Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


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Voicehandler : Song Cycle (Humbler, 2015)

voicehandler song cycle

Ahh… La tristesse qui m’prend quand la première piste d’un disque inconnu m’plaît et qu’les autres c’est pas ça… Merci Voicehandler = Jacob Felix Heule (electronics et percussions) & Danishta Rivero (à la voix).

Quatre chansons (sur cinq morceaux), dont les paroles sont empruntosignées Eduardo Galeano, Knut Hamsun, Borges & Burroughs. Si je suis mon raisonnement, sur Galeano, ça passe : la voix de Rivero chante sur un piano à pouces réverbéré un beau folk face à la nature. Après ? Bon… de l’impro instrumentale d’une normalité tristoune, du duo voix / batterie à vide, des field recordings et de l’électronulle pseudoexpénulle…  1 + 4 X 0 = Song Cycle.



Voicehandler : Song Cycle (Humbler)
Edition : 2015.
CD : 01/ Soñando 02/ Empty and Without Pain 03/ A Meager 04/ Mi Falible Mano 05/ A Am A Recording Instrument
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Cassettes Expéditives : Fusiller, Arno Bruil, Beauty School, Double Morris, Giulio Aldinucci, Pick-Up, BCH+C, Yves Charuest...

cassettes expéditives avril 2015

la passeYves Charuest, Ellwood Epps : La Passe (Small Scale Music, 2014)
2 juin 2014 : Yves Charuest au saxophone alto, Ellwood Epps à la trompette. La passe, improvisée, fait état de la recherche d’un équilibre entre l’instabilité du premier, qui multiplie les angles d’attaque, et la distance du second, qui appose et rappellera Bill Dixon ou Jacques Coursil. C’est seulement en seconde face que le duo parvient à intéresser, quand les graves de l’alto embrassent une trompette désormais dilettante. Reste un manque de tempérament. (gb)

liveBCH+C : Live: Taking a Shot (Small Scale Music, 2014)
Tempérament qui n’aura manqué ni à Charuest ni à ce trio qu’il est venu augmenter le 11 mars 2014 au Cagibi de Montréal : Chris Burns (guitare et batterie), Nicolas Caloia (contrebasse) et John Heward (batterie). Pourtant local, le free jazz n’y est pas réchauffé, mais défait, décidant de retraits dans des progressions pourtant affirmées d’où les musiciens travailleront à une rare harmonie. (gb)

archipelagoGiulio Aldinucci : Archipelago (Other Electricities, 2013)
On aurait vite fait de classer Giulio Aldinucci (Obsil) dans l’ambient à couches genre Biosphere ou Fennesz. Prenons la face A et son rythme qui bouleverse les nappes synthétiques. Prenons maintenant la B où on les dilue pour obtenir deux notes originelles. C’est fait et c’est bien fait et c’est même assez impressionnant ! (pc)

pickup-departure

Pick-Up : Departure (Ultramarine, 2013)
Oui, Frans de Waard multiplie les projets et les enregistrements de tout acabit. Et il fait bien... Avec le guitariste Martin Luiten, il s’empare non d’un pick-up (eh bien, mon gaillard !) mais d’un ordinateur pour tricoter des loops et tailler des drones à l’ancienne. Mais le plus étonnant n’est pas là, non. Le plus étonnant c’est quand il donne une seconde vie aux petits solos de guitare de son comparse pour en faire des refrains galactique. Voilà qui explique le nom de la K7 ! (pc)

a3614433647_2Double Morris : Best-Of the Hightone Years (Pilgrim Talk, 2013)
Une guitare / une voix (oui, mais dans quel sens ?) : Aaron Zarzutzki & Morgan Bausman ont certainement avalé un champignon de trop. Les voilà renvoyés dans leur but (= à leur adolescence : lo-fi de Barlow Lou ou old Pavement ou foutraque genre Daniel Johnston) pour pondre des chansonnettes au mètre. Le plus, c’est justement dans cette manie de l’interruption déglingue, qui leur vaut ce coup de Stetson ! (pc)

a0189367018_10Hexen : - (Diazepam, 2013)
Pas de titre pour cette cassette emballée dans une pochette de velours rouge avec un bout de (je pense) météorite en bois. Bel effort, mais quid d’Hexen ? Eh bien une ambient mélodique aux dérapages stellaires & puis un peu de noise & puis une electronica qui crache son noise de décoration… Bref plein de choses, mais (presque) rien dedans. (pc)

