The Dogmatics : The Sacrifice for the Music Became our Lifestyle (Monotype, 2012)

Au rythme des rencontres qui le changent un peu de The Necks, Chris Abrahams parvient à faire dire autre chose à son piano. Malgré tout, comme son partenaire Tony Buck, il décide souvent du caractère que chaque nouvelle expérience devra adopter (récemment encore en Culture of Un). A cette quasi règle, The Sacrifice for the Music Became Our Lifestyle semble faire figure d’exception.
C’est que Kai Fagaschinski – clarinettiste qui compose aussi ce Dogmatics – arrive à en imposer assez pour ne pas donner avec le pianiste dans la sempiternelle (et avouons-le souvent efficiente) progression allant crescendo : ainsi la moitié de The International Nothing – de combien de projets à suivre Fagaschinski est-il la moitié ? – presse-t-elle Abrahams de s’essayer à l’improvisation de réserve : notes répétées à distance, délicatesses valant nuances, silences qui pullulent et harmoniques qui tracent des perspectives nouvelles sur la feuille de route écrite à même le chemin. Parfois, les passes laissent la place à des passages où les musiciens agissent l’un après l’autre sans plus réagir : c’est alors le moment qui comble leur propos commun de toutes ses vérités, de toute son évidence.
EN ECOUTE >>> Eternity is a Long Time >>> The Role of the Sun Lay at the Heart of the Problem
The Dogmatics : The Sacrifice for the Music Became our Lifestyle (Monotype)
Edition : 2012.
LP : A1/ The Role of the Sun Lay at the Heart of the Problem A2/ A Reconstruction of the Sequence of Events Which Has Brought It into Being A3/ The Land that Wields It Does Not Bear Down as Hard A4/ Snakes and Eagles – B1/ ...and those Melodies Proved to be Invulnerable Again B2/ Schnecken und Igle B3/ Eternity is a Long Time
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

Culture of Un : Moonish (Bocian, 2012)

L’association de Chris Abrahams et de David Brown (guitares acoustique et semi-acoustique préparées) baptisée Culture of Un ne diffère pas que par le non emploi de l’électricité de celle de son acolyte Tony Buck avec d’autres guitaristes (Martin Siewert dans Heaven And ou Kenta Nagai dans Trophies par exemple). Sa musique est pourtant tout autant chargée (en basses, en rythmes, en séquences, etc.).
La différence tient peut-être de ce que les deux musiciens de Culture of Un ne font pas « un », justement. En respectant le tempo, ils partent dans des directions opposées. Le piano de l’un ramenant toujours au concret de l’acoustique quand la guitare (ou ses morceaux) paraissent vouloir y échapper à tout prix. C’est cette opposition, ce dos à dos, qui fait la réussite de Moonish en préférant à la progression dramatique chère à The Necks une musique poétique qui peut aussi bien faire penser à Harold Budd qu’à Derek Bailey. Ce qui tombe bien, sachant les instruments de prédilection de ces deux références !
Culture of Un : Moonish (Bocian / Metamkine)
Edition : 2012.
CD : 01/ Narcotics, Video Production and Mining 02/ Porpoise to One Side 03/ Unlike the Visitor, the Desert Does Not Adjust 04/ Lights Were Swallowed in the Night 05/ The Saw Had a Job to do That Summer 06/ Watery for Two Days
Pierre Cécile © le son du grisli

The Necks : Mindset (ReR, 2011)

