Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


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Cachalot : Cachalot (Aussenraum, 2022)

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Certes, le son du grisli n'est plus, mais quoi ? De temps à autre, le son du zombie vous rappellera à son bon souvenir. 

 

Ecouté à distance, on n’entend sur le disque ni accordéon ni violon. Ici ou là, quand même, quand la minute gronde ou inquiète : quelques notes projetées dans un souffle par Marc Berman, une ligne tracée d’un coup d’archet irritant par Jamasp Jhabvala. Partie à la recherche de textures confondantes, l’improvisation nous épargne donc la sempiternelle addition de deux façons classiques de faire sonner un instrument dans « le but » de « composer sur l’instant » un fade moment musical de plus.

Cachalot, c’est le nom du projet dont a accouché la déjà longue collaboration de Berman et Jhabvala. Quand il ne s’interdit pas de déranger le silence, le duo extirpe de ses instruments de longs fils de sons qu’il n’aura plus qu’à ramasser ensuite pour composer : avec délicatesse, lorsqu’il tire patiemment sur le fil en question ; avec un panache défaitiste quand il s’empare d’un paquet de textures et le plaque au petit bonheur sur ce semblant de partition.

Enregistré en 2017 sous l’influence de photographies prises par Kosuke Okahara d’un Fukushima abandonné, ce disque est un morceau que se disputent noirs et grisailles – de piano préparés ? de guitares électriques ? non mais d’accordéon, de violon – quand la lumière qui le perce par endroits interdit âprement qu’on l’envisage. Ce sont ses contrastes et ses achoppements qui font de ce disque un surprenant et terrible ouvrage.

Cachalot : Cachalot
Aussenraum
Enregistrement : 2017. Edition : 2022.
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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