Le son du grisli

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Enrico Sartori, Tobias Delius, Tristan Honsinger : Baboon (Rudi, 2013)

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Voir associés les noms de Tobias Delius (saxophone ténor, clarinette) et de Tristan Honsinger (violoncelle) c'est, qu'on le veuille ou non, commencer à façonner ses attentes ; c'est convoquer une « mémoire hollandaise » et relier ces musiciens à une famille. Constater ensuite que les compères s'allient, pour ce concert à Munich en janvier 2012, à Enrico Sartori (clarinettes et saxophone alto) c'est espérer que ce dernier les aide à déjouer nos pressentiments et à écarter leurs vieux démons...

Il n'y parvient pas vraiment – et l'auditeur doit se rabattre (sans déplaisir, mais sans excitation, il faut l'avouer) sur ces instant compositions qui mêlent savoir-faire à la désinvolture travaillée et poésie de l'absurde : le set se déroule, dérive à tiroirs, avec ses saynètes, numéros en lambeaux et intermèdes vocaux. Parties de maigres échafaudages, certaines constructions finissent par prendre, s'élever et finalement intéresser, mais justifient-elles la publication de cet enregistrement qui documente un « moment de scène » ?



Enrico Sartori, Tobias Delius, Tristan Honsinger : Baboon (Rudi Records)
Enregistrement : 29 janvier 2012. Edition : 2013.
CD : 01/ Father 02/ Mother 03/ Brother 04/ Sister 05/ Four short stories 06/ Trialogues 07/ Nientese 08/ Fastidi 1 09/ Fastidi 2 10/ Ten, Eleven, Twelve 11/ Paesaggio lunare
Guillaume Tarche © Le son du grisli

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Henry Taylor: Crooning The Anger (El Gallo Rojo - 2005)

henrytaylorgrisliQuartette originaire de Bologne emmené par Enrico Sartori, Henry Taylor défend une vision musicale des choses qui assume les contradictions. Voilà pourquoi le titre, Crooning The Anger, clame haut vouloir cadrer la rage, comme dévier malignement la première chanson douce.

Pour bien faire, la section rythmique (la contrebasse d’Antonio Borghini et la batterie de Zeno de Rossi) dépose les bornes inaltérables contre lesquelles viendront se briser les phrases libres du saxophone de Sartori (Triadi). A l’unisson avec le piano de Fabrizio Puglisi, le même alto se contentera de trois phrases mélodiques appelées à la dissolution, tout juste rencontrées sur le champ libre offert par un gimmick de contrebasse (O.C.).

Ailleurs, se glissent références et clins d’œil : dans la reprise d’un thème de Carla Bley, démembré (Jesus Maria) ; dans l’évocation de Mingus via l’usage d’une clarinette basse rappelant celle de Dolphy (Underdog, muant rapidement en une valse speedée pêchant par trop de brillances) ; ou dans le fantasme d’une situation, celle où l’on révèlerait à un crooner de légende les atmosphères particulières des compositions de Nino Rota (The Crooner).

Un morceau mis à part (The Rebels, interprété par un groove band sans saveur), l’ensemble persuade intelligemment du bien fondé des intentions du quartette, comme de leur mise en pratique. Revigorant, le jazz d’Henry Taylor se paye même parfois le luxe de griser sans artifice ronflant.

CD: 01/ Il Giallo 02/ Triadi 03/ Jesus Maria 04/ O.C. 05/ The Rebels 06/ Dvjie Kune 07/ Underdog 08/ The Crooner

Henry Taylor - Crooning The Anger - 2005 - El Gallo Rojo. Import.

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