Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


suivre le son du grisli Fil RSS au grisli clandestin Contact

Sortir : Sonic Protest 2017Interview de Jacques Ogerle son du grisli papier
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Gianni Lenoci / Lenio Liatsou : For Bunita Marcus (Amirani / GOD, 2014) / Alistair Noble : Composing Ambiguity (Ashgate, 2013)

gianni lenoci lenio liatsou for bunita marcus morton feldman

L’étrange affaire de For Bunita Marcus est que chacune de ses lectures – sa récitation est impossible – révèle davantage de son interprète que de la musique même de Morton Feldman. Les interprètes du jour : Gianni Lenoci et Lenio Liatsou, pianiste (anagramme ?) dont c’est là le premier disque…

Avec Lenoci, c’est une progression sans détours, un peu pressée dans ses débuts, toujours nerveuse ensuite. L’écho qui soutient le piano arrondit un peu les angles mais ne peut gommer toute la tension communiquée, par exemple, à une touche pourtant à peine effleurée. Quand les graves font surface, la dramaturgie gagne l’interprétation : alors, ce n’est plus le profil de Bunita Marcus dont on se souvient avec élégance, mais une partition impérieuse étrangement mise en lumière.

Avec Liatsou, c’est une partition avec laquelle on prend plus de libertés, certes, mais une autre sécheresse jouant l’indolence. Dans ce paquet de notes qui, tout à coup, chute, on retiendra les dernières à qui l’extinction va comme un gant. Flottant davantage que la précédente, cette lecture renverse le propos de Feldman, en troisième face : sont-ce maintenant des grilles d’accords et même une mélodie en désintégration ? La dramaturgie pour Lenoci, la désobéissance pour Liatsou ? L’étrange affaire de For Bunita Marcus est que chacune de ses lectures révèle davantage de son interprète que de la musique même de Morton Feldman.

Gianni Lenoci : For Bunita Marcus (Amirani)
Edition : 2014.
CD : 01/ For Bunita Marcus

Lenio Liatsou : For Bunita Marcus (GOD)
Edition : 2014.
2 LP : For Bunita Marcus
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

le son du grisli

alistair noble morton feldman

Après Catherine Hirata (Analyzing the music of Morton Feldman), c’est Alistair Noble qui s’attache à expliquer la musique de Morton Feldman. Ses analyses sont précises, voire maniaques, qui se cantonnent à quelques compositions datant du début des années 1950 (Intermissions, Piano Piece 1952, Intermission 6, Primitive Designs) mais mettent au jour une méthode de travail unique au chevet d’expériences différentes. Si le compositeur ne laisse « presque rien » au hasard, le musicologue argumente avec force pour mieux expliquer cette musique que Christian Wolff disait « ésotérique. » Qui assure d'ailleurs à Feldman un certain avenir : ainsi Noble note-t-il qu’entre 1960 et 1992, seuls seize disques de Morton Feldman ont été commercialisés. Combien aujourd’hui ?

Alistair Noble : Composing Ambiguity: The Early Music of Morton Feldman (Ashgate)
Edition : 2013.
Livre (anglais), 215 pages, ISBN 978-1-4094-5164-8.
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Reciprocal Uncles, Ove Volquartz : Glance and Many Avenues (Amirani, 2015)

reciprocal uncles ove volquartz glance and many avenues

Considérant la fluidité comme chose recherchée, espérée voire implorée, cet enregistrement la débusque d’entrée. A Göttingen, patrie du clarinettiste Ove Volquartz, cette même fluidité saute aux oreilles. Le naturel passe par là et rien ne viendra le déranger. Histoire de sensibilités, pensera-t-on, et l’on aura raison.

Ces quatre musiciens (je découvre pour la première fois le batteur Cristiano Calcagnile) savent écouter et ne pas taire leur savoir de mélodistes. Ils ont l’appétit vorace, parfois trop (Almost Presto et ses fausses fins) et l’interdit aux oubliettes. Nulle joute entre le soprano de Gianni Mimmo et les clarinettes de Volquartz, juste l’enlacement adéquat. Nulle épine rythmique chez le batteur mais des tambours transperçant. Nulle hérésie ceciltaylorienne chez Gianni Lenoci mais un désir d’accompagner la foudre avant d’attendrir les épices. Rien d’autre, ici, qu’une fougue naturelle, rare, ensorcelante.

