Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Quinzaine Agitée : Chants de FranceA la question : Harutaka MochizukiEn librairie : Ci-gît d'Antonin Artaud et Nurse With Wound
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Charbel Haber : It Ended Up Being a Great Day, Mr. Allende (Al Maslakh, 2012)

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Amateurs de guitare et de têtes de mort, l’auberge que tient Charbel Haber est faite pour vous. Seul (et contre tous), le guitariste libanais a faussé compagnie à ses Scrambled Eggs pour concocter sur deux jours It Ended Up Being a Great Day, Mr. Allende

A tel point inspiré par les trois nouvelles de La littérature nazie en Amérique de Roberto Bolaño, Haber a accouché de quatre pièces instrumentales. Leur minimalisme expérimental se cherche et se trouve souvent entre deux notes, débite des gimmicks qui se fondent dans des paysages nappés d’effets. Dans la veine d’un Glenn Branca sous héroïne (mou à en crever) quand ce n’est pas dans celle d’un Taylor Deupree foutriquement expérimental (sur Two Germans at the End of the Earth), Haber signe un beau disque de musique électrique ondulo-jubilatoire. 

Charbel Haber : It Ended Up Being a Great Day, Mr. Allende (Al Maslakh)
Enregistrement : 16 et 17 janvier 2012. Edition : 2012.
CD : 01/ Itinerant Heroes of the Fragility of Mirrors 02/ Wandering Women of Letters 03/ Two Germans at the End of the Earth 04/ Magicians, Mercenaries and Miserable Creatures
Pierre Cécile © Le son du grisli

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RM74 : Two Angles of a Triangle (Utech, 2012)

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Two Angles of a Triangle sonne le retour de Reto Mäder et par voie de conséquence de ses idées fixes (de dark ambient, de minimalisme, de petits arpèges, de parasites angoissants…). Sur deux CD, qui plus est, où il peut se montrer (au choix) inventif, naïf, gentil, terrible…

Débiteur d’ambiances sur le CD1, notre homme glisse sur les cordes de métal de sa guitare, sur des nappes d’ombres synthétiques et recourt ici ou là à des instruments d’une Mäder-Kabbale qui cherche des bruits secrets. Sur le CD2, un piano enfantin n’est cependant pas de taille à révéler quoi que ce soit digne d’intérêt ou des cloches alourdissent un peu la cérémonie. Mais, quelques instants plus tard…

… des glissandi calment les impatiences de l’auditeur au point que Mäder ne donnera dorénavant plus que dans la berceuse. Il double un carillon et la magie opère (d’autant que la petite mélodie dévisse jusqu’à réveiller tous les fantômes qui dorment dans les placards des chambres d’enfants). Comme la peur finira par s’emparer de lui, Madër invente des draps de sons qu’il baptise Laid Open et Show Me the Shadow of the Sun (où son goût des orgues réapparaît). Là-dessous, il est à l’abri, reprend son courage à deux mains et souffle tout ce qu’il a dans le coffre : alors il impressionne !  

RM74 : Two Angles of a Triangle (Utech Records)
Enregistrement : 2011-2012. Edition : 2012.
2 CD : CD1 : 01/ Betwixt 02/ Spineless 03/ Between And Forever 04/ Orka's Dream 05/ A Shimmer Of Bronce 06/ May 30, 2012 2:58 07/ Bees And Ghosts – CD2 : 01/ Anthem For A Windmill 02/ Fen Fire 03/ Because Of The Slow Shutter Speed 04/ Samsa 05/ We Run In Vicious Circles 06/ Laid Open 07/ Show Me The Shadow Of The Sun
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Colin Stetson : New History Warfare Vol. 2: Judges (Constellation, 2011)

colin stetson judges

Colin Stetson a un faible pour le mélange des genres. Pour preuve, une liste de collaborateurs qui pioche aussi bien du côté de la pop ou du rock (Godspeed You! Black Emperor, TV On The Radio, Tom Waits, David Byrne) que de la musique chercheuse (Anthony Braxton, Mats Gustafsson). Une autre preuve ? Alors voilà : deuxième volume de « New History Warfare », intitulé Judges, produit par le label Constellation. Aux saxophones (alto, ténor et basse), Stetson y (gustafs)sonne et (brax)tonne !

