, vertige toujours.

Alors, le disque, recueil de trois longs morceaux livrés par le 5tet lors d’un concert à Varsovie, fera montre d’une intensité jamais relâchée. Le cœur du disque, sa plus belle pulsation, est assurément le second titre, Moves Between Clouds. Après ce moment d’une grâce étonnante (fausse légèreté, vraie solennité), on ne pourra que regretter les égarements d’un troisième morceau qui aura tendance à se perdre parfois dans des divagations verbeuses. Mais faisons fi de ce bémol prononcé de fine bouche, et revenons au cœur. Les entrelacs hésitants des souffles de Perry Robinson et Waclaw Zimpel ne se feront pas de sitôt oublier, et les paysages traversés dans leur sillage ne demanderont qu’une chose : être arpentés encore, par leurs marges, en de sinueux détours que seuls ces cinq-là semblent pouvoir emprunter.

Undivided : Moves Between Clouds, Live in Warsaw (Multikulti Project)
Enregistrement : 2009. Edition : 2011.
CD : 01/ Hoping Between Clouds 02/ Moves Between Clouds 03/ What A Big Quiet Noise
Pierre Lemarchand © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Steve Swell: Live at the Vision Festival (Not Two - 2007)

swellgrislifestival

En Juin 2006, le tromboniste Steve Swell emmenait une nouvelle fois au Vision Festival de New York son Slammin’ The Infinite, quintette éclairé composé de musiciens de choix : Sabir Mateen (saxophones, flûte et clarinette), John Blum (piano), Matthew Heyner (contrebasse) et Klaus Kugel (batterie). 

Trois quarts d’heure allant, d’abord, au son d’une improvisation sur laquelle clarinette basse et trombone rivalisent d’inventivité sous les coups portés par une section rythmique insatiable ; d’une combinaison éclairée de free et de swing, ensuite, pourtant mal engagée par le duo Blum / Heyner ; enfin, d’allers-retours majestueux entre unissons et échappées individuelles. A Swell et Mateen, ici, presque tous les honneurs.

CD: 01/ Improv / Box Set 02/ For Gratchen 03/ Patient / Explorer / For Frank Lowe

Steve Swell’s Slammin’ The Infinite - Live at the Vision Festival - 2007 - Not Two.

Commentaires [0] - Permalien [#]

Yuriy Yaremchuk, Mark Tokar, Klaus Kugel : Yatoku (Not Two, 2007)

Yatokugrisli

Le batteur Klaus Kugel, le contrebassiste Mark Tokar et le multi instrumentiste ukrainien Yuriy Yaremchuk, improvisent les combinaisons possibles d’un triple portrait : Yatoku  et ses palindromes.

Sur mouvement lent, le trio défend d’abord un free qui gagne en densité, avant d’hésiter entre les manières à appliquer à ses pratiques instrumentales : frénétiques (saxophone soprano sur Tokuya, section rythmique défaite sur Kutoya), incertaines, voire, expérimentales (clarinette basse et contrebasse adeptes de détournements mélodiques sur Toyaku), ou plus rassurantes (développement de Kuyato et écarts de langage disposés en cercles sur Yakuto).

S’écartant peu à peu des usages entendus, les trois hommes finissent par mettre la main sur une singularité sophistiquée et, pour tout dire, inattendue.

CD: 01/ Yatoku 02/ Tokuya 03/ Kuyato 04/ Yakuto 05/ Toyaku

Yuriy Yaremchuk, Mark Tokar, Klaus Kugel - Yatoku - 2007 - Not Two.

Commentaires [0] - Permalien [#]

Carnival Skin: s/t (Nemu Records - 2006)

carsliAutour du batteur Klaus Kugel et du guitariste Bruce Eisenbeil, le quintette Carnival Skin rassemble le savoir-faire du clarinettiste Perry Robinson (partenaire d’Archie Shepp ou Charlie Haden), du trompettiste Peter Evans (entendu auprès de Fred Frith) et du contrebassiste Hilliard Greene (sideman de Leroy Jenkins ou Charles Gayle).

