Lytton, Wooley, Mori, Vandermark : The Nows (Clean Feed, 2012) / Wooley, Duplant, Héraud : Movement and Immobility (Peira, 2012)

Deux enregistrements de concerts ont permis à Paul Lytton et Nate Wooley de peaufiner leur entente et d’enrichir leur discographie commune – d’un disque double, qui plus est : The Nows.
Le concert donné au Stone de New York date du 2 mars 2011. Le batteur charge en impatient, le trompettiste lui répond en frénétique : le repli viendra ensuite, au son de recherches percussives impertinentes et de notes de trompette qui y résistent ou se laissent par elles subtilement modifiées. Alors, Ikue Mori rejoint le duo : l’électronique éloigne un temps Wooley, qui reparaîtra pour parfaire l’ouvrage électroacoustique à coups d’exclamations franches. L’association aura brillé.
Le concert donné au Hideout de Chicago date du 16 mars 2011. Lytton et Wooley sur deux plages d’abord : notes longues de trompette contre claques redoublées, les secondes réussissant bientôt à faire danser les premières ; dialogue intergénérationnelle qui s’amuse de ses différences sur une même pratique de l’improvisation alerte. Alors, Ken Vandermark rejoint le duo : une fois que la clarinette basse aura charmé Wooley, ce sera au ténor que le trompettiste devra s’opposer avec force. L’un comme l’autre amateur de déroute, les deux souffleurs construiront un interlude comme privés soudain de leurs nerfs, avant de reprendre les hostilités : baryton répétitif que la trompette pourra citer pour mieux l'agacer encore. L’association aura autrement brillé.
Paul Lytton, Nate Wooley : The Nows (Clean Feed / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2 mars 2011 & 16 mars 2011. Edition : 2012.
CD1 : 01/ Free Will, Free Won’t 02/ Abstractions and Replications 03/ Berlyne’s Law – CD2 : 01/ Men Caught Staring 02/ The Information Bomb 03/ Automatic 04/ Destructive to Our Proper Business 05/ The Ripple Effect
Guillaume Belhomme © Le son du grisli


Est-ce pour l'enregistrer par correspondance (France / USA) que Bruno Duplant confectionna ce Movement and Immobility mi-écrit mi-improvisé ? Le trajet serait en mesure d’expliquer le délayage des notes de trompette (Wooley) et de saxophone alto (Héraud) qu’on y trouve, animées à peine par son électroacoustique et ses battements. Trucs et astuces de pratique, divagations atmosphériques, bruitisme et harmoniques : malgré un louable son de trompette, la timidité de Duplant, l’imprécision d’Héraud et peut-être l’approximation du « projet » tout entier le fragilisent à l'excès.
Nate Wooley, Duplant, Héraud : Movement and Immobility (Peira)
Enregistrement : 2012. Edition : 2012.
CD : 01/ Continental Drif 02/ Climate Disruption 03/ Continuity Strata
Guillaume Belhomme © le son du grisli

