Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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le son du grisli #3Peter Brötzmann Graphic WorksConversation de John Coltrane & Frank Kofsky
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Jürg Frey : String Quartet no. 3 / Unhörbare Zeit (Wandelweiser, 2015)

jürg frey string quartet 3

C’est un ballet délicat qu’a composé Jürg Frey et qu’interprète ici le Quatuor Bozzini – en 2004, les mêmes musiciens enregistraient, du même compositeur et pour le même label, Strings Quartets – et qui l’oblige même. Est-ce que String Quartet no. 3 (2010-2014), avec cet air qu’il a de respecter les codes, manipule en fait ses interprètes ?

Dans un même mouvement, voici les cordes s’exprimant avec précaution puis allant et venant entre deux notes enfin dérivant au point de donner à leur association des couleurs d’harmonium. C’est que le vent emporte les archets et que les cordes, fragilisées par son passage, adoptent une tension dramatique qui n’est pas sans évoquer celle du Titanic de Bryars

En compagnie des percussionnistes Lee Ferguson et Christian Smith, le quatuor interprète ensuite Unhörbare Zeit, suite de séquences instrumentales interrompues par des silences de plus en plus longs, et donc influents. Le flou artistique que respectent les violons ne leur impose aucun contraste : ils vont ensemble sur un battement sourd ou s’expriment d’un commun accord sur des paliers différents. Et c’est encore en instrument à vent qu’ensemble ils se transforment. Puisque Jürg Frey a changé l’air que les musiciens respirent en soufflantes partitions.

écoute le son du grisliJürg Frey
String Quartet no. 3 (extrait)

jürg frey

Jürg Frey : String Quartet no. 3 / Unhörbare Zeit
Edition Wandelweiser
Enregistrement : 11-13 mai 2015. Edition : 2015.
CD : 01/ String Quartet no.3 02/ Unhörbare Zeit
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Jürg Frey : 24 Wörter (Wandelweiser, 2014)

jürg frey 24 worter

La rue est en pente et, avec la neige, ta démarche imitait la chute d’un accord de piano. Tu as appelé mais j’étais loin et, il me semble au ralenti, tu es partie en arrière. C’est là que le temps s’est arrêté. Le temps pour moi de te rejoindre et de te rattraper, le temps de te dire les 24 mots de Jürg Frey (24 comme les heures du jour, les Préludes de Debussy ou les Fantasy-Pieces de Crumb) et le temps de comprendre comment il est possible, pour un mouvement ou pour une voix, de se fondre dans un paysage.

Plus exactement, de devenir un paysage. Comme le compositeur, et clarinettiste, est devenu une voix (la soprane Regula Konrad), un violon (Andrew Nathaniel McIntosh) et un piano (Dante Boon). Son 24 Wörter est un de ces accidents qui vous font sortir de votre corps quelques instants. Il faut le temps de se remettre de ces 27 (car 3 instrumentaux) pistes à la beauté étrange, dormante, perdue, heureuse… de ces 24 lieder qui vous empoignent en vous rappelant Feldman (Only) que Mahler (Kindertotenlieder) ou Chostakovitch (Aus Jüdischer Volkspoesie). Et qui surtout illuminent la scène que l’on a sous les yeux. Ce jour-là, c’était toi au-dessus de la neige, suspendue à un fil invisible.

Jürg Frey : 24 Wörter (Edition Wandelweiser)
Enregistrement : 16 et 17 septembre 2013. Edition : 2014.
CD : 01/ Fremdheit 02/ Herzeleid 03/ Zwei Welten 04/ (piano, violin) 06/ Heiterkeit 07/ Seltsamkeit 08/ Trauer 09/ Tänzer 10/ Träimer 11/ Stein 12/ Einsamkeitsmangel 13/ Zittergras 14/ (piano solo) 15/ Tod 16/ Schlaf 17/ Tod 18/ Verlorenheit 19/ Zartheit 20/ Glück 21/ Wind 22/ Glück 23/ ortlosigkeit 24/ Innigkeit 25/ Sehnsuchtslandschaft 26/ Halbschlafphantasie 27/ Vergessenheitsvogel
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Jürg Frey, Radu Malfatti : II (Erstwhile, 2014)

