Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire


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Big Bold Back Bone : Clouds Clues (Wide Ear, 2014)

big bold back bone clouds clues

Dans cette station de télescopage qu’est Big Bold Back Bone s’agitent quelques familiarités (un zeste de Prime Time ici, un zeste de Berne-Ducret ailleurs, des sursauts soniques un peu partout). Y stagnent aussi des terres introspectives, logiquement malaxées par les analogic electronics (des electronics bio ?) de Travassos.

Dans cet underground profond où rien ne se dénoue, s’invitent les pénétrants caquetages de la trompette de Marco von Orelli. Et, par bonheur, la guitare rigoureuse de Luís Lopes déstabilise parfois cette brume sans fin. Mais, à l’arrivée, persiste cette étrange impression de territoires indéfinis et trop peu arpentés par un combo oublieux de son envol.

Big Bold Back Bone : Clouds Clues (Wide Ear Records)
Enregistrement : 2010. Edition : 2013.  
CD : 01/ Nice Dive 02/ Skinny Dipping 03/ Shoeshine 04/ Subsoil Sound 05/ Pulp Pal 06/ Slow Snow 07/ Point Blank 08/ Bristle Brush 09/ Outdrops Boat 10/ Horizon Flicker
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Luís Lopes : Noise Solo at ZDB Lisbon (Luís Lopes, 2013)

luis lopes noise solo at zdb lisbon

Hendrix redescendu sur terre trouverait sans doute quelque vif intérêt à ce vinyle de guitare saturante. Il constaterait avec amusement que les vieux vinyles noirs résistent corps et sillons au ridicule CD.  Et même qu’il embaucherait sur le champ Luís Lopes, ce guitariste riche en sustain et en distorsion.

L’exercice a été profitable, penserait-il alors : « Django et moi avons ouvert la voie. On m’a aussi parlé d’un certain Derek B. Il va falloir que je me mette à la page. Cet étonnant Lopes me renseignera sans nul doute ». Voilà ce que penserait Hendrix aujourd’hui. Il se délecterait de ces sons sales, contrariés, contrariants. Il écouterait ce sustain se fracasser contre des grillages rouillés. Il comprendrait ce schéma évolutif partant d’un drone (un mot nouveau pour lui) pour s’en aller enchâsser des chaos extrêmes. Il mettrait quelques minutes à interpréter les silences et les impacts soniques (encore un vocable à découvrir) du début de la face B. Puis, ravi des frappes fatales qui ne cesseront de s’affronter par la suite, il téléphonerait à son manager pour lui proposer un duo avec cet allumé lusitanien. Mais se demanderait aussi le pourquoi de toute cette hargne-violence, de toute cette colère. D’autres Vietnam sans doute…

Luís Lopes : Noise Solo at ZDB Lisbon (Luís Lopes Records)
Enregistrement : 2011-2012. Edition : 2013.
LP : A/ I - B/ II
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Luís Lopes Humanization 4tet : Live in Madison / Yells at Eels : Colorado at Clinton (Ayler, 2013)

luis lopes humanization quartet live in madison

La guitare de Luís Lopes est sale. Sale et robuste. On peut lui trouver quelques airs sharrockiens voire hendrixiens. C’est une guitare hurlante et qui n’a de politesse que dans l’irrespect. Elle est soupir de sang, torture et récif.  Elle broie le noir et n’enfante que du plus noir. Souvent, elle entre en querelle avec le saxo batailleur de Rodrigo Amado. A vrai dire souvent. Voire très souvent. En vérité : tout le temps. Le ténor portugais qui y déploie lyrisme et venin ne lâche jamais prise.

Les deux frangins Gonzalez (Aaron : contrebasse, Stefan : batterie) mettent la finesse au placard et prennent soin de jeter la clé très loin. Ils ne sont pas dentelle mais scie. Scie acérée et tranchante. Parfois – mais rarement –, tout ce beau monde demande grâce : respiration nécessaire que se charge de pervertir à foison l’empoisonnante guitare de Luís Lopes. Chassez le naturel…

EN ECOUTE >>> Big Love >>> Two Girls

Luís Lopes Humanization 4tet : Live in Madison (Ayler / Orkhêstra International)
Enregistrement : 8 juillet 2011. Edition : 2013.
CD : 01/ Bush Baby 02/ Jungle Gymnastics 03/ Long March for Frida Kahlo 04/ Big Love 05/ Two Girls 06/ Dehumanization Blues
Luc Bouquet © Le son du grisli

yells at eel colorado at clinon

Commencé mollement (Devil’s Slide), Colorado in Clinton trouve rapidement ses marques. Le climat sera automnal et n’atteindra que très rarement le rouge feu de l’incendie (Dokonori Shiito). Nouveau venu dans le Yells at Eels, Akash Mittal est un saxophoniste appliqué et au lyrisme largement malabyen. Du côté de la Gonzalez Family, tout baigne : Dennis brode quelques piquants solos, Aaron – malgré une prise de son quelconque  égalise souplesse et profondeur, Stefan détermine quelques tempos célestes. Et quand cornet et contrebasse marient leurs élans sur un poignant Constellations on the Ground, nous n’avons d’autre choix que se rendre à l’art bienfaisant de la maison Gonzalez.

EN ECOUTE >>> Shades of India

Dennis Gonzalez / Yells at Eels : Colorado at Clinton (Ayler / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2011. Edition : 2013.
CD : 01/ Devil’s Slide 02/ Shadows 03/ Wind Streaks in Syrtis Major 04/ Shades of India 05/ Constellations on the Ground 06/ Dokonori Shiito
Luc Bouquet © Le son du grisli

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