Peter Brötzmann : Long Story Short (Trost, 2013)
Cinq disques en coffret reviennent sur l’Unlimited Festival de Wels, qui s’est tenu du 3 au 6 novembre 2011. Quatre journées dont le curateur était Peter Brötzmann, qui put choisir de jouer (en formations régulières, parfois augmentées) ou de garder le silence.
Respectant la programmation, les plages des disques délivrent les unes après les autres des extraits de concerts parlants – non pas de l’évolution du jeu de Brötzmann, mais de son endurance et de sa capacité à provoquer encore. Sonore rompant l’attente le long d’un axe brisé dévoile sans attendre l’intérêt que trouve Brötzmann dans le trio : brillant en Full Blast (avec Marino Pliakas et Michael Wertmueller), il se montre néanmoins différemment inspiré avec Masahiko Satoh (piano) et Takeo Moriyama (batterie), Michiyo Yagi (koto) et Tamaya Honda (batterie), Eric Revis (basse) et Nasheet Waits (batterie), Jason Adasiewicz (vibraphone) et Sabu Toyozumi (batterie) – rencontre qui dit le mieux que, même de Brötzmann, un souffle peut être vain.
A quatre, le saxophoniste trouve un équilibre plus sûr : avec Bill Laswell, Maâllem Mokhtar Gania et Hamid Drake sous humeur exotique ; en Hairy Bones ensuite (avec Paal Nillsen-Love, Massimo Pupillo et Toshinori Kondo) en éternel jeune-homme ravi d’en découdre. En bande plus solide encore – Chicago Tentet augmenté de John Tchicai ou de Michiyo Yagi –, Brötzmann conduit une plage faite autant de réflexions collégiales que de free frontal puis une autre que se disputent des ombres imposantes à l’occasion d’un engageant Concert for Fukushima.
Lorsqu’il garde le silence, Brötzmann écoute : la lente dérive des cordes de Michiyo Yagi, Okkyung Lee et Xu Fengxia ; Maâllem Mokhtar Gania donner, au gambri, le la au quartette qu’il forme avec Joe McPhee, Fred Lonberg-Holm et Michael Zerang ; le DKV Trio faire œuvre d’entêtement en compagnie de Mats Gustafsson, Pupillo et Nilssen-Love ; Gustafsson, encore, subir avec intelligence de riposte les assauts électroniques de dieb13 et Martin Siewert ; McPhee, encore, croiser le souffle avec Mars Williams et Jeb Bishop ; Keiji Haino ou le Caspar Brötzmann Massaker faire œuvres noires de plaisir solitaire et d’incantations électriques. La rétrospective n’aurait pu être plus complète ni son éclectisme plus révélateur des vues musicales qui animent aujourd’hui Peter Brötzmann.
Peter Brötzmann... : Long Story Short (Trost)
enregistrement : 3-6 novembre 2011. Edition : 2013.
5 CD : CD1 : Sonore / Chicago Tentet with John Tchicai / Michiyo Yagi, Okkyung Lee, Xu Fengxia / Peter Brötmann, Masahiko Satoh, Takeo Moriyama – CD2 : Joe McPhee, Maâllem Mokhtar Gania, Fred Lonberg-Holm, Michael Zerang / Peter Brötzmann, Michiyo Yagi, Tamaya Honda / Peter Brötzmann, Jason Adasiewicz, Sabu Toyozumi / dieb13, Mats Gustafsson, Martin Siewert – CD3 : Keiji Haino / Peter Brötzmann, Bill Laswell, Maâllem Mokhtar Gania, Hamid Drake – CD4 : Jeb Bishop, Joe McPhee, Mars Williams, Jason Adasiewicz, Kent Kessler, Tamaya Honda / Hairy Bones / Masahiko Satoh / Chicago Tentet with Michiyo Yagi – CD5 : Peter Brötzmann, Eric Revis, Nasheet Waits / DKV Trio with Mats Gustafsson, Massimo Pupillo, Paal Nilssen-Love / Full Blast / Caspar Brötzmann Massaker
Guillaume Belhomme © le son du grisli

Lean Left : Live at Café Oto (Unsounds, 2012)

