Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

Inscription à la newsletter du son du grisli
suivre le son du grisli Fil RSS au grisli clandestin Contact

Au rapport : Rock In Opposition XParution : Premier bruit Trente-six échosParution : le son du grisli #2
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Carate Urio Orchestra : Lover / Le Septième Continent : Talking Trash / Systematic Distortion Orchestra : The Assembly

carate urio trio lover

Voilà un CD de chansons pas comme les autres (le CD). D’abord parce que, sur ses huit plages, il n’y en a que trois (de chansons). Ensuite parce que son interprète n’est pas un chanteur (en l’occurrence Sean Corpio ou Joachim Badenhorst) mais un orchestre tout entier (dirigé par… Badenhorst).

Foin de l’impro, nous disent ici le clarinetto-saxophoniste et ses collègues (Sam Kulik au trombone et à la guitare, Frantz Loriot au viola, Pascal Niggenkemper et Brice Soniano aux contrebasses, Sean Corpio à la guitare et à la batterie & Nico Roig à la guitare too) sur ces prises studio de clôture de tournée. Mais des ambiances tout en retenue, une pop orchestrale très cinématographique (la voix de fausset de Corpio s’y prête à merveille) et des minutes d’instruments en bisbille (le très beau Crazy Wind Lay Down)…

Souvent bellement mystérieux mais aussi parfois lisse (le faiblard Feet History) tout en restant écoutable, ce second album, après Sparrow Mountain en 2013, du Carate Urio Orchestra confirme donc tous les espoirs qu’on (LB) avait mis en lui. In love ;)


lover

Carate Urio Orchestra : Lover
Klein
Edition : 2016.
CD : 01 / Preacher 02/ Ar Antiphon 03/ Interlude 04/ Iron Bird 05/ Lover 06/ Crazy Wind Laid Down 07/ Feet History 08/ Fremdenzimmer
Pierre Cécile © Le son du grisli

pascal niggenkemper le 7eme continent talking trash

Dans Le Septième Continent – non pas dépôt d’ondines-ordures mais plutôt orchestre flottant – de Pascal Niggenkemper, on retrouve Joachim Badenhorst en présence de Joris Rühl, Eve Risser, Philip Zoubek et Julián Elvira. Entre la contrebasse et une flûte grave, ce sont donc deux clarinettes et deux pianos préparés qui servent un ouvrage ambitieux dont le lent mouvement d’ouverture (les deux premières plages) impressionne. Malheureusement, le groupe vire bientôt de bord pour envisager des récifs qui le rendent nerveux, et même pire : bavard.


talking trash

Pascal Niggenkemper / Le Septième Continent : Talking Trash
Clean Feed / Orkhêstra International
Edition : 2016.
CD : 01/ Great Pacific Garbage Patch 02/ 135°W - 155°W & 35°N - 42°N 03/ Gyres Océaniques 04/ Plastisphere 05/ Talking Trash 06/ Crochet Coral Reef 07/ Ideonella Sakaiensis 08/ Geisternetz 09/ Kinetic Islands
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

frantz loriot the assembly copy

Dans le Systematic Distortion Orchestra qu’emmène Frantz Loriot, on retrouve Pascal Niggenkemper, qui tient une des deux contrebasses de l’ensemble en présence de dix autres musiciens : trombonistes (Ben Gerstein, Sam Kulik), trompettistes (Brad Henkel, Joe Moffett) et contrebassistes (Niggenkemper et Sean Ali) allant aussi par deux. Epais, l’orchestre se soulève lentement, se manifeste à l’unisson – quelques permissions individuelles sont bien sûr accordées – même lorsqu’il feint la mésentente, avant de laisser la parole à Ali sur …Maybe…Still… et à un étonnant passage de relais qui engage batteries, archets puis vents. Au final, l'orchestre de Loriot signe une œuvre d’une belle envergure.


the assembly

Frantz Loriot Systematic Distortion Orchestra : The Assembly
OutNow
Enregistrement : 21 janvier 2015. Edition : 2016.
CD : 01/ Echo 02/ The Assembly 03/ … Maybe… Still… 04/ Le relais
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Han Bennink & Co. (Ilk, 2012) / Joachim Badenhorst : The Jungle He Told Me (Smeraldina-Rima, 2012)

han bennink & co

Avec sa seule caisse claire et jamais en manque de ressources, Han Bennink refuse le rôle d’accompagnateur tout autant que celui de soliste ici. Dans cet entre-deux fécond, il navigue entre balais et baguettes, se souvient de papa Jo Jones, entrechoque les bois, étouffe la peau, joue avec les contrastes, enveloppe le tempo plus qu’il ne le souligne.

Dans une relative retenue, le pianiste Simon Toldam et le saxophoniste-clarinettiste Joachim Badenhorst parcourent quelques points cardinaux du jazz (celui des origines, celui de Monk plusieurs fois cité, celui du free, celui des libres improvisations) et ne se lassent pas d’en dévier les axes. Et le bouillonnant et bondissant Bennink de s’enivrer de ce très tonique festin.

