Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Ghédalia Tazartès, Pawel Romańczuk, Andrzej Załeski : Carp’s Head (Monotype, 2016)

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Lasso qui siffle, accordéon qui souffle, oiseaux qui pépient, harmonica qui fausse… Voilà qui annonce le retour de Ghédalia Tazartès sous le regard éteint d’un chat muet comme une Carp. C’est avec l’aide de Pawel Romańczuk et d’Andrzej Załeski que le Monsieur a enregistré ce disque qui sort (of course) sur vinyle.

Avec son chapeau sur l’œil et sa voix de faussaire, Tazartès nous a souvent subjugué (avec LA, il n’y a pas si longtemps que ça…). C’est son originalité, cette façon de marier le syncrétisme et l’iconoclastie, le charme de ses « danse inverse » et de ses « wild east blues » pour reprendre les noms de deux des morceaux. Mais là, le folklore dégingandé a du mal à se laisser écouter sans que l’on ressente un petit énervement.

Sous le gris du ciel (je pense que c'est la principale explication), ce déballage de vieux instruments (mandoline, accordéon & autres) pour comptines dervicho-abstraites ou airs ambiantico-incantatoires lasse un peu. Le langage de l’alchimiste bateleur (Tom Waits qui chanterait du Chostakovitch) ne porte plus sauf quand il se fait discret (comme sur les très jolis quand même Wolves and Birds et Dobra Nasza). On réécoutera Carp’s Head au printemps, histoire de vérifier…

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Ghédalia Tazartès, Pawel Romańczuk, Andrzej Załeski: Carp’s Head
Monotype
Edition : 2016.
LP / CD : 01/ Danse Inverse 02/ You’ll be Wise 03/ Zither Song 04/ Orient Calling 05/ Wolves and Birds 06/ Wild East Blues 07/ Dobra Nasza 08/ The Far Horizon 09/ The End of Western World
Pierre Cécile © Le son du grisli

sp bas grisli Gédhalia Tazartès est au programme du festival Sonic Protest : concert en duo avec Low Jack le jeudi 16 mars au Générateur de Gentilly.

 

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Ghédalia Tazartès : LA. (dBUT Interambience, 2014)

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Mettre un disque de Ghédalia Tazartès, c’est un peu comme aller voir ses grands-parents (quand on en a encore) : on sait ce qu’on va (ce qu’on peut) y trouver, on sait d’avance les temp(o)s morts (avant eux), les désillusions, la naphtaline, mais aussi… on n’est pas à l’abri des surprises cachées dans le grenier.

Alors on y revient, au Tazartès, et ce disque LA. ne nous fait pas regretter l’habitude qu’on a prise. Car dès les premières secondes, son folklore sous les bombes ressurgit, comme son langage replié pour cause d’intempérie dans une boîte en carton (c’est que, diantre, sa chanson est soluble !), ses airs de diasporiste à jambe unique, sa guimbarde triple-note, son harmonica-désamorcé, ses flûtes engrenaillées, ses psalmodies tibéto-couinardes, ses voix de fausset faussées (à la Romico Puceau), sa poésie salasse, ses oiseaux gonflés à l’hélium, sa nostalgie-vodka hypnotique, ses messages subliminaux (n’entends-je pas « il vient de me dire non » ou « l’amour, c’est tant de boisson » ?). Désaxé, certes ;  hirsute, certes ; plein, tambien !

Ghédalia Tazartès : LA. (dBUT Interambience / Metamkine)
Edition : 2014.
LP : A1-A6/ Oslo – Solo B/ LA.
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Jac Berrocal, David Fenech, Ghédalia Tazartès : Superdisque (Sub Rosa, 2012)

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Superdisque, voilà un nom tout trouvé pour la (première) collaboration de trois originaux mélangeurs de rythmes et de mélodies : Jac Berrocal à la trompette, David Fenech à la guitare électrique, et Ghédalia Tazartès au chant… Trois enfants de chœur qui s’amusent avec les structures, donnent dans la trompette cinoque, l’accordéon dégonflé, l’esbroufe vocale, le langage improvisé et l’improvisation langagière…

Ian Curtis de division d’honneur (Joy Divisé), hurluberlus qui trouveraient bien dans leurs auditeurs plus remué qu’eux, poètes usés jusqu’à la rime, folkeux qui ont tant de référence qu’à la fin ils n’en ont plus (Cochise, Quando…), urbains cherchant l’herbe sous l’asphalte, équilibristes sur fil dentaire, bois sans soif et chante sans refrain, arpenteurs de vide-greniers… Ces musiciens-serpents qui sifflent sur Superdisque sont tout ça à la fois. Et voilà maintenant que vous sifflez avec !

Jac Berrocal, David Fenech et Ghédalia Tazartès : Superdisque (Sub Rosa)
Edition : 2012.
CD/LP : 01/ Joy Divisé 02 Human Bones 03 Cochise 04 Quando 05 David's Theme 06 Ife L'Ayo 07 Porte de Bagnolet 08 J'attendrai 09 Jac's Theme 10 Powow 11 Sainte 12 Final
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Ghédalia Tazartès : Repas froid (PAN,2011)

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Voir le nom de Ghédalia Tazartès sur une pochette est toujours l’assurance d’une aventure sonore hors du commun – le présent Repas froid confirme excellemment la règle. Jongleur de genres qu’il mélange avec un aplomb unique et une franchise réjouissante, le musicien parisien aux origines turques explose, une fois de plus, les canevas attendus – et ça fait un rude bien aux écoutilles.

Mélange de mélodies populaires, de chants nasaux en une langue indéfinissable, de field recordings claquants, de dialogues cinématographiques, de discours politiques (en russe ?) et de mille autres petites – ou grandes – choses, les deux faces du LP produisent un effet psychédélique stupéfiant qui vaut largement toute la beuh d’Afghanistan. Le cap des 64 balais atteint, on se réjouit de constater que Tazartès cultive un jardin anarchique que nombre de ses jeunes confrères feraient bien de visiter un jour. Saint-Ghédalia, prie pour eux, pauvres pécheurs.

Ghédalia Tazartès : Repas Froid (PAN / Souffle continu)
Réédition : 2011.
LP : 01-20/ -
Fabrice Vanoverberg © Le son du grisli

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