Le son du grisli

Bruits qui changent de l'ordinaire

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Parution : Jazz en 150 figures de Guillaume BelhommeParution : le son du grisli #2Sortir : Festival Baignade Interdite
A la question : interviewsAu rapport : impressions de concertsEn théorie : l'improvisation par l'écrit : John Butcher & Evan Parker

Ted Daniel : Tapestry (Sun, 1977)

TED DANIEL TAPESTRY

Ce texte est extrait du troisième des quatre fanzines Free Fight. Retrouvez l'intégrale Free Fight dans le livre Free Fight. This Is Our (New) Thing publié par Camion Blanc.

Ted Daniel appartient à une famille de trompettistes par trop méconnus, et comptant entre autres parmi ses rangs Eddie Gale, Marc Levin, Earl Cross ou Raphe Malik. De manière plus générale encore, Ted Daniel fait partie de ces musiciens dont la faible documentation phonographique n’aide pas à la reconnaissance, même tardive. Alors que sa carrière fut pourtant entamée sous les meilleurs auspices, en compagnie du si prometteur Sonny Sharrock, que Ted Daniel fréquentait depuis son adolescence passée à Ossining dans l’Etat de New York. Avec le frère aîné de Ted  – le pianiste Richard, quasiment de l’âge de Sonny – ils constituaient même une bande de copains dont les travaux musicaux émergèrent simultanément.

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Fin des années 1960, par l’entremise de Milford Graves, lui-même contacté par Sonny Sharrock afin de remplacer Eric Gravatt indisponible, Ted Daniel participa au légendaire Black Woman du guitariste, sur lequel il n’est d’ailleurs présent que le temps de la face B enregistrée pendant l’automne 1968. Un an après, Ted et son frère Richard mirent sur pied un groupe pensé dans un registre voisin, Brute Force dont il n’existe qu’un seul LP produit par Herbie Mann pour le compte du label Embryo : Sonny Sharrock y participe d’ailleurs sur trois morceaux à mi-chemin du rock et du jazz libre, dans un style proche de ce que faisaient aussi Catalyst, formation funky rassemblant de futurs stars du free, ou, en Angleterre et en plus allumé, le guitariste Ray Russell au sein de Running Man.

Ce n’est que dans son premier album en sextette que Ted Daniel interprète sa musique, qu’il jouera aussi au bugle, au cor et à partir d’une sorte de trompe marocaine. Pour la faire entendre, le label Ujaama fut monté et intégré à la coopérative Ujoma (« Unité » en swahili) regroupant Clifford Thornton et Milford Graves dont les préoccupations esthétiques étaient voisines. Un moyen comme un autre de partager les frais de publicité afin de pallier une distribution indépendante peu performante, notamment assurée par la J.C.O.A. et le label Delmark aux Etats-Unis. Les Européens quant à eux, s’ils voulaient se faire une idée de ce disque, devaient débourser cinq dollars et les envoyer directement à Ted Daniel à New York. Autant dire que cette excellente galette n’obtint que peu de retentissement, ce qui explique que son auteur soit venu en Europe dans les années 1970, histoire de se faire connaître hors des frontières américaines en capitalisant sur un passage remarqué au Festival d’Amougies en compagnie de Dave Burrell, Sirone (Norris Jones) et Muhammad Ali

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C’est donc produit par le saxophoniste Noah Howard qu’un deuxième disque vit le jour chez nous, édité par Sun Records trois ans après sa réalisation. Le premier était issu d’un concert à la Columbia University en 1970, alors que Tapestry fut enregistré en 1974 à l’Artist House d’Ornette Coleman – Ornette à qui Ted Daniel avait déjà dédié un morceau intitulé « O.C. », et dont il apprécia d’emblée le jeu de trompette, qu’il qualifia de « réellement novateur en raison même de limites techniques désinhibantes ». 