La force de The Necks est de savoir tourner en boucles sur des morceaux qui avancent dans une autre direction que celles que ces boucles conseillent. Sur Mindset, leur seizième, deux nouveaux titres montrent que cette force oeut faire effet de différentes façons.
Sur le premier, le piano (Chris Abrahams) emboîte le pas à l’association de la contrebasse (Lloyd Swanton) et de la batterie (Tony Buck) : le power trio profite de son expérience et de ses expériences (minimalisme vs jazz vs rock) pour tailler dans le filet un beau morceau bruitiste et répétitif. Sur le second, The Necks va lentement & fait plus de cas du silence et de l’électronique. Cette fois c’est la basse qui se fait attendre. Mais lorsqu’elle arrive, un riff de batterie la soutient et un sifflement nous fait comprendre que le trio bout véritablement. A ce point que Daylights devient rapidement un mélange de jazz et de post-rock charismatique, qui dépasse de loin toutes les tentatives du Chicago Underground.
The Necks : Mindset (ReR / Orkhêstra International)
Edition : 2011.
CD / LP : 01/ Rum Jungle 02/ Daylights
Pierre Cécile © le son du grisli

The Necks : Silverwater (ReR, 2010)

Saccadé, répétitif, bouleversant. Le nouvel album (ou le nouveau titre) de The Necks est tout ça à la fois : Silverwater a été enregistré en studio, ce qui change la donne. Enfin, au niveau son, car Silverwater est encore une longue divagation sonore dont chaque parcelle pourrait être une des pistes de la même chanson. Une longue divagation sonore à la The Necks : les pistes se succèdent au lieu d'apparaître en parallèle, et les repères en sont changés.
Avec un calme olympien, Chris Abrahams, Lloyd Swanton et Tony Buck envoûtent leur auditeur en usant d'un orgue et de gimmicks de toutes sortes (guitare, basse), de gimmicks de toutes sortes et d'un orgue. On ne peut que répéter : irrésistible, irrésistible, irrésistible...
The Necks : Silverwater (Rer / Orkhêstra International)
Edition : 2010.
CD : 01/ Silverwater
Pierre Cécile © Le son du grisli

The Necks : Drive By (Rer, 2003)

Hey mon ami ! Tu es en voyage ? Tu cherches comment dormir n’importe où ? Very simple ! Ecoute The Necks ! Tu mets ton casque, tu t’affales tranquille, tu glisses le disque Drive By. Ok ? C’est peut-être un des meilleurs albums de ce surprenant trio australien. Dès le début je kiffe. As de la variation : c’est lent comme quand tu roules à 180 km/h sur l’autoroute A4 juste dans la descente avant la sortie Fresnes-en-Woëvre dans le sens Paris / Strasbourg.
Chris Abrahams (piano), Tony Buck (drums), and Lloyd Swanton (bass) forment cet orchestre. Jamais pareil, pourtant un peu semblable, tout bouge, tout reste, comment dire ce qui les animent ? Une transe du tympan ? Le son fait vibrer les mêmes terminaisons, excite les mêmes molécules de viande... Je sais pas comment ça marche, mais on sent bien que le chemin parcouru se répète sans jamais s’imiter et toi tu décolles doucement mais sûrement, le son fait son effet, drogue légal, toujours pas interdite en France, étonnant...Profitons en encore tant qu’il est temps.
La musique de ce trio australien, m’a beaucoup servi ... Et oui, ça sert la musique ! Elle m’a aidé à dormir, à me réveiller, à regarder la nature, à imaginer, à rouler, bref, c’est comme qui dirait platement mais sûrement un terreau fertile... Alors pour cette revue j’ai réécouté Aquatic / Drive By / Mosquito / See Through, que du bon... Y a un site web sur lequel tu trouves tout ! Bonne écoute ! Au fait, le dernier est sorti y a peu, pas encore écouté... Silverwater. Affalons-nous !
The Necks : Drive By (Rer)
Edition : 2003.
CD : 01/ Drive By
Xavier Charles © Le son du grisli

Xavier Charles est clarinettiste. Entendu mercredi à Stockholm auprès de John Butcher et Axel Dörner, il entame ce soir une tournée avec Dans les arbres : Nantes (Pannonica ce soir), Tours (Festival Total Meeting le 5), Berne (Dampfzentrale le 8), Genève (Cave 12 le 9), Oslo (le 10) et Hamburgsund (le 12).























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