Reciprocal Uncles with Ove Volquartz : Glance and Many Avenues (Amirani Records)
Enregistrement : 19 mars 2013. Edition : 2015.
CD : 01/ Schönberg Slides on Boulevard Dali 02/ Flowerpiercers on Cecil Rd. 03/ Zögernd in der Weberngasse 04/ Blaues Schichtengeflecht 05/ Act Not Re-Act 06/ Graciously Flowing Shadows 07/ Almost Presto
Luc Bouquet © Le son du grisli

john coltrane luc bouquet lenka lente

Commentaires [0] - Permalien [#]

Gianni Lenoci, Kent Carter, Bill Elgart : Plaything (NoBusiness, 2014) / Gianni Lenoci : For Bunita Marcus (Amirani, 2014)

gianni lenoci kent carter bill elgart plaything

La rencontre date d’octobre 2012, qui réunit Gianni Lenoci, Kent Carter et Bill Elgart, sur un répertoire fait pour l’essentiel de compositions du pianiste – le contrebassiste signant quand même le morceau-titre et le batteur la conclusion qu’est Drift.

Après Steve Potts (Kids Steps), c’est donc auprès d’un autre partenaire de Lacy que Lenoci est venu chercher l’inspiration – l’unisson vigoureux de Plaything ne prouve-t-il pas que l’entente est possible ? Splinter, d’ailleurs, le redira, sur lequel le piano entame une marche plus difficile, porteuse de notes rentrées qu’excitent les allées et venues d’un fantastique archet-scie. Archet et cordes seront d’ailleurs les instruments dont naîtront les trouvailles – grincements et chants parallèles sur Leeway – qui relativisent la maigreur des autres thèmes tout comme la préciosité (touches légères ou frappes sèches) de leur exécution.  



Gianni Lenoci, Kent Carter, Bill Elgart : Plaything (NoBusiness)
Enregistrement : octobre 2012. Edition : 2014.
LP / Téléchargement : A1/ Plaything A2/ Splinter A3/ Contusion A4/ Spider Diagram – B1/ Leeway B2/ Kretek B3/ Drift
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

gianni lenoci for bunita marcus

Chaque nouvelle exécution de For Bunita Marcus en dit davantage sur son interprète que sur son compositeur, Morton Feldman. Alors, pour Lenoci ? Sur un écho léger, son profil appraît : musicien pressé, et nerveux. Derrière les accélérations qu’il commande et les relâchements auxquelles l’oblige l’œuvre, on trouve davantage de mise en scène et moins de distance poétique. A l’auditeur – troisième pièce du puzzle For Bunita Marcus – de dire maintenant si cette version plus « théâtrale » lui convient.

Gianni Lenoci : For Bunita Marcus (Amirani)
Enregistrement : 2011. Edition : 2013.
CD : 01/ For Bunita Marcus
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Gianni Lenoci : Bucket of Blood (Silta, 2011)

hocus pocus bucket of blood

Bucket of Blood, du trio Hocus Pocus 3 emmené par le pianiste Gianni Lenoci, invite le saxophoniste américain mais résidant en France depuis 40 ans Steve Potts à les rejoindre. L’invitation se présente en hommage. Le saxophoniste rare signe trois compositions, l’une des trois signées par Lenoci lui est dédiée et le septième titre de ce disque est une reprise d’une composition de Steve Lacy, alter ego de Potts puisqu’au-delà de la pratique commune du saxophone soprano, les deux hommes partagèrent quelques trente années de complicité artistique. Ce disque apparaît justement comme une belle occasion d’entendre Potts libéré de la présence de Lacy, et porteur d’une voix autre, plus charnelle, moins austère que celle de son vieux complice.