Ainsi donc sont ici retranscrits les premiers sets donnés par Lean Left au Café Oto ces deux soirs de septembre 2011. On sait de The Ex les guitares brouillonnes – qui révèlent leurs charmes comme les visages frippés le font dans la ride profonde ou même la cicatrice –, empêchées donc nerveuses, interrompues souvent dans leur élan, et puis rudes autant que peut être sévère et implacable la frappe de Nilssen-Love.
Soit : le cadre idéal, pour Vandermark, qui invente en free tendu et passe de saxophone en clarinette excités par la dispute. Dans son dos, les guitares peuvent se chercher, tisser de concert une tapisserie de sons vengeurs ou inventer au contraire quelques atmosphères en latence qui, chargées en électricité, ne demandent qu'à entendre anches et peaux résonner. Le laisser-aller est de mise et convainc jusqu'au médiator : il faut écouter mais renvoyer aussi le matériau qui claque, et puis se laisser abattre par l'air qu'il a toujours de balayer d'un coup toute tentative de compromis.
Lean Left : Live at Café Oto (Unsounds)
Enregistrement : 11 et 12 septembre 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ Koevoet 02/ Drevel
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Lean Left, Ab Baars, Steve Noble : Live at Café Oto (Kollaps, 2012)
De deux soirs que passa Lean Left au Café Oto (11 et 12 septembre 2011), le label Kollaps a fait deux trente-trois tours – et même deux objets soignés : derrière le kraft découpé, trouver plusieurs pages de photographies en noir et blanc signées Andy Moor. Quatre faces reviennent donc sur les seconds sets de ces soirées – premiers sets publiés par Unsounds sur Live at Café Oto – à l'occasion desquels intervenaient deux invités : Ab Baars et Steve Noble.
Ainsi Baars permet-il au groupe d'équilibrer souffleurs et guitaristes : avec Ken Vandermark, le Hollandais s'oppose à la paire Andy Moor / Terrie Ex Hassels sous l'arbitrage (et les provocations) de Paal Nilssen-Love. L'espace est réduit et les musiciens jouent des épaules pour s'en extraire : phrases libertaires et tensions étouffées permettront d'abattre tous les murs – comprendre échelles de style et même de temps.
Avec Steve Noble, c'est forcément Nilssen-Love qui trouve un appui de taille : les guitares se font en conséquence agaçantes davantage et le saxophone plus virulent avant que la conversation n'engage Vandermark (son art du rebond incite ici à rebaptiser la formation : McLean Left, jeu de mot n'est pas coutume) et les batteurs dans un fantasque jeu de surenchère – voici les guitares torves faites catalyseurs de choix. Il est des abattages et des surenchères supérieures, nous disent ici Lean Left et ses deux invités.
Lean Left, Ab Baars : Live at Café Oto, Day One (Kollaps / Instant Jazz)
Enregistrement : 11 septembre 2011. Edition : 2012.
LP : A/ Day One / Set Two / Part One B/ Day One / Set Two / Part Two
Lean Left, Steve Noble : Live at Café Oto, Day Two (Kollaps / Instant Jazz)
Enregistrement : 12 septembre 2011. Edition : 2012.
LP : A/ Day Two / Set Two / Part One B/ Day Two / Set Two / Part Two
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Platform 1 : Takes Off (Clean Feed, 2012)

Au nombre des projets de Ken Vandermark, il faudra désormais compter avec Platform 1, qui l’associe à deux recrues de Resonance (Magnus Broo, Steve Swell) ainsi qu’à Joe Williamson (contrebasse) et Michael Vatcher (batterie). Les 5 musiciens se partagent les compositions.
Ce qui d’abord implique la mise en place d’un brass band affolé (Tempest, épreuve dolphyenne signée Swell, combinée à 2A>2B de Broo) au sein duquel le saxophone ténor jouera des coudes avant de plier sous la force d’un vent latin. Imposant Station, Vandermark répond à l’affront qui lui a été fait par une pièce de réflexion, qui joue d’unissons et de gimmicks mêlés. La trompette de Broo y trouve à dire autant que sur Compromising Emanations (Swell) à l’occasion des récréations que la composition réserve aux instruments à vent.
Le sombre climat de Deep Beige (Williamson) prouvera encore qu’une émotion profonde peut être exprimée pleinement quand un hommage à Roswell Rudd (In Between Charis, Vandermark) rétablira la balance en offrant à Williamson et Vatcher le soin de conduire un bel exercice de bop outragé. Et Takes Off aura tout dit ; pleinement.
Platform 1 : Takes Off (Clean Feed / Orkhêstra International)
Enregistrement : 27 et 28 mai 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ Tempest – 2A>2B 02/ Portal 33 03/ Station 04/ Dim Eyes 05/ Compromising Emanations 06/ Deep Beige + For Derek’s Kids 07/ In Between Charis
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Getatchew Mekuria, The Ex & Friends : Y'Anbessaw Tezeta (Terp, 2012)