Tapestry propose quarante minutes de musique électrique à l’instrumentation singulière, où se mêlent parfaitement au vibraphone de Khan Jamal, et à la batterie de Jerome Cooper (Revolutionary Ensemble), Fender Rhodes, cabine Leslie, echoplex et fretless bass équipée d’une pédale wah-wah. Plus encore que le Miles d'alors (influence certes revendiquée), certains climats développés ici évoquent Herbie Hancock (Mwandishi par exemple), voire Tony Williams en compagnie de Larry Young au sein du Lifetime

Sous son seul nom, et à ce jour, Ted Daniel laisse finalement peu de disques, essentiellement publiés par son label, ou par Sun Records (Tapestry a été réédité par Porter agrémenté d’un inédit) et Altura Recordings. Par contre il a été sollicité par de nombreux musiciens d’importance dont Sam Rivers, Henry Threadgill, Dewey Redman (The Ear of The Behearer) ou Archie Shepp (Things Have Got To Change). On l’a aussi entendu ces dernières années avec Michael Marcus.

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Noah Howard Quartet : Live at Glenn Miller Café (JaZt TAPES, 2012)

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Le 25 septembre 2000, soit quelques dix années avant sa disparition, Noah Howard avait l’alto tendre pendant que le public du Glenn Miller Café jacassait. Retrouvait Albert le grand le temps de quelques démesures. Faisait couiner l’anche. Contrariait la beauté. Crochetait le bon goût. Offrait à la convulsion quelques riches minutes. Gratifiait son ténor d’harmoniques tueuses.

Le 25 septembre 2000, Bobby Few brûlait son gospel. Menait la tendresse à bon port.
Le 25 septembre 2000, Ulf Akerhjelm résistait à la tempête. Suivait à l’archet une comptine imaginaire.
Le 25 septembre 2000, Gilbert Matthews avait le déluge dans la peau. Rythmait la liberté en y insistant minutieusement.
Le 25 septembre 2000 tout n’était pas parfait mais tout était vif.

Noah Howard Quartet : Live at Glenn Miller Café (JaZt Tapes)
Enregistrement : 25 septembre 2000. Edition : 2012
CD : 01-11/ Tracks forming a creative kaleidoscope of Noah Howard’s compositions
Luc Bouquet © Le son du grisli

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Noah Howard : Music in My Soul (Buddy's Knife, 2011)

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Disparu en 2010, Noah Howard fait aujourd’hui réentendre sa voix à l’occasion de la parution, aux éditions Buddy’s Knife, de son autobiographie : Music in My Soul.

Le témoignage est factuel et fort : il est celui d’une enfance heureuse passée à la Nouvelle-Orléans, de longs séjours faits sur la Côte Ouest, puis à New York, Paris, Nairobi, Bruxelles ; celui d’un jeune homme qui apprend la trompette auprès de Dewey Johnson avant de la faire entendre dans l’Arkestra de Sun Ra ou de l’ « opposer » aux salves d’Albert Ayler, Archie Shepp, Dave Burrell, Frank Wright – la parole d’Howard est ici augmentée des souvenirs de quelques-uns de ses partenaires.

Eclairant le quotidien des musiciens qui œuvrèrent au free jazz dans les années 1960, Music in My Soul dépeint aussi les vues plus larges de Noah Howard : volonté de faire de sa musique un outil de langage qui commande à son vocabulaire d’accepter les retouches (quelques enregistrements qu’il autoproduira sur AltSax attestent de contacts établis entre le jazz et le funk ou le folk). Si le discours est honnête et engageant, l’amateur préférera sans doute, pour accompagner sa lecture, revenir aux premiers sons : The Black Ark (récemment réédité par Bo’Weavil) ou Alabama Feeling avec Arthur Doyle, One for John ou Uhuru Na Umoja avec Frank Wright, ou encore Patterns avec Misha Mengelberg et Han Bennink.