Deux compositions de Gianni Lenoci, longues, amples, lentes, ouvrent Bucket of Blood et permettent de dresser l’inventaire : un trio télépathe, un saxophone qui fait le choix de la mélodie. Et les quatre musiciens de nous convaincre de leur talent, de l’unicité et de l’intensité de cette session qui révèle que, décidément, « la musique exprime (…) toute l'expérience humaine au moment précis où elle est jouée », comme le confiait John Coltrane. Processional, le second titre, à l’étrangeté trouvée dans les aigus du saxophone soprano de Potts comme dans les profondeurs du cadre même du piano de Lenoci, nous offre le grand moment du disque.

Les climats demeureront plutôt sombres, retenus, rouges et noirs, sang (Bucket of Blood #1 et #2) et os (Bone), et la valse de Lenoci (Waltz for Steve Potts) ne sera guère plus enjouée que sa procession. L’apaisement, comme l’emballement, sont toujours porteurs ici de menace et de tension. Tout comme Secret Garden, paru sur le même label Silta Records un an plus tôt, où Lenoci et deux autres de ses compatriotes accueillaient une autre voix américaine d’importance (en l’occurrence le contrebassiste William Parker), Bucket of Blood affirme la singularité curieuse et perméable de Gianni Lenoci.

Gianni Lenoci Hocus Pocus 3 with Steve Potts : Bucket of Blood (Silta Records)
Edition : 2011.
CD : 01/ Mrs. Fagan 02/ Processional 03/ Shorts 04/ Bucket of Blodd (take #1) 05/ Waltz for Steve Potts 06/ Bone 07/ Bucket of Blodd (take #2)
Pierre Lemarchand © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Gianni Lenoci : Secret Garden (Silta, 2011)

gianni_lenoci_william_parker_secret_garden

D’abord se fait entendre la contrebasse, précipitée, déterminée, presque affolée, puis apaisée à l’arrivée d’un piano et d’une batterie dont les pas seront vite emboîtés par un saxophone alto ample et assuré. Secret Garden commence ainsi. Pour changer bientôt, à coups de subtils dérèglements ou d’emballements plus vifs. Alors on pense à Coltrane, pour cette combinaison de quatre lumineuses : batterie rayonnant large, contrebasse plantée profond dans le sol, piano en accords plaqués, sax au-dessus de la mêlée. Très vite, chacune des quatre voix se singularisera, sans perdre de vue totalement, toutefois, l’imposant héritage. Et de narrer d’autres histoires, de dessiner d’autres figures. Chacun à leur tour, les quatre s’éloigneront de la route qu’ils semblaient vouloir tracer pour aller se perdre ailleurs. Les dix minutes du morceau augural de Secret Garden, portant ce même nom, auront passé vite et laissé présager l’importance de ce disque.

A Palindrome Life, deuxième morceau, achève de convaincre. Gianni Lenoci et ses compagnons y offrent une longue méditation, un art de souffle retenu, d’énigme irrésolue. Reprenant les timbres là ou Secret Garden les avait laissés, A Palindrome Life s’éloignera après son premier tiers vers de nouvelles terres. Si la main gauche de Lenoci reste fidèle au piano, la droite égrène les touches d’un mbira. Marcello Magliocchi se concentre alors sur le son mat des seuls tambours tandis que William Parker se saisit d’un archet grave. Don Cherry et son folklore imaginaire ne sont pas loin, et seront invités de nouveau sur Mbira, cinquième morceau de l’album, tout aussi convaincant.

Avec Two Days in Amsterdam, le groupe, s’il revient aux formules éprouvées premièrement, les soumettent à une accélération de tempo dont Parker et Magliocchi sont les implacables artisans. Gaetano Partipilo achève de tisser les liens qui le rattachent à l’esprit de Giuseppi Logan et Lenoci dresse un pont entre les pianos de McCoy Tyner et Cecil Taylor.  Le quatrième titre, Splinter, courte course-poursuite au souffle coupé, et le final et plus long Variations, se feront vite oublier, tant tout semble avoir été (bien) dit ailleurs. Et incitent somme toute à reprendre l’écoute de ce néanmoins très bon disque. Alors, reprenons : d’abord, se fait entendre la contrebasse…

Gianni Lenoci Quartet : Secret Garden (Silta Records)
Edition : 2011.
CD : 01/ Secret Garden 02/ A Palindrome Life 03/ Two Days in Amsterdam 04/ Splinters 05/ Mbira 06/ Variations
Pierre Lemarchand © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Fonosextant : Fonosextant (Setola di Maiale, 2011)

fonosextant

Pas facile de dégager une ligne claire à ce Fonosextant (Gianni Lenoci, Gianni Mimmo, Marcello Magliocchi, Matthias Boss + invités). Les appels à se rassembler (répétition des motifs, enchâssement piano-soprano) échouent presque toujours – les inquiétudes larvées de certaines pièces vont, elles, jusqu’à terme – et si fourmille et gronde une masse, elle évolue sans logique ni point d’appui.