Dans les pas de Steve Lacy, le groupe entame l’enregistrement au son d’un swing contemporain, profitant des trouvailles du duo Robinson / Evans puis d’un solo éclairé dû à Eisenbeil (Journey to Strange). Reste alors à concrétiser la clairvoyance du traitement que les musiciens destinent à un jazz référencé free.

Chose faite, ensuite, et malgré les égarements sans saveur de Diagonal People. Au son d’un unisson traînant un hymne inspiré sur les roulements insatiables de Kugel qui transforment bientôt le propos en pandémonium improvisé et bruyant (Iono) ; ou sur le rythme nonchalant d’une impression soumise plus tard à quelques déflagrations flamboyantes (Monster).


Une dernière improvisation (Carnival Skin), et le quintette clôt un premier album brillant et efficace. Qui traite à la manière du jour d’anciennes méthodes, désormais rafraîchies.

CD: 01/ Journey to Strange 02/ Monster 03/ Iono 04/ Bobosong 05/ Diagonal People 06/ Carnival Skin

Carnival Skin - s/t - 2006 - Nemu records.

Commentaires [0] - Permalien [#]

Steve Swell: Remember Now (Not Two - 2006)

swellgrisliEnregistrement de la participation du quartet au Vision Festival de New York en 2006, Remember Now est la deuxième publication de Slammin’ The Infinite, groupe qui voit évoluer aux côtés du tromboniste Steve Swell le saxophoniste et clarinettiste Sabir Mateen, le contrebassiste Matthew Heyner et le batteur Klaus Kugel.

Inspiré, le groupe réussit chacun des exercices qu’il s’impose : free altier servi par les instruments à vent sur l’accompagnement idéal de la section rythmique (MB-1, Grow Your Own), grand swing aidé par un savant gimmick de contrebasse (Remember Now), ou déconstructions expérimentales érudites (We Interrupt This Channel).

Assuré, Slammin’ The Infinite peut se permettre de plus grandes audaces encore, à l’origine de deux morceaux supérieurs: Different Degrees et Stride Right, compositions soutenues et complexes, sur lesquels les musiciens déambulent, bouleversants. Histoire de conclure un set qui obligeait sa reproduction sur disque.

CD: 01/ Antlers 02/ MB-1 (for Marion Brown) 03/ Patient Explorer 04/ Grow Your Own 05/ We Interrupt This Channel 06/ Remember Now 07/ Different Degrees 08/ Stride Right

Steve Swell - Remember Now - 2006 - Not Two.

Commentaires [0] - Permalien [#]

Syntopia Quartet: Mars (Nemu Records - 2005)

grislimarsAu confluent de courants divers - musiques classique et contemporaine, jazz et folklore inventé -, le quartette allemand Syntopia donne sur Mars une actualité convaincante aux anciens espoirs du Third Stream.

Fantasmant un voyage dans l’espace pour éviter tout attachement à quelque influence dominante, l’ensemble dispose comme il l’entend ses intentions éclatées : baroque fondu en progression lâche (Elysium Planitia), structures sourcilleuses auxquelles se heurtent violon et clarinettes (Olympus Mons), éléments réunis de répétition et déconstruction (Goodbye Earth).

Dispensant un expressionnisme curieux, le quartette en évoque d’autres (Kronos et Balanescu sur Newton Basin ou Goodbye Earth) comme il trouve un terrain d’entente satisfaisant aux intérêts qu’il voue aux musiques de Stravinsky et Prokofiev, à celles de George Russell et Chico Hamilton.

S’égarant une seule fois en chemin (étouffé par les lianes d’une forêt qu’il installe sur Valles Marineris), Syntopia Quartet peut revenir satisfait de son expédition de Mars et de reconnaissance.

CD: 01/ Goodbye Earth 02/ Chryse Planitia 03/ Tenge Terra 04/ Elysium Planitia 05/ Valles Marineris 06/ Olympus Mons 07/ Newton Basin 08/ Chasma Boreale 09/ Back to Earth 

Syntopia Quartet - Mars - 2005 - Nemu Records.

Commentaires [0] - Permalien [#]

>