Han Bennink Trio : Bennink & Co. (Ilk / Orkhêstra International)
Edition : 2012.
CD : 01/ Klein Gebrek Geen Bezwaar 02/ Sim March 03/ Suite in a Sea 04/ Meet Me Tonight in Dreamland 05/ Dog 06/ Lauren-s S.D. 07/ Inside Inside 08/ Ganz 09/ Klein Gebrek Geen Bezwaar N° 2  10/ Kiefer 11/ Postlude to Kiefer and a Piece of Drum 12/ A Flower Is a Lovesome Thing
Luc Bouquet © Le son du grisli

joachim badenhorst the jungle he told me

Qu’il change sa clarinette défaillante en instrument exotique (genre duduk), fait œuvre de diphonie qui dans la lenteur vrille ou construit au ténor une pièce minimaliste qu’il aurait pu ne jamais finir de faire tourner, Joachim Badenhorst ne perd rien à la solitude. Rappelant – fond et forme confondus – Gunter Hampel, il ne se refuse ni mélodie anecdotique, ni déviation chaotique, ni blues à la Mezzrow : The Jungle He Told Me a en conséquence de quoi surprendre, et même convaincre.

Joachim Badenhorst : The Jungle He Told Me (Smeraldina-Rima)
Edition : 2012.
LP / Téléchargement : 01/ Klarinet 02/ Basklarinet 03/ Tenor 04/ Djilatendo 05/ Rafelromp 06/ Ek stamel ek sterwe 07/ X (for Joe McPhee) 08/ Singing the Blues 09/ Tafel Stomp
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Joachim Badenhorst : Forest // Mori (KLEIN, 2014)

joachim badenhorst forest mori

A la toute fin d’un fanzine d’artistes(s) (compositions, collages, dessins…) d’une douzaine de pages, il y une pochette de CD et, à l’intérieur – ô surprise – un CD. C’est le nouveau disque-objet que Joachim Badenhorst a autoproduit sur KLEIN.

Sur le CD, on ne trouve que des solos, tous enregistré en direct, jamais retouchés. Badenhorst a déjà montré qu’il tenait à s’exprimer dans plusieurs langages (improvisation, jazz, contemporain, pop…), mais là, la chose est encore plus flagrante. A la clarinette et à la clarinette basse, il s’adonne dans un petit coin de nature (peut-être la Cité Internationale des Arts de Paris où il réside ?) à un folk d’amour et de paix. Plus expérimental, il souffle en continu ou raille son saxophone de l’intérieur pour récolter des basses. Plus mélodieux, il fait les timides en prokofievisant ou invente une BO d'un glacial film noir puis se lance dans la chanson avec un certain Gerard Herman. A la fin de quoi, la tête vous tourne, mais on sait que la sensation est loin d’être désagréable !

Joachim Badenhorst : Forest // Mori  (KLEIN)
Enregistrement : 2013. Edition : 2014.
CD : 01/ Fabrret 02/ The Trembling Something 03/ Zon 04/ Feedbacksessie    05/ Wounhole 06/ Forest // Mori 07/ Een Zondagochtend in Delft 08/ My Left Hand 09/ This Is A Duo With Gerard Herman 10/ Handsome Eyebrow
Pierre Cécile © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Carate Urio Orchestra : Sparrow Mountain /Joachim Badenhorst, John Butcher, Paul Lytton : Nachtigall Suite (Klein, 2013)

carate urio orchestra sparrow mountain

Quel que soit le format, quel que soit le timing, la résolution adviendra. Tel semble être le moteur des compositions de Joachim Badenhorst.

Premier exemple, premier thème (Lorvae) : nous voici dans la galaxie des sombres nébuleuses. Les instruments s’étirent, cherchent refuge, se réveillent difficilement. Le processus exaspère : déjà vu, déjà entendu. Puis s’impose l’enchaînement harmonique. Facilité de la forme : tout le monde comprend (approuve ?). On mise sur le crescendo : on gagne. On pressent la décomposition, le chaos : on gagne encore.

Deuxième exemple, deuxième pièce (Germana) : une chanson, tout simplement. Rien de nouveau. La mélodie est belle, suave. Et au mitan, un désordre apparent. Puis, de nouveau, la consonance. L’éden après orage.

Et ainsi de suite… Mais entre temps, l’improvisation s’est perdue. Apparaissent maintenant de nouveaux contours : pop contrariée – mais pas contrariante –, post-rock assumé.

Ainsi vogue sans frémir le Carate Urio Orchestra (Joachim Badenhorst, Nico Roig, Erikur Orri Ólafsson, Frantz Loriot, Brice Soriano, Pascal Niggenkemper, Jean Carpio), orchestre  empli de quiétudes et d’évidences.