radu malfatti jürg frey ii

Il n’est là quasiment plus question de silence – tout, dit-on, n’est-il pas relatif ? La longue note de clarinette de Frey, celle qui lui succède (elle, de trombone et de Malfatti) n’avertissent-elles pas l’auditeur ? Peut-être s’agit-il maintenant, et sur l’instant, de réduire le silence à sa portion congrue, tout en prenant soin qu’il fasse, sur la musique, toujours le même effet.  

Alors, c’est à distance que les notes tenues et ténues de Frey et de Malfatti, comme les field recordings du premier sur la composition qu’il signe des II ici présentées, vont : se cherchent, se rencontrent, se chevauchent. De leurs trajectoires fragiles, les instruments font un programme commun (Shoguu) ; de leurs présences, les field recordings empêchent un propos seulement musical (Instruments, Field Recordings, Counterpoints) : trajectoires et présences traçant une ligne de fuite confondante derrière laquelle le silence se tait. Ses fondations coulées dans la note, même fragile, la maison Frey / Malfatti tient : flottant, comme suspendue, lumineuse surtout.

Jürg Frey, Radu Malfatti : II (Erstwhile / Metamkine)
Enregistrement : 13 et 14 novembre 2013. Edition : 2014.
2 CD : CD1 : 01-05/ Shoguu – CD2 : 01/ Instruments, Field Recordings, Counterpoints
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Stefan Thut : Drei, 1-21 (Edition Wandelweiser, 2013)

stefan thut drei 1-21

Il n’a pas plu depuis trois jours. Drei.
 
Johnny Chang, violon. Sam Sfirri, melodica. Jürg Frey, clarinette. A chacun sa note. Il faut juste qu’elle tienne le temps demandé par la partition de Stefan Thut. Le compositeur a tracé des bâtons, courts, à l’horizontal. Un, deux ou trois, isolés ou superposés. Un musicien une note un bâton (ils me rappellent certains écrits de Beckett). Et des silences. Même pas dérangés par le bruit de la pluie.   

Trois jours. Le violon enregistré le 15 janvier 2012. Le melodica enregistré le 22 octobre 2012. La clarinette enregistrée le 26 octobre 2011. A chacun sa note. Les silences sont présents de plus en plus mais le temps ne se fait pas plus long. La partition de Thut est une frise de strates mécaniques qui nous fait croire que tout est décidé à l’avance.

Mais voici que la pluie tombe et, ça, Thut ne l’avait pas prédit. Elle tombe sur sa sculpture mobile de vingt-et-une pièces, ses vingt-et-une pièces de trois minutes zéro six. Mais à chaque réapparition d’un des trois instruments, elle fait silence – ou est-ce mon attention qui fait silence ? Elle me laisse à mon écoute, elle m’oblige à l’attendre. Trois minutes zéro six de plus. Trois minutes zéro six encore. Pour toujours.

Stefan Thut : Drei, 1-21 (Edition Wandelweiser)
Enregistrement : 2011-2012. Edition : 2013.
CD : 01-21/ 03:06
Héctor Cabrero © Le son du grisli

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Dedalus : Dedalus (Potlatch, 2013)

dedalus

Fenêtres ouvertes, c'est au bruissement du monde que se tresse la musique des trois pièces composées par Antoine Beuger et Jürg Frey, qu'interprète l'Ensemble Dedalus de Didier Aschour (guitare) – pour l'occasion, en cette fin avril 2012, à Montreuil : Cyprien Busolini (alto), Stéphane Garin (percussion, vibraphone) et Thierry Madiot (trombone), rejoints par les auteurs, respectivement à la flûte et à la clarinette.

