Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

Newsletter

suivre le son du grisli Fil RSS au grisli clandestin Contact

Pop fin de siècle de Guillaume BelhommeParution : le son du grisli #5PJ Harvey : Dry de Guillaume Belhomme
Archives des interviews du son du grisli

Estivation : retour en septembre

ESTIVATION

que faireconsulter les archivesPROPOSITIONS

essayer ffLIRE IMAGESD2POUILLER

FF4FF3hs6free_fight_2_le_son_du_grislisept_pianos_le_son_du_grislifree_fight_1hs2hs1octobre



Magic Band Of Gypsys (Up Against the Wall, Motherfuckers!, 2020)

mbog

Il est long le chemin qui mène à MBOG. A faire à rebours, en plus, puisque le disque en question – le lathe cut en question, nous en parlerons plus bas – délivre un enregistrement de 2004, live at Corne d’Or, Côte d’Azur. « C’était beau, il faisait beau, et j’en ai rapporté une vilaine chanson », disait jadis Léo Ferré

La chanson est celle d’un trio : Joëlle Vinciarelli, Henri Roger et Philippe Robert. Les musiciens (ou capables de sons d’intérêt pour reprendre le Steve Lacy cité au dos du disque) batifolent sur deux faces, celles du lathe cut annoncé. L’Urban Dictionary explique : Lathe Cut is a dubplate where the sound is cut directly into a blank vinyl disc instead of acetate. Il y a donc peu d’exemplaires (24, ici) mais déjà tous partis (24, partis donc).

Alors souvenons-nous : des grands coups que le trio donne de la voix ou au piano ou à la batterie, des mélodies mortes déjà à peine entendues, des râles de cordes grattées ou agacées seulement, d’instruments épuisés jusqu’à la corde (voix / piano encore), de rengaines extraites de quel corps singulier. Entre deux graves, le trio traîne justement ce corps et en fait un autre, qu’importe l’instrument.

Dans Agitation Friite, Roger confiait à Robert : « Sur plusieurs instruments, des manières différentes de s’exprimer se révèlent ; des idées viennent à la guitare, à reprendre au piano ou l’inverse, de même que des rythmes prenant forme à la batterie s’avèrent finalement transposables sur guitare ou piano. » Il est court le chemin qui mène à hier quand aujourd’hui tout se confond. Du trio d’hier à Agitation Friite, c’est le serpent qui se mord la queue, me dira-t-on. Oui mais le serpent t’emmerde. Le serpent fait ce qu’il veut. Pourvu qu’il siffle bien.

Magic Band Of Gypsys
Enregistrement : 2004. Edition : 2020.
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

PS : Les couvertures des 24 exemplaires sont 24 collages signés Philippe Robert. Celui utilisé ci-dessus (que l'on appellera "le sexuel") est la propriété des frères Opalio de My Cat Is An Alien. Pardon d'avoir dévoilé leurs petits seins, mais nous les avons accompagné dans tellement de divorces et de séparations.

tumblr_px5ifvwiY31rqgzcgo1_540


Quatre vues de Free Fight #3

Free Fight #3 vient de sortir.
>>> Rendre visite au SOUFFLE CONTINU

ff3 a

ff3 b

ff3 c

ff3 d


Quatre vues de Free Fight #2

Les derniers exemplaires papier de Free Fight #2 sont à trouver au Souffle Continu. La version pdf de Free Fight #2 est quant à elle téléchargeable contre deux euros sur le site de SCOPALTO.

ff1

ff2

ff3

ff4




Philippe Robert: Great Black Music (Le mot et le reste - 2008)

gbmgrisli

Nouvelle galerie de portraits signée Philippe Robert, dressée cette fois en hommage aux musiciens ayant œuvré en faveur d’une Great Black Music aux genres disparates, dont les acteurs eurent pour point commun de protester contre l’abjecte place que les Etats-Unis auront longtemps réservé à leur population noire. Promesses de rêves contre réalité discriminatoire, le constat accablant conseilla aussi la résistance en musique : 110 preuves données ici, courant entre 1954 (Lady Sings The Blues de Billie Holiday) et 2005 (Vietnam Reflections de Billy Bang).