L’anche entre deux chaises musicales (disons pour faire vite et surtout pas compliqué le minimalisme américain et l’improvisation à bracelets de force), il déroule une musique pas désagréable mais dont on se demande ce qu’il reste une fois qu’elle est passée. On regrette d’ailleurs vite les deux premières plages, les meilleures. Le saxophoniste travaille la matière sonore ou lance une sorte de dance music aqua-acoustique. Après, il concocte des chansons (c’est le format choisi) où son saxophone accompagne sa voix (qui en filtre) et où Laurie Anderson est de temps en temps invitée à dire quelques mots et Shara Worden de My Brightest Diamond à venir tout casser avec ses sales accents de soul. Bien vite, tout ça tourne en rond. Peut-être plus facile que vraiment subjuguant en fait…

Colin Stetson : New History warfare Vol. 2: Judges (Constellation / Instant Jazz)
Edition : 2011.
CD : 01/ Awake on Foreign Shores 02/ Judges 03/ The Stars in His Head [Dark Lights Remix] Bell Orchestre 04/ All the Days I've Missed You (ILAIJ I) 05/ From No Part of Me Could I Summon a Voice 06/ A Dream of Water 07/ Home 08/ Lord I Just Can't Keep from Crying Sometimes 09/ Clothed in the Skin of the Dead 10/ All the Colors Bleached to White (ILAIJ II) 11/Red Horse (Judges ll) 12/ The Righteous Wrath of an Honorable Man 13/ Fear of the Unknown and the Blazing Sun 14/ In Love and in Justice
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Yannis Kyriakides : Dreams (UnSounds, 2012)

yannis kyriakides narratives 1 dreams

Sur l’écran noir des lettres défilent en suivant le rythme de The Arrest interprétée par l’Ensemble MAE. La première des compositions que Yannis Kyriakides a mise en image pour Narratives 1: Dreams, est à ranger au rayon « minimalisme », où elle ne brillera pas particulièrement par son originalité.

Minimaliste, Subliminal le sera aussi, d’une manière à la fois plus frontale et plus indépendante des codes. L’écran est redécoupé, une longue bande de paysage le divise. C’est avec l’arrivée de la guitare (étrangement, pourrais-je dire) et son changement en héroïque que le répétitif de cette pièce trouve son salut. Avec Dreams of the Blind, Kyriakides opère un retour au contemporain (minimaliste aussi) : les quatre temps de sa composition (l’illustration se sert encore de ces défilés de mots-images) mettent en valeur un violon qui frôle le maniérisme mais qui réaffirme surtout que si Kyriakides sait se faire obéir, c’est bien par les instruments à cordes. Tel l’aveugle de cette dernière pièce, je ne me suis pas aperçu de l’intérêt de l’image,. Cela n’empêche pas le musicien de prévoir de remettre ça dans les mois à venir : d’autres « Narratives » sont annoncées.

Yannis Kyriakides : Narratives 1: Dreams (Unsounds)
Edition : 2012.
01/ Dreams of the Blind 02/ The Arrest 03/ Sulbiminal
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Phill Niblock : Working Title (Les Presses du Réel, 2012)

phill niblock working title

Si Phill Niblock a fait œuvre (voire vœu) de bourdons (ou de drones), le livre épais – que gonflent encore deux DVD de vidéos – qu’est Working Title n’en propose pas moins d’autres pistes de description, certaines balisées à peine. Sur enregistreur à bandes hier et Pro Tools aujourd’hui, l’homme travailla donc, au choix : musique microtonale, minimalisme fâché avec la répétition, interactions harmoniques, sons continus et overtones, ou encore : « musique multidimensionelle » et « partitions audio » (dit Ulrich Krieger) et « flux en constante ondulation » (dit Susan Stenger).