Un calme souffle qui bâtit ses arches douces en « canons incertains », évoquant autant les trios pour flûte, percussion et piano de Feldman que le Darenootodesuka de Malfatti ; un pouls sans métronome ; un continuum où se fondent pâles rumeurs et touches subtiles, tenues et tuilages. Entre les mains de Dedalus (et après son disque consacré à Tom Johnson), vingt ans après la formation du collectif Wandelweiser, l'esthétique (aux « canons ouverts ») élaborée s'épanouit pleinement, essaime (en séduisant Potlatch après Another Timbre) et passionne qui s'y immerge.

Ensemble Dedalus : Dedalus (Potlatch / Souffle Continu)
Enregistrement : 2012. Edition : 2013.
CD : 01/ Méditations poétiques sur quelque chose d'autre (Beuger) 02/ Canones incerti (Frey) 03/ Lieux de passage (Beuger)
Guillaume Tarche © Le son du grisli

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Radu Malfatti : darenootodesuka (B-Boim, 2012)

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En concert à Londres (Cut & Splice Festival), Radu Malfatti et le collectif Wandelweiser soignaient en 2011 l’esthétique parcimonieuse qu’ils ont en commun. Dans le disque publié sous étiquette B-Boim, une nouvelle citation de… Francis Brown : « Cessé-je d’exister entre des vagues de son ? ».

Malgré l’indice, noter que l’enregistrement se nourrit moins de silences que ne l’ont fait les derniers travaux improvisés de Malfatti. C’est que l’écriture commande au tromboniste et à ses partenaires –  Antoine Beuger (flûte), Jürg Frey (clarinette), Marcus Kaiser (violoncelle), Michael Pisaro (guitare) et Burkhard Schlothauer (violon) – de signifier davantage dans une note partagée. Dans les pas de quelques « maîtres » (Feldman, Wolff, Scelsi, Bryars), mais avec un penchant peut-être plus affirmé encore pour le délitement musical, le groupe interroge le pouvoir licencieux des harmoniques, à sons couverts : fréquences et vibrations.

Les souffles de Malfatti, Beuger et Frey, se superposent alors aux cordes frottées de Kaiser, Pisaro et Schlothauer. Et vice-versa. Dites du bout des lèvres et suspendues à de fragiles poignets, les notes longues franchissent des paliers qui sous leur poids soudain s’affaissent – puisque la partition ne fait entendre que ce qui est voué à disparaître. Enfin, la respiration des musiciens toujours met en danger les phrases qu’ils ont osées : le conflit sert l’ellipse, dont Malfatti a fait un art fabuleux.

Radu Malfatti : Darenootodesuka (B-Boim)
Enregistrement : 5 novembre 2011.  Edition : 2012.
CD (tirage de 78 copies) : 01/ darenooteduseka
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Improvisation Expéditives : Breakway, Motif, Joe Williamson, Sam Shalabi, Ramon Prats, Jürg Frey, Nick Hennies...

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peiraBreakway : Hot Choice (Peira, 2011)
Sous couvert d’improvisation brusque, Paul Giallorenzo (piano, moog), Brian Labycz (synthétiseur) et Marc Riodan (batterie) enfilaient en 2010 des miniatures qui crachent ou claquent. Ici, leur musique joue les concrètes, ailleurs elle se laisse endormir par les drones ; là enfin, elle électrise. Sans ligne mais avec artifices, elle convainc d’un bout à l’autre. [gb]

