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Wolf Eyes : No Answer-Lower Floors (De Stijl, 2013)

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En cette période de best-of-hits-matemoiçadanslerétro, je sacrifie au rite : voici assurément un des top-albums de l’année ! 2013, d’accord. Mais c’est déjà ça, non ?

On ne peut pas ne pas penser à l’influence Throbbing Gristle lorsque l’on écoute les premières minutes de No Answer-Lower Floors de Wolf Eyes. On se demandera en passant pourquoi l’oreille (non, ce n’est pas le cerveau mais bien l’oreille qui...) cherche à toujours mettre d’autres noms que celui du groupe qui l’a enregistré sur tout nouveau disque qu'elle écoute (me suivez-moi, vous ?).

Dans son énorme discographie, Wolf Eyes s’est montré plus farfelu, et c’est peut-être, sous ses faux airs d’indus « proprette », pourquoi No Answer-Lower Floors aura fait l’unanimité critique. Un retour aux fondamentaux, en quelque sorte, des rengaines dérangeantes d’un répétitif-tribal & d’un crapuleux-grinçant & d’un malsain-poétique & même, même, de bon augure… Qui sait si No Answer-Lower Floors ne fera d’ailleurs pas date dans la carrière de Wolf Eyes ? Un avant et un après ce retour aux fondamentaux ? Je vous dirai ça l'année prochaine, quand viendra pour moi le temps de chroniquer les Wolf Eyes sortis il y a quelques semaines…

Wolf Eyes : No Answer-Lower Floors (De Stijl)
Edition : 2013.
CD / LP : 01/ Choking Files 02/ Born Liar 03/ No Answer 04/ Chattering Lead 05/ Confession of the Informer 06/ Warning Sign
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Richard Pinhas, Merzbow, Wolf Eyes : Victoriaville Mai 2011 (Victo, 2012)

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Merzbow & Wolf Eyes & Pinhas (bon certes bon déjà réunis sur Metal/Cristal) enregistrés au festival de Victoriaville en 2011 ? Quels beaux (je ne dirais pas doux) bruits n’attendons-nous pas de cette affiche !

Pas de raison d’être déçu : des salves de guitares arrivèrent de loin pour déferler sur un public paralysé. Qu’importe, on ajoute quelques basses qui gonflent le tout et passé le quart d’heure, voilà que l’amalgame noise commence à faire craquer le bloc compact que forment les spectateurs. Un peu de Wolf Eyes vocals (comprendre : des chants de torture), des saxophones criards, des boucles de laptops, des guitares sous chorus et delay, l’amas est impressionnant et évite la bêtise souvent faite du branle-bas de combat boursouflé.

Car si ce concert étonne c’est par sa force de frappe bien sûr, mais encore plus par la bride enfoncée profond dans la bouche du noise… Puissant et presque pondéré. Enfin, avant que ne débute la seconde plage du disque (un rappel de dix minutes) : la foudre s’abat cette fois sur le public qui n’en réchappera pas… Puissant et volcanique. Tout parfait !

Richard Pinhas, Merzbow, Wolf Eyes : Victoriaville Mai 2011 (Victo / Orkhêstra International)
Enregistrement : 20 mai 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ Victoriaville Mai 2011 02/ Victoriaville Mai 2011 – Encore
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Failing Lights : Failing Lights (Intransitive, 2010)

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Mike Connelly a joué dans Wolf Eyes et dans Hair Police avant de créer Failing Lights pour enregistrer sans l’aide de personne, pour expérimenter sans l’aide de personne…

En se servant d’enregistrements qu’il possède de pluie ou de cris d’oiseaux, Connelly compose seul et contre tous – ces « tous » que le musicien schizophrène cache en lui – des titres de Jugement Dernier. Ce qui veut dire que mes enceintes en ont pour leurs membranes, qui tremblent autant lorsqu’elles vomissent des hurlements de bêtes sauvages que des déflagrations soniques.

Superbe disque bruitiste, Failing Lights fait la différence parce que Connelly y ajoute des idées originales : des bouts de guitare jouée au ralenti, par exemple, ou la confection de que qu’on pourrait appeler du Chaâbi expérimental. C’est fou ce qu’on trouve comme variété de musiques ou plutôt de sous-catégories dans chaque catégorie de styles aujourd’hui. Dans le monde Bruitisme / Drone / Expérimental, c’est Failing Lights qui le prouve.

