Le son du grisli

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Jürg Frey : String Quartet no. 3 / Unhörbare Zeit (Wandelweiser, 2015)

jürg frey string quartet 3

C’est un ballet délicat qu’a composé Jürg Frey et qu’interprète ici le Quatuor Bozzini – en 2004, les mêmes musiciens enregistraient, du même compositeur et pour le même label, Strings Quartets – et qui l’oblige même. Est-ce que String Quartet no. 3 (2010-2014), avec cet air qu’il a de respecter les codes, manipule en fait ses interprètes ?

Dans un même mouvement, voici les cordes s’exprimant avec précaution puis allant et venant entre deux notes enfin dérivant au point de donner à leur association des couleurs d’harmonium. C’est que le vent emporte les archets et que les cordes, fragilisées par son passage, adoptent une tension dramatique qui n’est pas sans évoquer celle du Titanic de Bryars

En compagnie des percussionnistes Lee Ferguson et Christian Smith, le quatuor interprète ensuite Unhörbare Zeit, suite de séquences instrumentales interrompues par des silences de plus en plus longs, et donc influents. Le flou artistique que respectent les violons ne leur impose aucun contraste : ils vont ensemble sur un battement sourd ou s’expriment d’un commun accord sur des paliers différents. Et c’est encore en instrument à vent qu’ensemble ils se transforment. Puisque Jürg Frey a changé l’air que les musiciens respirent en soufflantes partitions.

écoute le son du grisliJürg Frey
String Quartet no. 3 (extrait)

jürg frey

Jürg Frey : String Quartet no. 3 / Unhörbare Zeit
Edition Wandelweiser
Enregistrement : 11-13 mai 2015. Edition : 2015.
CD : 01/ String Quartet no.3 02/ Unhörbare Zeit
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Quatuor Bozzini : Aberrare / Le mensonge et l'identité / Sens(e) Absence (Ambiances magnétiques, 2011)

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Après avoir interprété Cage, Malcolm Goldstein et quelques autres, le Quatuor Bozzini (Charles-Edouard Marchand : violon, Clemens Merkel : violon, Stéphanie et Isabelle Bozzini : violon alto et violoncelle) s’intéresse aux œuvres de Martin Arnold, compositeur contemporain installé à Toronto.

Dans ces quatre œuvres, quelques constantes : continuité et étirements-déplacements de la mélodie, silences, réminiscence de musique ancienne, unissons, variantes des hauteurs et refus de la bride, du motif, de la phrase. Soit une répétition-juxtaposition de mélodies que l’on croirait instantanées, improvisées ; mélodies d’une simplicité enfantine, toujours tempérées et profondes.

Quatuor Bozzini : Aberrare (Ambiances magnétiques / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ Contact;Vault 02/ Slew & Hop 03/ Liquidambars 04/ Aberrare 1 05/ Aberrare2 06/ Aberrare 3 07/ Aberrare 4
Luc Bouquet © le son du grisli

quatuor_bozzini_mensonge_et_identit_

Avec Jean Derome et Joane Hétu, compositeurs de cette œuvre, le Quatuor joue et parle (présentation des musiciens, citations diverses). En trois mouvements, Le mensonge et l'identité creuse et multiplie la cassure. Les cordes sont stridentes, acérées, oppressantes. Le quatuor à cordes est ici appréhendé comme un modèle de société, comme une communauté. Il témoigne des désunions (enchevêtrements des pièces), se déplace et se perd, sature la violence jusqu’à l’ultime tension mais maintient toujours le cap de l’échange et du partage. Bel exploit.

Quatuor Bozzini : Le mensonge et l'identité (Ambiances magnétiques / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2010. Edition : 2011.
CD : 01-19/ 1er mouvement 20-23/ 2ème mouvement 24-25/ 3ème mouvement
Luc Bouquet © Le son du grisli

quatuor_bozzini_sens_absence

Sur Sens(e) Absence, le Quatuor Bozzini tend ses cordes et les arrange en fils télégraphiques. Sous l’archet, ceux-ci respirent : donc, se répètent. Mais sans lasser, tant les nuances et déviations inspirent de subtilité à ces deux pièces, signées Ernstalbrecht Stiebler et Daniel Rothman, couplées pour être d’un contemporain subtil.

Quatuor Bozzini : Sens(e) Absence (Ambiances magnétiques / Orkhêstra International)
CD : 01/ Sehr langsam 02/ Sense Absence
Edition : 2011.
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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