C’est le second enregistrement en studio et le troisième fruit de la collaboration de Getatchew Mekuria avec The Ex. Il sera aussi peut-être, si l’on en croit le saxophoniste lui-même, son dernier disque. Voici donc : Y'Anbessaw Tezeta (une fois traduit : A la mémoire du lion).
Le lion, on le sait, c’est Mekuria. Avec le groupe hollandais et quelques invités (Colin McLean, Xavier Charles, Ken Vandermark, Wolter Wierbos, Joost Buis et le danseur Melaku Belay), il montre qu’il rugit encore, seul (le beau Tezeta) ou accompagné. Ses accompagnateurs mettent d’ailleurs sa voix en valeur en l’installant dans une felouque qui balance sur les eaux du Nil ou en l’enveloppant de leurs attentions (les instruments à vent à l’unisson le portent aux nues). Le tout coule et va au pas de marches tranquilles, si ce n’est sur Aha Gedawo, où les ardeurs de The Ex rattrapent la troupe pour un résultat entêtant.
En bonus, le label Terp a eu la belle idée de compiler sur un second CD des enregistrements de Mekuria en différentes compagnies : avec l’Instant Composers Pool en 2004 (le saxophoniste devient la vedette d’un incroyable cabaret frappé), The Ex en concert à Montréal en 2009 (saluons la belle performance d’Arnold De Boer) et, rareté, dans les années 60 dans l’Haile Selassie 1 Theatre Orchestra. Oserais-je l’avouer ? Ce disque bonus fait tout le sel de Y’Anbessaw Tezeta !
EN ECOUTE >>> Aha Gedawo
Getatchew Mekuria, The Ex & Friends : Y'Anbessaw Tezeta (Terp / Differ-ant)
Enregistrement : 2011-2012. Edition : 2012.
2 CD : 01/ Ambassel 02/ Tezeta 03/ Bertukane / Yematebela Wof / Shegitu 04/ Bati 05/ Ene Eskemot Derese 06/ Yegna Mushera 07/ Aha Gedawo 08/ Almaz Men Eda New 09/ Abbay Abbay / Yene Ayal 10/ Zerafewa / Eregedawo + CD Bonus : Getatchew Mekuria & Instant Composers Pool Orchestra, The Ex, Haile Selassie 1 Theatre Orchestra
Pierre Cécile © le son du grisli

Sonore : Cafe Oto/London (Trost, 2011)

Peter Brötzmann et deux disciples accomplis ayant trouvé dans la nuance leur propre voix – Ken Vandermark et Mats Gustafsson –, voilà l’association qu’est Sonore. Selon les formules et les instruments choisis (saxophone baryton pour Gustafsson, ténor et clarinette pour Vandermark, ténor, alto, clarinette et tarogato pour Brötzmann), le trio attestait son entente le 20 avril 2011 à Londres.
Le propos musical – trois pièces écrites par chacun des intervenants et une improvisation – est souvent, vue l’épaisseur des souffleurs, de collisions. Mais les dérapages sont nombreux, qui emportent les musiciens d’écarts bravaches en concours de chants caverneux, de constructions que les musiciens élèvent tout en se faisant la courte-échelle en longs tunnels encombrés. Le free bougerait encore ; bien plus, il est entier.
Sonore : Cafe Oto/London (Trost / Souffle Continu)
Enregistrement : 20 avril 2011. Edition : 2011.
CD / LP : 01/ Fragments for an Endgame 02/ (I Was Arranging Her) Arms 03/ Le chien eprdu 04/ OTO
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Ken Vandermark : Mark In the Water (Not Two, 2011)

