Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Parution : Jazz en 150 figures de Guillaume BelhommeParution : le son du grisli #2Sortir : Festival Baignade Interdite
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Richard Williams : The Blue Moment (Faber & Faber, 2009)

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Dans The Blue Moment, Richard Williams s’intéresse à ce qu’il y a derrière Kind of Blue. Par « derrière », entendre surtout « après ».

Au-delà d’une introduction déstabilisante pour le lecteur – puisqu’on renvoie celui-ci à deux ouvrages précis sur le sujet (signés Ashley Kahn et Eric Nissenson) et qu’on lui assène chiffres de vente et anecdotes dispensables tendant à prouver que Kind of Blue est bel et bien un ouvrage hors du commun –, Williams pose la première pierre de sa théorie personnelle : Aux origines de toutes choses musicales, il y a Kind of Blue. Reste ensuite, pour l’auteur, à choisir ses exemples : « coolitude » d’un musicien des rues de Barcelone, paisible ambient de Brian Eno ou accords de guitare de Chris Réa (oui), autant de prolongements à l’œuvre gigantesque.

Au fil des pages, ensuite : une histoire de la couleur bleue (résumé rapide de l‘ouvrage de référence de Michel Pastoureau), des digressions d’Américain à Paris (existentialisme, littérature et films) et puis, quand même, suivre Miles Davis de l’enregistrement de Blue Moods avec Mingus à celui du disque en question avec la formation que l’on sait : là, l’auteur a bûché, passé l’oral, que l’on trouve ici retranscrit sur papier. Ailleurs, des parallèles plus ou moins sensés avec des musiciens ayant puisé dans le disque un peu de leur inspiration : minimalistes choisis, John Cale ou encore Robert Wyatt. Entre les deux : le vide et, au final, The Blue Moment s’avère être un fourre-tout passable lorsqu’il n’agace pas avec moins de nuances.

Richard Williams : The Blue Moment (Faber & Faber / Amazon)
Edition : 2009.
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Ashley Kahn : Kind of Blue (Le mot et le reste, 2009)

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L’ère des commémorations imposait récemment que l’on fête les 50 ans de Kind of Blue, « chef d’œuvre de Miles Davis », dit le sous-titre du livre d’Ashley Kahn. Par « fêter », entendre se ruer sur la dernière réédition en date et mettre un peu encore de sa poche dans un ouvrage dont la lecture accompagnera la réécoute. Kind of Blue : disque de jazz le plus vendu / Miles Davis : musicien de jazz le plus vendeur, voire commerçant. Impossible, alors, de passer à côté du phénomène, même réchauffé.

Profitant de l’occasion, la traduction du travail du journaliste Ashley Kahn, aujourd’hui éditée par Le mot et le reste, n’en est pas moins convaincante. S’il porte beaucoup sur Davis – histoires du trompettiste et de sa formation racontées encore – quand la valeur de Kind of Blue vient avant tout de l’acuité de chacun de ses concepteurs et intervenants (auxquels ajouter aussi George Russell et Gil Evans), l’ouvrage gagne son statut annoncé de « making-of » avec un certain brio : parce qu'il s’en tient aux faits autant qu'à une suite de témoignages inédits ; bien sûr, ne fait pas de vagues, mais se permet quand même d’aborder le sujet de la transformation d’un disque de musique en « pur » produit de commerce.

Dans sa forme, l’ouvrage se montre aussi amène : disposant des chapitres consacrés à quelques détails en constellations autour de la trame principale, décomposant chacune des pièces de l'enregistrement et faisant de même pour leurs prises, retranscrivant quelques dialogues consignés sur bandes archivées ou illustrant le propos à coups de photos fondamentales. Bref : Kind of Blue jusqu’à l’obsession – qui trouve de l’intérêt jusque dans les photos des boîtes contenant le master ou le registre des bandes – le temps de la lecture d’un livre incontournable pour qui aura décidé de revenir à Kind of Blue.

Ashley Kahn, Jimmy Cobb (préface) : Kind of Blue. Le making-of du chef d’œuvre de Miles Davis (Le mot et le reste / Amazon)
Edition : 2009.
Guillaume Belhomme © son du grisli

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John Coltrane : Live in ’60, ’61 & ’65 (Naxos, 2007)

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Rassemblés ici, trois films de concerts donnés en Europe entre 1960 et 1965 donnent à voir John Coltrane diversement entouré.

A Düsseldorf, d’abord, où le saxophoniste, alors en tournée en tant que sideman de Miles Davis, prend – à la place d’un trompettiste ayant décliné l’invitation – la tête d’une petite formation à l’occasion d’un show radiotélévisé. Auprès de Wynton Kelly, Paul Chambers et Jimmy Cobb, il interprète un Green Dolphin Street élégant avant d’accueillir Stan Getz puis Oscar Peterson sur une reprise d’Hackensack de Monk.

L’année suivante, c’est en leader que Coltrane revient en Allemagne, participant là à une autre émission, en compagnie de son quartette classique, augmenté d’Eric Dolphy. Célèbre, la séance vaut surtout pour la rencontre des deux saxophonistes, déposant encore l’un après l’autre leurs solos de My Favorite Things ou Impressions.

Plus rares, les images d’un concert donné en Belgique en 1965, toujours auprès de McCoy Tyner, Jimmy Garrison et Elvin Jones, qui attestent d’un tournant inévitable, celui qui mènera Coltrane au seuil d’un free jazz dont Ayler lui attribuera la paternité – l’introduction, en compagnie de Jones, de Vigil, en étant la meilleure preuve. Et l’esquisse aura été faite d’un parcours monumental.

John Coltrane : Live in ’60, ’61 & ’65 - 2007 (Naxos / Abeille Musique).
Edition : 2007.

DVD : 01/ On Green Dolphin Street 02/ Walkin’ 03/ The Theme 04/ Autun Leaves 05/ What’s New 06/ Autumn in NY 07/ Hackensck 08/ My Favorite Things 09/ Ev’rytime We Say Goodbye 10/ Impressions 11/ Vigil 12/ Naima 13/ My Favorite Things

Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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