Noah Howard : Music in My Soul (Buddy’s Knife)
Edition : 2011.
Livre (en anglais) : Music in My Soul
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Arthur Doyle : Alabama Feeling (AK-BA, 1978)

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Ce texte est extrait du troisième volume de Free Fight, This Is Our (New) Thing. Retrouvez les quatre premiers tomes de Free Fight dans le livre Free Fight. This Is Our (New) Thing publié par Camion Blanc.

Dans un entretien datant de fin 1995, publié l’année suivante dans un numéro devenu rare de Discographie, Pierre Hemptinne interroge le saxophoniste Arthur Doyle à propos d’un de ses enregistrements de prison (il y fut détenu par erreur, en France, entre 1983 et 1988) : « La résistance est passée par ma tête et par mon sax comme du courant électrique, de manière positive. Ma musique est une tentative de résistance contre l’utilisation des échelles à huit notes et l’usage des accords conventionnels. J’essaye d’utiliser les sons et les couleurs retentissantes et destinées à l’âme, des notes qui sont plus grandes qu’un ton entier et plus petites qu’un demi. La musique que je fais expose à l’incarcération sociale, mais il faut être fort et croire en ce que l’on fait. » Quand on écoute l’opus ayant motivé l’interview dont ces propos sont extraits (un songbook rudimentaire et incroyablement poignant) il ne fait aucun doute qu’Arthur Doyle croit en ce qu’il fait (comme un Charles Gayle par exemple, avec qui il partage bien des points communs), et qu’il ne peut en envisager le résultat autrement qu’as serious as his life. Ce qu’Arthur Doyle confirme : « Ce qui est audible dans ma musique est peut-être issu du silence, mais d’un silence RETENTISSANT : la solitude provient du fait d’être enfermé et de vivre dans une société raciste. » 

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Dans un autre fanzine, Supersonic Jazz, Yves Botz, des Dust Brreders et Mesa Of The Lost Women, parlait de sa manière d’épuiser interminablement un son, d’un corps tout entier instrumentalisé par cette quête, ou encore de vaudou, tout en tissant des liens évidents avec Borbetomagus, l’écrivain Pierre Guyotat et le groupe japonais Gerigerogegege

Depuis que The Black Ark de Noah Howard (sur lequel figure Arthur Doyle) et Alabama Feeling ont été réédités, l’on en sait enfin plus sur l’homme, notamment grâce à Dan Warburton, critique et musicien ayant eu le privilège d’enregistrer avec le saxophoniste. 

Arthur Doyle, on l’aura compris, est originaire de l’Alabama, comme Sun Ra. Il a commencé par écouter Louis Armstrong et Duke Ellington dans l’orchestre de qui, à l’instar de son confrère Noah Howard, il a surtout remarqué Paul Gonsalves. En âge de jouer, Arthur Doyle s’illustra d’abord aux côtés de Donny Hataway et Gladys Knight avant qu’ils ne rencontrent le succès avec leurs hits soul. D’ailleurs, tout comme Albert Ayler et Frank Wright, Arthur Doyle a fait ses classes au contact du gospel et du rhythm’n’blues dont il propose finalement sa vision, écorchée et sauvagement paroxystique : ce que l’intéressé a lui-même défini comme ressortant d’une technique particulière et de son cru nommée « Voice-O-Phone », qu’on ne peut que comparer à ce que Rashaan Roland Kirk puis Dewey Redman mirent au point bien avant, ce qu’Arthur Doyle ignorait totalement – soit dit en passant. 