beauty schoolBeauty School : Residual Ugly (Humbler, 2014)
Ce qu’il peut rester des années « college », il faudra aller le demander à Matt Chandler (basse électrique), Tom Djll (trompette & electronics) et Jacob Felix Heule (percussions & electronics). Un souvenir de bruits et de désordre qu’ils tentent aujourd’hui de canaliser et qui donne ces maquettes-bidules qui font des étincelles d’un genre expé lo-fi... qui me sont étrangères, mais qui m’interrogent. (pc)

fusillerArno Bruil, Fusiller : Split (Hum Rec, 2013)
Une split-tape, quoi de plus charmant ? Face A, Arno Bruil (Haute Volta) qui distribue les séquences claustro comme d’autres les coups de marteau avec un goût pour la sifflote et la saturation. Face B, son comparse Fusiller* (Ce temple est la reproduction d’un des bâtiments), qui fait penser à Throbbing Gristle bien sûr mais pas que. Car une loop et une voix lointaine mais forcée noircissent encore et toujours le propos. Un deuxième morceau donnera dans la miniature beat… autrement étonnant ! (pc)

SP2015-logo* Ce samedi 4 avril, Fusiller est à l'affiche du festival Sonic Protest en compagnie de Ryan Jordan et Esplandor Geométrico.

mail 10 years

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Sult : Svimmelhed (Conrad Sound, 2014) / Street Priest : More Nasty (Humbler, 2014)

sult svimmelhed

C’est le retour de Sult et il va falloir faire un point sur ce que j’attends du groupe d’improvisateurs norvégiens. Première chose les deux basses sont toujours là mais elles ne décident plus de tout, comme c’était (presque) le cas avec Harm. Non, on dirait qu'elles se sont faites aux préparations et aux attouchements légers, ce qui laisse donc plus de place à la guitare acoustique et aux percussions.

Et l’effet est payant. Je me suis renseigné : « Svimmelhed » veut dire « vertiges », ce qui explique la pochette renversée et même toute la musique de Sult. Ce vague-à-l’âme instable (pour m’auto-citer moi-même personnellement) est plus instable encore car les micro-jeux et les provocations instrumentales de Jacob Felix Heule et Håvard Skaset ne se laissent plus faire. Ce qui fait qu’agréablement votre tête tourne… Vertiges, vous disais-je…

écoute le son du grisliSult
Svimmelhed (Bandcamp)

Sult : Svimmelhed (Conrad Sound)
Edition : 2014.
CD : 01/ Jern 02/ Doren II 03/ Fryst 04/ Snylter 05/ Uvel 06/ Doren I
Pierre Cécile © Le son du grisli

street priest more nasty

Street Priest (d’après le nom d’un disque de Ronald Shannon Jackson) est un autre projet de JF Heule (qui est aussi un des deux Basshaters rappelons-le) avec guitare (Kristian Aspelin) et basse (Matt Chandler). Sur la face A c’est un power trio (la guitare est cette fois électrique) qui est autant volontaire qu’indécis (c’est le bon côté de l’improvisation) et sur la B un essai ambient bruitiste puis free grassouillet un peu moins captivant. Inégal, mais le label a aussi un Bandcamp qui aidera à faire le tri.

Street Priest : More Nasty (Humbler)
Enregistrement : 2012. Edition : 2014.
Cassette : A1/ Turk A2/ Taylor A3/ Sixth A4/ Market
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Sult : Harm (Bocian, 2013)

sult harm

Il y a deux contrebasses dans Sult, maniées par Tony Dryer et Guro Skumsnes Moe. Il y a dans Sult d’autres instruments quand même, qui sont la guitare acoustique d’Håvard Skaset et les percussions de Jacob Felix Heule. Mais c’est bien la (dons les !) contrebasse qui est au centre des débats.

Car c’est elle qui tricote le canevas de souffre & de fiel dont le groupe fait ses partitions. C’est elle qui gémit sous le grattage, elle qui rôde partout sur ce disque de modal expérimental. C’est encore elle qui décoche un pizzi qui renverra lentement mais sûrement la guitare frottée ou les toms frappés à leurs études. Elle qui symbolise ce vague à l'âme instable qu’est la musique de Sult. Vague-à-l'âme dont on ne peut que s’éprendre des ruines et des ravages qu'il fait.