MotifMotif : Art Transplant (Clean Feed, 2011)
Les souffles soudés d’Axel Dörner inaugurent Art Transplant, enregistrement du projet Motif sur des compositions du contrebassiste Ole Morten Vagan. A la mécanique réductionniste succèdera un jazz de facture assez classique, amalgame ressassé d’hard bop et de free dirigé d’une main molle. Si le piano reste d’un bout à l’autre « motif » de fâcherie, on remerciera Atle Nymo d’avoir lutté contre à coups de saxophones. [gb]

freyJürg Frey, Nick Hennies : Metal, Stone, Skin, Foliage, Air (L’Innomable, 2011)
Cette œuvre de percussion célèbre d’abord l’acharnement du triangle. Par touches délicates, ce sont ensuite cymbales, caisses et objets, qu’animent Jürg Frey (sorti du Percussion Quartet) et Nick Hennies jusqu’à fantasmer l’usage d’un petit moteur, le grondement du tonnerre ou le bris de morceaux de verre. Ainsi Metal, Stone, Skin, Foliage, Air investit le champ des travaux de Fritz Hauser ou d’Ingar Zach, sans toutefois convaincre autant que ceux de ces deux-là. [gb]

hoardJoe Williamson : Hoard (Creative Sources, 2011)
Il existe beaucoup de solos improvisés à la contrebasse. Hoard date de juin 2010 et, malgré les antécédents, se fait remarquer : accrocheur, endurant voire radical, le voici attachant. Joe Williamson y appuie, frotte, astique, balance ou scie, et, malgré quelques baisses de régime (et les mêmes antécédents), nous arrache la promesse d’y revenir. [gb] 

coteSam Shalabi, Alexandre St-Onge, Michel F. Côté : Jane and the Magic Bananas (& Records, 2012)
Précepte cher à Glenn Branca, le petit jeu consistant à passer d’un apparent chaos à une transe évolutive, se retrouve plusieurs fois appliqué ici. Nous dirons donc que la guitare électrique de Sam Shalabi, la guitare basse d’Alexandre St-Onge et la batterie amplifiée de Michel F. Côté œuvrent dans l’hypnotique et le dérèglement. Sachant s’échapper de la masse pour mieux faire bloc, nos trois sidérurgistes donnent aux sévices soniques quelques vives médailles : pièces courtes et déplumées, travaillant sur les micro-intervalles, souvent déphasées et grouillantes, elles prennent source dans la dissonance même. En ce sens, habitant un profond aven, impriment la douleur dans la chair d’une musique sauvage à souhait. [lb]

duotRamon Prats, Albert Cirera : Duot (DLB, 2012)
Pour ce duo saxophone (Albert Cirera) – batterie (Ramon Prats), creuser la matière s’envisage sur le long terme. Soit prendre un point d’appui (une mélodie, une situation rythmique) et en fouiller toutes les strates. Pour le batteur : entretenir la résonnance et faire du rythme un lointain allié. Pour le saxophoniste (flûtiste sur une plage) : improviser la phrase et ne jamais sombrer dans sa périphérie. Pour ce même saxophoniste, également : faire exister une respiration microtonale et ne jamais l’étouffer. Et surtout, pour tous les deux : ne jamais rompre le fil d’une improvisation généreuse si ce n’est spectaculaire. [lb]

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Craig Shepard : On Foot (Edition Wandelweiser, 2011)

craig shepard on foot

Craig Shepard a parcouru la Suisse pendant un mois en 2005. De ce voyage fait à pied, On Foot révèle les compositions que l’homme a écrites et interprétées in situ à la trompette de poche (bien que son instrument de prédilection soit le trombone). Les bruits quotidiens (et parfois mystérieux) de la Suisse y rencontrent la musique de Shepard, jouée maintenant sur ce CD, dans l’ordre d’apparition : par Antoine Beuger (flûte), Katie Porter (clarinette), Christian Wolff (mélodica), Jürg Frey (clarinette), Tobias Liebezeit (percussions) & Marcus Kaiser (violoncelle).

Certains reviennent de voyage et disent qu’ils « ont fait » tel pays – comment souffrir d’entendre parler ainsi de leur expérience? Shepard, par la voix de ses colporteurs, raconte ses découvertes de vent dans les sapins, de cloches qui se balancent, de transports lents, de résonances (le duo Kaiser / Liebezeit revient sur ces résonances pendant une merveilleuse demi-heure)… Pour leur part, les mélodies d’On Foot sont des respirations dans toutes ces vignettes. Leur poésie relève du quotidien et leur joliesse tient de l’évidence.

