Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Parution : Jazz en 150 figures de Guillaume BelhommeParution : le son du grisli #2Sortir : Festival Baignade Interdite
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Flaming : Flamingo (Barefoot, 2016)

flamingo flamingo

Affronter l’horizontalité ne fait aucunement peur à la clarinette contrebasse de Chris Heenan, à la contrebasse d’Adam Pultz Melbye ou à la caisse claire de Christian Windfeld. Au contraire, elles y élisent domicile, en fouillent tous les recoins, filtrent quelques louches de sensible. Ici, on lustre le cercle, on craquelle la peau, l’anche grince, les balles rebondissent, l’archet frôle plus qu’il ne percute.

Plus tard, tous abandonneront l’horizon pour la strie, les césures vagabondes : la clarinette contrebasse se gargarisera de souffles parasites, s’y développeront fiels et griefs, bruissements d’ailes. Puis, animés par leur profonde nature, reviendront à la ligne droite.

flamingo

Chris Heenan, Adam Pultz Melbye, Christian Windfeld : Flamingo
Barefoot Records

Enregistrement : 2015. Edition : 2016.
CD : 01/ Life Is Nothing But Trading Smells 02/ Stepchild of Living Languages 03/ The Void Beneath 04/ Horizontal Fold 05/ Attention Filter
Luc Bouquet © Le son du grisli

 

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Jitter : Jitter (Barefoot, 2016)

jitter jitter barefoot records

Le genre d’improvisation des suédodanois de Jitter, normalement, me laisse plutôt froid. Je retourne la pochette du vinyle et j’y vois une énième préparation (à moins que ça ne soit une lampe vue du dessous) qui n’arrange guère leurs affaires. Mais allons-y pour deux faces, enregistrées par Sture Ericson (saxophone & clarinette), Anders Lindsjö (guitare) et Adam Pultz Melbye (contrebasse) à Berlin que ce-dernier connaît bien…

Il n’a pas fallu longtemps au trio pour retourner mes aprioris (pas tous, d’accord, mais pas loin) notamment parce qu’il sait jouer avec ses influences, que nous qualifierons de « diverses ». A la clarinette jazz la contrebasse répond par exemple par un blues qui glisse dans le grass et la guitare par des excentricités à la Frith / Ribot. La seconde face est d’accord plus commune (le genre de truc qui vous perd à coup sûr dans un blindfold-test : quoi ? Braxton vs. Bailey ? Non ? Alors quoi ?...) mais passe aussi bien. Et puis il y a chez Jitter cette facétie constante qui l’empêche de tomber dans l’impro sèche et ses travers « post-free post-sérieux mais so décalqué », voire « improbable » pauvre cruche… Voilà pourquoi Jitter me convient. Et pourtant (je le répète) c’était pas gagné.



jitter

Jitter : Jitter
Barefoot Records
Edition : 2016.
Enregistrement : 7 & 8 juin 2014. Edition : 2016.
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Rotozaza : Zero (Leo, 2016)

rotozaza zero

Si c’est en quartette frissonnant que RotozazaRudi Mahall (clarinette basse), Nicola L. Hein (guitare), Adam Pultz Melbye (contrebasse) et Christian Lillinger (batterie) – entame ces trois-quarts d’heure d’improvisation libre, ce n’est pas seulement le fait du médiator impétueux du second (qui rappelle celui d’Alex Ward, même s’il fait moins impression).

En effet, Mahall n’a-t-il pas le chic pour rehausser le jeu de chacun des groupes qu’il rejoint et Lillinger ne s’est-il pas déjà montré capable d’agiter les pratiques de souffleurs de taille ? – Dörner et Leimgruber, ici, par exemple. Les sept pièces de Zero, premier disque de la formation qui nous intéresse, en démontrent donc, et de différentes façons encore…

Dans le flot rapide d’une improvisation où l’urgence fredonne quand les gestes, eux, claquent, ou sinon au son d’expériences plus lentes envisagées sur arrangements délicats ou glissements imprévisibles. Surtout, Zero fait naître un espoir : celui de voir Rotozaza devenir le groupe que Rudi Mahall pourrait enfin emmener et qui mettrait son jeu autrement en valeur que lorsqu’il joue « sur le conseil » de musiciens ô combien moins doués que lui.  