Une autre fois, Philippe Robert se montre judicieux et explique avec intelligence chacun de ses choix : disques montrant tous un intérêt musical autant qu’ils ont à voir avec des soucis d’ordre politiques et sociaux, spirituels ou mystiques, quelques parfums de désillusion au fur et à mesure que l’on avance dans le temps (mais dont le show business est aussi capable de se nourrir) et l’espoir d’échappatoires baroques ou cosmiques.  Jazz (seul oubli :Oliver Nelson, mais présences de Max Roach, Coltrane, Sanders, Ayler, Shepp, Leroi Jones, et de quelques figures choisies avec habileté : Joe McPhee, Milford Graves, scène inoubliable du Wildflowers Festival), soul, rhythm’n’blues et funk (Otis Redding, Ike & Tina Turner, Curtis Mayfield, George Clinton), joutes incandescentes (Sam & Dave, Last Poets, Public Enemy) et impressions plus individuelles (Terry Calier, Fela Kuti, Jimi Hendrix), jusqu’aux échos récents : prolongations jouées par Saul Williams, Mos Def, Madvillain. Les revendications multiples et les intérêts parfois différents aux origines d’œuvres importantes. Au bas de chaque chronique, une discographie sélective du musicien concerné, et d’autres noms encore : musiciens proches et nouvelles pistes à explorer. Ainsi, Great Black Music s'avère intarissable.

Philippe Robert - Great Black Music, Un parcours en 110 albums essentiels - 2008 - Le mot et le reste.


Philippe Robert: Rock, pop, un itinéraire bis en 140 albums essentiels (Le mot et le reste - 2006)

robertgrisliJournaliste  aux  Inrockuptibles,  à  Mouvement  ou  Jazz  Magazine, Philippe Robert dresse dans Rock, Pop une sélection de 140 albums se rapportant au genre et qualifiés d’essentiels pour tout amateur véritable atterré par le niveau du goût des autres, ou pour tout historien valable dénonçant l’injustice avec laquelle la mémoire collective a coutume de se fabriquer des souvenirs, soit : médiocrement.

140 albums, enregistrés entre 1965 et 2005 et disponibles sur CD, évoqués sous forme de vignettes plutôt que de chroniques, comme l’explique l’auteur en introduction, qui mêlent histoire et anecdotes, descriptions et conseils (distillés, pour chaque disque, sous la forme d’une discographie sélective et d’une liste de groupes plus ou moins similaires à celui mis à l’honneur), le tout sous la plume claire et aguerrie de l’auteur.

Alors, en une trentaine de lignes à chaque fois, Robert présente quelques chefs d’œuvres reconnus (signés John Cale, Laurie Anderson, T. Rex, ou The Clash) ou, la plupart du temps, ignorés (dus alors à Julie Tippets, Ash Ra Tempel, Keiji Haino…), adresse des couronnes bigarrées à quelques personnages ténébreux (Chris Bell, Kevin Coyne, Nick Drake, et pelletées de songwritters extirpés de sous les sables) comme il admire celles, d’un autre genre, d’adeptes assumés du flower power et de folkeux en bataille, applaudit aux mélanges radicaux et hybrides (le rock teinté de cabaret d’Henry Cow, le free rock de Guru Guru ou le folk gothique de Pearls Before Swine) et redit tout le bien qu’il pense d’ouvrages de pop expérimentale aujourd’hui devenus classiques (fomentés par Robert Wyatt, My Bloody Valentine, Sonic Youth ou Shellac).

Personnelle, la sélection se trouve, ici ou là, évidemment discutable, mais l’ouvrage n’en reste pas moins jubilatoire : par sa logique, d’abord, tenue d’un bout à l’autre par l’exégète de la pire et plus rare espèce – soit : véritablement partageuse – qu’est Philippe Robert ; par sa capacité jubilatoire, ensuite, à tisser des liens insoupçonnés entre quelques univers qu’on aurait pu croire opposés.

Philippe Robert, Rock, pop, un itinéraire bis en 140 albums essentiels, Le mot et le reste, 2007.



Commentaires sur