Ecrites avec l’aide de Tom Johnson, de Joseph Celli et de la même Stenger, les notes des pochettes (ici retranscrites) de Nothing to Look at Just a Record et Niblock for Celli / Celli Plays Niblock, édités par India Navigation au début des années 1980, en disaient pourtant déjà long. Avec certitude, y est expliqué de quoi retourne – et de quoi retournera désormais – le propos musical d’un compositeur qui refuse à se dire musicien. A la richesse de ces informations, le livre ajoute une poignée d’entretiens et d’articles publiés dans Paris Transatlantic, Positionen, FOARM (plume de Seth Nehil), Organized Sound… ainsi que des éclairages signés Krieger et Stenger, mais aussi Guy de Bièvre et Richard Lainhart, tous proches collaborateurs de Niblock.

Expliquant les tenants et aboutissants de l’art du compositeur, Krieger signe un texte intelligent que l’on pourra lire au son de Didgeridoos and Don’ts, première pièce écrite par un Niblock « sculpteur de son » pour un Krieger obligé d’abandonner ses saxophones (Walls of Sound, OODiscs). Avec l’idée d’en apprendre aux musiciens qui aimeraient un jour jouer Niblock sans forcément l’avoir rencontré – même si l’on sait que l’homme écrit à destination d’instrumentistes particuliers –, Krieger explique, conseille et met en garde : « leur défi, c’est de travailler en dehors des sentiers battus de la mémoire mécanique de leurs doigts. »

Plus loin, c’est de l’art cinématographique de Niblock qu’il s’agit : de The Magic Sun (présence de Sun Ra) et Max (présence de Max Neuhoff) au projet-fleuve The Movement of People Working, ce sont-là des « images de la réalité » dont on examine les origines – des entretiens avec Alan Licht révèlent ainsi l’importance du passage de Niblock par l’Open Theater de New York – et les rapports à la photographie et la musique. Voilà qui mènera l’ouvrage à aborder enfin, sous la plume de Bernard Gendron, le rôle joué par Niblock dans l’Experimental Intermedia Foundation d’Elaine Summers : là, d’autres musiciens concernés (Philip Corner, Joseph Celli, Peter Zummo, Malcolm Goldstein ou Rhys Chatham) guident le lecteur à une dernière proposition d’étiquetage : minimalisme radical ou radicalisme minimal ? L’art de Phill Niblock aura en tout cas créé des interférences jusque dans le domaine du langage.

Phill Niblock & Ulrich Krieger  Phill Niblock & Sun Ra

Phill Niblock, Bob Gilmore, Guy De Bièvre, Johannes Knesl, Mathieu Copeland, Jens Brand, Rob Forman, Seth Nehil, Raphael Smarzoch, Richard Glover, Volker Straebel, Ulrich Krieger, Susan Stenger, Richard Lainhart, Juan Carlos Kase, Erica King, Rich Housh, Alan Licht, Bernard Gendron, Arthur Stidfole : Working Title (Les Presses du Réel)
Edition : 2012.
Livre : Working Title
Guillaume Belhomme © le son du grisli

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Hans Koch, Gaudenz Badrutt : Social Insects (Flexion, 2012) / Jonas Kocher, Gaudenz Badrutt : Strategy of... (Insub, 2012)

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Qui sont ces insectes sociaux (sociables ?) qui sifflent sous nos têtes ? Voilà la question de Gaudenz Badrutt (electronics) et Hans Koch (clarinette basse) : l’un frissonne et l’autre siffle mais les deux donnent dans le sempiternel parallèle entre infiniment petit et difficilement audible…

Et il y a quelque chose d’organique dans ces sons. De petites bêtes passent en soufflant, sifflant, gueulant aussi de temps en temps, et l’instrumentarium est leur terrain de jeu (ils peuvent entrer dans la clarinette et y caracoler). Leur musique peut être concrète, abstraite ou ambient. On pourra qualifier cette ambient de « scientiste » pour parler de la grande découverte que Badrutt et Koch ont faite sur ce CD. Au diable la terminologie, c’est là qu’ils sont le plus original !