écoute le son du grisliCarate Urio Orchestra
Sparrow Mountain

Carate Urio Orchestra : Sparrow Mountain (Klein)
Enregistrement : 2013. Edition: 2013.
CD : 01/ Lorvae 02/ Germana 03/ Sparrow Mountain 04/ Cemacina Dreaming 05/ Een schen hemd 06/ Sidereal 07/ Laglio 08/ Genoes Geodronken
Luc Bouquet © Le son du grisli



joachim badenhorst paul lytton john butcher nachtigall suite

Enregistrée les 23 et 24 mars 2013, cette Nachtigall Suite donne à entendre Joachim Badenhorst improviser entre John Butcher et Paul Lytton. Au ténor, le jeune homme tient au moins le coup si l’échange, remonté, n’est pas d’une originalité saisissante. Pour se montrer plus persuasif, le trio attendra les septième et huitième plages : la vaillance de Badenhorst (Nief Gerief), voire son invention (Nachtingall), atteignant maintenant les sommets que, jusque-là, arpentait seul John Butcher.   

Joachim Badenhorst, John Butcher, Paul Lytton : Nachtigall Suite (Klein)
Enregistrement : 23 et 24 mars 2013. Edition : 2013.
CD : 01-03/ Nachtigall Suite : Nikko Blue / Mariesii / Otaska 04/ Upward Down Smile 05/ Spik Plinter 06/ Lightwaves 07/ Nief Gerief 08/ Nachtingall
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

400Ce mardi 18 mars, Joachim Badenhorst est attendu – tout comme le duo Didier Petit / Davu Seru – au Souffle Continu. Le samedi 22, c'est en appartement parisien qu'on pourra l'entendre auprès de Frantz Loriot et Pascal Niggenkemper, domestiqué en Jazz@home.

Commentaires [0] - Permalien [#]

Joe Hertenstein, Thomas Heberer, Joachim Badenhorst, Pascal Niggenkemper : Polylemma (Red Toucan, 2011)

joe_hertenstein_polylemma

Sans l’inachevé de HNH (Clean Feed) et avec le renfort du clarinettiste Joachim Badenhorst, revoici les tambours de Joe Hertenstein, les trompettes de Thomas Heberer et la contrebasse de Pascal Niggenkemper.

Soit huit compositions, certaines très poussées en direction d’un jazz habile (Nupeez, Polylemma) ; d’autres plus opaques mais privilégiant de tout aussi habiles alliages de cuivres (Garden, Sugar’s Dilemma). Compositions et improvisations sans errance ici, sûres et déroulant des coups de projecteurs bienveillants (batterie et contrebasse puis les deux emmêlés sur One Ocean at a Time) ou compilant des couches multiformes et multi-teintes (Stratigraphy). A l’arrivée : un court (45 minutes) mais très intense enregistrement.

Joe Hertenstein, Thomas Heberer, Joachim Badenhorst, Pascal Niggenkemper : Polylemma (Red Toucan / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ Polylemma 02/ Garden 03/ Sugar’s Dilemma 04/ Stratigraphy 05/ One Ocean at a Time 06/ Crespect 07/ Banners n’ Bubbles 08/ Nupeez
Luc Bouquet © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Han Bennink Trio : Parken (Ilk, 2009)

hangrisli

Sur Parken, Han Bennink fait pour la première fois de son nom celui d’une formation : trio, en l’occurrence, qu’il forme aujourd’hui avec le pianiste Simon Toldam et le clarinettiste Joachim Badenhorst.

Pour faire suite à une série de concerts, l’enregistrement distribue les preuves de l’entente du batteur et de ses jeunes partenaires, notamment sur un lot d'improvisations (Myckewelk exacerbé ou Flemische March sur lequel Bennink court après les notes en cascades du pianiste, les rattrape et les avale). Ailleurs, le trio sert des compositions signées de ses membres (Music for Camping de Toldman, qui révèle chez celui-ci une érudition musicale, et notamment jazz, capable de faire oublier un peu une sonorité un brin clinquante ; plus convaincant Reedeater de Badenhorst) ou tiré du répertoire de Duke Ellington.

Trois fois il est ainsi donné d’entendre des pièces dues à la collaboration Ellington / Billy Strayhorn : Fleurette africaine, pâtissant elle aussi d’une production léchée à l’excès ; Lady of The Lavendermist, célébrée surtout par le duo Badenhorst / Bennink aux clarinette basse et cymbales ; et puis, surtout, Ispahan : là, Toldman démontre un jeu d’accords plus subtil quand Badenhorst se fraye un chemin entre les coups vifs assénés par Bennink.

Han Bennink Trio : Parken (Ilk Music / Instant Jazz)
Edition : 2009.
CD : 01/ Music for Camping 02/ Flemische March 03/ Lady of The Lavender Mist 04/ Myckewelk 05/ Isfahan 06/ Reedeater 07/ Fleurette africaine 08/ After The March 09/ Parken
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

>