rotozaza

Rotozaza : Zero
Leo Records / Orkhêstra International
Edition : 2016.
CD : 01/ Anwendung Herzstärkender Mittel 02/ Der Hammer Als Hammer 03/ Engel Mit Schutzanzügen 04/ Körper Aus Vakuum Masse 05/ Innere Minuslandschaften 06/ Zeichen Sind Wir, Deutungslos... 07/ Gestell
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Jeppe Zeeberg : Riding on the Boogie Woogie of Life (Barefoot, 2015)

jeppe zeeberg riding on the boogie woogie of life

C’est bien de voir qu’il y a encore quelques jeunes qui savent prendre plaisir à faire de la musique. Qui en mettent partout, je veux dire, en toute simplicité et, espérons-le, en tout impunité critique. Prenez Jeppe Zeeberg, par exemple. Pianiste jazz de son état (qui peut bien sûr aussi jouer du synthé, de l’orgue ou lastbutnotleast de l’épinette), il interprète ici huit compositions bien à lui, c.à.d. un peu folles (faut-il y voir une Fluxus influence ?), foutraques, grandiloquentes… Pour ce faire, il est accompagné (quand même) par deux contrebassistes (Adam Pultz Melbye & Casper Nyvang Rask) et deux batteurs (Rune Lohse & Håkon Berre).

Pour être franc, je n’applaudirais pas à tous les morceaux de Riding on the Boogie Woogie of Life. Non. Mais on y trouve quand même de franches réussites : des gimmicks montés en épingle comme sur Still Love with Flowers, des mélodies tapées à la typewriter avec A Machine You Should Have Patented, que le pianiste (qui connaît sans doute son George Antheil, Fats Domino, Bill Evans, Misha Mengelberg, Jerry Lee Lewis… par coeur) interprète d’une main de maître.

Ailleurs, il y a parfois un jazz plus ampoulé (Still Life without Flowers en solo) ou une idée qui commence bien mais pas toujours sous lost-control (Die Wahrheit). Ce qui ne m’empêchera pas d’adresser à Jeppe Zeeberg tous mes encouragements…

Jeppe Zeeberg : Riding on the Boogie Woogie of Life (Barefoot Records)
Edition : 2015.
LP : A1/ A Machine You Should Have Patented A2/ Die Wahreit A3/ Still Life with Flowers A4/ Riding on the Boogie Woogie of Life (Part I) – B1/ Still Life Without Flowers B2/ In Media Res B3/ Christmas in Brown and Grey B4/ Ride on the Boogie Woogie of Life (Part II)
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Ears On / Socks Off (Barefoot, 2013)

ears on socks off

Riche idée qu’a eue le Copenhagen Jazz Festival de donner la parole à quelques-uns des francs tireurs du label Barefoot. C’est ainsi que dix-huit concerts mêlant groupes existants et groupes formés à cette occasion se succédèrent l'année dernière sur la scène du Christianshavns Beboerhis.

Moins bonne idée pour le chroniqueur que de rendre compte des neufs combos choisis illustrant ce double CD, les extraits musicaux ne dépassant pas les dix minutes pour la plupart. On se bornera donc ici à une simple – mais alléchante – énumération de quelques-uns des moments forts de ces soirées. Donc : l’inquiétude larvée d'Her Majesty’s Ship avec un saxophoniste (Sture Ericson) habile en harmonique ; l’étrangeté électrique de Pistol Nr.9 ; les roulis, chocs et autres grincements du trompettiste Tobias Wilkund ; le duo crissant et dissonant du pianiste Morten Pedersen et du violoncelliste Thommy Andersson ; les miaulements écarlates de la chanteuse Sofia Jernberg ; l’irrévérence salivaire des saxophonistes Maria Faust et Luidas Mockunas et le trio incendiaire de Lars Greve (saxophones), Peter Friis Nielsen (basse électrique), Håkon Berre (batterie). Mais c’est le trio Angel (Stephan Sieben, Adam PultzHåkon Berre) augmenté du saxophoniste Luidas Mockunas qui casse la baraque : improvisation fiévreuse, admirable progression du crescendo, gargouillis de sax – avant explosion finale –, ce trio mérite un très large détour.

Ears On : Socks Off (Barefoot Records)
Enregistrement : 2012. Edition : 2013.
2 CD : CD1 : 01/ Vestibulum 02/ Auricula 03/ Tuba Eustachii 04/ Malleus – CD2 : 01/ Fenestra Ovalis  02/ Modiolus 03/ Cerumen Auris 04/ Incus 05/ Capitulum Mallei
Luc Bouquet © Le son du grisli

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