EN ECOUTE >>> Social Insects (extrait)

Hans Koch, Gaudenz Badrutt : Social Insects (Flexion)
Enregistrement : 2011-2012. Edition : 2012.
CD : Social Insects
Pierre Cécile © Le son du grisli

jonas kaucher gaudenz badrutt strategy

Enregistré à Berlin le 13 octobre 2011, Strategy of Behavious in Unexpected Situations (qui peut être téléchargé ici) pourra être écouté avant ou après Social Insects, dont l’écoute se sera faite avant ou après celle des Duos 2011 de l’accordéoniste Jonas KocherBadrutt et lui y posent une autre question : lequel des deux souffle électronique, et lequel des deux siffle grave à ce point ? Mais on se rend compte que cette question est moins importante que cette autre : comment le rapprochement de deux instruments que tout oppose peut-il faire muer le minimalisme en noise corrosive ?

Gaudenz Badrutt, Jonas Kocher : Strategy of Behavious in Unexpected Situations (Insubordinations)
Enregistrement : 13 octobre 2011. Edition : 2012.
CD : Strategy of Behavious in Unexpected Situations
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Branche, Chrysakis, Soloveitzik, O' Sullivan, Vidal, Wigens : Magnetic River (Aural Terrains, 2012)

thanos chrysakis magnetic river

Magnetic River – du groupe formé de Sébastien Branche et Tom Soloveitzik (saxophones ténor), Thanos Chrysakis (laptop, electronics, piano), James O’Sullivan (guitare) et Jerry Wigens (clarinette) – est ce genre de musique improvisée que l’on dirait écrite sur du papier millimétré, où les queues des notes n’en finissent pas de faire des lignes et des graphiques. Mais de la feuille les dessins parviennent à se libérer.

Avec eux, arrivent jusqu’à nous des mélopées d’instruments que l’on reconnaît rarement, ou plutôt de leur image que renverraient des miroirs déformants. Des bourdonnements, des résonances, des vibrations, des sons parallèles et des sons diffus / informes / multiformes, viennent tous au secours du minimalisme des liens qui l’attachent à sa trop sévère définition : ici abstrait, là mélodique, là rythmique et là languissant. D'impressionnants graphiques dessinés sur du papier transparent.

EN ECOUTE >>> Magnetic River

Sébastien Branche, Thanos Chrysakis, Tom Soloveitzik, James O' Sullivan, Artur Vidal, Jerry Wigens : Magnetic River (Aural Terrains)
Enregistrement : avril 2011. Edition : 2012.
CD : 01-05/ I-V
Héctor Cabrero © Le son du grisli 

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Dickie Landry : Fifteen Saxophones (Unseen Worlds, 2011)

dickie landry fifteen saxophones

Sa couverture donne l’impression que ce CD ou LP (une réédition d’une réfrence Wergo qui date de 1977) contient un solo de saxophone « comme un autre » (si je puis dire ici…). C’était sans compter sur la force de Richard « Dickie » Landry, un musicien connu pour avoir collaboré avec Philip Glass dans les années 1970 et qui a joué aussi avec les Talking Heads.

Je ne vous ferais pas l’affront de vous dire combien de saxophones Landry a enregistré sur sa pièce Fifteen Saxophones. Dans les pas de Glass et (plus encore) de Terry Riley, le saxophoniste sort de son instrument des drones aérés et invente d’un coup d’un seul le minimalisme aérien, un minimalisme moins mécanique que celui de Glass et moins lâche que celui de Riley. Un minimalisme original en conséquence.