Failing Lights : Failing Lights (Intransitive / Metamkine)
Edition : 2010.
CD : 01-05/ Failing Lights
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Richard Pinhas : Metal/Crystal (Cuneiform, 2010)

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La musique de Richard Pinhas, au moins depuis quelques années, fait ressentir le même frisson qu'une musique celtique jouée par un ensemble de cornemuses. La comparaison peut paraître incongrue, mais on retrouve bien dans les deux un puissant bourdon, un puissant son continu qui vient perturber votre rythme biologique.

En fait, non pas qu'il le perturbe, mais il demande bien une adaptation de l'oreille, du corps, de l'esprit, pour apprécier pleinement les textures sonores produites. Ce n'est d'ailleurs pas plus incongru que de dire que Richard Pinhas joue de la « guitare électrique ». Ou alors il faut penser à Jimi Hendrix cramant sa guitare pendant un bon quart d'heure voire une demi-heure, les durées de chacun des morceaux du double album Metal/Crystal. Et il ne cramerait pas sa guitare avec un peu d'essence et une allumette, mais avec un chalumeau finement réglé et ajusté pour faire varier les vibrations de chaque corde, tout en se souciant de ne pas les rompre. Autant dire que Richard Pinhas joue « de l'électricité ».

Tout comme son compère Didier Batard, vieille connaissance de l'époque d'Heldon, qui fait vibrer des cordes de basse semblant être de la taille d'un câble d'alimentation de TGV. Heldon est pour ainsi dire au complet avec Patrick Gauthier au mini-moog. D'autres experts en mégawatts sont présents sur ce double-album : Merzbow et Wolf Eyes. Il faut donc s'attendre à des bruits de fraiseuse soigneusement contrôlés et de mécanismes d'horloge astronomique, à de l'industrieux consciencieux et à de l'électronique arithmétique. Le deuxième disque de l'album fait d'ailleurs une large place à tout cela, Richard Pinhas laissant sa « guitare électrique » au repos pendant de longs moments. Ainsi, Metal/Crystal est peut-être bien son album le plus expérimental à ce jour, et pourtant les précédents n'ont pas tellement eu l'honneur d'être programmés sur FIP.

Richard Pinhas : Metal/Crystal (Cuneiform / Orkhêstra International)
Enregistrements : 2009-2010. Edition : 2010.
Avec : Merzbow (electronics), Wolf Eyes (electronics), Antoine Paganotti (drums), Didier Batard (bass), Patrick Gauthier (mini-Moog), Duncan Pinhas (electronics), Jerome Schmidt (electronics), Richard Pinhas (guitars and electronics).
CD 1 : 01/ Bi-Polarity (Gold) 02/ Paranoia (Iridium) 03/ Depression (Loukoum) - CD 2 : 01/ Hysteria (Palladium) 02/ Schizophrenia (Silver) 03/ Extra Track : Legend.

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Nate Young : Regression (Ideal, 2009)

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La pochette de Regression ne peut cacher longtemps l’humeur dans laquelle Nate Young, sorti de Wolf Eyes, enregistra récemment en solitaire. Sombre, sa musique est aussi loin d’être seulement expérimentale.

C’est que, à coups de synthétiseurs et force d'usage de magnétophone, il signe un ouvrage qui hésite entre des constructions refusant à qui les entend toute respiration aisée (Trapped, Sleep Anxiety) et de plus charmantes récréations (marche glauque mais amusée tout de même de Dread ou Untitled fantasmant une pièce d’accompagnement d’un proto-Jimi Tenor). Ici et là, le même matériau de base, fait de boucles insistantes, de râles, de grouillements et de sifflements, liés les uns aux autres par un drone ou une envahissante nappe de clavier. D’un bout à l’autre du disque, une ligne court, d’une esthétique aussi flottante que réfléchie : et voici Regression implantée en profondeurs.

Nate Young : Regression (Ideal / Metamkine)
Enregistrement : 2008-2009. Edition : 2009
CD : 01/ Trapped 02/ Dread 03/ Under the Skin 04/ Sweating Sickness 05/ Sweating  Sickness 2 06/ Sleep Anxiety 07/ Untitled
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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