En choisissant de nier l’axe collectif, d’éclater plus que de coutume l’improvisation, cette musique s’ouvre, de fait, à la maladresse et à l’excès. Et c’est là, précisément, où elle atteint son but : être libre de ses éclats et de son refus des évidences. On lui reconnaîtra donc sa belle impolitesse et on louera de ces quelques extraits pris sur le vif d’une tournée helvète, un indéniable talent à consommer l’insaisissable.

Fonosextant : Fonosextant (Setola di Maiale)
Enregistrement : 2010. Edition : 2011.
CD : 01/ Rendez-vous 1 02/ Rendez-vous 2 03/ Rendez-vous 3 04/ Rendez-vous 4 05/ Rendez-vous 5
Luc Bouquet © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Francesco Forges, Gianni Lenoci : Au fond de la nuit (Petit Label, 2011)

francesco_forges_gianni_lenoci_au_fond_de_la_nuit

Deux passeurs traversés par de si nombreuses choses : le jazz, l’improvisation, les musiques classiques et contemporaines.

Voici donc Francesco Forges, sa voix parlée, chantée au service des mots de Caproni, Aragon, Girondo, Rosselli. Voici sa flûte, chuchotant des vents légers et enveloppants. Voici sa flûte ne déballant que le strict nécessaire. Voici Gianni Lenoci et son piano, mi-Waldron, mi-Debussy. Voici un piano connaissant les vertus du silence et de l’espace. Un piano au service des mots et des sens.

Quant on connait la difficulté, le fragile équilibre entre vocables et improvisation, quand s’allonge jour après jour la liste des échecs, on ne peut que s’enthousiasmer pour ce petit miracle de douceur et d’inspiration mêlées.

Francesco Forges, Gianni Lenoci : Au fond de la nuit (Petit Label)
Enregistrement : 2004. Edition : 2011.
CD : 01/ Nelle ore notturne 02/ Frases incorrectas 03/ Au fond de la nuit 04/ For Call Cobbs 05/ Nocturno 06/ Singing Rot 07/ But It Was Only when the Town Was Asleep 08/ Steve Lacy, in memoriam 09/ Sleeplessness
Luc Bouquet © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Gianni Lenoci, Gianni Mimmo : Reciprocal Uncles (Amirani, 2010)

reciprocalgrisli

On sait Lenoci être un infatigable arpenteur de terres multiples. Les chemins tracés par la musique contemporaine, les reliefs changeants dessinés par les musiques improvisées, mais aussi la fausse monotonie des déserts électroniques ont été visités par les pas curieux du pianiste.

Au début de ce disque, la musique que propose Gianni Lenoci, ici en duo avec le saxophoniste soprano Gianni Mimmo, est une musique des périmètres, qui se joue là ou on ne l’attend pas : sur les cordes et le cadre du piano, dans le souffle lui-même plutôt que pour le son qu’il propulse. Ici nous assistons à la musique en train de se faire, hors champ. Puis le paysage se dégage, par petites touches. C’est le piano qui guide, crée un climat, et le sax soprano s’engouffre dans son passage. Les deux musiciens italiens creusent une musique de l’épure, qui évoque la netteté des paysages ensoleillés après la pluie.

On pense au duo que formaient Steve Lacy et Mal Waldron, pour les sinuosités du sax qui se faufilent dans les silences, pour les respirations du piano, ses notes qui cascadent et s’entrechoquent tels de petits cailloux lumineux, mais aussi pour les trous hérités de Monk semés ici et là par le piano, comme autant d’invitations à ne pas marcher trop droit et à se détourner du chemin jusque là tracé.