Sult : Harm (Bocian)
Edition : 2013.
LP : A1/ Lunge A2/ Mince A3/ Skade A4/ Fange A5/ Wince
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Bark! : Fume of Sighs (Psi, 2012) / Sult : Bark (Bug Incision, 2012)

bark fume os sighs le son du grisli

Si l'histoire du groupe s'enracine au début des années 90, c'est à la fin de cette décennie que Bark! a stabilisé son effectif et trouvé, au fil des disques publiés par Matchless et Psi, en « functioning like one big electronic rhythm section », son « groove » – je cite ici le livret fort détaillé de Phillip Marks (percussions).

Le trio que complètent Rex Casswell (guitare électrique) et Paul Obermayer (samples – on connaît ses accointances avec Richard Barrett, dans Furt ou l'Electro-Acoustic Ensemble d'Evan Parker) développe effectivement une dynamique particulière, manière de bounce atomisé, de réactivité sèche, articulée, ciselée, incisive, digne d'un flipper fracassé. Dans cette session d'octobre 2009, en studio londonien, à force de brisures, de rebonds et de cliquètements, la tension électrique s'accumule, jusqu'à ce que Bark!, enfin, craque et lâche, sporadiquement, quelques aboiements libérateurs et d'autant plus appréciés que, même à fort volume, l'intensité des échanges virevoltants avait pu lasser au long des cinquante minutes de ce disque.

Bark! : Fume of Sighs (Psi / Orkhêstra International)
CD : 01/ Romeo 02/ Zodiac 03/ Trampoline 04/ Fume of Sighs 05/ A Room Each 06/ What is it else? 07/ Crobes 08/ Morse Eyes 09/ The Theoretician 10/ Vexed, a Sea
Guillaume Tarche © Le son du grisli

sult bark bug incision le son du grisli

Certes ce Bark là – à qui il manque le point d’exclamation – n’est qu’un titre. Celui d’un disque de… Sult, association peu commune de deux contrebassistes (Tony Dryer et Guro Skumsnes Moe), d’un guitariste (Havard Skaset) et d’un percussionniste (Jakob Felix Heule) – Dryer et Heule, entendus déjà en Basshaters. En conséquence : un précis de gravitude dont nœuds, tensions, râles et décharges, font le gros du discours. Sept onomatopées en tout qui, persuasives presque toutes, forment un vocabulaire signifiant.

Sult : Bark (Bug Incision)
Edition : 2012.
CD : 01/ arkb 02/ bkra 03/ brak 04/ rabk 05/ krab 06/ rakb 07/ abrk
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Basshaters : Live Spring 2009 (Young Girls, 2009)

bassgrislers

Je ne connaissais rien de Basshaters avant d’écouter cet enregistrement d’un de leurs concerts. Au fil des recherches, une page myspace m’en apprend plus : un duo d’Américains constitué de Tony Dryer et Jacob Felik Heule = contrebasse et batterie et de l’électronique (ce serait moins drôle sans). Le duo a déjà joué avec les saxophonistes Jack Wright et Michel Doneda, alors j’imaginais un dialogue déconstruit et cérébral...

Or, quand le disque démarre, un bruit de rotatives retentit, assourdissant si le volume est assez fort, qui vient peut être de micros que l’on gratte. Pour suivre, un larsen se fait entendre, des chants d’oiseaux (ou sinon c’est moi qui fantasme…) perdus dans un brouillard sonore épais et cataleptique. Les moteurs ne cesseront plus de suffoquer, de s’emballer même jusqu’à faire craquer le plancher (ou sinon c’est moi qui fantasme). Des pauses essayent bien de calmer le tout, mais rien n’y fait : le duo continue de protester, haut et fort. Le tout est aride et très impressionnant, Basshaters m’a convaincu que je fantasmais moins que je ne pouvais le penser…

Basshaters : Live Spring 2009 (Young Girls Records)
Enregistrement : 2009. Edition : 2009.
CD-R :01/  Eugene, OR / Epic Space / June 4 02/ Santa Fe, NM / High Mayhem / May 31 03/ Portland, OR / The Wail / June 5
Pierre Cécile © Le son du grisli

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