Si ce disque ne contient pas un solo de saxophone « comme un autre », c’est aussi que Landry y joue de la flûte. Sur le deuxième morceau, les graves sont préférés aux aigus pour l’exposition d’autres magnifiques ellipses sonores. Sur Kitchen Solos (je ne vous ferais cette fois pas l’affront de vous donner le nom du club new yorkais dans lequel cette pièce a été enregistrée live), retour au saxophone. Malheureusement, ce long delay ne parvient pas à apporter de saveur à une composition plus formatée et à un minimalisme au goût de jazz passe-partout. Cette improvisation ne doit cependant pas vous faire renoncer à vous procurer cet enregistrement de Landry. Le morceau-titre vaut à lui seul qu’on s’y précipite !

Dickie Landry : Fifteen Saxophones (Unseen Worlds / Instant Jazz)
Enregistrement : Réédition : 2012.
CD : 01/ Fifteen Saxophones 02/ Alto Flute Quad Delay 03/ Kitchen Solos
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Rhys Chatham : Outdoor Spell (Northern Spy, 2011)

rhys chatham outdoor spell

Bien heureux qui pourra dire combien de trompettes et de voix superposées l’on trouve sur le premier morceau d’Outdoor Spell… L’effet est en tout cas garanti, Rhys Chatham bricole une composition de chamane fatigué au minimalisme qui dérape (n’entend on pas comme des bruits de freinage qui cherchent à faire changer d’allure à la musique ?).

Un peu plus loin, c’est la batterie de Kevin Shea qui donne la cadence, le cajón de Beatriz Rojas ou la guitare électrique de Jean-Marc Montera qui versent avec Chatham dans le free rock, la prog' mélodique entêtante ou le râga concret (à vous d’imaginer maintenant comment peut sonner ce « râga concret »). La tête vous tourne ? Normal. Vous en redemandez encore ? Normal itou.

EN ECOUTE >>> Corn Maiden's Rite

Rhys Chatham : Outdoor Spell (Northern Spy / Orkhêstra International)
Edition : 2011.
CD / LP : 01/ Outdoor Spell 02/ Crossing The Sword Bridge Of The Abyss 03/ Corn Maiden's Rite 04/ The Magician
Pierre Cécile © Le son du grisli

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Mazz Swift, Tomeka Reid, Silvia Bolognesi : Hear in Now (Rudi, 2012)

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Si ce n’est l’orchestration et une certaine mélancolie bartokienne, le classicisme déserte la musique de Mazz Swift, Tomeka Reid et Silvia Bolognesi. N’ayant pas le jazz dans sa poche mais dans ses vifs archets, chacune des compositions de ce disque rivalise de clarté et d’audace.

Les thèmes sont tranchants comme des couperets mais le motif est élémentaire, plus rythmique que mélodique, et l’une peut facilement poursuivre ce que l’autre a commencé. Ainsi, en s’échangeant les rôles mais en n’abusant jamais de la formule, les cordes peuvent s’entrelacer, tout en assurant une métrique précise. Les cordes ne sont jamais grouillantes mais attirent de vifs glissendis en leur centre, un petit peu à la manière d’un William Parker, conquis et signant, ici, d’élogieuses notes de pochettes. Les surprises ne sont pas rares (un chant érudit et lumineux qui s’élève en fin d’enregistrement, un archet très Donald Duck que n’aurait pas renié un Chambers des grands soirs) et finissent de nous rendre ce disque indispensable.

Mazz Swift, Tomeka Reid, Silvia Bolognesi : Hear in Now (Rudi Records / Orkhêstra International)
Enregistrement : 2011. Edition : 2012.
CD : 01/ Cakewalk 02/ Spiderwoman 03/ Bassolo / Far East Suite 04/ La citta’ di loup 05/ L’albero secco 06/ Effendi 07/ Ova 08/ Impro I 09/ Ponce 10/ Malitalian Lullaby
Luc Bouquet © Le son du grisli

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