Le son du grisli

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Bill Dixon: With Exploding Star Orchestra (Thrill Jockey - 2008)

dixon

Emmené par le trompettiste Rob Mazurek, l’Exploding Star Orchestra (dont font entre autres partie le guitariste Jeff Parker, la flûtiste Nicole Mitchell et le tromboniste Jeb Bishop) faisait, en septembre 2006, une rencontre inattendue : celle de Bill Dixon, légende, à sa manière détachée, des premières heures du free.

Au programme : un hommage du jeune trompettiste au plus ancien (Constellations For Innerlight Projections) inséré entre les deux mouvements d’Entrances : suite d’embouteillages instrumentaux qui réussit à placer quelques solos brefs sur un rythme soutenu avant de traîner son univers d’impressions lentes (One), puis clin d’œil au Third Stream assemblant des morceaux d’atmosphère de plus en plus denses jusqu’à l’apparition de sirènes reposantes (Two).

Entre les deux, la dédicace de Mazurek : Damon Locks récitant un texte plein de notes et de constellations, d’images et de planètes. A la suite de Sun Ra, donc, une faille spatio-temporelle que l’on investit avant que l’Exploding Star Orchestra envisage sa chute au son inquiet des hurlements, free grandiose en voie d’apaisement quand même, histoire de mieux faire le lien entre l’avant et l’après. Tout comme la rencontre, le fruit de celle-ci : inattendu.

CD: 01/ Entrances/One 02/ Constellations For Innerlight Projections (For Bill Dixon) 03/ Entrances/Two

Bill Dixon With Exploding Star Orchestra - 2008 - Thrill Jockey. Distribution PIAS.



Frequency: Frequency (Thrill Jockey - 2006)

frequencygrisliRécemment formé par quatre représentants de la jeune garde du jazz de Chicago, Frequency expose ses ambitions sur un disque autant fourni que sage, aussi évident que recherché.

Ainsi, Edward Wilkerson (clarinette basse), Nicole Mitchell (flûtes), Harrison Bankhead (contrebasse et violoncelle) et Avreeayl Ra (percussions) entament leur exposé par deux morceaux plus qu’efficaces : jazz roulant et swing déposé sur un gimmick de contrebasse (Pitiful James), et bop servi par l’unisson des instruments à vent, bientôt tentés par une échappée free (Take Refuge).

Par la suite, le quartette rend des instants d’un calme à deux doigts du méditatif – impressions sages portées par le son du kalimba de Ra (Portrait of Light) ou la flûte de Mitchell (Serenity), improvisations évanescentes (Optimystic) n’interdisant pas le recours à quelques expérimentations (From The Other Side).

Au final, c’est cette couleur apaisante que prendra Frequency. Un brin de free (Satya) ou un funk croulant sous les dissonances (The Tortoise) pourront venir tester la véracité des intentions, sans réussir à l’emporter jamais devant le flegme affiché par le groupe. Qui s’en sera servi pour emplir encore davantage la densité de son jazz imperturbable.

CD: 01/ Pitiful James 02/ Take Refuge 03/ Satya 04/ Portrait of Light 05/ Fertility Dance 06/ From the Other Side 07/ The Tortoise 08/ Optimystic 09/ Serenity

Frequency - Frequency - 2006 - Thrill Jockey. Distribution Discograph.


Hamid Drake: Bindu (Rogue Art - 2005)

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Batteur incontournable de la scène jazz contemporaine, réclamé par une avant-garde intergénérationnelle (Henry Grimes, Irène Schweizer, William Parker ou Ken Vandermark), Hamid Drake n’avait, avant Bindu, jamais mené de groupe. Trop belle, l’occasion, que Drake veut aussi rendre étrange : la formation faite d’une batterie pour quatre anches.

Avant d’activer le monstre, le batteur démontre sagement sa maîtrise aux côtés de la flûtiste Nicole Mitchell (Remembering Rituals), attaques claires sur cymbales et envolées limpides d’un souffle. L’heure venue, les brillances de Drake emmènent un thème insouciant à l’écoute des ritournelles (Bindu #1 for Ed Blackwell) ou accueillent les entrelacs des clarinettes de Sabir Mateen et Daniel Carter (A Prayer for the Bardo, for Baba Mechack Silas).

Sur tabla, le leader imagine une ode à la lascivité (Meeting and Parting), puis gagne en nonchalance créatrice lorsqu’il retrouve sa batterie sur le long solo qui introduit Do Khyentse’s Journey, 139 Years and More. Plus tôt, le parcours aura connu quelques accrocs, dans les premières minutes, fades, de Bindu #2 (bientôt effacées par les figures originales et inextricables des vents), ou sur la texture trop fine pour intéresser longtemps de Bindu #1 for Ed Blackwell.

Pas de quoi effacer l’hommage au batteur de référence qu’est Blackwell, à qui Bindu offre la certitude que son jeu à part a su faire des petits. Hamid Drake, parmi ceux-là. Au premier rang, qui plus est.

CD: 01/ Remembering Rituals 02/ Bindu #2 for Baba Fred Anderson 03/ A Prayer for the Bardo, for Baba Mechack Silas 04/ Meeting and Parting 05/ Born Upon a Lotus 06/ Bindu #1 for Ed Blackwell 07/ Bindu #1 for Ed Blackwell, from Bindu to Ojas 08/ Do Khyentse’s Journey, 139 Years and More

Hamid Drake - Bindu - 2005 - Rogue Art. Distribution Orkhêstra International.



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