Craig Shepard : On Foot (Edition Wandelweiser)
Edition : 2011.
CD : 01/ Crêt de La Neuve, Le 20 juillet 2005 02/ Grottes de L’Orbe, le 22 juillet 2005 03/ Vallorbe, le 23 juillet 2005 04/ St. Cergue, le 19 juillet 2005 05/ Genève, le 17 juillet 2005 06/ Dornach, Den. 2, August 2005
Héctor Cabrero © le son du grisli

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Radu Malfatti, Keith Rowe : Φ (Erstwhile, 2011)

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La rencontre est récente : sous la protection du nombre d’or, Radu Malfatti et Keith Rowe ont enregistré trois disques : le premier d’interprétations, le second de compositions personnelles, le troisième d’improvisations. A chaque fois, la proportion est dans l’épure.

Radu Malfatti est ce tromboniste qui, au mépris de toutes règles, insiste sur monotype afin d’obtenir plusieurs épreuves. Si l’empreinte qu’il dépose sur papier est en conséquence de plus en plus ténue, elle en impose aussi de plus en plus aux longs blancs qu’elle entame, aux longs silences qu’elle interrompt. Ainsi en est-il sur cette composition de Jürg Frey, Exact Dimension Without Insistence : un silence d’endurance opposé à un grave ronflant – souvent trois fois répété ensuite – traînant derrière lui l’interjection d’une corde de guitare étouffée. Malfatti est celui qui insiste, Rowe celui qui mesure ; alors se dilatent les lignes et leurs distances. Ainsi en est-il encore sur Nariyamu, pièce du tromboniste dont les beaux espaces infestés de parasites (grésillements, micro contacts…) accueillent des souffles discrets au destin polyphonique. Plusieurs fois imprimée ou déclinée sur tons avoisinants, la note essentielle est le sujet, toujours, pressé / compressé jusqu’à l’obtention de ghost proofs éloquents.

Keith Rowe est ce guitariste qui, accoutumé aux surprises de l’hybride, compose avec une patience électrique un inattendu remarquable. S’il joue encore de drones miniatures et de larsens – sur le Solo with Accompaniment de son ami Cornelius Cardew –, lève mais en retrait des armées de râles à saturation, il offre aussi au sérieux du propos et à la minutie qu’il requiert un accessoire indispensable : la facétie vigilante. Même chose sur Pollock’82 – renvoi inévitable aux abstraits américains, tandis que Malfatti et ses déclinaisons évoqueraient davantage les Prints de Robert Morris. Pollock’82, donc : la ligne électronique envisagée en plus comme alternative aux souffles blancs propulsés en trombone : sous forme de projections multipliées, de battements infinitésimaux et presque incongrus, d’artifices segmentés aux précises expressions. Après coups, le silence encore.

Radu Malfatti et Keith Rowe improvisant : une introduction feignant la mise en place (table d’opération immaculée mais électricité faiblissant) puis l’addition fantastique d’un analgésique à cordes tendues et de feulements / vrombissements / ronflements, tous éléments de phonation d’envergure. Derrière l’horizon, à force de conciliations et de ruptures accordées, deux parallèles qui ne l’étaient donc pas se sont lentement rapproché jusqu'au moment de se fondre. Patiemment, deux langages distingués ont donné naissance à un rare idiome musical dont le symbole est Φ

EN ECOUTE >>> Exact Dimension Without Insistence > Solo with Accompaniment > Nariyamu > Pollock’82 > Improvisation

Radu Malfatti, Keith Rowe : Φ (Erstwhile / Metamkine)
Enregistrement : novembre 2010. Edition : 2011.
CD1 : 01/ Exact Dimension Without Insistence 02/ Solo with Accompaniment – CD2 : 01/ Nariyamu 02/ Pollock’82 – CD3 : 01/ Improvisation (6:18) 02/ Improvisation (46:54)
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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