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Tout autant que The Black Ark (où, quels que soient les orientalismes que l’on ne manquera pas d’y percevoir, « l’Afrique incarne la maison première de la Terre Mère »), un trio constitué de Milford Graves, Hugh Glover, Arthur Doyle, et dont Bäbi constitue l’unique (et rarissime) témoignage phonographique, a tracé la voie des futurs combos de noise ouverts au free jazz. Parmi eux Borbetomagus au premier chef, mais aussi The Blue Humans, combo no wave au sein duquel Arthur Doyle s’est illustré dès décembre 1978 au Max’s Kansas City à New York, parallèlement à la sortie d’Alabama Feeling. Au sein de ce groupe piloté par le guitariste Rudolph Grey, Arthur Doyle devait croiser le fer avec le batteur Beaver Harris, et même occasionnellement avec le génial Rashied Shinan, présent sur Alabama Feeling et sur l’hyper-free Black Beings de Frank Lowe – ce n’est évidemment pas une coïncidence. Quelque soit le contexte, Arthur Doyle s’acharne toujours à d’infernales glossolalies, sans amortissement possible, incarnant comme nul autre l’homme primitif, à force de vociférations et d’allégresse ravageuse. 

En dépit d’absences en rapport avec un destin hors du commun, Arthur Doyle réussira à rencontrer des musiciens aussi intéressants qu’Alan Silva, Sunny Murray, Thurston Moore, Tom Surgal, Barre Phillips, Keiji Haino et même Takashi Mizutani, guitariste du groupe psychédélique culte nippon Les Rallizes Denudés

Alabama Feeling est l’un des très grands disques sauvages du free : avec Black Beings de Frank Lowe, Machine Gun de Peter Brötzmann, les solos de Kaoru Abe, Spiritual Unity d’Albert Ayler, le triple album du Celestrial Communication Orchestra édité par BYG, l’Olatunji Concert de Trane, les inédits tardivement exhumés de Juma Sultan, le double LP du Jazz Composers’ Orchestra de Mike Mantler avec Cecil Taylor et Pharoah Sanders, Marzette Watts And Company et Bäbi de Milford Graves. Paul Flaherty avec Chris Corsano et C. Spencer Yeh, voire le Tight Meat Duo, reprendront le flambeau à leur manière.

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Frank Wright : Uhuru Na Umoja (America, 1970)

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Ce texte est extrait du deuxième des quatre fanzines Free Fight. Retrouvez l'intégrale Free Fight dans le livre Free Fight. This Is Our (New) Thing publié par Camion Blanc.

Dans Music in My Soul, autobiographie publiée aux éditions Buddy Knife, Noah Howard raconte : J’ai rencontré Frank Wright  à l’été 1962, je me souviens bien de ce jour, j’avais répété avec Dave Burrell de l’autre côté de la rue où j’habitais alors, c’était une de ces journées très chaudes dans le Lower East Side, plus de 38 degrés et une forte humidité. On était tous sur le trottoir à parler – Dave Burrell, Norris Jones, Bobby Kapp, Marion Brown et Sonny Sharrock – quand une Cadillac s’arrête d’où sort Sunny Murray avec ce grand noir qui balance de sa grosse voix : « Je suis Frank Wright ! (…) Frank avait déjà ce franc-parler et une personnalité très affirmée. Il était difficile à ceux qui le rencontraient de ne pas l’apprécier. De l’association Frank Wright / Noah Howard – dans le même livre, le second précise que de son arrivée à Paris, à la suite de Wright, naît le « Frank Wright-Noah Howard Quartet » –, quatre enregistrements sont connus : One for John, enregistré en 1969 ; Uhuru Na Umoja, Space Dimension et Church Number Nine, datant de l’année suivante.