L’esprit de Morton Feldman plane aussi sur cette session : on y retrouve l’attachement du compositeur américain pour la douceur des sonorités et la place qu’il souhaitait ménager au hasard dans la musique. Ainsi, chez Lenoci, on entend des mélodies qui se créent comme on jetterait des dés au ralenti. Mais parfois le piano se fait plus pressant, percussif alors, et précipité. Nous revient à l’esprit ce que disait Mal Waldron au sujet de l’improvisation : « Épuisez ce que vous avez jusqu'au bout, puis changez d’angle. »  Ici c’est le cas : une ébauche, un fragment esquissé entraînent pour les deux musiciens des tâtonnements, des errances, des foulées plus cadencées, un nouveau trébuchement, pour enfin trouver la beauté et l’apaisement. Jusqu’au nouveau virage, au nouveau « changement d’angle ».

Gianni Lenoci, Gianni Mimmo : Reciprocal Uncles (Amirani Records)
Edition : 2010.
CD : 01/ Brain Prelude 02/ Consideration 03/ One or More 04/ What the Truth is Made for 05/ Steppin’ Elements 06/ Sparse Lyrics 07/ News from the Distance 08/ Almost Interlude
Pierre Lemarchand © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Potts, Lenoci, Magliocchi : Kid Steps (Setola di Maiale, 2010)

kidstepsli

Auprès du contrebassiste Kent Carter, le pianiste Gianni Lenoci et le batteur Marcello Magliocchi donnèrent en 2008 un concert à Bari (Free Fall, lyrique et désoeuvré). L'année suivante, au Musiche Monelle de Turi, le même duo faisait d'un autre partenaire de Steve Lacy son camarade de jeu(x) : le saxophoniste Steve Potts.

De qualité passable, le son de l'enregistrement atteste quand même de la vigueur inaltérable de Potts, qui passe ici de soprano en alto avec une implication nerveuse et inventive. Mais ces deux pièces d'un jazz compact et ténébreux sont malheureusement desservies souvent par Lenoci lui-même, qui peine à freiner des ardeurs qui ne s'embarrassent pas de nuances, soit : agit en brute dénué d'esprit d'équipe et d'esthétique subtile. Magliocchi, d'emboîter le pas au pianiste, et voici qu'on déplore qu'un solo de Steve Potts n'ait pas profité des efforts du label Setola di Maiale.

Steve Potts, Gianni Lenoci, Marcello Magliocchi : Kid Steps (Setola di Maiale)
Enregistrement : 21 juin 2009. Edition : 2010.
CD-R : 01/ I 02/ II
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

Gianni Lenoci : Ephemeral Rhizome (Evil Rabbit, 2009)

evilgrislit

Improvisateur déjà remarqué aux côtés de Joëlle Léandre, Gianni Lenoci possède un solide bagage classique. Il sait donc comment se construit, se lie, se dramatise une composition. A l’inverse, l’improvisation et ses mille et une cabales se construit parfois sur un si peu qu’il finit par effrayer ceux qui s’en approchent.

Ici, Gianni Lenoci ne synthétise rien mais ne recule devant rien non plus. On pourrait dire de cette musique sans centre ni capitale qu’elle erre avec les fantômes du passé. Qu’elle exagère sa virtuosité, qu’elle s’incline à trop de parois, qu’elle ne tient pas la promesse des obsessions contenues dans les premières notes du disque. A cela, on préférera suivre la seule voie que s’est choisi l’improvisateur : celle de l’instant présent. Un présent qui ne veut (peut) pas oublier le passé et qui pense le futur comme un refus de l’incertain et du vagabondage. Soit une musique qui ne chercherait plus la renaissance puisque l’ayant trouvé depuis longtemps.

Gianni Lenoci : Ephemeral Rhizome (Evil Rabbit)
Enregistrement : 2008. Edition : 2009
CD : 01/ For Robert Helps 02/ Afrika Metropolitaine 03/ In Retrospect 04/ Bluish 05/ Acid Rain 06/ Ephemeral Rhizome
Luc Bouquet © Le son du grisli

Commentaires [0] - Permalien [#]

>