Le 29 novembre 2010, seul à l’Alchemia de Cracovie, Ken Vandermark rendait hommage à quelques souffleurs (voir la liste des titres) et à un guitariste (Fred McDowell). Dix moments à retrouver sur Mark in the Water – peut-être celle laissée par Le couteau dans l’eau de Polanski.
Au saxophone ténor, à la clarinette ou à la clarinette basse, Vandermark invente en conséquence : graves épais dédiés à Brötzmann, swing écorché évoquant Coleman Hawkins, construction à angles droits célébrant Anthony Braxton, dérapages volatiles honorant John Carter, graves sourds pliant sous l’autorité d’aigus dignes d’Eric Dolphy, subtil instrument en Si bémol prêchant la paix intérieure de Jimmy Giuffre.
Sur le conseil de Steve Lacy, Vandermark prouve que la nouveauté sort souvent de répétitions en proie à l’accident – maintenant ses efforts, il rappelle d’ailleurs ce que Mats Gustafsson donna sur Windows. En lien avec Joe McPhee, il déroule un hymne recueilli, qui en impose autant que ce jeu de clarinette basse qui, de bruits de clefs en perspectives de sonorités variées, invoque les cordes de McDowell. Après écoute – couplée au souvenir qu’on garde de celle de Furniture Music –, faut-il en conclure que tout solo de Ken Vandermark fait un disque indispensable ?
Ken Vandermark : Mark in the Water (Not Two / Instant Jazz)
Enregistrement : 29 novembre 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ Lead Bird (for Peter Brotzmann) 02/ Dekooning (portrait of Coleman Hawkins) 03/ Steam Giraffe (portrait of Evan Parker) 04/ Personal Tide (portrait of Anthony Braxton) 05/ White Lemon (for Jimmy Giuffre) 06/ The Pride Of Time (for Fred McDowell) 07/ Burning Air (for John Carter) 08/ Future Perfect (for Eric Dolphy) 09/ Soul In The Sound (for Steve Lacy) 10/ Looking Back (for Joe McPhee), tenor sax
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

El Infierno Musical : El Infierno Musical (Mikroton, 2011)

Sur les mots d’Alejandra Pizarnik, poétesse argentine, Christof Kurzmann a pensé son propre Infierno Musical. Le Prince des Enfers de Bosch, coiffé de son chapeau-chaudron, préside à la rencontre de Kurzmann et d’invités de choix : Ken Vandermark, Eva Reiter, Clayton Thomas et Martin Brandlmayr. L’idée est la même que celle qui anime The Magic I.D. : faire appel à l’imagination d’improvisateurs souvent inspirés pour servir (voire améliorer) des chansons d’une pop expérimentale.
Créateurs d’atmosphères convaincants, ceux-là n’arrivent pourtant pas à contrecarrer les maladresses de Kurzmann : lorsqu’il récite (la prosodie rappelle David Sylvian, Mark Hollis ou David Byrne), sa nonchalance maniérée peine à convaincre ; lorsqu’il dirige, ses arrangements sont souvent naïfs quand ce n’est pas branlants ; ailleurs encore, il installe un folk qui en appelle à la soul ou se contente d’improvisations bridées pour espérer convaincre de l'originalité de son propos. Au-delà de deux ou trois courts moments appréciables, El Infierno Musical évolue loin de toutes fureurs, entre minauderies et fadeur.
El Infierno Musical : El Infierno Musical (Mikroton / Metamkine)
Enregistrement : 2009. Edition : 2011.
CD / LP : 01/ El Infierno Musical 02/ Ashes I 03/ Dianas Tree 04/ Para Janis Joplin 05/ Cold In Hand Blues 06/ Ashes II
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Full Blast & Friends : Sketches and Ballads (Trost, 2011)

Pour Full Blast (Peter Brötzmann, Marino Pliakas, Michael Wertmüller), l’impasse est toujours possible : convulsions à répétition, étouffement de la forme, énergie fournie en pure perte de sens ; autant d’éléments pouvant être entretenus jusqu’à l’épuisement. Ici, en compagnie de quelques amis (Ken Vandermark, Thomas Heberer, Dirk Rotbrust), Full Blast délivre une composition double-face.
La première est collective. Par petits blocs contrapunctiques, le groupe choisit de ne rien développer des formes abordées, d’où une forte impression de zapping, heureusement balayée par les arrangements soignés et ultra-précis de Michael Wertmüller. La seconde partie (avant final fort d’une sauvagerie consommée) laisse les souffleurs délivrer des pistes plus solitaires (Heberer rond puis salivaire, Vandermark grognant une agitation ouverte, Brötzmann soyeux jusqu’à l’extase).
A noter : une heureuse utilisation des timbales proposée par Dirk Rotbrust et n’ayant de cesse de moduler – et consolider – une harmonie toujours fiévreuse. En trio ou avec d’autres partenaires, Full Blast reste fidèle à lui-même : puissant et féroce.
Full Blast & Friends : Sketches and Ballads (Trost / Instant Jazz)
Enregistrement : 2010. Edition : 2011.
CD / LP : 01/ Sketches and Ballads
Luc Bouquet © Le son du grisli























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