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A chaque fois : Wright est au ténor, Howard à l’alto, Bobby Few au piano. A la batterie sur One for John et Church Number Nine : Muhammad Ali (que Wright trouve un matin sur le pas de sa porte après avoir signifié à son frère, Rashied, qu’il cherchait un batteur) ; sur Uhuru Na Umoja et Space Dimension, Art Taylor le remplace. On ne sait où vont se nicher les causes des préférences : pour Uhuru Na Umoja, disque publié sous le nom de Wright par le label America, la préférence tient elle aussi du mystère. Ou peut-être de Taylor ? Sur la couverture, l’ancien soutien rythmique de Bud Powell et Red Garland y affiche sa présence dans le contraste. Si non, serait-ce des cinq compositions signées Howard qu’on trouve sur le disque ? En ouverture, « Oriental Mood » : chinoiserie fantastique dont un free abrasif fera sa chose. La coalition des saxophones vitupère, siffle, attise le feu dont « Aurora Borealis » s’emparera pour composer un vaste paysage fait de rouge et d’ors. Les arpèges de Few, appuyés, feront la transition jusqu’à « Pluto » – avant d’y arriver, le quartette aura servi deux promesses : « Grooving » et « Being ». L’ascension est imposante et les lignes de conduite brisées de plus en plus : en conséquence, l’ardeur avec laquelle la formation progresse est furieuse.

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Après avoir abandonné le Mississipi pour Cleveland où il s’est fait entendre à la contrebasse avant d’adopter le saxophone ténor sous l’influence d’Albert Ayler – « cet expressionnisme abstrait est devenu son message », écrit encore Howard Wright gagna donc New York. Investir la scène du Village Gate avec Coltrane, enregistrer avec Ayler un Holy Ghost de légende, et puis arpenter le secteur en Cadillac. Dire que sa rencontre avec Howard a fourni les preuves les plus évidentes de l’art avec lequel Wright a œuvré à transformer le jazz ancien à en perdre haleine n’atténuera ni les qualités des disques qu’il enregistra par la suite sous la bannière Center of the World avec Alan Silva et les mêmes Few et Ali ni la superbe de ses apparitions dans l’Orchestra of Two Continents de Cecil Taylor – pour citer Howard une dernière fois : « Frank a joué brièvement avec Cecil Taylor, et je crois qu’il a été le seul saxophoniste que Cecil a vraiment entendu. »

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Kali Z. Fasteau : Animal Grace (Flying Note, 2010)

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Des Alpes à Harlem, Kali Fasteau a fait entendre son Animal Grace : en trio en 2005 avec Bobby Few, Wayne Dockery et Steve McCraven ; en duo avec Louis Moholo deux ans plus tard.

Si l’échange avec Moholo n’est pas mis en valeur par la qualité de l’enregistrement, il profite de l’adhésion des coups secs du batteur aux excentricités sonores de Fasteau – trop emportée au piano, elle invente avec plus d’esprit au son d’autres instruments (flûte, mizmar, saxophone soprano, voix qu’elle transforme en machines, violon enfin). L’association est iconoclaste, voire étrange, autant qu’éclatante.

Plus tôt donc, dans le canton des Grisons, Fasteau donnait un concert à l’Uncool Festival en compagnie de Bobby Few (piano), Wayne Dockery (basse) et Steve McCraven (batterie). Classique d’apparence, le quartette bouscule les codes mais déçoit au son d’une mixture musicale d’un clinquant inapproprié : tombant quelques fois sur le son juste à force de tentatives nombreuses (flûte, voix et soprano encore), Fasteau doit faire avec le verbiage de partenaires hésitant entre pose free jazz et airs cabotins. Retour à New York alors : réécoute réparatrice de l’association Kali Z. Fasteau / Louis Moholo.

Kali Z. Fasteau : Animal Grace (Flying Note)
Enregistrement : 2005-2007. Edition : 2010.
CD : 01/ Impulse 02/ Cultivation 03/ Swan’s Flight 04/ All Things 05/ Mongezi’s Laughter 06/ Past Futur Present 07/ A Gift 08/ Airstreams 09/ They Speak Through Me 10/ Melting Ice 11/ Jumping on the Drums 12/ From Above
Guillaume Belhomme © Le son du grisli

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Noah Howard was an enthusiastic pioneer of the Avant-Jazz scene that started in the 1960s.  He brought a bayou warmth and swing from his hometown of New Orleans to his own blues-infused version of the new jazz.  He enjoyed life and people, and traveled and shared his music all over the world.

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